| CELEX | 52025IR3310 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 7 mai 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/3460 | 24.7.2026 |
Avis du Comité européen des régions — Stratégie en matière de contre-mesures médicales
(C/2026/3460)
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I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
| 1. | se félicite de la publication de la stratégie, qui vise à garantir une préparation efficace aux crises sanitaires, en mettant particulièrement l’accent sur les contre-mesures médicales, les stocks stratégiques et les capacités de réaction rapide; souligne la nécessité de la centrer sur l’humain et les groupes les plus vulnérables et reconnaît son caractère opportun et son importance face à l’instabilité géopolitique croissante; |
| 2. | considère que la question de l’énergie, en dépit de son caractère transversal et non exclusif aux systèmes de santé, doit figurer dans le présent avis compte tenu de son caractère essentiel. Une énergie suffisante devrait être disponible dans tous les domaines: soins de santé, systèmes informatiques et de communication, logistique ou maintenance, par exemple. La nécessité d’une production et d’un stockage décentralisés doit être prise en considération, en prévision de la possibilité que les équipements de production ou de distribution se voient affectés par des phénomènes tels que des conflits, des incendies majeurs, des inondations ou toute forme de pénurie. Même les systèmes actuels de générateurs autonomes finissent par être dépendants de la distribution de combustibles et sont limités dans le temps; |
| 3. | estime que la pandémie de COVID-19 et l’agression russe contre l’Ukraine, avec de surcroît un accroissement des tensions géopolitiques, constituent un signal d’alarme qui doit inciter l’Union à reconsidérer le rôle de ses systèmes de santé pour sa sécurité stratégique globale et celle de ses territoires; attire l’attention sur le fait que la fréquence et la gravité croissantes des phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur, les inondations et les incendies de forêt, constituent, de plus en plus, un enjeu pressant pour la préparation en matière de santé publique; |
| 4. | fait remarquer que la préparation en matière de santé n’est pas gratuite, qu’elle nécessite des investissements importants à long terme et une participation continue de tous les niveaux de gouvernement pour permettre à l’Europe de faire face à tous les types de menaces sanitaires, et enfin qu’elle repose sur des systèmes de santé publique équitables et dûment financés pour veiller à ce qu’aucune région ni aucun territoire ne soient laissés pour compte; |
| 5. | note que si l’organisation de la gestion des crises et de la préparation civile continue de relever au premier chef des États membres et que la réponse de l’Union européenne aux futures pandémies et menaces sanitaires doit avoir vocation à compléter leurs efforts, une préparation efficace aux menaces sanitaires transfrontières appelle une coordination, une solidarité et une interopérabilité accrues en Europe, et ce à tous les niveaux de gouvernance; reconnaît qu’une coopération renforcée entre États membres peut procurer des avantages considérables, et qu’elle devrait être suffisamment solide pour apporter une assistance mutuelle en temps utile et veiller à ce qu’aucune région ou communauté ne soit laissée pour compte, mais estime qu’elle reposera dans une large mesure sur une participation volontaire; |
| 6. | estime que toute stratégie de l’Union en matière de contre-mesures médicales doit être fondée sur la reconnaissance de la santé en tant que droit fondamental et que les systèmes de santé publique doivent être protégés contre les pressions commerciales qui compromettent l’accès universel aux soins ainsi que leur abordabilité et leur continuité; |
Concernant le rôle des collectivités locales et régionales
