Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2406208
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. B..., reconnu prioritaire et devant être relogé d'urgence par une décision de la commission de médiation du 16 février 2022, qui n'a pas été exécutée. Le tribunal a jugé que la carence fautive de l'État engage sa responsabilité, mais a limité la réparation aux troubles dans les conditions d'existence. En l'espèce, M. B... ayant été reconnu prioritaire uniquement pour absence de réponse à sa demande de logement social, le tribunal a estimé que le maintien dans son logement actuel, dont le loyer de 850 euros est disproportionné à ses revenus, constitue un trouble ouvrant droit à réparation. La solution retenue est donc une condamnation de l'État à indemniser M. B... sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
Avocat : LANGLOIS
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2406227
Le Tribunal Administratif de Montreuil a condamné l’État à indemniser Mme C... pour les troubles dans ses conditions d’existence résultant de l’illégalité du refus de la commission de médiation du 2 septembre 2020 et de l’absence de relogement jusqu’au 10 avril 2024. La responsabilité de l’État a été engagée sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, en raison de la carence fautive à exécuter la décision de reconnaissance prioritaire du 24 novembre 2021. Le tribunal a accordé une somme de 6 000 euros à la requérante, couvrant la période d’indemnisation du 2 mars 2021 au 10 avril 2024.
Avocat : QUIENE
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2406325
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. A..., reconnu prioritaire par la commission de médiation en juin 2022, qui demandait réparation pour l'absence de relogement. Le tribunal a rejeté les conclusions en annulation de la décision implicite de rejet du préfet, celle-ci ayant simplement lié le contentieux. Sur le fond, il a jugé que la carence fautive de l'État engage sa responsabilité pour les troubles dans les conditions d'existence, mais a estimé que le requérant ne justifiait pas d'un préjudice indemnisable en l'absence d'éléments suffisants sur l'inadaptation de son logement actuel. La demande d'indemnisation de 20 000 euros a donc été rejetée, ainsi que les frais liés à l'aide juridictionnelle.
Avocat : DUBOIS CLAIRE
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320127
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... contestant un titre exécutoire de 123,12 euros émis par la Caisse des écoles du 15ème arrondissement pour des frais de cantine scolaire. Le requérant soutenait que ses enfants n'avaient pas fréquenté la cantine en mars et avril 2023, mais n'a pas démontré avoir transmis sa demande de modification à la Caisse des écoles, comme l'exigeait le règlement intérieur. En application de ce règlement, l'inscription annuelle étant obligatoire et la modification soumise à un délai de prévenance de 15 jours auprès de la Caisse, le tribunal a jugé la demande de paiement fondée. La solution retenue est le rejet de la requête.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2323730
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Retraite Plus contestant une amende de 14 000 euros infligée par la directrice départementale de la protection des populations pour manquement aux obligations d’information des opérateurs de plateforme en ligne prévues à l’article L. 111-7 du code de la consommation. Le tribunal a jugé que la société, qui met en relation des familles et des établissements d’hébergement pour personnes âgées, relève bien de la qualification d’opérateur de plateforme en ligne et devait respecter ces obligations, nonobstant l’absence d’influence de sa rémunération sur le classement. Les conclusions indemnitaires de la société ont été déclarées irrecevables faute de demande préalable à l’administration. La requête a donc été intégralement rejetée.
Avocat : HABER
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304340
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par la SAS Pathé Palace d’une demande de réduction des taxes foncières auxquelles elle a été assujettie pour les années 2020 et 2021 concernant un immeuble situé à Paris. La société contestait la méthode d’évaluation de la valeur locative de son bien, estimant que l’administration avait utilisé à tort des locaux de référence ayant été restructurés ou détruits, et proposait de retenir comme seul terme de comparaison le local type abritant Le Grand Rex. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la société n’avait pas justifié de la répartition des surfaces de son immeuble ni apporté d’éléments suffisants pour contester le coefficient de majoration de 30 % appliqué par l’administration sur la valeur locative unitaire du local-type n°13. La solution retenue s’appuie sur les articles 1388, 1498 du code général des impôts et 324 Z de son annexe III.
