| CELEX | 52025IR3309 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 7 mai 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/3459 | 24.7.2026 |
Avis du Comité européen des régions — Stratégie de constitution de stocks à l’échelle de l’UE: renforcer la préparation matérielle de l’Union aux crises
(C/2026/3459)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
Observations générales
| 1. | se félicite de la publication de la stratégie, reconnaissant son actualité et son importance dans un contexte d’instabilité géopolitique et climatique croissante; rappelle que la pandémie de COVID-19 et la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine ainsi que la guerre au Moyen-Orient ont mis en évidence la nécessité de renforcer la préparation stratégique globale de l’Union européenne, afin de préserver la capacité de l’Europe à fournir des services essentiels et à garantir sa souveraineté et sa sécurité alimentaires en cas d’événements extrêmes, de catastrophes, d’épidémies et de perturbations des chaînes d’approvisionnement; |
| 2. | réaffirme le besoin d’améliorer la préparation ainsi que la capacité des villes et des régions à fournir des biens et services essentiels en temps de crise, conformément à l’approche pangouvernementale et en tenant compte des approches nationales en matière de sécurité de l’approvisionnement; |
| 3. | maintient que, si la protection civile reste une compétence des États membres, la prévention, la préparation de la société, la gestion des situations d’urgence et la continuité de la fourniture des biens et services essentiels sont souvent assurées par des acteurs locaux, des villes et des communes, avec le soutien des régions (1), conformément à l’approche englobant l’ensemble de la société; indique que le cadre de gouvernance à plusieurs niveaux requiert non seulement la contribution opérationnelle des collectivités locales et régionales à la planification de la préparation et aux mécanismes d’activation, mais aussi leur participation au processus décisionnel y afférent; |
| 4. | reconnaît que les crises transfrontières exigent des ressources également transfrontières, qu’il s’agisse de personnel, d’équipements, de systèmes d’information ou de capacités logistiques, tous susceptibles d’être mobilisés rapidement et de manière coordonnée; |
| 5. | fait valoir qu’une préparation efficace implique de tenir compte des effets inégaux des crises sur les différents territoires et groupes démographiques; souligne que les disparités régionales en matière d’infrastructures, d’accessibilité et de prestation de services peuvent influencer l’efficacité et la rapidité avec lesquelles les mesures de constitution de stocks peuvent garantir la fourniture de biens essentiels; demande par conséquent que les stratégies de constitution de stocks de l’Union soient élaborées et mises en œuvre sur la base d’évaluations des besoins territoriaux, en veillant à ce que les mesures de préparation soient adaptées aux réalités locales et contribuent à une réaction équilibrée dans l’ensemble de l’Union, avec une attention particulière pour les régions soumises à des contraintes géographiques; |
| 6. | invite la Commission à définir des mesures d’incitation ciblées afin que les entreprises puissent exercer leurs activités en Europe à tous les stades de la fabrication, du conditionnement et de la distribution, en renforçant leur compétitivité, la recherche et l’innovation, leurs capacités industrielles ainsi que la diffusion de leurs résultats; ajoute que les mesures d’incitation et de soutien aux capacités industrielles et manufacturières doivent être en phase avec les objectifs sociaux et environnementaux au sens large de l’Union européenne et contribuer à un développement territorial équilibré; précise que les aides publiques en soutien aux capacités industrielles et manufacturières doivent favoriser des emplois de qualité, une concurrence loyale et la responsabilité environnementale, tout en évitant les effets de distorsion tels que le dumping social; |
| 7. | relève l’importance de mettre en place des structures de gouvernance coordonnées pour la gestion des stocks, en veillant à ce que les rôles et responsabilités des États membres, ainsi que des acteurs essentiels du point de vue de la sécurité de l’approvisionnement, en matière de planification, de stockage, de maintenance et de déploiement soient reconnus et clairement définis; soutient que si l’on veut améliorer l’efficacité sur le plan des coûts et de l’utilisation des ressources, il convient de promouvoir des approches circulaires; |
