Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506288
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé, a rejeté la demande de provision de 514 329,98 euros présentée par la société « Eni Gas & Power France » contre le CHU de Nice. La société réclamait le paiement de factures impayées au titre d’un contrat de fourniture de gaz naturel. Le juge a estimé que la créance n’était pas sérieusement contestable, car le CHU avait déjà mandaté les sommes dues, ne laissant qu’un reliquat de 80 105,85 euros également réglé. La demande d’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement a également été rejetée faute d’éléments probants. La décision est fondée sur l’article R. 541-1 du code de justice administrative.
Avocat : FRISCIA MARCO
Tribunal Administratif de Mayotte — N° TA107-2501486
Le Tribunal Administratif de Mayotte, statuant en référé, a rejeté la demande de provision de 17 778,20 euros présentée par la société Maore Discount. Cette société réclamait le remboursement de frais engagés (achat d'ordinateurs, transport, dédouanement) suite à la résiliation pour motif d'intérêt général de son marché de fournitures informatiques par le rectorat. Le juge a estimé que l'obligation de payer était sérieusement contestable, car les dépenses invoquées n'étaient pas justifiées comme étant strictement nécessaires à l'exécution du marché, conformément à l'article 42 du CCAG fournitures et services. La requête a donc été rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : BUKULIN
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2300386
Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi par M. B..., propriétaire d’un immeuble à Marseille, pour contester partiellement un avis de sommes à payer émis par la commune. Cet avis visait à recouvrer les frais d’hébergement provisoire de sa locataire suite à un arrêté de péril imminent, pour la période du 9 au 25 janvier 2019. M. B... soutenait que les travaux ordonnés étaient achevés dès le 9 janvier 2019, ce qui avait été reconnu par un précédent jugement du même tribunal. La commune de Marseille a conclu au rejet de la requête. Le tribunal a rejeté la requête de M. B..., considérant que les moyens soulevés n’étaient pas fondés, sans préciser les textes appliqués dans le considérant final.
Avocat : BONAN
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2407533
Le Tribunal Administratif de Montreuil a partiellement fait droit à la demande de M. A..., détenu, qui réclamait 225 euros en réparation de la perte d'effets personnels (sweat-shirts et boissons) lors de son transfert pénitentiaire. La responsabilité de l’État a été engagée pour faute, sur le fondement du code pénitentiaire, uniquement pour la perte d’un gilet à capuche, la perte du second et des boissons n’étant pas établie. Le tribunal a condamné l’État à verser 50 euros avec intérêts au taux légal à compter du 11 mars 2024, estimant que le préjudice justifié était inférieur à la somme demandée.
Avocat : SCP THÉMIS AVOCATS & ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2301934
Le Tribunal Administratif de Nice a statué sur deux requêtes jointes, l’une de la société d’audit financier et économique (SAFE) et l’autre de sa salariée, Mme Majounie, contestant des rehaussements fiscaux. La société SAFE demandait la décharge de cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés, tandis que Mme Majounie contestait des suppléments d’impôt sur le revenu, tous issus d’une vérification de comptabilité. Le tribunal a examiné la déductibilité de frais de formation en anglais et d’avantages en nature (loyers), en application des articles 39 et 209 du code général des impôts. La solution retenue n’est pas explicitée dans l’extrait fourni, mais le jugement a été rendu après audience publique le 7 janvier 2026.
Avocat : DEGROUX BRUGERE & ASSOCIES - DBA
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2302630
Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de Mme A... qui demandait la restitution du crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile au titre des années 2014 à 2019. Le tribunal a constaté que sa réclamation préalable pour l'année 2019 avait été présentée après l'expiration du délai de deux ans prévu à l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, la rendant tardive. Pour les années 2014 à 2018, la demande était également irrecevable pour le même motif de forclusion. La solution retenue est fondée sur les articles 199 sexdecies du code général des impôts et L. 190 du livre des procédures fiscales.