Avocat : SCHIANO-GENTILETTI
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2223817
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par la société Office Expert, éditrice de logiciels de diagnostic de performance énergétique (DPE), d’une demande d’indemnisation de 213 533,86 euros pour rupture d’égalité devant les charges publiques. La société imputait son préjudice aux « atermoiements » de l’administration dans la gestion de l’évaluation de son logiciel et aux modifications réglementaires de la méthode de calcul du DPE. Le tribunal a rejeté la requête, jugeant que la société n’établissait pas avoir subi un préjudice grave et spécial, condition nécessaire pour engager la responsabilité sans faute de l’État sur ce fondement. La décision s’appuie notamment sur les dispositions du code de la construction et de l’habitation et le principe d’égalité devant les charges publiques.
Avocat : PARTOUCHE
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2514531
Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la demande du syndicat des copropriétaires du 7, rue de Villersexel visant à obtenir une expertise sur les désordres affectant un mur mitoyen. Le juge a retenu que le litige opposant le syndicat à des personnes privées (société Val and co et SCI) relevait du droit privé, échappant à la compétence administrative. Il a également estimé que la mesure d’expertise n’était pas utile, le requérant disposant déjà de rapports techniques et ayant engagé un recours au fond contre la décision de la Ville de Paris de ne pas prendre d’arrêté de péril. La décision est fondée sur l’article R. 532-1 du code de justice administrative.
Avocat : CABINET WOOG & ASSOCIES (SCP)
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2304503
Le Tribunal administratif d'Orléans a été saisi par Mme A..., ingénieure de l'agriculture, d'une demande d'indemnisation pour la mauvaise gestion de sa situation administrative par l'État, notamment le non-versement du complément indemnitaire annuel (CIA) pour 2021 et 2022 et des retards dans le versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE). La requérante invoquait une violation du principe d'égalité et une discrimination fondée sur son état de santé. Le tribunal a rejeté l'ensemble de ses demandes, considérant que l'administration avait régularisé sa situation et que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. La décision s'appuie notamment sur le code général de la fonction publique et le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014.
Avocat : SILVESTRE
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2506413
Le Tribunal administratif d'Orléans a été saisi d'une requête en référé-provision par une professeure des écoles, Mme E..., qui réclamait le versement d'une indemnité de tutorat de 600 euros pour l'année scolaire 2023-2024. Après que le recteur a justifié du paiement de cette somme en décembre 2025, la requérante s'est désistée de son action. Le juge des référés a donné acte de ce désistement pur et simple, constatant ainsi l'extinction de l'instance. La décision se fonde sur les articles R. 541-1 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2500622
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la demande de M. B... visant à liquider l'astreinte de 150 euros par jour prononcée par un jugement du 14 novembre 2023. Ce jugement enjoignait au préfet du Nord de réexaminer les demandes de titres de séjour "étudiant" et "vie privée et familiale" de l'intéressé. Le tribunal a estimé que le préfet avait exécuté cette injonction en se prononçant à nouveau sur ces demandes, même sans notification expresse, et que la délivrance ultérieure d'un titre "salarié" relevait d'une demande distincte. La solution s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur l'article L. 911-7 du code de justice administrative.
Avocat : DEWAELE
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2508940
**Résumé de la décision du Tribunal Administratif de Lille (2ème Chambre)** Le tribunal était saisi d'une demande conjointe d'homologation d'un protocole d'accord transactionnel conclu entre le centre hospitalier de Douai et la société Lagardere Travel Retail France, à la suite d'un litige relatif à l'exécution d'un contrat de concession de services. La solution retenue est l'homologation de l'accord. Le tribunal a constaté que les parties avaient consenti à la transaction, que les concessions étaient réciproques et équilibrées, et que l'accord ne portait pas atteinte à l'ordre public. Cette décision s'appuie sur les articles L. 213-1 et suivants du code de justice administrative, ainsi que sur les articles 2044 et suivants du code civil relatifs à la transaction.
Avocat : SELARL LAROCHE
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509062
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par le centre hospitalier de Douai d’une demande d'homologation d'un protocole transactionnel, conclu le 9 septembre 2025, visant à mettre fin à un litige relatif à des désordres affectant le réseau d'eau chaude sanitaire (risque de légionellose) survenus après des travaux de plomberie. Le tribunal, statuant en formation de la 2ème chambre, a fait droit à cette demande en application des articles L. 213-1 et suivants du code de justice administrative et de l'article 2044 du code civil. Il a homologué l'accord transactionnel, lui conférant force exécutoire, et a constaté le non-lieu à statuer sur la requête au fond n° 2200203.