| 8. | souligne qu’une constitution de stocks efficace passe par des chaînes logistiques résilientes, et réclame des investissements soutenus dans les réseaux de transport, les infrastructures de stockage, les systèmes de suivi numérique et les infrastructures critiques au niveau régional, notamment des capacités de stockage décentralisées et accessibles localement afin de garantir un déploiement rapide en situation de crise, y compris dans les zones où les plateformes logistiques centralisées ne sont pas accessibles dans un délai opérationnel suffisant (2); |
| 9. | encourage les dispositifs transfrontières et solidaires de constitution de stocks et de passation conjointe de marchés entre régions voisines afin d’assurer un accès aux biens et aux services essentiels qui soit efficace, équitable et garant d’une utilisation intelligente des ressources; considère que les dispositifs transfrontières de constitution de stocks ne doivent pas entrer en concurrence avec les stocks d’urgence et les stocks de rotation nationaux, ni s’y substituer, mais venir en complément de ceux-ci; |
| 10. | demande la mise en place d’un système de suivi numérique à l’échelle de l’Union permettant une visibilité en temps réel de la constitution de stocks d’urgence transfrontières, des dates d’expiration et de la capacité de distribution, tout en respectant les exigences en matière de cybersécurité et de protection des données; |
| 11. | souligne la nécessité d’un financement européen prévisible et accessible pour financer les capacités de stockage des collectivités locales et régionales, le développement de leurs infrastructures et leur participation aux initiatives menées à l’échelle de l’Union, en garantissant des conditions d’accès simplifiées et une réduction de la charge administrative; fait valoir que les instruments de financement doivent tenir compte des différentes réalités territoriales et capacités de résilience, et être adaptés en conséquence; |
| 12. | réaffirme que la préparation exige également une solide capacité de gestion des crises aux niveaux régional et local, notamment un personnel formé, tel que des pompiers professionnels et volontaires, des services de secours en montagne et d’urgence, des policiers, des volontaires de la protection civile et des services d’urgence de proximité, une évaluation des risques, une planification des mesures d’urgence et pour contingences ainsi qu’une coordination interrégionale et transfrontière, dans le cadre d’une approche équilibrée qui combine capacités de préparation et de réaction à court terme et mesures de renforcement de la résilience et de réduction des risques à long terme, tout en garantissant la protection de la santé physique et mentale du personnel concerné, au moyen de mesures de prévention des risques et d’un soutien psychosocial; |
| 13. | soutient une coopération structurée entre les secteurs public et privé dans le cadre du réseau de constitution de stocks de l’Union, en garantissant la fiabilité, la transparence et une répartition équitable des responsabilités; |
| 14. | reconnaît que la constitution des stocks de l’Union devrait être coordonnée au niveau de cette dernière, tout en veillant à ce que les décisions soient prises en fonction des besoins régionaux, concertées avec les partenaires régionaux et déployées au moyen de mécanismes de mise en œuvre régionaux; |
| 15. | souligne toute l’importance d’aligner les actions de l’Union sur les priorités, les conclusions et les orientations politiques fixées par le Conseil de l’Union européenne, tout en assurant leur cohérence avec le droit de l’Union, les initiatives de la Commission et la contribution du Parlement européen et du Comité des régions; |
| 16. | souligne que la préparation dans le domaine des marchés publics constitue un élément central du système global de constitution de stocks à des fins de sécurité de l’approvisionnement, ainsi que de la coopération des entreprises, tout particulièrement à l’échelon local et régional; estime qu’il convient de développer les procédures internes de passation de marchés dans l’Union, de sorte qu’elles soutiennent mieux les objectifs de la constitution de stocks à des fins de sécurité de l’approvisionnement; |
Sept domaines d’action prioritaires
Améliorer la coordination entre les États membres et avec l’UE
| 17. | salue les efforts visant à améliorer la coordination entre les États membres et avec l’Union, y compris la fourniture de services et la collaboration sur les sites de stockage stratégiques de biens essentiels, en tenant compte des besoins locaux et régionaux (3); |