| 7. | invite la Commission à garder à l’esprit que la gestion des systèmes de santé, et des hôpitaux en particulier, est décentralisée dans la plupart des États membres, et regrette qu’il ne soit pas fait explicitement référence au rôle de l’échelon régional et local dans la communication; souligne que cette omission ne reflète pas la réalité de la prestation de soins de santé dans une grande partie de l’Union, notamment en ce qui concerne les soins dans les zones touchées par le dépeuplement et dotées de services limités; relève également que la stratégie ne fait pas référence à l’humanisation des soins de santé, élément central de la préparation et de la réaction efficace aux crises sanitaires, en particulier dans les territoires à forte mobilité démographique, dans les centres nationaux de référence ou dans les zones comptant d’importants flux de soins en provenance d’autres régions; demande par conséquent que les autorités régionales et locales soient pleinement associées à la planification et à la mise en œuvre des mesures de préparation sanitaire; |
| 8. | invite les États membres à associer pleinement leurs régions à la conception et à la mise en œuvre de toute stratégie de préparation en matière de santé; réitère son appel à associer les régions, au niveau politique, à l’élaboration et à la mise en œuvre des plans de préparation transfrontières, et met en relief l’importance de renforcer la solidarité européenne en vue de garantir des réponses efficaces et coordonnées; |
| 9. | insiste pour que des représentants du Comité européen des régions soient associés aux travaux des groupes, comités et organes opérationnels créés au niveau de l’Union pour faire face aux urgences de santé publique, et en particulier à ceux du comité consultatif pour les urgences de santé publique; |
| 10. | note que la pandémie de COVID-19 a mis en évidence de graves lacunes en matière de préparation, de communication transfrontière et de coopération entre les États membres et entre les régions frontalières dans la lutte contre les menaces sanitaires; fait valoir qu’il importe de lutter contre la désinformation et de garantir une communication transparente et fondée sur des données probantes afin de maintenir la confiance du public pendant les crises; |
| 11. | note que la pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’intérêt d’une coopération européenne, et ce même dans des domaines relevant de la responsabilité de l’échelon national; reconnaît que la passation conjointe de marchés peut être avantageuse, mais que des lenteurs ont parfois été constatées et qu’elle n’a pas toujours coïncidé avec les besoins des régions. La pandémie a également mis en évidence l’importance de maintenir les frontières terrestres ouvertes, même dans les situations de crise, et de lutter contre le protectionnisme intraeuropéen; dans le même temps, il importe d’empêcher la circulation de produits médicaux de qualité inférieure ou contrefaits; |
Concernant les menaces sanitaires prioritaires nécessitant des contre-mesures médicales
| 12. | soutient que l’apparition inattendue de la pandémie de COVID-19 et la propagation rapide de l’épidémie de variole du singe en 2022 et 2024, ainsi que les épidémies récurrentes d’Ebola, ont entraîné des problèmes de santé publique imprévus; |
| 13. | se félicite qu’en 2026, la Commission envisage de développer l’initiative Medifence, qui vise à garantir un accès en temps utile aux contre-mesures médicales, de la phase de détection jusqu’à la première intervention; |
| 14. | souligne la nécessité d’inclure dans les stratégies de contre-mesures médicales la préparation aux conséquences de la propagation de nouvelles substances psychoactives potentiellement plus toxiques et addictives, qui augmentent le risque d’empoisonnement et de décès liés à la drogue; |
| 15. | se félicite des différentes initiatives de la Commission visant à garantir un accès stable aux médicaments et aux produits médicaux et leur disponibilité en Europe, et demande que de nouvelles mesures soient prises pour renforcer la résilience dans ces secteurs; |
| 16. | souligne que pour parvenir à un équilibre entre l’innovation rapide, la responsabilité sociale, l’accessibilité, l’abordabilité et l’assurance de la qualité, il est nécessaire d’investir massivement dans la recherche en dehors des périodes d’urgence. Les initiatives européennes — telles que l’accélérateur de contre-mesures médicales, HERA Invest et les programmes Horizon Europe et EU4Health — favorisent un passage accéléré de la validation de concept à la mise sur le marché, en s’appuyant sur les infrastructures de recherche européennes, les réseaux cliniques et les organismes de réglementation; |
