| CELEX | 52025IR2297 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 4 mars 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/2599 | 20.5.2026 |
Avis du Comité européen des régions — La stratégie pour le marché unique
(C/2026/2599)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
Un marché unique essentiel pour les régions et les villes d’Europe
| 1. | souligne que le marché unique est l’une des réalisations les plus notables de l’Union européenne, une pierre angulaire de l’intégration et de la prospérité et un moteur décisif de la compétitivité et de la résilience de l’Europe; que, depuis sa création il y a plus de trente ans, il s’est imposé comme le plus grand marché intégré au monde avec près de 450 millions de consommateurs, qu’il génère un quart du PIB de l’Union, engendre 56 millions d’emplois et compte pour près d’un sixième du commerce mondial de biens; invite dès lors la Commission et les États membres à sécuriser et à approfondir le marché unique afin que ses apports soient pleinement exploités dans chaque région; |
| 2. | souligne que le marché unique est bénéfique pour la confiance des consommateurs, notamment en ce qu’il renforce la concurrence (facteur contribuant à maintenir des prix à la consommation justes et abordables), élargit la gamme des produits et services disponibles indépendamment des frontières et garantit des niveaux élevés de qualité, de sécurité et de protection de l’environnement grâce à une normalisation à l’échelle de l’Union; attire l’attention sur le fait que l’importance du marché unique ne se cantonne pas à l’économie, en ce qu’il améliore également le bien-être et la mobilité des citoyens ainsi que les possibilités qui leur sont offertes, et démontre les bénéfices pratiques de l’Union dans la vie quotidienne; |
| 3. | salue la communication intitulée «Le marché unique: notre marché intérieur européen dans un monde incertain — Stratégie pour un marché unique simple, homogène et solide» (la «stratégie pour le marché unique»), qui définit l’objectif de la Commission de renforcer le marché unique en s’efforçant de supprimer les obstacles les plus préjudiciables à celui-ci, de moderniser et d’ouvrir les marchés transfrontières européens, de soutenir les entreprises, de simplifier et de numériser les règles et les procédures et de renforcer dans leur ensemble la gouvernance du marché unique et sa mise en œuvre; |
| 4. | regrette que la stratégie ne reflète pas pleinement l’audace des rapports Draghi et Letta pour ce qui est du marché unique, et qu’elle omette de proposer des instruments juridiques adéquats dans plusieurs domaines clés; considère qu’il ne s’en agit pas moins d’un pas dans la bonne direction, mais plaide pour une approche à plus long terme, combinée à des mesures résolues à court terme, avec pour visée de renforcer le marché unique en s’appuyant sur des indicateurs de performance clés pertinents ainsi que des jalons et cibles concrets pour vérifier que lesdits objectifs sont atteints; |
| 5. | déplore qu’au bout d’un an, et en dépit des efforts déployés par la Commission, trop peu ait été fait pour traduire les recommandations des rapports Draghi et Letta pour le marché unique et la compétitivité en des changements tangibles sur le terrain, tant pour les populations que pour les entreprises, notamment en ce qui concerne la nécessité d’investir, la simplification et la réduction des formalités administratives; |
Le potentiel non exploité du marché unique
| 6. | tout en reconnaissant que le marché unique a déjà atteint un niveau élevé d’intégration économique et qu’il joue un rôle central pour créer de la prospérité au profit des Européens, regrette que des obstacles persistants freinent encore son potentiel; souligne que, selon les estimations, une réduction de 10 % des obstacles restants pourrait entraîner des gains pouvant aller jusqu’à 7 % du PIB; |
| 7. | se félicite des actions menées au sein de la Commission en matière d’application de la législation et de suppression des obstacles, qui témoignent d’un engagement plus fort en faveur de la lutte contre la fragmentation et la surréglementation; invite instamment la Commission (1) à consacrer davantage de ses ressources à la suppression systématique des obstacles au marché unique ainsi qu’à l’application des règles de celui-ci; |
| 8. | met toutefois en garde contre le fait que des instruments tels que le réseau de résolution des problèmes dans le marché intérieur (Solvit) et le groupe de travail sur le respect de l’application des règles du marché unique (SMET) reposent de façon excessive sur la coopération volontaire des États membres, ce qui limite leur capacité à lutter contre le protectionnisme qui n’est pas explicite, mais persistant; demande, en outre, que les collectivités locales et régionales soient associées à ces instruments de suppression des obstacles au marché unique, sachant que seules les régions et les villes peuvent apporter l’expertise et les données techniques nécessaires relatives à leurs territoires, chacun étant confronté à des problèmes très spécifiques pour rendre ces instruments réellement efficaces sur le terrain; |
