Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2507253
Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de transférer sans délai le dossier de titre de séjour de M. B..., ressortissant malgache, à la préfecture du Val-de-Marne. Le juge a constaté que le blocage du dossier par la préfecture des Alpes-Maritimes empêchait le requérant de régulariser sa situation administrative, créant une urgence caractérisée par l’expiration de son récépissé et l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous. La mesure a été jugée utile et ne faisant obstacle à aucune décision administrative. L’État a également été condamné à verser 700 euros à M. B... au titre des frais de justice.
Avocat : HERVET
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2508858
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande de SNCF Gares et Connexions. Cette demande visait à désigner un expert pour constater l'état des immeubles situés à proximité du chantier de mise en conformité des quais de la gare de Saint-Denis-de-Pile, dans le cadre du projet de RER Métropolitain. Le tribunal a ordonné une expertise afin de dresser un état descriptif des immeubles avant travaux, de déterminer l'origine des éventuels désordres, et de fournir des éléments sur les préjudices et responsabilités en cas de sinistre. La mission de l'expert pourra se poursuivre après les travaux pour rechercher les causes des dommages qui surviendraient.
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2400860
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme C... contestant le classement sans suite de sa demande de naturalisation par le préfet de l’Hérault. Ce classement était motivé par son absence à l’entretien réglementaire prévu pour évaluer son assimilation, sur le fondement des articles 40 et 41 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993. La requérante invoquait un défaut de réception des convocations en raison d’un déménagement, mais n’a pas démontré avoir informé l’administration de son changement d’adresse. Le tribunal a jugé que l’administration avait régulièrement notifié les convocations et que l’absence de comparution sans motif légitime justifiait légalement la décision.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2215088
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... contestant les décisions de la commission de recours amiable de la CAF de la Sarthe qui ne lui avaient accordé qu’une remise partielle de ses dettes de prime d’activité. La requérante, qui avait omis de déclarer sa pension d’invalidité, a été reconnue de bonne foi, mais n’a pas démontré, faute de fournir les éléments demandés, que sa situation financière actuelle l’empêchait de rembourser le solde restant dû. Le tribunal a également rejeté les conclusions reconventionnelles de la CAF, jugeant qu’il n’appartient pas au juge administratif d’ordonner des mesures que l’administration peut prendre elle-même par ses voies d’exécution. La décision est fondée sur l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2309166
Le Tribunal administratif de Nantes rejette la requête de M. B... A... et Mme C... contestant la décision du 27 avril 2023 de la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire mettant fin à leur accompagnement pour la recherche d’un logement et à la prise en charge de leur hébergement à l’hôtel. Statuant en plein contentieux, le tribunal estime que les requérants ont refusé sans motif suffisant deux propositions de logement, l’une aux Ponts-de-Cé et l’autre à Segré, justifiant la décision du département. Il retient que l’éloignement géographique invoqué pour le second refus ne constitue pas une cause légitime, compte tenu des solutions alternatives dont ils ont bénéficié par la suite. La solution s’appuie sur les dispositions du code de l’action sociale et des familles relatives à l’aide sociale à l’enfance.
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2501187
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a été saisi par M. B... pour contester trois décisions du département de la Marne refusant l’attribution d’une carte mobilité inclusion « stationnement », de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et de l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF). Le tribunal s’est déclaré incompétent pour connaître des litiges relatifs à l’AAH et à l’AVPF, ceux-ci relevant de la compétence du juge judiciaire en application des articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale. Sur la demande de carte mobilité inclusion, le tribunal a rejeté la requête, considérant que les pathologies invoquées par M. B... ne justifiaient pas l’octroi de la mention « stationnement » au regard des critères de l’arrêté du 3 janvier 2017.
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2502972
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. et Mme B... contestant le refus de renouvellement de la carte mobilité inclusion portant la mention "stationnement pour personnes handicapées" pour leur enfant A... B.... Le juge a estimé que, malgré la maladie osseuse inflammatoire et les douleurs aux genoux de l'enfant, traitées par anti-inflammatoires, il ne résultait pas de l'instruction une réduction importante et durable de sa capacité et de son autonomie de déplacement à pied, ni la nécessité d'un accompagnement par une tierce personne, conformément aux critères de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et de l'arrêté du 3 janvier 2017.