| 17. | précise que le financement public de la recherche et du développement de contre-mesures médicales doit être subordonné à la transparence des coûts, à des conditions équitables d’octroi de licences et à des engagements en matière d’abordabilité, afin d’éviter que l’innovation financée par des fonds publics ne génère des rentes captées par le secteur privé au détriment de l’accès universel; |
| 18. | recommande que l’initiative Medifence soit alignée sur l’acte législatif sur les médicaments critiques, comprenne une liste de contre-mesures essentielles en cas d’agression armée et facilite l’achat et le stockage de kits médicaux, et qu’une consultation avec les États membres soit prévue afin d’améliorer l’interopérabilité et les capacités de réaction communes, étant entendu que cette initiative devrait aussi prévoir des modalités opérationnelles et des plans d’urgence que l’on pourrait activer en cas de malfonctionnement de technologies, des communications ou de la connectivité; |
| 19. | se félicite de l’adoption récente par la Commission européenne du plan de prévention, de préparation et de réaction de l’Union contre les crises sanitaires; la préparation de l’Union aux crises sanitaires est structurée conformément au cycle de gestion qui leur est applicable; |
| 20. | souligne que la mise en œuvre continue de ce cycle, soutenue par des exercices de simulation et un travail d’amélioration au quotidien, permet à l’Union et aux États membres de renforcer leur capacité à protéger la santé publique et à réagir efficacement aux menaces émergentes, en complément des initiatives de prévention, de préparation, de réaction et de rétablissement déjà prévues dans la stratégie de l’Union pour une union de la préparation et l’initiative Medifence; |
| 21. | souligne qu’environ 35 000 personnes meurent chaque année en Europe de bactéries à l’origine d’infections, phénomène imputable au développement de germes multirésistants aux antibiotiques disponibles; renvoie à la récente étude de l’OMS (1) qui déplore à la fois la rareté des projets de recherche et développement d’antimicrobiens et leur manque d’innovation, 90 seulement étant en cours de développement, dont 15 à peine peuvent être qualifiés d’innovants; |
| 22. | souligne la nécessité d’analyser les inégalités sexospécifiques, socio-économiques et territoriales en matière d’exposition aux menaces pour la santé et d’accès aux contre-mesures médicales; |
| 23. | souligne que la résistance aux antimicrobiens entraîne également des coûts économiques et sanitaires importants. L’OCDE estime que, chaque année, l’augmentation des dépenses de santé et la réduction de la productivité du travail dues aux coûts de la résistance aux antimicrobiens s’élèvent à près de 11,7 milliards d’euros pour les pays de l’UE/EEE (2); demande instamment des investissements immédiats dans des solutions durables et axées sur l’innovation, y compris la mise au point de nouveaux antibiotiques, des mesures solides de prévention des infections et la promotion d’une utilisation prudente des antimicrobiens dans tous les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale dans le cadre de l’approche «Une seule santé»; |
| 24. | met en avant qu’il est urgent de renforcer la santé mentale et le soutien psychosocial tant au niveau de la population qu’à celui des professionnels de la réaction sanitaire; insiste sur l’opportunité que les stratégies de contre-mesures médicales incluent une préparation aux conséquences psychologiques et sociales, y compris un accès en temps utile aux services de santé mentale, à des conseils en cas de crise et à un soutien de proximité, en accordant une attention particulière aux groupes vulnérables, au personnel de santé de première ligne et aux régions touchées de manière disproportionnée par les situations d’urgence; |
| 25. | se félicite des investissements réalisés dans le cadre d’Horizon Europe dans plusieurs projets de préparation CBRN et réaffirme son soutien à la réserve CBRN pour laquelle l’UE a alloué 242 millions d’euros à la Finlande en 2023; |
| 26. | recommande que les établissements de soins de santé, hôpitaux, instituts de recherche et établissements universitaires régionaux suivent les appels à propositions de l’HERA (3) afin de soutenir le développement de contre-mesures médicales innovantes pour lutter contre les menaces CBRN, en offrant des possibilités pour articuler recherche, innovation, accès au marché et déploiement; |
| 27. | souligne que l’agrégation de la demande européenne crée un marché plus stable et plus prévisible, qui encourage le développement industriel pour les contre-mesures de niche également. Toutefois, un accès véritablement homogène d’un État membre à l’autre nécessite une harmonisation accrue des priorités, des outils numériques de gestion des stocks, des systèmes de suivi en temps réel et des mécanismes de distribution clairs, fondés sur des critères épidémiologiques et de risque; |
Concernant les systèmes de renseignement pour la réaction et l’innovation en matière de contre-mesures médicales
| 28. | se félicite de la mise en place réussie de la plateforme informatique de l’HERA (rebaptisée ATHINA) (4), qui rassemble des informations sur la surveillance de la santé publique et les contre-mesures médicales afin d’étayer l’évaluation des menaces et la gestion des crises dans toute l’Europe; |
| 29. | invite la Commission et les États membres à intégrer pleinement les régions dans l’élaboration prévue en 2026 de feuilles de route — spécifiques aux différentes menaces — de préparation en matière de contre-mesures médicales; est convaincu que les centres régionaux d’excellence médicale, les organismes de protection civile ou les entreprises pharmaceutiques locales peuvent constituer des ressources importantes pour l’élaboration de tels plans; |
| 30. | attire l’attention sur l’importance de mettre en œuvre des systèmes numériques de surveillance en temps réel pour les établissements de soins de santé, les hôpitaux, les entrepôts, les fournisseurs et les systèmes d’urgence (protection civile, HERA, EMA), ainsi que sur la nécessité de planifier les livraisons en fonction des priorités, de suivre les flux logistiques et d’assurer une distribution par l’intermédiaire également de drones ou de casiers intelligents, tout en garantissant la cybersécurité et la continuité des activités des plateformes numériques de soutien; |
Le processus de développement, de l’innovation à la production
| 31. | met en garde contre le fait qu’en 2024, la Chine a dépassé les États-Unis et l’Europe en tant que promoteurs de nouvelles substances actives lancées pour la première fois sur le marché mondial; |
| 32. | salue la prospérité du secteur pharmaceutique européen et souligne qu’en 2024, il a investi environ 55 milliards d’euros dans la recherche et le développement en Europe; |
| 33. | fait valoir que l’Union pourrait contribuer à une approche plus cohérente en aidant à coordonner le financement de la recherche, de l’innovation, du développement clinique, de la production et de l’accès, concourant ainsi à favoriser des prix abordables; |
| 34. | insiste sur la nécessité de renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe dans la production de médicaments et de contre-mesures médicales. Il est essentiel de garantir un approvisionnement fiable, basé dans l’Union, en principes pharmaceutiques actifs, en vaccins et en technologies médicales essentielles afin de réduire la dépendance vis-à-vis de fournisseurs uniques extérieurs à l’Union et de garantir un accès en temps utile à ces produits en temps de crise; |
| 35. | rappelle les normes élevées défendues par l’Union, ainsi que les estimations du rapport sectoriel selon lesquelles le coût de la recherche et du développement d’une nouvelle entité chimique ou biologique est estimé à 3,13 milliards d’euros et qu’en moyenne, une ou deux substances seulement pour 10 000 synthétisées dans des laboratoires sont en mesure de franchir avec succès toutes les étapes de développement nécessaires pour donner lieu à un médicament commercialisable; |
| 36. | demande que l’Union apporte un soutien coordonné au développement et au maintien d’une production durable et aux investissements dans les capacités de production européennes, tout en promouvant l’innovation et dans le respect, le cas échéant, des normes environnementales et sociales; |
| 37. | souligne que toute aide publique à la relocalisation ou à l’expansion des capacités de fabrication de produits pharmaceutiques dans l’Union devrait être subordonnée au respect des obligations de négociation collective, à des salaires équitables et à des conditions de travail décentes tout au long de la chaîne d’approvisionnement; |
| 38. | alerte quant au fait que pour plus de 40 % des antibiotiques contrôlés entre 2018 et 2023 (5), la résistance aux antibiotiques a augmenté, faisant de la résistance aux antimicrobiens l’une des principales menaces pour la santé publique; |
| 39. | rappelle l’engagement pris en 2023 par tous les États membres, dans le cadre de l’approche «Une seule santé» et des recommandations 2023/C 220/01 (6), de renforcer la coordination avec l’EMA et d’intensifier les actions de l’Union visant à lutter contre la résistance aux antimicrobiens, portant notamment sur la promotion d’une utilisation responsable et prudente des antimicrobiens et sur une meilleure continuité de l’approvisionnement en antimicrobiens et autres contre-mesures médicales contre la résistance aux antimicrobiens dans l’Union, en soutenant et en coordonnant les initiatives des États membres en matière de production, d’approvisionnement et de stockage et en s’attaquant aux obstacles au niveau de l’Union; |
| 40. | soutient les objectifs de la Commission consistant à disposer de vaccins de nouvelle génération contre la grippe, de nouveaux antiviraux pour les maladies à transmission vectorielle, de nouveaux antibiotiques et de nouvelles mesures pour les menaces CBRN d’ici à 2030; |
| 41. | se félicite de l’adoption récente de la stratégie européenne pour l’intelligence artificielle dans le domaine de la science et recommande (7) d’utiliser des outils fondés sur l’intelligence artificielle pour recueillir et analyser des données probantes, en particulier pour la détection et la surveillance des menaces, ainsi que pour la conception et l’analyse des essais cliniques; |
| 42. | rappelle que le règlement européen sur l’intelligence artificielle est entré en vigueur en août 2024 et demande que les logiciels fondés sur l’IA utilisés à des fins médicales respectent plusieurs exigences, telles que des systèmes d’atténuation des risques, des ensembles de données de haute qualité, des informations claires pour les utilisateurs et un contrôle humain; |
| 43. | souligne que les différences entre les systèmes de santé nationaux et les niveaux de préparation rendent encore plus nécessaire la mise en place d’une stratégie commune pour optimiser la planification, la capacité de production, le stockage, les marchés publics et la gouvernance; |
Accès, disponibilité et déploiement rapide
| 44. | soutient l’accord de passation conjointe de marchés, signé par 39 pays (8), qui permet de réaliser des économies d’échelle pour acheter des fournitures essentielles à plus d’un demi-milliard d’Européens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union; |
| 45. | attire l’attention sur la récente évaluation de la mise en œuvre des activités de l’Autorité de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA) (9), qui met en évidence le rôle de ladite autorité dans la passation conjointe de marchés et formule des recommandations sur la manière de garantir un approvisionnement fiable; |
| 46. | constate que la constitution de stocks de produits ou de technologies médicales n’est pas une idée nouvelle; plusieurs États membres disposent de stocks nationaux et, à ce jour, la Commission a investi 1,65 milliard d’euros et créé 22 stocks spécialisés de contre-mesures médicales et CBRN, situés stratégiquement dans plusieurs États membres; |
| 47. | demande un dialogue ouvert entre la Commission, les ministres de la santé et de la défense et les responsables de la protection civile afin d’avoir une compréhension commune des besoins, des priorités et des flux de financement disponibles pour créer des stocks pertinents; |
| 48. | souligne que la collaboration entre la protection civile et le système de santé est essentielle pour garantir une action efficace et en temps utile. La conclusion des opérations est décidée par le pays demandeur, en consultation avec l’ERCC et les États fournisseurs; |
| 49. | fait valoir que les collectivités locales et régionales sont indispensables pour planifier les itinéraires et les voies d’accès ainsi que pour veiller à ce que les contre-mesures médicales arrivent à leur destination finale, dans des contextes périphériques, insulaires, montagneux ou autrement vulnérables; |
| 50. | invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les collectivités locales et régionales chargées de la distribution du dernier kilomètre bénéficient de financements spécifiques, de capacités éprouvées sur le plan logistique et d’une inclusion formelle dans les plans nationaux de déploiement, plutôt que d’être censées assumer ces responsabilités dans le cadre des budgets limités existants; |
Coopération et coordination
| 51. | reconnaît la nécessité de diversifier les chaînes d’approvisionnement en contre-mesures médicales, en particulier pour certains principes pharmaceutiques actifs provenant principalement d’un nombre limité d’États asiatiques; soutient pleinement l’intention de la Commission de renforcer la collaboration de l’Union avec l’Organisation mondiale de la santé; |
| 52. | se félicite, d’une part, du lancement au sein du comité de sécurité sanitaire d’un groupe de travail technique sur la coopération civilo-militaire (TWG CIVMIL) qui traitera de la préparation en matière de sécurité sanitaire et, d’autre part, de ses plans pour l’échange de bonnes pratiques et la formulation d’un langage et de définitions civilo-militaires communs; |
| 53. | invite instamment tous les pouvoirs régionaux à engager un dialogue sur la préparation en matière de santé et la défense civilo-militaire, en invitant leurs directeurs d’hôpitaux, leurs responsables de la protection civile et les autres services participant aux opérations de détection, de réaction ou de secours à se réunir aux côtés des représentants des forces armées présentes dans leurs régions; souligne en particulier la nécessité de mettre en place des réseaux CBRN et des scénarios critiques dans les systèmes de santé régionaux, avec le développement d’organisations de réaction rapide, ainsi que la possibilité d’une coopération transfrontalière fondée sur les normes OMS-UE; |
| 54. | encourage toutes les collectivités locales et régionales à soutenir les efforts déployés par la Commission pour renforcer les écosystèmes d’innovation et pour créer et consolider un réseau d’acteurs publics et privés dans le domaine de la préparation en matière de santé; |
Éducation, compétences, sensibilisation et confiance
| 55. | rappelle qu’une gestion de crise satisfaisante et efficace nécessite des professionnels de la santé engagés et qualifiés, dotés des compétences adéquates pour s’acquitter de leurs tâches; exprime une nouvelle fois son inquiétude face à la pénurie de professionnels de la santé en Europe (10); cite le rapport de l’OMS selon lequel, d’ici à 2030, plus de quatre millions de professionnels de la santé feront défaut dans l’Union; demande que des mesures urgentes soient prises pour améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, améliorer les conditions de travail, assurer une rémunération équitable, protéger contre la violence et lutter contre la propagation des déserts médicaux dans les zones les plus reculées et rurales; |
| 56. | invite les États membres à mettre en œuvre des mesures visant à attirer de nouveaux professionnels de la santé dans ce secteur, y compris de jeunes professionnels, des personnes en reconversion et des migrants qualifiés, afin de remédier aux pénuries de main-d’œuvre et de renforcer les capacités en matière de soins de santé; |
| 57. | souligne que la fidélisation des personnels de la santé nécessite non seulement une meilleure rémunération, mais aussi des effectifs sûrs, un soutien en matière de santé mentale, la reconnaissance des aidants informels et des investissements dans les infrastructures de santé publique au niveau régional, et invite les États membres à inclure des mesures à ces fins dans leurs plans nationaux de préparation en matière de santé; |
| 58. | invite la Commission à élaborer un guide présentant les exemples les plus intéressants de pratiques de protection civile et de réponse sanitaire dans les régions européennes; plaide en outre pour que des modules de formation spécifiques soient directement accessibles aux équipes locales et régionales d’urgence sanitaire et demande instamment d’envisager d’étendre la formation aux premiers secours afin de la rendre accessible à tous les citoyens; |
| 59. | met en garde contre le fait qu’en cas de menace CBRN, il est essentiel d’atteindre les citoyens en temps utile; souligne le rôle clé joué par les municipalités, les provinces et les régions dans la transmission de l’information et insiste sur le fait que ces niveaux de gouvernance doivent être pleinement associés à toute communication et information d’urgence; |
| 60. | estime essentiel de disposer de systèmes européens et mondiaux pour détecter et identifier rapidement les menaces sanitaires, alerter promptement d’autres pays et informer le public. Comme indiqué dans la stratégie, l’Union européenne est en mesure de jouer un rôle important pour mieux préparer la population, la sensibiliser et s’adresser à elle, et pour contribuer à une communication et à une diffusion satisfaisantes des informations dans les situations de crise. À cet égard, le Comité souligne qu’il est important que les institutions communiquent de façon claire, cohérente et dans une logique de confiance, ce qui passe notamment par des formations spécifiques à la communication sur les risques. Toutefois, les acteurs de tous les niveaux peuvent et doivent contribuer à susciter la confiance à l’égard des vaccins, à contrer le déni des faits, à lutter contre la diffusion d’informations fausses ou trompeuses, à promouvoir une prise de décision éclairée et à améliorer la résilience de la société pendant les crises sanitaires; |
| 61. | invite instamment les collectivités locales et régionales à faire le point sur leurs systèmes de communication d’urgence afin de s’assurer qu’il existe des moyens multiples et fiables d’atteindre la population locale en cas d’urgence; recommande un large éventail d’options pour déclencher des alertes ou diffuser des recommandations officielles; |
| 62. | rappelle que les vaccins sont l’une des mesures de santé publique disponibles les plus efficaces par rapport à leur coût et que l’immunisation par la vaccination est la meilleure défense contre des maladies contagieuses graves, évitables et parfois mortelles; |
| 63. | souligne l’importance de dossiers médicaux électroniques sûrs et interopérables, alignés sur l’espace européen des données de santé et les principes d’échange sécurisé de données de santé, en tant que moyen de favoriser la prévention, le diagnostic précoce, la continuité des soins, la gestion de la chronicité et l’apport de réponses efficaces aux urgences et crises sanitaires; |
Financement
| 64. | souligne que la proposition de mise à jour du mécanisme de protection civile de l’Union introduit un cadre renforcé de protection civile, comprenant une consolidation de la coopération civilo-militaire, et alloue durablement des fonds à long terme pour faire face aux menaces sanitaires, en mettant particulièrement l’accent sur les contre-mesures médicales; note que la proposition actuelle dégage environ 11 milliards d’euros de financement commun pour la protection civile et la préparation aux situations d’urgence sanitaire; |
| 65. | invite les États membres et leurs régions à intégrer fermement la dimension de la préparation sanitaire dans leurs plans de partenariat national et régional afin de permettre des investissements et des réformes dans tous les domaines de la préparation et de la gestion des crises. |
Bruxelles, le 7 mai 2026.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
(1) https://www.who.int/news/item/02-10-2025-who-releases-new-reports-on-new-tests-and-treatments-in-development-for-bacterial-infections.
(2) OCDE (2023), «Fighting Antimicrobial Resistance in EU and EEA countries: Embracing a One Health Approach», Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/fdb1629f-en.
(3) https://health.ec.europa.eu/latest-updates/eu4health-2025-calls-proposals-advancing-crisis-preparedness-through-diagnostics-and-medical-2025-09-17_en?.
(4) https://athina.ec.europa.eu/.
(5) L’OMS met en garde contre une résistance généralisée aux antibiotiques courants dans le monde.
(6) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32023H0622(01).
(7) https://research-and-innovation.ec.europa.eu/document/c1afd7d0-ff65-4f84-be48-b0e0949596c5_en?prefLang=fr.
(8) États membres de l’UE, Islande, Liechtenstein, Norvège, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Moldavie, Monténégro, Macédoine du Nord, Albanie, Serbie, Kosovo*, Ukraine et Royaume-Uni.
(10) JO C, C/2025/3476, 16.7.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3476/oj.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/3460/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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