| 9. | insiste sur le fait que le volume énorme de marchandises dangereuses, non conformes et contrefaites entrant sur le marché de l’Union, en particulier par l’entremise du commerce électronique et en provenance de pays tiers, a augmenté de façon exponentielle ces dernières années, ce qui a une incidence négative non seulement sur les opérateurs économiques européens, en particulier les PME, mais encore sur la sécurité des consommateurs; demande par conséquent un cadre moderne et renforcé de surveillance du marché pour garantir que seuls des produits conformes soient commercialisés sur le marché de l’Union, protégeant ainsi les entreprises européennes de la concurrence déloyale; cela protégera les entreprises européennes contre la concurrence déloyale, préservera la valeur ajoutée européenne et confortera la souveraineté économique; |
| 10. | invite les États membres à accroître les capacités de surveillance du marché et des autorités douanières afin de garantir qu’elles puissent faire respecter efficacement les règles du marché unique, en utilisant également les nouveaux instruments juridiques et les nouvelles technologies; |
| 11. | met en garde contre le fait que la stratégie vise pour l’essentiel des obstacles bien définis (les «terrible ten»), alors que de nombreux autres, tout aussi préjudiciables pour la continuité des activités transfrontières, ne sont toujours pas traités, et déplore de surcroît que les collectivités locales et régionales n’aient pas été assez associées à l’établissement de la liste de ces obstacles, ce qui n’a pas permis de définir les priorités correspondant à l’expérience pratique des acteurs les plus proches des entreprises; appelle de ses vœux une approche pragmatique en matière de suppression des obstacles qui mène à des apports visibles annoncés dans la stratégie, par exemple s’agissant de faciliter la prestation transfrontière de services essentiels pour le secteur manufacturier, tels que les services d’ingénierie; |
| 12. | regrette que les entreprises continuent de se heurter à des obstacles qui entravent de façon non négligeable la prestation transfrontière de services; fait observer que ces obstacles prennent diverses formes, allant des exigences administratives locales aux réglementations techniques nationales qui constituent de facto des barrières à l’entrée sur le marché; demande que des mesures soient prises d’urgence pour mieux faciliter la prestation transfrontière de services au sein de l’Union; |
| 13. | prend acte de l’éventuelle proposition à venir d’une loi sur la prévention des obstacles au marché unique; souligne que les outils actuels n’ont pas empêché assez efficacement l’émergence d’obstacles, et invite dès lors instamment la Commission à commencer, dès que possible, à évaluer la nécessité et la mise en œuvre pratique d’un texte de cette nature, en coopération avec les collectivités locales et régionales, dans la perspective d’une éventuelle publication; |
| 14. | demande la mise en place d’un principe de non-régression en ce qui concerne l’intégration du marché unique, pour éviter tout recul; constate avec inquiétude que le commerce de marchandises au sein de l’Union a régressé, et demande que l’on s’attaque à la législation qui entrave la libre circulation des marchandises pour inverser cette tendance inquiétante; |
Un marché unique solide et plus résilient
| 15. | souligne que les crises économiques et géopolitiques récentes nous ont rappelé combien le marché unique est important pour la vie quotidienne, mais qu’elles ont aussi révélé ses faiblesses, ainsi que la fragilité de la mondialisation elle-même, soulignant la nécessité d’une autonomie stratégique dans les secteurs critiques; les tensions et la volatilité récentes du commerce mondial ont davantage mis en lumière les vulnérabilités, lesquelles ont une incidence directe sur les régions et les villes d’Europe, qui dépendent du bon fonctionnement du marché unique pour susciter investissements, emploi et innovation; un marché unique plus fort est nécessaire pour que l’Europe puisse mieux résister collectivement aux crises mondiales; |
| 16. | souligne que le rapport «Safer Together» élaboré par Sauli Niinistö, conseiller spécial et ancien président de la République de Finlande, sur la thématique de la résilience et de la préparation met en avant le marché unique en tant qu’épine dorsale essentielle de la résilience de l’Union; note que c’est aussi l’un des messages essentiels d’un avis d’initiative de 2004 sur le thème «Vers des régions européennes résistantes aux chocs: renforcer la résilience des économies locales et régionales dans le cadre de l’évolution stratégique du marché unique» (CDR-1340-2024); |