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2406258
Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de Mme B... A... contestant la décision du 30 septembre 2024 de la caisse d’allocations familiales des Alpes-Maritimes, qui lui accordait une remise partielle de 179,36 euros sur un indu de prime d’activité de 717,45 euros. La requérante sollicitait une remise totale de sa dette en invoquant sa bonne foi et sa précarité financière. Le tribunal a écarté l’exception de non-lieu à statuer soulevée par la CAF, le solde de la dette par retenues n’emportant pas extinction de la créance. Sur le fond, statuant en plein contentieux, le juge a estimé que Mme A... ne justifiait pas de sa situation de précarité faute de produire des pièces sur ses ressources ou charges, condition cumulative avec la bonne foi pour l’octroi d’une remise gracieuse au sens des articles L. 842-1, L. 843-1 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale.
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2507635
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B... épouse A..., ressortissante sri lankaise, qui demandait d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui fixer un rendez-vous pour la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, la requérante n'apportant pas la preuve des conséquences graves de la carence administrative sur sa situation. La décision rappelle le droit à un récépissé prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais conclut au rejet de l'ensemble des conclusions, y compris celles relatives aux frais d'instance.
Avocat : LACOEUILHE MARGOT
Tribunal Administratif de la Guyane — N° TA106-2600040
Le Tribunal Administratif de la Guyane, statuant en référé précontractuel sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de la société Fbi Biome. Celle-ci contestait le rejet de sa candidature pour un marché de traitement des lixiviats, en invoquant notamment une motivation insuffisante et des exigences de candidature excessives au regard du code de la commande publique. Le tribunal a jugé que la motivation du rejet était suffisante et que les documents demandés étaient proportionnés à la complexité technique du marché. Il a également estimé que la CCOG n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant les capacités techniques de la société insuffisantes, notamment en raison de l'absence de personnel de proximité en Guyane.
Avocat : GARRIGUES BEAULAC ASSOCIES
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600404
Cette décision du Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, concerne la demande de M. A..., ressortissant marocain, visant à obtenir un récépissé de renouvellement de son titre de séjour "salarié" l'autorisant à travailler. Le juge des référés fait droit à sa requête en enjoignant au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer ce récépissé sous huit jours, avec une astreinte de 100 euros par jour de retard. La solution retenue s'appuie sur les articles R. 431-12 et R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le juge constatant que le dossier complet du requérant n'avait pas donné lieu à une décision implicite de rejet dans le délai de quatre mois prévu à l'article R. 432-2, et que la mesure ne faisait obstacle à aucune décision administrative.
Avocat : CARMIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600532
Cette décision du Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, concerne la demande de M. B..., ressortissant guinéen et père d'enfants réfugiées, qui sollicite une injonction pour déposer sa demande de carte de résident. Le juge des référés constate que M. B. a rencontré des difficultés techniques persistantes avec le téléservice ANEF, malgré ses diligences, et qu'il relève de la "solution de substitution" prévue à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, il enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressé sous huit jours pour enregistrer sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. La requête est partiellement admise, et une somme de 1 200 euros est mise à la charge de l'État au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : DAVID
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600544
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête en référé de Mme B..., ressortissante libanaise, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de lui remettre un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour « travailleur temporaire » ou de statuer sur cette demande. Le juge a estimé que la requérante n'établissait pas avoir déposé un dossier complet de demande de renouvellement, ne pouvant ainsi être regardée comme ayant été admise à souscrire sa demande au sens de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La condition pour se voir remettre un récépissé n'étant pas remplie, la requête a été rejetée.
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2502717
Cette décision du Tribunal Administratif de Caen concerne une demande d’expertise médicale présentée par Mme B... sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, afin d’évaluer sa prise en charge par le CHU de Caen suite à une fracture du poignet survenue en 2015. Le juge des référés rappelle que l’utilité d’une telle mesure s’apprécie au regard de l’existence d’un litige principal potentiel, et qu’elle ne peut être refusée en raison d’une absence de lien de causalité que si celle-ci est manifeste. En l’espèce, la requérante allègue un retard de prise en charge initial dû à une grève, suivi de complications post-opératoires (algoneurodystrophie sévère), ce qui ne permet pas d’écarter de manière évidente tout lien avec un éventuel manquement du CHU. Par conséquent, le tribunal fait droit à la demande et ordonne une expertise.
