Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2503192
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme E..., qui a subi une amputation des phalanges de la main droite suite à une infection nosocomiale contractée lors de sa prise en charge au CHU de Bordeaux en janvier 2023. La mesure, jugée utile pour déterminer les circonstances des soins, les éventuelles fautes et évaluer les préjudices, a été prononcée sans opposition des parties, bien que le CHU et l'ONIAM aient formulé des protestations et réserves. Les frais d'expertise sont provisoirement mis à la charge de la requérante, sous réserve des décisions ultérieures sur le fond.
Avocat : CABINET REMY LE BONNOIS
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2503383
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande de la commune de Sadirac visant à prescrire une expertise. Cette mesure a pour objet de déterminer la nature et les causes des désordres affectant la salle multi-activités (moisissures et fuites d'eau), de chiffrer les travaux de réparation et d'évaluer les préjudices subis. La juridiction a rejeté la demande de mise hors de cause de la communauté de communes du créonnais, estimant que son rôle de maître d'ouvrage délégué justifiait sa présence aux opérations d'expertise. L'expertise est ordonnée aux frais avancés de la commune requérante.
Avocat : RIVIERE AVOCATS ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2503426
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande d’expertise médicale présentée par Mme D..., agent hospitalier victime de deux accidents de service (1994 et 2014). La requérante sollicitait cette mesure pour évaluer ses préjudices en vue d’un futur recours indemnitaire contre son employeur, le centre hospitalier d’Agen-Nérac. Le juge a considéré que l’expertise était utile et ne préjugeait pas des responsabilités, rejetant implicitement l’exception de prescription soulevée par l’hôpital pour le premier accident.
Avocat : SELARL GESTION SOCIALE APPLIQUEE
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2503779
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande d'expertise présentée par la SA Matmut. Celle-ci sollicitait une mesure d'expertise pour déterminer les causes et l'étendue des dommages subis par son assurée, la SCI Espace Boyer, à la suite de travaux de surélévation réalisés sur un immeuble mitoyen appartenant à l'université de Bordeaux. La solution retenue est l'octroi de la mesure d'expertise, jugée utile pour éclairer un éventuel litige à venir, sans préjudice des responsabilités qui pourront être ultérieurement engagées.
Avocat : VANDENHOVE
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2503971
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi par Mme B... D... d'une demande de nouvelle expertise médicale et de versement d'une provision de 30 000 euros, suite à un retard de prise en charge d'un syndrome des loges à la main gauche au centre hospitalier de Sud-Gironde, survenu en 2021. Le juge des référés a fait droit à la demande d'expertise complémentaire sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, afin d'évaluer l'ensemble des préjudices de la requérante après consolidation de son état de santé. En revanche, la demande de provision, fondée sur l'article R. 541-1 du même code, a été rejetée en raison de l'existence de contestations sérieuses sur le montant des préjudices invoqués, les parties adverses (l'hôpital et son assureur) contestant les évaluations chiffrées de Mme D....
Avocat : SCP GRAVELLIER - LIEF - DE LAGAUSIE - RODRIGUES
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2513573
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur la demande de la commune de Beaurepaire, a désigné un expert pour examiner un bâtiment menaçant ruine situé sur son territoire. La solution retenue fait droit à la requête de la commune en application des articles L. 511-9 et R. 511-2 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que des articles R. 531-1 et R. 556-1 du code de justice administrative. L'expert a pour mission de constater l'état du bâtiment, d'évaluer l'imminence du péril et de proposer des mesures de sécurité, dans un délai de vingt-quatre heures.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2513643
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a fait droit à la demande de la commune de Vizille concernant un bâtiment menaçant ruine. Sur le fondement des articles L. 511-9 et R. 511-2 du code de la construction et de l'habitation, le juge a désigné un expert pour examiner l'immeuble, dresser un constat des désordres et proposer des mesures de nature à mettre fin à un éventuel péril imminent. La mission de l'expert inclut l'évaluation des bâtiments mitoyens et l'établissement d'un échéancier des mesures de sauvegarde. L'expert devra déposer son rapport sous cinq jours, et les frais seront taxés ultérieurement.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2109603
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B..., un ancien agent contractuel du CHU de Lille, qui demandait réparation pour harcèlement moral et absence de renouvellement de son contrat. Le tribunal a estimé que les éléments fournis par le requérant ne permettaient pas de présumer l’existence d’un harcèlement moral, et que la décision de non-renouvellement du contrat était justifiée par l’intérêt du service, sans lien avec son état de santé. La solution retenue est le rejet de l’intégralité des conclusions indemnitaires. Les textes appliqués sont l’article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 (repris à l’article L. 133-2 du code général de la fonction publique) et les articles L. 4121-1 et L. 4121-2 du code du travail.
