Jurisprudence administrative

97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).

97 018

Décisions totales

384 307

Ordonnances

393 740

Avec résumé IA

TA93Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2402002

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande de la société Bourse Direct, qui sollicitait la décharge de cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés au titre du crédit d’impôt recherche (CIR) pour les années 2014 à 2017. Le litige portait sur l’éligibilité des dépenses liées au projet « Nouvelle architecture », un développement logiciel en langage PHP. Le tribunal a estimé que ces dépenses ne constituaient pas des opérations de développement expérimental au sens de l’article 244 quater B du code général des impôts et de l’article 49 septies F de son annexe III. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant la position de l’administration fiscale.

Avocat : AARPI DILLENSCHNEIDER FAVARO

8 janvier 2026• 1ère chambre
TA93Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2315586

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. B..., salarié détaché en France, qui demandait le remboursement du prélèvement à la source sur ses revenus de 2019. Le tribunal a jugé que, bien que M. B... fût résident fiscal en Italie au sens de la convention franco-italienne, il n'avait pas fourni les justificatifs nécessaires pour démontrer que ses salaires étaient imposables en Italie, comme l'exige l'article 15 de cette convention. En conséquence, l'administration fiscale était fondée à maintenir le prélèvement à la source en application de l'article 204 A du code général des impôts. Les conclusions subsidiaires visant à faire établir une imposition par le juge ont été déclarées irrecevables, le juge ne pouvant se substituer à l'administration pour fixer l'impôt.

Avocat : CABINET JULIEN JEULIN ASSOCIES

8 janvier 2026• 10ème chambre
TA93Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2313114

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande de la société Krishnan Telecom Center, qui sollicitait la décharge d’une amende de 14 138 euros infligée pour avoir effectué des paiements en espèces supérieurs à 1 000 euros en violation des articles L. 112-6 et D. 112-3 du code monétaire et financier. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l’impossibilité de payer par chèque ou virement, jugeant que l’exception prévue au III de l’article L. 112-6 ne s’applique qu’à l’incapacité juridique du débiteur, et non à la situation du fournisseur. Il a également précisé que l’amende prévue à l’article 1840 J du code général des impôts n’exige pas la preuve d’un caractère intentionnel du manquement.

8 janvier 2026• 10ème chambre
TA93Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2313086

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en plein contentieux, a rejeté la requête de la société Technip Offshore International qui demandait le remboursement d’un crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) au titre de 2018. Le tribunal a jugé que le plafond de rémunération de 2,5 fois le SMIC pour les salariés en forfait-jours doit être calculé sur la base de la durée légale de 35 heures par semaine, sans majoration liée à un nombre d’heures supérieur, et que les absences des salariés doivent être prises en compte pour le prorata du plafond. La solution s’appuie sur l’article 244 quater C du code général des impôts et les articles L. 3121-27 et suivants du code du travail.

Avocat : DELSOL AVOCATS

8 janvier 2026• 10ème chambre
TA93Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2308604

Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par la fondation américaine Amaturo Family Foundation Inc. d’une demande de restitution partielle des retenues à la source prélevées au taux de 28 % sur des dividendes de source française perçus en 2020. La requérante sollicitait l’application du taux réduit de 15 % prévu par la convention fiscale franco-américaine, en se prévalant de son statut d’organisme exonéré d’impôt aux États-Unis. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que l’administration était fondée à appliquer la loi fiscale nationale (CGI, art. 119 bis et 187). Il a ensuite rappelé que la convention fiscale ne peut servir directement de base légale et qu’il incombe au juge de vérifier, au regard de ses stipulations (art. 4 et 10), si la qualification retenue par la loi nationale est compatible avec la convention, ce qui n’était pas le cas en l’espèce.

8 janvier 2026• 10ème chambre
TA77Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2408375

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. A... tendant à obtenir une provision en réparation des préjudices résultant du refus de la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de résident et de l'inexécution d'une ordonnance de référé. Le juge a estimé que l'obligation de l'État n'était pas sérieusement contestable, car M. A..., reconnu réfugié, avait droit à la délivrance d'une carte de résident de dix ans en application des articles L. 424-1 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et que le refus implicite de la préfète était illégal. La solution retenue est le rejet de la requête, le juge considérant que les conditions pour accorder une provision n'étaient pas remplies.

Avocat : ACTIS AVOCATS

8 janvier 2026
TA78Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2301243

Le Tribunal Administratif de Versailles a examiné la requête de M. A..., militaire en reconversion au Canada, contestant la décision du ministre des armées qui n’avait que partiellement agréé son recours. Le requérant demandait notamment le remboursement intégral de ses frais de formation (38 055,05 euros), le versement d’arriérés de rémunération (8 612,36 euros) et l’indemnisation de préjudices. Le tribunal a rejeté l’ensemble des conclusions de M. A..., considérant que la décision attaquée était suffisamment motivée et que l’administration avait fait une juste application des textes, notamment le décret n°2009-545 du 14 mai 2009 relatif aux frais de déplacement des militaires. Il a estimé que les moyens soulevés, tirés d’une erreur de droit, d’une violation du principe d’égalité ou d’une faute de l’administration, n’étaient pas fondés.