Tribunal Administratif de Nancy — N° TA54-2503870
Le Tribunal Administratif de Nancy, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, a désigné un expert pour examiner un immeuble situé à Raon-l’Etape, appartenant à M. A... F..., qui pourrait présenter un risque pour la sécurité publique. La commune avait saisi le juge afin de faire constater l'état du bâtiment et déterminer les mesures nécessaires pour prévenir tout danger. Le juge a fait droit à cette demande en ordonnant une expertise, confiant à l'expert la mission de décrire l'état de l'immeuble, d'évaluer les risques pour la solidité et la sécurité, et de proposer des mesures conservatoires ou définitives. Cette décision s'appuie sur les articles R. 556-1 et R. 531-1 du code de justice administrative, ainsi que sur les articles L. 511-2 et L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2512219
Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé, a été saisi par Mme B..., aide-soignante au centre hospitalier de Tourcoing, d’une demande de suspension de la sanction d’exclusion temporaire de fonctions de dix-huit mois avec sursis de six mois prononcée à son encontre. Le juge a considéré que la condition d’urgence était présumée remplie, la privation de traitement excédant un mois. Cependant, il a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment l'erreur de droit sur l'interdiction d'exercer une autre activité rémunérée, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. Par conséquent, la requête en suspension a été rejetée, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Avocat : CABINET D. JOSEPH, P. TILLIE, M. CALIFANO, BAREGE AVOCATS ASSOCIES
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2308538
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, saisi en plein contentieux par Mme A..., est confronté à une demande d'indemnisation pour l'aggravation de ses séquelles après une opération chirurgicale. La requérante avait déjà obtenu réparation pour une faute de l'hôpital et un accident médical non fautif indemnisé par l'ONIAM. Constatant que l'expertise ordonnée n'a pas été contradictoire à l'égard de l'ONIAM et n'a pas distingué la part respective des aggravations imputables à la faute et à l'aléa thérapeutique, le tribunal estime ne pas disposer d'éléments suffisants. En application de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, il ordonne avant dire droit une nouvelle expertise médicale pour déterminer l'origine et la proportion des préjudices aggravés.
Avocat : SCP IOCHUM & GUISO
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2508730
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi en référé-provision par M. A... pour obtenir le versement d'une somme de 15 000 euros à valoir sur l'indemnisation de ses préjudices, résultant d'une intervention chirurgicale du 17 août 2022 aux Hôpitaux Civils de Colmar (HCC). Le juge des référés a rejeté la requête, considérant que l'obligation dont se prévalait M. A... n'était pas non sérieusement contestable, faute pour le requérant d'avoir justifié de son régime d'indemnisation au titre d'un accident du travail, ce qui empêchait de déterminer la part de responsabilité des HCC et de l'ONIAM. En conséquence, les demandes de provision de M. A... et de la CPAM ont été rejetées, et les conclusions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont été écartées. La décision s'appuie sur l'article R. 541-1 du code de justice administrative, qui conditionne l'octroi d'une provision à l'absence de contestation sérieuse de l'obligation.
Avocat : CABINET MONHEIT-ANDRE-MAI
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2406894
Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi par M. A..., détenu, d'une demande d'indemnisation pour douze fouilles corporelles intégrales subies entre octobre 2021 et avril 2023 au centre pénitentiaire de Roanne. Le requérant soutenait que ces fouilles, injustifiées et systématiques, constituaient un traitement inhumain et dégradant engageant la responsabilité de l'État. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant que l'administration pénitentiaire avait justifié ces mesures par des motifs de sécurité et de bon ordre, conformément aux articles L. 225-1 et suivants du code pénitentiaire et à l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. Aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'État n'a été retenue.
Avocat : AARPI THEMIS
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2408094
Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné la requête de M. B..., détenu, qui demandait réparation pour 23 fouilles corporelles intégrales subies entre janvier 2022 et avril 2024 au centre de détention de Roanne. Le tribunal a rappelé que, selon le code pénitentiaire et la convention européenne des droits de l'homme, ces fouilles doivent être justifiées par une présomption d'infraction ou un risque pour la sécurité, et ne peuvent être systématiques. En l'espèce, l'administration n'a pas démontré que ces fouilles étaient fondées sur de tels motifs, ni que des méthodes moins intrusives étaient insuffisantes. Le tribunal a donc condamné l'État à verser 1 150 euros à M. B... pour le préjudice subi, soit 50 euros par fouille illégale, avec intérêts au taux légal à compter du 12 juin 2024.