| 17. | fait valoir, dans ce contexte, qu’un marché unique solide et à l’épreuve des crises permettra la libre circulation non seulement des biens et services essentiels, mais aussi des travailleurs, et ce, même en cas d’événements perturbateurs; réitère dès lors son appel en faveur d’une attention accrue accordée au concept de sécurité globale et de sécurité de l’approvisionnement, et soutient les mesures à l’échelle de l’Union qui coordonnent les réponses aux crises ainsi que l’exploitation et le renforcement des chaînes d’approvisionnement, en particulier pendant les crises et perturbations et en prévision de celles à venir; |
| 18. | souligne que les investissements dans les infrastructures, l’accessibilité et la connectivité numérique rapide et fiable des régions sont essentiels, en particulier dans les zones rurales, montagneuses et insulaires, pour mieux les relier au marché unique et renforcer sa résilience; |
| 19. | demande en particulier l’harmonisation, la suppression cohérente des obstacles et la mise en œuvre rapide de grands projets de construction en matière de transport ferroviaire transfrontière tant pour les voyageurs que pour le fret, avec pour visée de doper le marché intérieur et les échanges entre régions; souligne qu’un espace ferroviaire européen fonctionnel revêt une importance cruciale pour la résilience du système de transport et le transfert des flux de marchandises vers des modes de transport économes en énergie et respectueux de l’environnement; |
| 20. | insiste sur le rôle essentiel des PME pour diversifier les économies et les chaînes d’approvisionnement régionales, et conforter de ce fait la résilience économique et le marché unique, dans la mesure où les régions qui dépendent d’un petit nombre de grands employeurs sont davantage susceptibles de subir des chocs économiques en cas de désinvestissement; signale, dans le même temps, que les PME sont souvent les plus durement touchées par les crises; |
| 21. | souhaite la mise en œuvre rapide et efficace d’instruments juridiques tels que le règlement sur les situations d’urgence dans le marché intérieur et la résilience du marché intérieur (SURMI) afin de préserver le fonctionnement du marché unique même lorsqu’il est frappé par de graves chocs; |
Un marché unique plus simple et davantage numérisé
| 22. | déplore les effets négatifs que le nombre croissant d’actes législatifs de l’Union a sur les entreprises et la compétitivité européennes; rappelle que la simplification est l’une des exigences les plus pressantes des entreprises, en particulier des PME et des microentreprises; salue l’objectif de la Commission de réduire les coûts de toutes les charges administratives de 25 % pour toutes les entreprises et de 35 % pour les PME, et souscrit à la boussole pour la compétitivité pour qui le rétablissement de la compétitivité européenne suppose d’aller beaucoup plus loin que jusqu’à présent en matière de réduction des formalités administratives; se félicite dès lors des propositions de paquet «omnibus» de la Commission, et invite les colégislateurs à s’assurer de leur adoption rapide; |
| 23. | réitère l’appel lancé par le rapport Draghi, lorsqu’il préconise que la Commission procède systématiquement au début de chaque mandat à une évaluation et à un test de résistance de toutes les lois et réglementations existantes de l’Union, cette démarche devant être suivie par une codification et une consolidation de la législation de l’Union par domaine d’action, qui consisteront notamment à la simplifier et à supprimer les chevauchements et les incohérences à tous les stades du parcours législatif; demande en outre à la Commission de veiller à ce que toutes les nouvelles propositions législatives fassent l’objet d’analyses d’impact de haute qualité, y compris s’agissant des actes délégués et des actes d’exécution, et insiste pour que toutes les analyses d’impact comprennent un contrôle de la compétitivité qui évalue en particulier l’incidence sur les PME et les jeunes pousses; souligne que ces évaluations devraient aussi passer systématiquement au crible les charges réglementaires cumulées, les coûts administratifs et la complexité de la mise en conformité, et devraient être rendues publiques dans un format clair et comparable, afin d’accroître la transparence, d’améliorer la qualité du processus législatif et de renforcer la confiance entre les entreprises et les citoyens; |
| 24. | soutient les efforts déployés par la Commission pour simplifier les règles et procédures complexes et chronophages qui empêchent que les échanges au sein de l’Union se déploient sans friction; souligne que la simplification et la numérisation doivent être conçues de manière à réduire réellement les charges réglementaires pesant sur les entreprises de toutes tailles, tout en garantissant la neutralité technologique, et que les solutions numériques doivent être pleinement accessibles et assurer la connectivité des régions souffrant de handicaps géographiques permanents; souligne toutefois que la numérisation ne doit pas se substituer à la simplification, sachant que cette dernière est nécessaire, et qu’elle doit être résolue; |
| 25. | souligne qu’il serait aussi possible de faire beaucoup grâce à une mise en œuvre conviviale des règles du marché unique. Les plateformes publiques interopérables, les normes et les outils numériques sont essentiels et doivent être conçus de manière à être à la fois efficaces pour les autorités publiques et proportionnés aux différents opérateurs économiques; demande le renforcement des plateformes telles que le portail numérique unique et le système technique «une fois pour toutes» pour faciliter l’enregistrement des entreprises; |
| 26. | prie instamment la Commission d’harmoniser les règles en matière d’étiquetage et d’emballage et de garantir la simplification parallèlement à la numérisation au moyen du passeport numérique de produit; estime que les règles en matière d’étiquetage doivent trouver un équilibre entre la nécessité d’être suffisamment claires pour les consommateurs et celle de réduire les obstacles au marché, en évitant la duplication des certifications et obligations de déclaration, qui constituent des charges pour les entreprises européennes; |
| 27. | demande à la Commission d’harmoniser les normes de durabilité, qui sont très fragmentées au niveau européen et créent des obstacles au sein du marché unique, notamment pour les PME; |
| 28. | demande à la Commission européenne de simplifier et harmoniser les systèmes fiscaux, en alignant les règles en matière de TVA et en mettant en place, aux fins du respect des obligations fiscales transfrontières, une plateforme numérique unique incluant un système simplifié pour les contributions au titre de la TVA intracommunautaire, afin de réduire la charge administrative pesant sur les PME; |
| 29. | souligne que les PME et les microentreprises constituent l’épine dorsale de l’économie européenne et sont vitales pour le développement rural et la liberté de rester dans les territoires moins développés ou périphériques; rappelle aussi que les PME, par leur nature même, ont souvent moins de possibilités de se doter des outils nécessaires en matière de compétences et d’investissements pour tirer le meilleur parti des possibilités offertes par le marché unique; fait observer que dans les régions souffrant de handicaps géographiques permanents, les PME et les microentreprises forment un tissu économique particulièrement fragile et hautement tributaire des secteurs saisonniers et de coûts logistiques élevés, ce qui appelle des mesures de soutien adaptées dans le cadre de la stratégie pour le marché unique; |
| 30. | se félicite de ce que la Commission consacre un chapitre entier de sa stratégie aux PME, soulignant ce faisant son ambition d’aider ces dernières à s’orienter dans le marché unique; regrette toutefois que la stratégie ne contienne aucune mesure ciblée en faveur des microentreprises, pour qui le marché unique pose un ensemble de problèmes très spécifiques, et demande à la Commission d’en tenir compte lors de la mise en œuvre de la stratégie; |
| 31. | invite la Commission à veiller à ce que les nouveaux cadres tels que le 28e régime restent flexibles, proportionnés et accessibles à tous les types d’entreprises concernés et ne soient pas soumis à des conditions trop restrictives; le 28e régime devrait notamment simplifier la création d’entreprise dans un autre État membre et garantir l’application du principe «une fois pour toutes» pour l’ensemble des procédures administratives, sans mettre en péril la protection des travailleurs et le caractère équitable des conditions de travail; |
| 32. | préconise des mesures de facilitation proportionnées et efficaces dans des domaines tels que la reconnaissance des qualifications professionnelles, des diplômes et des titres en général, le détachement de travailleurs et les règles relatives au temps de travail, y compris au moyen d’outils numériques, afin de réduire les retards et d’éviter de décourager les activités transfrontières, en particulier pour les PME et les microentreprises, ce qui, au bout du compte, finit par toucher aussi leurs travailleurs; estime qu’il faut agir davantage pour améliorer le partage d’informations entre les autorités compétentes dans l’ensemble des États membres; |
| 33. | préconise aussi que les cadres de reconnaissance mutuelle des certifications des produits soient pleinement appliqués, comme l’exige le règlement (UE) 2019/515 (2) relatif à la reconnaissance mutuelle des biens, de sorte que les PME puissent exercer leurs activités sans entraves dans l’ensemble du marché unique; |