| 18. | fait valoir que le réseau de constitution de stocks de l’Union devrait servir d’enceinte de discussion et d’organe consultatif, ainsi que promouvoir des mécanismes d’acquisitions centralisées et/ou conjointes à l’échelle d’un secteur; |
| 19. | souligne qu’une coordination efficace exige des normes harmonisées et des procédures interopérables pour la gestion transfrontière des stocks entre les États membres, afin de garantir la comparabilité des données, la compatibilité des systèmes et la cohérence des protocoles d’activation en cas de crise (4); |
| 20. | demande l’optimisation des mécanismes d’échange d’informations entre l’Union, les États membres et les autorités régionales, notamment des mises à jour en temps utile concernant les niveaux de stocks, les pénuries, les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et les risques émergents, tout en respectant les exigences de confidentialité et de sécurité (5); |
| 21. | recommande des formations régulières, des exercices conjoints et des plateformes de partage des connaissances pour les autorités régionales et locales de protection civile, en y incluant explicitement les organisations bénévoles chargées des opérations d’urgence et de secours; insiste sur la nécessité d’une formation spécialisée pour les secours en montagne, compte tenu du relief, des conditions météorologiques et de l’éloignement des zones; demande des cadres de compétences et une reconnaissance mutuelle à l’échelle de l’Union pour le personnel volontaire de secours en montagne et de lutte contre les incendies afin de soutenir les opérations transfrontières, sous réserve de cadres juridiques favorables au niveau national; |
| 22. | insiste sur la nécessité d’organiser régulièrement des exercices de coordination à plusieurs niveaux associant les autorités nationales, régionales et locales, afin de tester les structures de gouvernance, de recenser les manquements et d’améliorer le fonctionnement pratique de la réaction aux crises et du déploiement de stocks dans un cadre transfrontière; |
Prospective, anticipation et planification stratégique
| 23. | se félicite de l’intention de la Commission d’élaborer une méthode globale et fondée sur les risques pour déterminer les stocks de matériaux et de biens prioritaires à constituer, et insiste pour que soient pleinement prises en considération les évaluations des risques établies par les régions, leur appréciation de la situation et les vulnérabilités locales (6); |
| 24. | recommande, afin de garantir l’efficacité et la coordination de la formation, la création d’une unité européenne de formation aux situations d’urgence, ou d’une structure équivalente, spécialisée dans la formation continue du personnel de la protection civile dans les États membres et les régions (pompiers, militaires, gestionnaires, bénévoles, etc.), et assurant la coordination entre les autorités nationales, régionales et locales dans ce domaine ainsi que la cohérence des plans de préparation; |
| 25. | demande que les collectivités locales et régionales soient associées aux activités de prospective et de planification stratégique (7); |
| 26. | souligne qu’il importe de soutenir et de renforcer les capacités industrielles européennes liées à la protection civile, à la sécurité et à la défense, y compris les industries qui produisent des équipements essentiels pour la prévention et la gestion des situations d’urgence, tels que les systèmes de lutte contre les incendies, les équipements de protection et le matériel de sécurité, afin de garantir la disponibilité, la rapidité d’approvisionnement et l’autonomie stratégique de l’Union dans les situations de crise; |
| 27. | invite à inclure des représentants locaux et régionaux dans le réseau de constitution de stocks de l’Union ainsi que dans la task-force public-privé en matière de préparation, mise en place dans le cadre de la stratégie pour une union de la préparation; encourage le recours aux programmes de mobilité et d’échange de l’Union (tels qu’Erasmus+ ou AgoraEU) pour soutenir la formation transfrontière et le partage d’expériences entre les acteurs des services d’urgence et de la protection civile; |
| 28. | insiste sur l’importance d’élaborer des méthodes harmonisées au niveau de l’Union pour l’évaluation des risques ainsi que la planification et la prévision des scénarios, en veillant à ce que les vulnérabilités et les capacités régionales et locales soient systématiquement prises en compte dans la planification de la préparation à l’échelle de l’Union; |