Avocat : KERAS AVOCATS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2600048
Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 3 juillet 2025 par lequel le préfet du Nord a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A... et l'a obligée à quitter le territoire français. La requérante invoquait une atteinte à sa vie privée et familiale, en raison de son mariage avec un ressortissant français et de la naissance de son enfant français, ainsi que l'urgence liée à la perte de revenus. Le tribunal a considéré que la condition d'urgence n'était pas remplie et qu'aucun des moyens soulevés n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment car la relation conjugale était récente et la naissance de l'enfant postérieure à l'arrêté attaqué. La décision s'appuie sur les articles L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.
Avocat : CABINET CENTAURE AVOCATS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2600245
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a été saisi par M. A... pour constater l'inexécution d'une précédente ordonnance enjoignant au préfet du Nord de réexaminer sa demande de titre de séjour. Constatant que le préfet n'avait pas exécuté cette injonction malgré une astreinte déjà prononcée, le juge a liquidé l'astreinte à hauteur de 500 euros pour la période du 3 au 12 janvier 2026. Il a également porté le taux de l'astreinte à 150 euros par jour à compter de la notification de la présente décision, jusqu'à l'exécution complète de l'ordonnance initiale. Enfin, l'Etat a été condamné à verser 800 euros à l'avocat de M. A... au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Avocat : VERHAEGEN
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2402838
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la requête de la commune d’Issoudun, qui demandait que les frais d’expertise judiciaire, liquidés à 37 142,76 euros, soient mis à la charge in solidum des sociétés TP Pineau, L. Lamy et fils et A... construction. Le tribunal a jugé que la commune, en tant que partie demanderesse à l’expertise ordonnée sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, est tenue d’en supporter les frais, sans préjudice d’une éventuelle action au fond pour faire reconnaître les responsabilités contractuelles. La solution retenue s’appuie sur les principes régissant la charge des frais d’expertise en référé, qui incombent à la partie qui a sollicité la mesure.
Avocat : CABINET D'AVOCATS FLORENCE CHAUMETTE ET BRICE TAYON
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2503093
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise à la demande de la commune de Pionsat. Cette mesure vise à déterminer l'étendue, les causes et les responsabilités liées aux désordres et malfaçons affectant les travaux de rénovation de l'hôtel de ville et la création d'un espace de vie rural. La solution retenue fait droit à la requête, les défendeurs (SAS Adam et M. A...) ne s'étant pas opposés à la mesure. L'expert désigné devra notamment décrire les désordres, évaluer le coût des travaux de reprise et fournir des éléments sur les responsabilités encourues.
Avocat : SCP TEILLOT MAISONNEUVE GATIGNOL JEAN FAGEOLE
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2503517
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande d'expertise médicale présentée par Mme B... contre le centre hospitalier Henri Mondor d'Aurillac. La requérante, qui a subi des complications prolongées après une intervention chirurgicale pour une éventration le 14 janvier 2025, souhaitait déterminer l'origine de ses préjudices. Le tribunal a désigné un expert avec pour mission d'examiner la patiente, d'évaluer l'existence d'une éventuelle faute de l'établissement et de chiffrer ses préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux.
Avocat : LANTERO & ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2503842
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé, a rejeté la demande d’expertise médicale présentée par Mme B... sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative. La requérante sollicitait cette mesure pour déterminer l’imputabilité de son état de santé actuel à la borréliose de Lyme et aux traitements associés, en vue d’engager la responsabilité de l’Office national des forêts. Le juge a estimé que l’expertise n’était pas utile, compte tenu des nombreux rapports médicaux déjà produits, dont le dernier daté d’août 2024, et de l’existence d’un litige au fond déjà engagé. La demande de frais irrépétibles a également été rejetée.
Avocat : ALCIAT-JURIS
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2600176
Le Tribunal administratif de Pau, statuant en référé sur demande de la commune de Bayonne fondée sur l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, a ordonné une expertise d'un immeuble situé 12 rue du Pilori. La requête était motivée par un danger grave et immédiat pour la sécurité publique, caractérisé par des désordres structurels (effondrement de plafond, poutre cassée, planchers souples, réseau d'eaux usées non étanche). Le juge a désigné un expert avec mission de constater l'état du bâtiment, d'évaluer la gravité du péril et de proposer des mesures provisoires, dans un délai de vingt-quatre heures pour la visite et de quinze jours pour le dépôt du rapport. La décision applique les articles L. 511-2 et L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation.