| CELEX | 52025IR3230 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 7 mai 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/3458 | 24.7.2026 |
Avis du Comité européen des régions — Des politiques «saines en matière de son»: protéger les citoyens et la nature contre la pollution sonore
(C/2026/3458)
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LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
RECOMMANDATIONS POLITIQUES
Contexte général
| 1. | souligne qu’en dépit des efforts consacrés, ces vingt dernières années, à cartographier le bruit et à planifier des actions en conformité avec la directive relative au bruit dans l’environnement (directive END) (1), aucun progrès significatif n’a été accompli pour rendre notre cadre de vie moins bruyant; fait valoir que l’incidence du bruit reste un problème persistant, étant donné que le nombre total de personnes exposées à des niveaux sonores nocifs est resté stable au cours de la dernière décennie; souligne aussi que cette absence générale de progrès masque d’importantes disparités territoriales, certaines régions et collectivités locales — notamment nombre de zones majoritairement rurales ou montagneuses présentant un habitat dispersé et où les options de transport sont limitées, de même que les régions insulaires sur lesquelles s’exerce une forte pression saisonnière du fait de la mobilité et du tourisme — subissant une exposition persistante voire croissante au bruit causé par les transports ou les loisirs; invite la Commission et les États membres à garantir que les cartes du bruit et les plans d’action en matière de pollution sonore tiennent systématiquement compte de ces disparités territoriales, notamment en établissant une nette distinction entre, d’une part, les nuisances sonores provoquées par l’industrie et les transports, et d’autre part les sons qui ont une signification culturelle ou qui sont naturels; |
| 2. | fait observer que la pollution sonore n’est pas seulement un problème local; il s’agit d’un défi commun à toute l’Union européenne qui a une incidence sur le terrain, et dont la résolution nécessite donc une action coordonnée à tous les niveaux de gouvernance; souligne que ni la législation européenne à elle seule ni des mesures locales prises isolément ne sont suffisantes pour atteindre les objectifs en la matière; |
| 3. | note que si le trafic routier est certes la principale source de nuisances sonores, et qu’il convient donc d’accélérer son transfert vers le rail, la pollution sonore résulte néanmoins de toute une série de sources, notamment le transport ferroviaire et aérien, les activités de loisirs et le voisinage. De nouvelles sources de nuisances sonores sont également apparues, par exemple avec les pompes à chaleur, les éoliennes et les appareils de climatisation. Aussi bien la législation que les évaluations spécifiques pour chaque source ne tiennent pas suffisamment compte de l’exposition globale au bruit qui résulte de l’association des différentes sources de bruit. Les effets cumulatifs de ces sources ne sauraient être sous-estimés — notamment dans les zones calmes et rurales —, non plus que les incidences combinées de différents facteurs de stress tels que le bruit et la piètre qualité de l’air sur la santé, la productivité et la qualité de vie; |
| 4. | attire l’attention sur les conclusions du rapport 2025 de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) intitulé Environmental Noise in Europe (Le bruit ambiant en Europe) (2), et notamment sur le constat que de nombreux Européens sont exposés à des niveaux sonores nocifs causés principalement par le trafic routier, mais aussi par le transport ferroviaire et aérien; souligne que la pollution sonore entraîne des coûts économiques considérables, avec un manque à gagner estimé à 95,6 milliards d’EUR chaque année en raison de la baisse de productivité et de la charge de morbidité dues à la pollution sonore, ce qui représente 0,6 % du PIB de cette région du monde; note en outre que les niveaux de bruit excessifs limitent également l’utilisation des sols, en ce qu’ils empêchent la construction de nouveaux logements dans les zones touchées, ce qui aggrave ces pertes économiques et rend plus difficile la lutte contre les pénuries de logements; |
| 5. | souligne que l’exposition au bruit touche de manière disproportionnée les populations urbaines et, bien souvent, les communautés défavorisées sur le plan social et économique et les communautés vulnérables, qui vivent fréquemment dans des zones exposées à des niveaux de bruit plus élevés, comme celles qui sont proches des chemins de fer, des routes très fréquentées, des zones industrielles ou des aéroports; souligne que leurs effets sont particulièrement graves pour les enfants, les personnes âgées et les personnes porteuses de certains handicaps, et souvent amplifiés par une piètre qualité de l’air et un accès limité à des espaces verts; |
| 6. | attire l’attention sur le problème des voitures et des motocycles modifiés de manière délibérée pour en augmenter le bruit, ainsi que sur celui des courses nocturnes illégales le long des grandes artères urbaines ou des boulevards périphériques, qui perturbent systématiquement le sommeil et nuisent gravement à la qualité de vie dans les villes; |