Avocat : AARPI THEMIS
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2500143
Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi par la société Lyon location d’une demande d’indemnisation pour le retard de l’État à accorder le concours de la force publique pour exécuter une ordonnance d’expulsion du 27 octobre 2023. Le tribunal rappelle que la responsabilité de l’État peut être engagée en cas de retard fautif dans l’octroi de ce concours, et que l’administration dispose d’un délai de deux mois pour agir, passé lequel le préjudice est réparable. Il constate que le concours a été accordé le 29 octobre 2024 et l’expulsion réalisée le 27 novembre 2024, mais que la période de trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) a suspendu l’exécution. Le tribunal rejette la requête, estimant que le retard n’est pas imputable à l’État, car la demande de concours a été suivie d’effet dans un délai raisonnable, compte tenu de la trêve hivernale et des diligences de l’administration.
Avocat : NASRI
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2504237
Le Tribunal Administratif de Lyon était saisi par Mme A..., reconnue prioritaire par la commission de médiation de la Loire le 4 juillet 2024 pour un logement de type T5-T6 adapté aux personnes à mobilité réduite (PMR), afin d’enjoindre à la préfète d’exécuter cette décision sous astreinte. La préfète soutenait qu’il n’y avait plus lieu de statuer, arguant qu’une proposition de logement avait été faite le 19 juin 2025, mais que Mme A... l’avait refusée en raison du quartier, ce qui la déliait de son obligation. Le tribunal a examiné si l’administration rapportait la preuve que Mme A... avait été informée des conséquences de son refus et si ce motif était impérieux. La solution retenue n’est pas explicitement formulée dans l’extrait, mais le tribunal a appliqué les dispositions du code de la construction et de l’habitation relatives au droit au logement opposable (DALO).
Avocat : SCORDO CLÉMENT
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2327488
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par la société Miqdel Grande Armée de deux requêtes contestant des titres de perception émis par la Ville de Paris pour les années 2022 et 2023, relatifs aux redevances d'occupation du domaine public pour l'installation de terrasses. La société soutenait notamment des erreurs de fait sur la surface des terrasses ouvertes et l'absence d'écrans parallèles, ainsi qu'un défaut de signature des titres. Le tribunal a constaté un non-lieu partiel pour l'année 2022 suite à un dégrèvement de 27 202,04 euros par la Ville, et a rejeté le surplus des conclusions ainsi que la requête pour 2023, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code général des collectivités territoriales et du code des relations entre le public et l'administration.
Avocat : MEILHAC
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431836
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l’État à verser 2 000 euros à M. C... A..., reconnu prioritaire par la commission de médiation le 9 février 2023, en raison de la carence fautive de l’administration à lui proposer un relogement dans le délai de six mois. La responsabilité de l’État est engagée sur le fondement de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation, pour troubles dans les conditions d’existence et préjudice moral. Le tribunal a évalué le préjudice à 800 euros par personne et par année de carence, compte tenu de la situation persistante de M. C... A..., toujours sans logement.
Avocat : TOMAS
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2528691
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur la demande de la Ville de Paris, a ordonné une expertise avant travaux sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative. Cette mesure vise à établir un état des lieux des immeubles voisins (notamment les syndicats de copropriétaires des rues des Rigoles et du Jourdain) avant la construction d'un équipement culturel au 88, rue des Rigoles (20e arrondissement), dont le début est prévu en avril 2026. L'expert désigné, M. D... C..., devra dresser des constats avant travaux et pourra, à l'initiative de la Ville, poursuivre sa mission pour rechercher les causes et l'étendue d'éventuels dommages survenant pendant le chantier.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2402063
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de M. et Mme B... demandant la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour les années 2012 à 2015. Les requérants contestaient la régularité de la procédure d'imposition, notamment en invoquant la garantie prévue à l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales. Le tribunal a jugé que cette garantie n'était pas applicable car le contrôle dont ils avaient fait l'objet était un contrôle sur pièces et non une vérification de comptabilité ou un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle. En conséquence, la procédure a été considérée comme régulière et les impositions maintenues.
Avocat : SELARL CAMPANARO OHANIAN
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2404100
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de la SCI MPP, qui contestait des rappels de TVA et des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés pour les exercices 2019 et 2020. La société invoquait une méconnaissance du droit de communication prévu à l’article L. 83 du livre des procédures fiscales, estimant que l’administration avait irrégulièrement obtenu des documents auprès de la communauté d’agglomération Caux Vallée de Seine. Le tribunal a jugé que ce droit de communication, qui permet à l’administration de demander des documents de service à des tiers, avait été exercé dans le cadre légal et que la procédure de contrôle était régulière. En conséquence, la demande de décharge des impositions a été rejetée.
Avocat : CARNO AVOCATS