Avocat : CABINET MDMH

8 janvier 2026• 6ème chambre
TA78Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2301730

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi par Mme A..., infirmière scolaire, d’une demande d’indemnisation complémentaire de ses préjudices résultant d’un syndrome d’épuisement professionnel reconnu imputable au service. Sur le fondement de la responsabilité sans faute de l’État, le tribunal a condamné l’administration à lui verser une somme totale de 120 078 euros, en application des dispositions de l’article 34 de la loi du 11 janvier 1984 et du code général de la fonction publique. Cette indemnisation couvre notamment le déficit fonctionnel temporaire et permanent, ainsi que les souffrances endurées, déduction faite des provisions déjà allouées.

Avocat : RENOULT

8 janvier 2026• 6ème chambre
TA78Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2302516

Harcèlement moral homophobe et responsabilité de l'État. Le Tribunal administratif de Versailles rejette la requête de M. A..., qui demandait 85 271 euros de dommages et intérêts pour des fautes commises par le rectorat de l'académie de Versailles (harcèlement, manquement à l'obligation de protection, refus illégal de renouvellement de contrat). Le tribunal estime que les éléments produits par le requérant ne sont pas suffisamment probants pour établir la réalité du harcèlement moral allégué. La décision s'appuie notamment sur les articles L. 133-2 et L. 133-3 du code général de la fonction publique relatifs au harcèlement moral.

Avocat : DESHOULIERES AVOCATS ASSOCIES

8 janvier 2026• 6ème chambre
TA78Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2304528

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi d’un recours en plein contentieux par Mme et M. B... contre le centre hospitalier André Mignot de Versailles et son assureur, en raison d’une faute lors de la pose d’un Porth-a-Cath le 21 novembre 2014, dont l’extrémité mal positionnée a causé des thromboses veineuses. Le tribunal a retenu la responsabilité de l’hôpital pour cette faute, limitée à une perte de chance de 50 % d’éviter ces complications. Il a condamné solidairement l’établissement et son assureur à verser diverses sommes aux requérants et à la CPAM des Yvelines, en application des principes de responsabilité administrative et des dispositions du code de la santé publique. Les montants alloués ont été réduits par rapport aux demandes initiales, et les intérêts légaux ont été accordés à compter de la demande préalable.

Avocat : NGAFAOUNAIN

8 janvier 2026• 6ème chambre
TA83Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2301992

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme C... qui demandait la condamnation du centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne-sur-Mer (CHITS) pour le décès de sa grand-mère, Mme D..., survenu après une chute à l'hôpital. La requérante n'ayant pas justifié de sa qualité d'héritière, ses conclusions indemnitaires présentées au nom de la succession de Mme D... ont été déclarées irrecevables. Le tribunal a également rejeté la demande de réparation du préjudice moral de Mme C..., faute pour elle de rapporter la preuve d'une faute médicale commise par le CHITS dans la prise en charge de la patiente. La décision est fondée sur les dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.

Avocat : ABEILLE & ASSOCIES

8 janvier 2026• 3ème chambre
TA86Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2300783

Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de la société Sud Lavage, qui sollicitait la condamnation de l'État à l'indemniser pour les pertes subies en raison des arrêtés préfectoraux de 2022 restreignant l'usage de l'eau en Charente-Maritime durant une sécheresse. La société invoquait la responsabilité pour faute (vice de procédure, erreurs de droit, disproportion) et la responsabilité sans faute (rupture d'égalité devant les charges publiques). Le tribunal a jugé que les mesures étaient légales et proportionnées, fondées sur les articles R. 211-66 et R. 211-67 du code de l'environnement, et que la société ne démontrait pas de préjudice anormal et spécial ouvrant droit à réparation. La requête a été rejetée, y compris les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Avocat : AARPI ANDOTTE AVOCATS

8 janvier 2026• 1ère chambre
TA86Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2301487

Le Tribunal Administratif de Poitiers a examiné les demandes de la société AVO Carbon France visant à obtenir la restitution d’un crédit d'impôt pour dépenses de recherche (CIR) au titre de 2018. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer à hauteur de 93 900 euros, correspondant à un dégrèvement accordé en cours d'instance par l'administration. Sur le surplus, il a rejeté les conclusions de la société, estimant que les dépenses de personnel de trois ingénieurs commerciaux et les dépenses de sous-traitance avec une société allemande n'étaient pas éligibles au CIR, en application des dispositions des b, c et d bis du II de l'article 244 quater B du code général des impôts.