Un marché unique doté d’une dimension territoriale plus forte
| 34. | souligne que les obstacles qui subsistent sur le marché unique pour la circulation des biens et des services, ainsi que pour la mobilité de la main-d’œuvre, sont au cœur de la répartition inégale de ses apports entre les territoires de l’Union; |
| 35. | constate que, si le commerce de biens au sein de l’Union contribue à favoriser la convergence économique et sociale des territoires européens, le commerce des services dans cet espace a tendance à profiter aux grandes villes et aux régions plus riches, ce qui laisse les zones plus périphériques — comme les îles — et rurales de côté; souligne que ces régions sont confrontées à des problèmes spécifiques liés à la fuite des cerveaux, aux changements démographiques et aux handicaps structurels permanents qui ne peuvent être considérés indépendamment du marché unique; |
| 36. | fait observer que la politique de cohésion et le marché unique sont «les deux faces d’une même médaille», et se déclare convaincu que l’approfondissement de l’intégration du marché unique doit aller de pair avec la cohésion territoriale et le développement rural; soutient le concept de la «liberté de rester chez soi», qui vise à faire en sorte que le marché unique fonctionne pour chacun et chacune dans chaque région, et met en avant la dimension territoriale du marché unique, ce qui nécessite de meilleures analyses d’impact territorial; |
| 37. | invite dès lors les colégislateurs à veiller à ce qu’une intégration plus poussée s’accompagne d’un financement adéquat de la cohésion, en particulier dans le contexte du prochain cadre financier pluriannuel, lequel doit entériner et renforcer le rôle des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre des politiques financées par l’Union, lesdites collectivités étant appelées à jouer un rôle de garde-fous contre le manque d’attention accordée aux enjeux territoriaux afin d’éviter les incidences négatives sur le marché unique; |
| 38. | met en garde contre le fait que le financement des programmes sectoriels ne devrait aucunement se faire au détriment du financement de la cohésion si l’on entend éviter que les disparités régionales ne s’aggravent, et invite les colégislateurs à préserver un financement solide pour les plans de partenariat nationaux et régionaux proposés dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel; |
| 39. | estime nécessaire l’introduction d’une perspective territoriale plus forte, en particulier pour les régions transfrontalières, périphériques, rurales, montagneuses et insulaires; affirme sa conviction que des mécanismes plus concrets de coordination entre les collectivités locales et régionales et d’analyse d’impact transfrontière pourraient garantir une mise en œuvre plus efficace des règles du marché unique dans chaque territoire; suggère un renforcement des programmes de coopération transfrontière qui permettra aux PME de participer aux projets de l’Union et de favoriser la coopération entre les régions frontalières; demande, en ce sens, la mise en œuvre rapide et intégrale du règlement relatif à l’outil de facilitation transfrontalière dans le but de contribuer à la compétitivité des régions frontalières; |
| 40. | demande une mise à jour du rapport de 2011 intitulé «Les régions ultrapériphériques européennes dans le marché unique: le rayonnement de l’UE dans le monde», portant sur l’intégration des régions ultrapériphériques dans le marché unique et leur rayonnement extérieur, compte tenu des changements intervenus au cours de la décennie passée sur le plan économique, technologique et géopolitique, et vu la nécessité de mettre pleinement en œuvre l’article 349 du TFUE, sachant que l’intégration de ces régions dans le marché unique reste un objectif inachevé; |
Les collectivités régionales et locales assurent le bon fonctionnement du marché unique
| 41. | souligne que les régions et les villes ne sont pas seulement des bénéficiaires du marché unique, mais aussi des partenaires incontournables de son fonctionnement, puisqu’elles constituent le premier point de contact pour de nombreuses PME et microentreprises qui cherchent à s’étendre à l’international et qu’elles aident tant les travailleurs que les prestataires de services à exercer leurs droits en matière de mobilité; affirme, à cet égard, qu’il importe de veiller à ce que les initiatives locales et régionales contribuent aux transitions écologique et numérique et favorisent une croissance inclusive sur le plan social; |
