Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2400131
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de la société Autoelec, qui demandait la condamnation de l’Agence de services et de paiement (ASP) à lui verser 161 840 euros au titre du remboursement d’avances accordées dans le cadre du bonus écologique (article D. 251-11 du code de l’énergie). La juridiction a jugé la requête irrecevable, la société ayant été placée en liquidation judiciaire le 26 mars 2025 sans que son liquidateur n’intervienne à l’instance. Sur le fond, le tribunal a également estimé que l’ASP était fondée à suspendre les paiements en raison de doutes sérieux sur la réalité de l’activité et des risques de fraude, sans méconnaître les stipulations de la convention ni les règles de la comptabilité publique.
Avocat : KOY ERIC
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2400223
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme A..., médecin libéral, qui contestait la décision du directeur de la CPAM de la Haute-Vienne du 8 décembre 2023 soumettant ses prescriptions d'arrêts de travail à un accord préalable pour trois mois. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés du défaut de motivation, du vice de procédure, de l'incompétence, de la méconnaissance du règlement général sur la protection des données (RGPD) et de l'erreur manifeste d'appréciation. La solution retenue confirme la légalité de la mesure prise sur le fondement des articles L. 162-1-15 et R. 148-8 et suivants du code de la sécurité sociale.
Avocat : AARPI CHOLEY & VIDAL AVOCATS
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2400667
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. B... qui demandait la décharge d'une cotisation d'impôt sur le revenu de 6 331 euros. Le requérant soutenait que le bénéfice agricole réalisé lors de la vente de son cheptel, consécutive à la cessation de son activité d'élevage, constituait un revenu exceptionnel éligible au système du quotient prévu à l'article 163-0 A du code général des impôts. Le tribunal a jugé que ce bénéfice provenait de l'exercice normal de son activité professionnelle, laquelle est susceptible d'être recueillie annuellement, et ne pouvait donc être qualifié de revenu exceptionnel. La doctrine administrative invoquée par le requérant n'a pas été retenue comme fondement pour faire droit à sa demande.
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2401005
Le Tribunal Administratif de Limoges a examiné la requête de M. E... contestant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour 2015, issues de la taxation de sommes provenant du remboursement de bons anonymes détournés. Le tribunal a constaté que l'administration avait accordé un dégrèvement partiel de 14 532 euros suite à l'abandon de la majoration de 25 % prévue à l'article 158-7-1° du code général des impôts, jugée contraire à la Convention européenne des droits de l'homme (arrêt Waldner c/ France). Pour le surplus, le tribunal a rejeté les moyens du requérant, notamment ceux relatifs à la taxation en bénéfices non commerciaux et à l'année d'imposition. En conséquence, la requête a été partiellement admise pour la partie devenue sans objet, et rejetée pour le reste.
Avocat : JAMES
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2401171
Le Tribunal Administratif de Limoges a été saisi par M. et Mme A... d’une requête en annulation d’une délibération du conseil municipal de La Nouaille leur réclamant 3 565,16 euros pour la remise en état d’un logement communal qu’ils occupaient en tant que locataires. Le tribunal a relevé d’office que le litige, né de l’exécution d’un bail d’habitation relevant du domaine privé de la commune et régi par la loi du 6 juillet 1989, ne comportait aucune clause exorbitante du droit commun. En conséquence, il a jugé que ce litige relève de la compétence exclusive de la juridiction judiciaire et a rejeté la requête comme portée devant une juridiction incompétente.
Avocat : MARET
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2307531
Le Tribunal administratif de Montreuil était saisi par M. A... d’un recours contre le refus implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis de lever un arrêté de 1992 interdisant l’habitation de son logement. En cours d’instance, le préfet a abrogé cet arrêté. Le tribunal a constaté que la requête n’était pas devenue sans objet, car la décision implicite avait produit des effets, et a donné acte du désistement des conclusions à fin d’annulation présenté par le requérant. Les conclusions relatives aux frais de justice ont été rejetées.
Avocat : LEX PUBLICA
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2501145
Cette décision du Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, fait droit à la demande de Mme C... visant à obtenir une expertise médicale. La requérante, qui a été hospitalisée à l'établissement public de santé Ville-Evrard en 2012, impute à l'administration du médicament Loxapac une rétinite pigmentaire ayant entraîné une quasi-cécité. Le tribunal, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a jugé la mesure utile et a désigné un expert pour déterminer les conditions de sa prise en charge et évaluer ses préjudices. L'établissement de santé ne s'est pas opposé à cette mesure, sous réserve de sa responsabilité.