| 29. | souligne la nécessité d’investir dans la collecte de données, les outils de suivi, les systèmes d’alerte précoce multirisques et la communication sur les risques afin de faire en sorte que les collectivités aient une bonne compréhension des mécanismes nationaux et européens de préparation en temps de crise, aient confiance en ces dispositifs et y fassent effectivement appel, et afin de mieux anticiper les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement critiques, y compris au moyen de partenariats avec des instituts scientifiques, des réseaux de recherche et les agences compétentes de l’Union; |
| 30. | met en lumière l’importance d’établir des liens entre les processus de prospective et les stratégies industrielles, environnementales et territoriales à long terme, en veillant à ce que les décisions de constitution de stocks s’inscrivent dans le cadre des objectifs stratégiques plus larges de l’Union, tels que l’autonomie stratégique, la durabilité et la cohésion; |
| 31. | attire l’attention sur la nécessité de modèles analytiques prédictifs pour évaluer la manière dont différents groupes de population peuvent réagir aux mesures ou interventions de crise, en tenant compte des facteurs culturels, économiques et sociaux qui influencent le comportement des citoyens; |
| 32. | souligne l’importance d’associer les citoyens à la planification de la préparation afin de mieux refléter les attentes de la société, d’accroître la confiance et de s’assurer que les mesures de préparation répondent aux besoins et préoccupations réels des collectivités locales, comme leur accessibilité et leur abordabilité, en s’appuyant notamment sur des acteurs locaux de confiance tels que les pompiers volontaires et professionnels, les services de secours et d’urgence et les organismes de proximité chargés de la sécurité; |
| 33. | demande que les mesures de préparation et de constitution de stocks de l’Union reflètent les orientations stratégiques du Conseil, en garantissant leur légitimité, leur cohérence et une coordination efficace à tous les niveaux de pouvoir; |
Combler les lacunes recensées grâce à la constitution de stocks stratégiques à l’échelle de l’UE
| 34. | se félicite des initiatives visant à maintenir et à étendre les réserves stratégiques de l’Union, tout en soulignant l’importance du principe de subsidiarité et la nécessité de respecter la souveraineté des États membres et leurs responsabilités en matière de sécurité nationale; insiste sur le fait que la constitution de stocks au niveau de l’Union doit fonctionner comme une capacité européenne commune fondée sur la solidarité et l’assistance mutuelle, mais soutient qu’elle devrait venir compléter les capacités nationales et régionales sur la base de critères clairs d’activation, de répartition des charges et de reconstitution et être opérationnalisée dans le cadre de mécanismes de mise en œuvre clairement définis au niveau régional, à même de garantir un déploiement rapide et adapté au contexte, y compris dans les régions confrontées à des infrastructures logistiques limitées ou à des temps de réaction plus longs; |
| 35. | demande un renforcement de la coopération entre les acteurs publics et privés afin d’améliorer la préparation matérielle dans tous les secteurs concernés, dans le but de garantir la continuité des activités en temps de crise; |
| 36. | insiste sur le fait que les mesures de constitution de stocks et de préparation de l’Union devraient contribuer à sa cohésion économique, sociale et territoriale, conformément à l’article 174 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne; demande qu’une attention particulière soit accordée aux régions éloignées, rurales, montagneuses, frontalières, insulaires et ultrapériphériques, où les contraintes logistiques et les infrastructures limitées peuvent amplifier les effets des crises; |
| 37. | souligne la nécessité d’un réseau européen de constitution de stocks qui soit équilibré sur le plan géographique et tienne compte de l’accessibilité, des infrastructures de transport, de l’exposition aux risques et aux perturbations, ainsi que des besoins spécifiques des régions éloignées, montagneuses, insulaires, frontalières et ultrapériphériques (8), où la réaction d’urgence et le déploiement des stocks sont souvent plus lents et exigeants en ressources; |
| 38. | fait valoir l’importance de synergies fortes avec les mécanismes existants de l’Union — notamment rescEU, le mécanisme de protection civile de l’Union, le cadre sur les matières premières critiques et l’union européenne de la santé — afin de garantir la cohérence et d’éviter les doubles emplois, ainsi qu’avec d’autres stratégies pertinentes telles que la stratégie en matière de contre-mesures médicales et la stratégie de sécurité intérieure de l’Union (9); |
| 39. | insiste sur la nécessité de remédier aux vulnérabilités de l’approvisionnement en médicaments critiques figurant sur la liste de l’Union et en produits médicaux pendant les crises, afin de garantir une meilleure distribution et leur disponibilité continue (10). Cet objectif peut être atteint en renforçant la production de médicaments dans l’Union européenne, en constituant des stocks ciblés de médicaments critiques et en diversifiant les chaînes d’approvisionnement. Il est indispensable pour cela de garantir la cohérence des mesures prises avec l’acte législatif sur les médicaments critiques; |
| 40. | demande que des critères clairs soient établis pour régir le partage ou la redistribution des stocks médicaux dans les situations d’urgence, en conciliant les exigences nationales en matière de préparation avec des considérations humanitaires et de santé publique plus larges; reconnaît que l’accès aux médicaments et aux dispositifs médicaux essentiels est un droit fondamental des citoyens de l’Union en situation de crise, et qu’il convient de prévoir une distribution prioritaire aux territoires et populations vulnérables, dont les personnes âgées, les personnes handicapées et les ménages à faibles revenus; |
| 41. | invite la Commission à examiner comment mieux utiliser les instruments de financement de la compétitivité et de l’industrie européennes afin de stimuler la production de biens pharmaceutiques essentiels en Europe, y compris au moyen d’incitations ciblées et d’un soutien aux capacités stratégiques de fabrication; |
Renforcer une infrastructure de transport et de logistique solide et interopérable
| 42. | souligne la nécessité d’assurer une mobilité transfrontière en temps de crise, en veillant à ce que les infrastructures de stockage demeurent résilientes, sûres et accessibles (11); |
| 43. | insiste sur l’importance de moderniser les infrastructures de transport et de logistique critiques et de les rendre plus résilientes (voies navigables intérieures, aéroports, corridors ferroviaires, réseaux routiers, etc.) afin de garantir leur opérabilité en cas de phénomènes météorologiques extrêmes ou d’autres perturbations; |
| 44. | réclame une plus grande interopérabilité entre les systèmes logistiques nationaux et régionaux, notamment pour ce qui est des outils de suivi numérique, des procédures douanières et des autorisations de transport d’urgence, afin de faciliter la circulation et la distribution rapides des biens stockés par-delà les frontières; |
Améliorer la coopération civile-militaire
| 45. | se félicite de ce que la Commission européenne aborde la question de la préparation des infrastructures de transport à double usage — c’est-à-dire les infrastructures et les capacités qui répondent à des besoins tant civils que militaires —, en particulier celles appartenant au réseau transeuropéen de transport, en recensant les corridors et les nœuds stratégiques, en renforçant la cohésion territoriale et en comblant les chaînons manquants des liaisons transfrontalières; |
| 46. | souligne qu’il importe de renforcer l’interopérabilité, la substituabilité et la complémentarité entre les moyens civils et militaires, y compris les infrastructures à double usage et la constitution de stocks communs (12); |
| 47. | reconnaît l’importance de la coopération civile-militaire en cas de crise, de catastrophes naturelles et d’urgences de grande ampleur, notamment la coopération avec l’OTAN, en particulier dans le cadre du dialogue structuré sur la résilience, et soutient l’organisation d’exercices de préparation à l’échelle de l’Union avec la participation d’acteurs civils et militaires; |
| 48. | demande des cadres plus clairs pour régir l’aide mutuelle entre États membres en cas de crise, en veillant à ce que les mécanismes d’assistance tiennent compte des spécificités territoriales et des besoins des populations touchées; |
Promouvoir la coopération public-privé
| 49. | maintient que des industries européennes fortes sont indispensables à la résilience des chaînes d’approvisionnement, à la continuité des services critiques et au soutien apporté par les collectivités en temps de crise; invite la Commission à promouvoir l’activité industrielle en Europe tout au long de la chaîne de valeur, afin de renforcer à la fois la compétitivité et la résilience et la souveraineté industrielles; |
| 50. | encourage la poursuite de la coopération entre le secteur industriel, les pouvoirs publics et les instituts de recherche afin de renforcer la résilience globale de l’Union, en particulier dans les secteurs essentiels au fonctionnement de la société (13); |
| 51. | met en évidence l’importance de renforcer l’autonomie industrielle de l’Europe en soutenant le développement de capacités industrielles compétitives, à la pointe de la technologie et autosuffisantes dans les secteurs essentiels; |
| 52. | fait valoir qu’il importe de réduire les dépendances stratégiques en misant sur des systèmes énergétiques décentralisés, des chaînes d’approvisionnement régionalisées pour les biens critiques, les denrées alimentaires et les matières premières, et des infrastructures numériques sûres; |
Favoriser la coopération dans le cadre de l’action extérieure et des partenariats internationaux
| 53. | souligne la nécessité de renforcer les partenariats avec les pays voisins, les partenaires mondiaux partageant les mêmes valeurs et les organisations internationales afin d’améliorer la préparation et la résilience à l’échelle mondiale; |
| 54. | appelle de ses vœux une coopération plus étroite avec les partenaires stratégiques en ce qui concerne les systèmes d’alerte précoce, le suivi de la chaîne d’approvisionnement et la coordination de la réaction en cas de crise, afin de garantir un échange d’informations en temps utile et une action commune en cas de perturbations; |
| 55. | insiste sur l’importance de promouvoir des normes mondiales en matière de constitution de stocks, de préparation aux crises et de résilience des infrastructures critiques, et encourage l’Union à soutenir les efforts de renforcement des capacités dans les pays partenaires afin de renforcer la sécurité et la stabilité communes, ce qui permettra de créer des synergies entre les mesures de constitution de stocks internes et externes à l’Union; |
Lacunes recensées
| 56. | constate l’absence de consensus concernant les biens essentiels et la fourniture des services indispensables à la préparation dans un paysage des risques en évolution; souligne, dans ce contexte, que l’accès à l’eau potable ainsi que la résilience de l’ensemble de la chaîne de valeur du traitement et de l’approvisionnement en eau constituent des préalables indispensables à la sécurité de la société et doivent être dûment reconnus à tous les niveaux de la planification de la préparation; |
| 57. | fait valoir que le partage d’informations et la coordination entre l’Union et ses États membres, ainsi qu’entre les secteurs civil et militaire, restent insuffisants; |
| 58. | relève que les possibilités de coopération intersectorielle et transfrontière avec le secteur privé demeurent sous-exploitées; |
| 59. | invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les cadres nationaux et sectoriels, élaborés en étroite coopération avec les collectivités locales et régionales, reflètent pleinement le rôle de l’action extérieure et de la coopération internationale dans le renforcement de la préparation matérielle et de la résilience; |
| 60. | note qu’une planification centralisée suppose une perception limitée des besoins locaux et régionaux, du fait notamment que les décisions d’activation sont prises au seul niveau national ou européen; signale que cette situation pourrait affaiblir la légitimité et l’efficacité des mesures prises au niveau de l’UE et/ou des États membres; souligne dès lors l’importance d’appliquer le principe de subsidiarité ainsi que d’associer les collectivités locales et régionales et invite la Commission à mettre en place, avec ces dernières, une collecte régulière et structurée des données dans le but d’alimenter une planification centralisée; |
Renforcer la gouvernance et les cadres de soutien à la préparation
– invite la Commission européenne et les institutions de l’Union compétentes, sans préjudice des compétences des États membres en matière de constitution de stocks:
| 61. | à fournir des orientations claires, un soutien administratif spécifique et un financement prévisible pour permettre aux États membres et aux régions de participer pleinement aux initiatives de l’Union en matière de préparation, notamment concernant la formation, le suivi numérique, les tests de résistance et les exercices conjoints, ainsi qu’à garantir la reconnaissance et la validation des compétences acquises dans le cadre de services d’urgence volontaires; |
| 62. | à élaborer des mécanismes réguliers d’établissement de rapports, d’évaluation et d’analyse comparative à l’échelle de l’UE afin de vérifier l’efficacité des mesures de constitution de stocks, de recenser les lacunes et d’éclairer la planification stratégique future; |
| 63. | à promouvoir un dialogue continu avec le secteur privé afin de garantir la fiabilité, la recherche et l’innovation ainsi que la résilience dans les chaînes d’approvisionnement, tout en maintenant des rôles et des responsabilités clairement définis entre les acteurs publics et privés; |