Avocat : JAMAIS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2201613
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par la communauté d’agglomération Grand Calais Terres et Mers d’une demande visant à contester le refus de l’administration fiscale d’assujettir à la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), selon la méthode comptable de l’article 1499 du code général des impôts (CGI), divers biens (usine, centrale à béton, buffer, digue, terre-pleins, ouvrages d’art) situés sur le port de Calais, ainsi qu’à la cotisation foncière des entreprises (CFE) et à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) les activités qui y sont exercées. Le tribunal a rejeté l’ensemble des conclusions de la requête, jugeant que la communauté d’agglomération, qui n’est ni propriétaire, ni contribuable, ni redevable des impositions en cause, ne justifiait pas d’un intérêt lui donnant qualité pour agir. En conséquence, la requête a été déclarée irrecevable et les conclusions présentées au titre des frais de justice ont été rejetées.
Avocat : CABINET EUROCONSULT FRANCE
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2300220
Le Tribunal Administratif de Pau a examiné les requêtes de M. A..., détenu, qui demandait réparation pour deux fouilles à nu subies les 15 juin et 17 août 2022 à l'issue de parloirs. Le requérant soutenait que ces fouilles, qu'il estimait aléatoires et non justifiées par son comportement, constituaient un traitement inhumain et dégradant contraire à l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme et aux articles L. 225-1 et suivants du code pénitentiaire. Le tribunal a rejeté ses demandes, considérant que l'administration pénitentiaire avait suffisamment motivé ces mesures par la nécessité de prévenir l'introduction d'objets prohibés, sans caractériser une faute de nature à engager la responsabilité de l'État. Aucune somme n'a été allouée au titre des frais de justice.
Avocat : SCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2300572
Le Tribunal Administratif de Pau a examiné la requête de la SAS Sediver, qui contestait des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2020 et 2021. La société soutenait notamment que la valeur locative de ses immobilisations devait être calculée sur la base du prix de revient initial, et non après une réévaluation libre, et demandait l'exonération de certains biens (clôtures, portails) ainsi que l'exclusion de travaux considérés comme des non-valeurs. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens de la requérante, confirmant le bien-fondé des impositions contestées. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code général des impôts, notamment les articles 1499, 1382 et 1381, ainsi que sur la doctrine administrative invoquée.
Avocat : CMS FRANCIS LEFEBVRE
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2300881
Le Tribunal Administratif de Pau a examiné les requêtes de M. C..., détenu, contestant la légalité de plusieurs fouilles à nu subies en 2022 et 2023, ainsi qu'une suspension de ses fonctions de travail en détention. Le juge a rejeté l'ensemble de ses demandes indemnitaires, estimant que les fouilles litigieuses étaient justifiées par des suspicions fondées sur le comportement et le profil du requérant, et que la suspension de travail était légalement motivée par des faits troublant l'ordre de l'établissement. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code pénitentiaire (articles L. 225-1 à L. 225-3, R. 225-1, R. 225-2, L. 412-8 et R. 234-23) ainsi que sur l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. En conséquence, les conclusions indemnitaires et celles relatives aux frais de justice ont été rejetées.
Avocat : SCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2400042
Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête de M. A... contestant son assujettissement à la taxe d'habitation sur les résidences secondaires pour l'année 2023. Le juge a estimé que M. A..., qui avait pris à bail un logement à Bayonne, en était réputé avoir la disposition au 1er janvier 2023, date d'établissement de l'impôt, et n'a pas apporté la preuve que le bien était non meublé ou vacant à cette date. La solution retenue s'appuie sur les articles 1407, 1408 et 1415 du code général des impôts, qui imposent la taxe pour les locaux meublés dont le contribuable a la jouissance au 1er janvier de l'année.