Avocat : GUYONVARCH
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2309062
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. A... contestant la décision de la commission de recours de l’invalidité du 18 janvier 2023. Le requérant demandait l’annulation de cette décision et sollicitait des expertises médicales pour faire reconnaître l’imputabilité de nouvelles infirmités et l’aggravation de ses troubles psychiques et acouphènes, déjà pensionnés. Le tribunal a opposé l’irrecevabilité des conclusions relatives à l’infirmité « spondylolisthésis », la décision attaquée étant purement confirmative d’une décision du 25 novembre 2016 devenue définitive. Sur le fond, les autres moyens soulevés par M. A... ont été écartés, la requête étant jugée tardive et non fondée au regard du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre.
Avocat : GRASCOEUR
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2400272
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. B..., ouvrier de l'État, qui contestait le refus du ministre des armées de lui accorder un départ anticipé à la retraite pour carrière longue. Le tribunal a jugé que le requérant ne justifiait pas de la durée d'assurance totale requise de 168 trimestres cotisés, nécessaire pour bénéficier de l'abaissement de l'âge de départ à soixante ans. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 25 bis et D. 16-1 du code des pensions civiles et militaires de retraite, ainsi que sur le décret n° 2004-1056 du 5 octobre 2004.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2401092
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. et Mme C..., propriétaires d’un logement à Bischheim, d’une demande d’indemnisation de 5 600 euros pour le préjudice subi du fait du refus du concours de la force publique pour l’expulsion de leurs locataires, sur le fondement de l’article L. 153-1 du code des procédures civiles d’exécution. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que le préjudice allégué, lié à l’impossibilité de vendre le bien et au remboursement d’un prêt immobilier, n’était pas établi, d’autant que le concours de la force publique avait finalement été accordé et que les occupants avaient quitté les lieux. La solution retenue est donc le rejet des conclusions indemnitaires, faute de lien de causalité direct et de préjudice certain.
Avocat : SELARL BERTANI AVOCAT & CONSEIL
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2402873
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a examiné la requête de M. C... contre les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) pour une faute médicale lors de sa prise en charge le 6 mai 2019, où un scanner préconisé n'a pas été réalisé, ce qui a contribué à une nécrose cutanée. La juridiction a retenu une responsabilité partielle des HUS, limitée à 40 %, estimant que la nécrose était déjà inévitable en raison d'une compression antérieure par un autre établissement. En conséquence, le tribunal a condamné les HUS à verser à M. C... une indemnité réduite pour ses préjudices (notamment souffrances endurées et préjudice esthétique permanent) et à la CPAM du Bas-Rhin la somme de 1 361,44 euros au titre des débours, avec intérêts. La décision s'appuie sur les principes de la responsabilité pour faute en droit administratif, sans application de textes spécifiques mentionnés.
Avocat : SELARL CDA JOLY & OSTER
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2509045
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. A..., ressortissant ivoirien, d'une demande d'injonction, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, visant à contraindre le préfet de la Moselle à enregistrer sa demande de titre de séjour. En cours d'instance, le préfet a délivré à l'intéressé un récépissé de demande de carte de séjour, rendant sans objet les conclusions principales de la requête. Le tribunal a donc constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur ces conclusions. Il a toutefois condamné l'État à verser à M. A... une somme de 1 200 euros au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Avocat : BOUKARA
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2509255
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête en référé de M. A..., ressortissant turc, qui demandait, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Bas-Rhin de statuer sur sa demande de titre de séjour. En cours d’instance, le préfet a pris un arrêté de refus de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire français. Le juge a considéré que la mesure sollicitée ferait désormais obstacle à l’exécution de cette décision administrative, rendant la requête irrecevable.