Avocat : LABRUSSE
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2214432
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. A... contestant l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul. Le tribunal a d'abord jugé irrecevables les conclusions relatives à l'infraction du 19 août 2017, le point correspondant ayant été restitué avant l'introduction de la requête. Sur le fond, il a estimé que la réalité des autres infractions était établie par l'émission de titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées, sans que le requérant justifie d'une réclamation. Enfin, le moyen tiré du défaut d'information préalable, prévu aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, a été écarté.
Avocat : SCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2215348
Le Tribunal administratif de Nantes rejette la requête de M. C... contestant le retrait de trois points de son permis de conduire suite à une infraction du 5 avril 2022. Le juge estime que la réalité de l’infraction est établie, car le requérant n’a pas prouvé que sa réclamation auprès de l’officier du ministère public avait été jugée recevable et avait entraîné l’annulation du titre exécutoire. Le moyen tiré de ce que M. C... ne serait pas l’auteur de l’infraction est également écarté comme inopérant, cette question relevant du juge judiciaire. La décision s’appuie sur les articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route, ainsi que sur les articles 529 et suivants du code de procédure pénale.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2216410
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. B..., qui contestait le refus du préfet de la Loire-Atlantique d'échanger son permis de conduire chinois contre un permis français. Le tribunal a jugé que le délai d'un an pour demander l'échange, prévu par l'arrêté du 12 janvier 2012, court à partir de l'acquisition de la résidence normale en France, et non de l'entrée en vigueur de l'accord de réciprocité franco-chinois du 17 août 2021. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, fondée sur les articles R. 222-3 du code de la route et 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2216650
Le Tribunal administratif de Nantes a été saisi par M. B... pour contester la décision "48 SI" du 25 août 2022 invalidant son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les retraits de points sous-jacents. Le tribunal a d'abord constaté un non-lieu à statuer sur le retrait de points lié à l'infraction du 11 août 2021, le ministre ayant retiré cette décision en cours d'instance. Sur le fond, le juge a examiné la légalité des retraits de points pour les infractions des 28 juillet 2021 et 14 mars 2022, en vérifiant le respect des obligations d'information prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais le raisonnement indique que la régularité de la procédure de retrait de points est conditionnée par la délivrance de ces informations essentielles.
Avocat : COHEN
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2410742
**Résumé de la décision :** Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, fait droit à la demande d’expertise judiciaire présentée par M. et Mme D... sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative. Les requérants, propriétaires d’une maison mitoyenne d’un immeuble communal, allèguent que des travaux réalisés par la commune d’Epineu-le-Chevreuil en 2023 ont provoqué des infiltrations d’eau et de l’humidité dans leur habitation. Le juge estime que la mesure d’expertise est utile car un lien de causalité entre les désordres constatés et les travaux publics ne peut être exclu, et elle est susceptible de se rattacher à un litige principal. En conséquence, un expert est désigné pour déterminer l’origine, les causes et les conséquences des désordres.
Avocat : SCPA LALANNE GODARD HERON BOUTARD SIMON GIBAUD
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2521849
Décision du Tribunal Administratif de Nantes (magistrat unique, Mme GIBSON THERY) statuant en plein contentieux sur le recours de Mme A..., reconnue prioritaire par la commission de médiation de la Loire-Atlantique le 6 mai 2025 pour un logement de type T2. Le tribunal constate qu'aucune offre de logement n'a été faite dans le délai légal de six mois, malgré la saturation du marché invoquée par le préfet. Rappelant l'obligation de résultat de l'État en matière de droit au logement opposable (articles L. 300-1 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation), il enjoint au préfet de proposer un logement T2 à Mme A... sous un mois, sous astreinte de 300 euros par mois de retard.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2302088
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en juge unique, a rejeté la requête de Mme A... Bertrand contestant le refus de la caisse d’allocations familiales du Nord de lui accorder une remise gracieuse d’un indu de prime d’activité de 795,99 euros. La requérante invoquait une erreur dans sa déclaration de revenus et son incapacité à rembourser. Le tribunal a rappelé que, selon l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, une remise gracieuse peut être accordée en cas de bonne foi ou de précarité, sauf en cas de fausse déclaration. Il a estimé que l'indu résultait d'un manquement aux obligations déclaratives de l'intéressée, ce qui excluait la condition de bonne foi, et a donc jugé que la décision de la caisse était fondée.