Avocat : SELARL D'AVOCATS TEN FRANCE

8 janvier 2026• 1ère chambre
TA87Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2302236

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. B... concernant le refus du maire de Dournazac de communiquer des documents relatifs à des travaux sur un chemin rural. Le tribunal a jugé que le droit à communication ne s'applique qu'aux documents existants et ne peut contraindre l'administration à en créer. En l'absence de preuve de l'existence des documents demandés, la demande de communication a été déclarée irrecevable. La décision s'appuie sur les principes généraux du droit à communication des documents administratifs, sans application spécifique des articles D. 164-14 et 15 du code rural et de la pêche maritime invoqués par le requérant.

Avocat : CHAGNAUD CHABAUD

8 janvier 2026• 2ème chambre
TA87Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2400961

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. A... contestant le retrait de la subvention « MaPrimeRénov’ » par l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Le requérant invoquait notamment un défaut de motivation et la violation de plusieurs principes généraux du droit, ainsi qu’une erreur de fait et d’appréciation concernant l’absence d’entrave au contrôle. Le tribunal a estimé qu’aucun des moyens soulevés n’était fondé, en application du code des relations entre le public et l’administration, du code de la construction et de l’habitation, et du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions de M. A..., y compris ses demandes d’injonction et d’astreinte.

Avocat : HAYOUN

8 janvier 2026• 2ème chambre
TA69Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2515231

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fait droit à la demande de la préfète du Rhône. Il a ordonné l'expulsion de M. B., ressortissant malien, du logement qu'il occupait sans titre au sein d'un centre d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (CHUDA) à Lyon. Le juge a considéré que le retour de l'intéressé après une remise aux autorités espagnoles constituait un manquement grave au règlement intérieur, justifiant la mesure d'expulsion pour assurer la continuité du service public.

8 janvier 2026
TA69Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2600196

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, a été saisi par la Métropole de Lyon sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. La requête visait à obtenir la désignation d'un expert pour examiner deux immeubles situés à Caluire-et-Cuire, présentant des risques pour la sécurité publique en raison d'infiltrations d'eau et de désordres affectant un mur en pisé. Le tribunal a fait droit à cette demande en désignant un expert, dont la mission consiste à constater l'état des bâtiments, à se prononcer sur l'existence d'un danger imminent et à proposer des mesures de sécurité. Cette décision s'appuie sur les dispositions du code de la construction et de l'habitation et du code de justice administrative.

8 janvier 2026
TA77Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2008955

Le Tribunal administratif de Melun a condamné la société AXA France IARD à garantir la communauté de communes Plaines et Monts de France au titre d'un contrat d'assurance multirisques souscrit par la commune d'Annet-sur-Marne. Le litige portait sur l'indemnisation des dommages causés par un ouvrage public de collecte des eaux pluviales (le busage du ru du Louche), pour lequel la communauté de communes avait été condamnée à verser 186 614,57 euros à une administrée. Le tribunal a jugé que la garantie contractuelle s'appliquait, l'ouvrage n'étant pas exclu par les conditions générales, et a condamné AXA à verser 186 149,82 euros (après déduction de la franchise de 464,75 euros), avec intérêts au taux légal et capitalisation. La décision s'appuie sur les articles 2.1 à 2.7 des conditions générales du contrat d'assurance et le code général des collectivités territoriales.

Avocat : CABINET ADAES AVOCATS

8 janvier 2026• 8ème chambre
TA77Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2310181

Le Tribunal administratif de Melun a statué sur le recours de Mme A... contestant un indu de prime d'activité de 494,46 euros pour la période de juillet 2021 à mars 2022. La caisse d'allocations familiales ayant partiellement annulé l'indu en reversant 416,91 euros, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur cette partie. Sur le surplus restant de 77,55 euros, le tribunal a rejeté la requête de Mme A..., estimant que les ressources de son foyer justifiaient le maintien de cet indu. La décision s'appuie sur les articles L. 842-3, L. 842-4 et R. 844-1 du code de la sécurité sociale.

8 janvier 2026• 8ème chambre, JU
TA44Décision• Plein contentieux

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2206937

Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi d'une demande indemnitaire par M. F... C... et ses deux fils, suite à l'annulation par un précédent jugement du 30 novembre 2020 de refus de visa de long séjour pour réunification familiale. La responsabilité de l'État a été engagée en raison de l'illégalité fautive de ces refus, entachés d'erreurs d'appréciation. Le tribunal a condamné l'État à verser une somme de 586,50 euros au titre du préjudice matériel et 9 000 euros au titre du préjudice moral, en application des principes de la responsabilité pour faute et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Avocat : PRONOST

8 janvier 2026• 7ème Chambre