| 42. | souligne que les collectivités locales et régionales jouent un rôle décisif dans l’application des règles; sans leur participation active, la mise en œuvre et l’application des règles du marché unique resteront faibles; réitère dès lors son appel en faveur d’une participation appropriée des régions et des villes à la conception et au déploiement des règles et des politiques du marché unique, y compris celles qui sont annoncées dans la stratégie pour le marché unique et dans celles qui sont déjà en vigueur, telles que les outils de surveillance du marché; |
| 43. | demande le recours systématique aux analyses d’impact territorial dans l’optique de recenser et de prévenir de futures difficultés de mise en œuvre et aussi de veiller à ce que les besoins et vulnérabilités spécifiques des régions et des villes soient pris en compte au cours du processus législatif des propositions relatives au marché unique; insiste sur le fait que ces évaluations devraient systématiquement inclure des contrôles de la compétitivité et des PME, ainsi que des aspects relatifs à l’impact environnemental, climatique et social; |
| 44. | souligne que la mise en œuvre effective du marché unique dépend de la participation systématique des collectivités locales et régionales, et prie instamment la Commission et les États membres de fournir aux collectivités locales et régionales les moyens nécessaires au renforcement de leurs capacités administratives, afin qu’elles puissent dûment aider les entreprises, en particulier les opérateurs de petite taille, à s’orienter dans les procédures et garantir une application cohérente des règles; |
| 45. | se félicite de la proposition de désigner un sherpa de haut niveau chargé du marché unique pour chaque État membre, et demande que des représentants régionaux et locaux soient associés à ses travaux, avec un dialogue annuel obligatoire, dans l’objectif de renforcer la gouvernance à plusieurs niveaux et l’appropriation politique à tous les niveaux; propose que, lors de la désignation des sherpas du marché unique, il soit garanti un équilibre entre les régions et que les régions transfrontalières, périphériques, rurales, montagneuses et insulaires soient représentées, de sorte qu’il puisse être systématiquement tenu compte de leurs spécificités dans la gouvernance du marché unique; |
| 46. | invite la Commission à envisager la création d’un réseau informel de sherpas du marché unique aux niveaux régional et transfrontière, qui pourrait être coordonné par des GECT ou d’autres entités transfrontières, au moyen de feuilles de route annuelles et de rapports publics; |
Un appel urgent à l’action
| 47. | demande que l’on fasse montre de plus d’ambition et que l’on agisse de toute urgence pour mettre en œuvre la stratégie dans le but de supprimer les «terrible ten» d’ici la fin de l’année 2027 et d’établir à moyen et long termes des indicateurs de performance clés et des objectifs concrets pour l’intégration du marché unique, sachant qu’ils seront essentiels à la compétitivité future, et affirme que toute absence d’action affaiblira encore davantage l’économie et l’autonomie stratégique européennes; |
| 48. | considère que la réunion informelle des dirigeants de l’Union tenue à Alden Biesen offre une occasion d’étudier la manière d’approfondir le marché unique, de réduire les dépendances économiques et de stimuler la compétitivité, et attend avec intérêt la feuille de route et le plan d’action annoncés sur le thème de «Une Europe, un marché»; fait valoir, dans le même temps, que l’heure n’est plus à la publication de boussoles, de stratégies ou de feuilles de route, mais bien à la mise en œuvre d’actions et mesures concrètes pour réaliser des progrès tangibles sur la voie d’une économie et d’un marché unique européens prospères, résilients et sans discontinuité; souligne que la mise en œuvre doit intervenir rapidement, être coordonnée à tous les niveaux de gouvernance et bénéficier d’un financement adéquat, et aussi qu’il convient d’éviter les lourdeurs administratives inutiles afin que les PME, les microentreprises et les collectivités locales et régionales puissent contribuer efficacement à la transition et en bénéficier. |
Bruxelles, le 4 mars 2026.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
(1) CDR-2106-2024.
(2) Règlement (UE) 2019/515 du Parlement européen et du Conseil du 19 mars 2019 relatif à la reconnaissance mutuelle des biens commercialisés légalement dans un autre État membre et abrogeant le règlement (CE) no 764/2008 (JO L 91 du 29.3.2019, p. 1).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/2599/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Avis du Comité européen des régions — Des politiques saines en matière de son: protéger les citoyens et la nature contre la pollution sonore
07/05/2026
Avis du Comité européen des régions — Stratégie de constitution de stocks à l’échelle de l’UE: renforcer la préparation matérielle de l’Union aux crises
07/05/2026
Avis du Comité européen des régions — Stratégie en matière de contre-mesures médicales
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06/05/2026