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2400149
Le Tribunal Administratif de Pau rejette la requête de M. et Mme C... qui contestaient leur assujettissement à la taxe d'habitation sur les résidences secondaires pour l'année 2023. Les requérants soutenaient que la valeur locative de leur bien à Anglet était nulle en raison de l'impossibilité de le louer, mais le tribunal juge que ce moyen n'est pas fondé. La solution retenue est le rejet de la demande de décharge de la cotisation. Les textes appliqués sont les articles 1407, 1407 ter, 1409, 1495 et 1496 du code général des impôts.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2510422
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé précontractuel sur le fondement des articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative, était saisi par la société A2A Alternative de l’ascenseur Alsace d’un recours contestant le rejet de son offre et l’attribution du lot n°1 d’un accord-cadre de la région Grand Est. En cours d’instance, la région a déclaré la procédure sans suite et retiré les décisions d’attribution pour l’ensemble des lots. Constatant que les conclusions de la requérante avaient perdu leur objet, le juge a prononcé un non-lieu à statuer par ordonnance, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Avocat : AARPI PMDB
Tribunal Administratif de La Réunion — N° TA101-2301591
Le Tribunal administratif de La Réunion a été saisi par le préfet d’une contravention de grande voirie pour occupation sans titre du domaine public fluvial de la rivière des Pluies, constatée le 2 août 2023. Le juge a relevé que l’infraction, caractérisée par la présence d’une case, d’un enclos et de matériaux, est continue en application de l’article L. 2132-27 du code général de la propriété des personnes publiques, ce qui fait obstacle à la prescription de l’action publique tant qu’elle se poursuit. En conséquence, le tribunal a condamné M. B... à une amende et lui a enjoint, sous astreinte, de remettre les lieux en état, avec autorisation pour l’administration de procéder d’office à ses frais en cas d’inexécution.
Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — N° TA104-2300422
Le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a été saisi par M. A... d'une demande d'indemnisation pour préjudice moral subi en raison de ses conditions de détention jugées indignes au centre pénitentiaire de Nouméa entre mars 2022 et août 2023. Le requérant invoquait notamment la violation des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ainsi que des dispositions du code de procédure pénale, en raison de la surpopulation carcérale, du manque d'espace et de divers manquements aux règles sanitaires. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que les éléments produits ne démontraient pas que les conditions de détention subies par M. A... caractérisaient un traitement inhumain ou dégradant, notamment après le 1er janvier 2023, et que le préjudice moral allégué n'était pas établi.
Avocat : SELARL D'AVOCAT KAIGRE
Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — N° TA104-2300456
Le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a été saisi par M. B... d’une demande d’indemnisation pour le préjudice moral subi en raison de ses conditions de détention au centre pénitentiaire de Nouméa du 24 mai 2022 au 18 septembre 2023. Le requérant invoquait une méconnaissance des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi que des dispositions du code de procédure pénale et de la loi pénitentiaire. Le tribunal a rejeté la requête, jugeant que les conclusions indemnitaires étaient irrecevables faute de réclamation préalable adressée à l’administration, conformément aux principes généraux de la responsabilité de l’État. Aucune indemnisation n’a donc été accordée.
Avocat : SELARL D'AVOCAT KAIGRE
Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — N° TA104-2300458
Le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a été saisi par M. A..., détenu au centre pénitentiaire de Nouméa, d’une demande d’indemnisation pour préjudice moral résultant de ses conditions de détention (surpopulation, espace insuffisant, atteintes à la dignité) entre mars 2022 et septembre 2023. Le requérant invoquait une faute de l’État au regard des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et du code de procédure pénale. Le tribunal a rejeté la requête comme irrecevable, faute pour le requérant de justifier d’une réclamation préalable auprès de l’administration, condition nécessaire pour engager un recours de plein contentieux contre l’État. Aucune indemnisation n’a donc été accordée.
Avocat : SELARL D'AVOCAT KAIGRE
Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — N° TA104-2300459
Le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a été saisi par M. B... d'une demande d'indemnisation pour préjudice moral subi en raison de ses conditions de détention au centre pénitentiaire de Nouméa entre le 1er janvier 2019 et le 23 janvier 2023. Le requérant invoquait notamment une violation de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme (traitements inhumains ou dégradants) et de l'article 8 (droit à la vie privée et familiale), en raison de la surpopulation carcérale, du manque d'espace, de la vétusté des installations et de l'accès insuffisant aux soins. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les conclusions étaient irrecevables faute de réclamation préalable de nature à lier le contentieux, en application des principes généraux de la responsabilité de l'État. Aucune indemnisation n'a donc été accordée.
Avocat : SELARL D'AVOCAT KAIGRE