| 64. | à veiller à ce que les structures de gouvernance au niveau de l’Union soient efficaces, transparentes et capables de coordonner les mesures de préparation entre les secteurs, les régions et les États membres, et ce toutefois dans le respect du principe de subsidiarité; |
| 65. | à mener, dans le domaine de la protection civile, une réflexion commune sur les priorités à respecter pour les investissements futurs dans rescEU sur la base des besoins en matière de constitution de stocks, étant donné que le paysage des risques actuel et les expériences opérationnelles ont mis en évidence la nécessité de poursuivre le développement et le renforcement des réserves rescEU; |
– invite les États membres à promouvoir une culture de la préparation aux niveaux local et régional:
| 66. | pour associer pleinement leurs régions à la conception et à la mise en œuvre des stratégies et mesures de préparation, dans le respect des principes de subsidiarité et de gouvernance à plusieurs niveaux; demande à nouveau que les régions soient associées, sur le plan politique, à la planification de la préparation transfrontière; |
| 67. | pour renforcer la coordination entre les autorités nationales, régionales et locales, en veillant à ce que les plans de préparation soient cohérents et fondés sur les besoins et sur la connaissance des risques; |
| 68. | pour partager activement les bonnes pratiques, les enseignements tirés et les données avec les autres États membres et les institutions de l’UE dans le but d’améliorer la préparation collective; invite les États membres à envisager à cette fin la création d’un répertoire centralisé; |
| 69. | pour participer pleinement aux réseaux de préparation, aux exercices conjoints, aux simulations et aux initiatives de constitution de stocks à l’échelle de l’UE, en garantissant la transparence, l’efficacité et une capacité de réaction rapide; |
| 70. | pour veiller à ce que les plans de constitution et de distribution des stocks incluent des protocoles spécifiques pour atteindre les populations vulnérables et les zones éloignées, assortis d’indicateurs d’équité d’accès et de ressources réservées à leur mise en œuvre par les collectivités locales; |
| 71. | pour intégrer les perspectives régionales et locales dans la planification nationale de la préparation, en tenant compte des vulnérabilités spécifiques, des contraintes logistiques et des fonctions vitales de la société. |
Bruxelles, le 7 mai 2026.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
(1) Avis du CdR sur le thème «Menaces transfrontières pour la santé et mandat du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies», 2021, paragraphe 10 de la section A des recommandations politiques.
(2) Avis du CdR sur le thème «Cybersécurité des hôpitaux et des prestataires de soins de santé», 2025, paragraphe 38.
(3) Avis du Comité européen des régions sur le thème «Préparation aux crises et gestion des crises: renforcer la résilience de l’Union, de ses régions et de ses villes», 2023, paragraphes 26 à 30.
(4) Avis du CdR sur le thème «Menaces transfrontières pour la santé et mandat du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies», 2021, paragraphe 34 de la section B des recommandations politiques.
(5) Avis du CdR sur le thème «Stratégie européenne pour une union de la préparation», 2025, paragraphes 16 à 18.
(6) Avis du CdR sur le thème «Stratégie européenne pour une union de la préparation», 2025, paragraphes 30 à 37.
(7) Avis du CdR sur le thème «Résilience des entités critiques», 2021, paragraphes 16 et 17.
(8) Avis du CdR sur le thème «Menaces transfrontières pour la santé et mandat du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies», 2021, paragraphes 18 à 22 de la section A des recommandations politiques.
(9) Avis du CdR sur le thème «Préparation aux crises et gestion des crises: renforcer la résilience de l’Union, de ses régions et de ses villes», 2023, paragraphes 40 et 41.
(10) Avis du CdR sur le thème «Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire», 2022, paragraphes 32 à 34.
(11) Avis du CdR sur le thème «Résilience des entités critiques», 2021, paragraphe 10.
(12) Avis du CdR sur le thème «Stratégie européenne pour une union de la préparation», 2025, paragraphes 27 à 29.
(13) Avis du CdR sur le thème «Cybersécurité des hôpitaux et des prestataires de soins de santé», 2025, paragraphes 49 et 50.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/3459/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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