Avocat : YAHI
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2510156
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé sur la demande du préfet de la Moselle, a ordonné l'expulsion de M. A... du logement qu'il occupait sans titre dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA). La solution retenue est fondée sur les articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative, le juge ayant constaté l'urgence et l'utilité de la mesure face au nombre important de demandeurs d'asile en attente d'hébergement. Le tribunal a relevé que la mise en demeure de quitter les lieux était restée infructueuse et que l'occupant ne justifiait d'aucune circonstance exceptionnelle pour se maintenir dans les lieux.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2510413
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé sur la demande du préfet de la Moselle, a ordonné l'expulsion de M. et Mme A... du logement géré par l'association ADOMA dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA). La solution retenue est fondée sur les articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative. Le juge a constaté que le maintien des occupants sans titre, dont les demandes d'asile ont été rejetées, faisait obstacle à l'accueil de nouveaux arrivants, caractérisant ainsi l'urgence et l'utilité de la mesure. Aucune contestation sérieuse n'ayant été soulevée, l'expulsion a été autorisée avec le concours de la force publique.
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2306063
Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné la requête de Mme A..., professeure contractuelle, qui demandait réparation pour le retrait illégal d’indemnités d’heures supplémentaires et le refus d’attribution de l’indemnité de sujétion spéciale pour la période 2019-2020. La rectrice de l’académie de Montpellier a opposé un non-lieu à statuer sur le préjudice financier, ayant régularisé la situation par le versement de 3 655,22 euros bruts en 2025. Le tribunal a constaté que l’administration avait reconnu ses fautes et procédé à l’indemnisation du préjudice matériel, mais a rejeté la demande de préjudice moral, faute d’éléments probants. La décision s’appuie sur les décrets n° 50-1253 du 6 octobre 1950 et n° 2015-476 du 27 avril 2015.
Avocat : BETROM
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2306150
Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné les requêtes de M. A..., propriétaire d’un terrain à Chaponost, contestant un arrêté de mise en demeure d’éliminer des déchets (13 avril 2023), une amende de 5 000 euros pour non-respect de cette mise en demeure (15 mai 2023), et le titre exécutoire correspondant. La juridiction a rejeté l’ensemble des demandes, jugeant que la mise en demeure était suffisamment motivée et légalement fondée sur l’article L. 541-3 du code de l’environnement, imputant la responsabilité au propriétaire du terrain. L’amende a été validée comme proportionnée et régulière, et le titre exécutoire maintenu. Les conclusions au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.
Avocat : GOUY-PAILLIER
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2400174
Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B..., médecin radiothérapeute, qui contestait les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2013 à 2016 et demandait l'imputation d'un déficit de 2017 sur les années 2018-2019. Le tribunal a jugé irrecevables les conclusions relatives aux années 2013 à 2017, faute de réclamation préalable dans les délais prévus par les articles R. 196-1 et R. 196-3 du livre des procédures fiscales. Pour les années 2018-2019, il a estimé que l'administration avait légalement refusé l'imputation du déficit, M. B... n'ayant pas déposé ses déclarations de revenus malgré des mises en demeure. La demande de maintien du sursis de paiement a également été rejetée.
Avocat : SCP PORTEJOIE ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2400401
Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la demande de la société CHB, qui contestait des rappels de TVA et une amende pour non-autoliquidation. La société invoquait des irrégularités dans la procédure de vérification de comptabilité, notamment une erreur de date dans la proposition de rectification. Le tribunal a jugé qu'aucune disposition législative n'impose à l'administration de préciser les dates de vérification dans la notification, et que la durée de la vérification n'avait pas excédé les limites légales, compte tenu des suspensions liées à l'état d'urgence sanitaire. La solution retenue est le rejet de la requête, fondée sur les articles L.52 et L.80 du livre des procédures fiscales.
Avocat : INCEPTO AVOCATS FISCALITE ET CONSEIL
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2401357
Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la demande de la SAS Les Editions de Base, qui sollicitait la restitution d’un excédent de TVA de 469 624 euros pour la période 2020-2023, en raison d’une application erronée du taux de TVA. La solution retenue est fondée sur les articles 272 et 289 du code général des impôts, ainsi que sur l’article 242 nonies A de l’annexe II au même code. Le tribunal a estimé que les factures rectificatives émises par la société ne respectaient pas les exigences légales, faute de référence précise aux factures initiales et de mention expresse de leur annulation. Par conséquent, le droit à récupération de la TVA n’a pas été reconnu, et la demande a été rejetée.
Avocat : CHARVET