| 7. | insiste sur le fait que, si le bruit est souvent perçu comme provoquant principalement des perturbations du sommeil et des tensions entre groupes de personnes, qui entraînent des perturbations sociales, ses incidences sur la santé sont beaucoup plus larges. Il convient tout particulièrement de relever les perturbations nocturnes du sommeil causées par le bruit. La pollution sonore chronique tend à produire de graves effets préjudiciables pour la santé, accentuant par exemple les maladies cardiovasculaires, les troubles de la santé mentale, les difficultés de lecture et d’apprentissage, les défauts de concentration et les retards du développement cognitif, et, en bout de chaîne, les décès prématurés, ce qui fait que la pollution sonore constitue non seulement une préoccupation environnementale et sanitaire, mais aussi un enjeu d’ordre éducatif et social; |
| 8. | constate que les incidences négatives sur la santé se produisent déjà à des niveaux de bruit bien inférieurs aux seuils que les États membres sont tenus de communiquer en vertu de la directive END; souligne que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande des niveaux d’exposition au bruit nettement plus stricts que les seuils de l’END. Il en résulte une sous-estimation du nombre de personnes exposées à des niveaux élevés de bruit et de perturbation du sommeil; |
| 9. | fait valoir que l’absence d’objectifs clairs et exécutoires à l’échelle de l’Union continue de limiter la répartition efficace des tâches pour la mise en œuvre des plans de réduction du bruit et souligne qu’il s’impose d’améliorer la coordination entre les différents niveaux de gouvernance pour la mise en œuvre desdits plans de réduction du bruit; |
| 10. | reconnaît que l’indicateur de bruit «Lden» (Level Day-Evening-Night, niveau de bruit jour-soir-nuit), largement utilisé, qui permet de calculer un niveau de bruit annuel moyen, est bien en corrélation avec les nuisances perçues et les effets sur la santé de sources de bruit régulières, telles que le trafic dans des conditions normales de circulation; souligne que cela ne s’applique pas aux bruits de crête tels que ceux des motocycles bruyants ou des voitures avec des pots d’échappement modifiés, qui provoquent de nombreuses nuisances et perturbations du sommeil; fait observer que plusieurs États membres tentent de remédier à ce problème en mettant au point des caméras acoustiques qui permettent d’infliger des contraventions aux conducteurs si leur véhicule fait trop de bruit, mais que, malheureusement, l’application de la législation en la matière reste complexe sur les plans technique et juridique; |
| 11. | souligne qu’il est nécessaire de s’attaquer aux incidences du bruit sur la biodiversité, étant donné que 29 % des zones Natura 2000 sont exposés au bruit causé par les transports, qui perturbe le comportement de la faune sauvage, sa reproduction et les fonctions des écosystèmes. La législation actuelle ne prévoit pas d’exigences en matière de surveillance de la biodiversité terrestre, ce qui souligne l’importance des stratégies de gestion intégrée pour préserver à la fois la biodiversité et la tranquillité dans les zones protégées. Le CdR fait observer que l’on manque de ressources pour assurer un suivi et des actions d’atténuation efficaces; |
| 12. | reconnaît que, pour lutter contre la pollution sonore, une approche fondée sur les sources est hautement souhaitable, mais qu’il convient également de prévoir davantage de mesures à court terme pour protéger les personnes les plus exposées, dans le cadre d’une stratégie de réduction du bruit efficace, globale et centrée sur les personnes, qui est indispensable; par conséquent, des approches par source devraient être élaborées parallèlement à des mesures immédiates de réduction du bruit; |
| 13. | se félicite de l’accord de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) (3) portant sur de nouvelles normes pour l’efficacité en carburant et les niveaux de bruit des aéronefs — lequel prévoit qu’à partir de 2029, les futurs aéronefs devront réduire leur niveau de bruit d’au moins 6 dB —, ce qui favorise le développement durable du secteur de l’aviation, et souligne que davantage de mesures de réduction sont nécessaires pour vraiment faire baisser les perturbations sonores dues à l’aviation; |
Importance stratégique des politiques de l’UE en matière de bruit pour les collectivités locales et régionales
| 14. | estime que l’absence d’objectifs généraux de l’Union en matière de réduction du bruit est susceptible de dissuader les États membres et les collectivités locales et régionales de prendre des mesures efficaces pour réduire la pollution sonore; fait remarquer que l’Union continue de ne fournir à son échelon qu’un soutien fort modique en vue d’appliquer plus strictement sur le terrain les mesures nécessaires à cette fin, non seulement dans les zones urbaines denses, mais aussi dans les régions majoritairement rurales ou montagneuses; |
| 15. | fait observer qu’il existe des sources de bruit qui se situent en dehors des contextes urbains traditionnels, et attire à cet égard l’attention sur l’incidence sonore, certes sporadique mais non moins considérable, des activités d’entraînement militaire dans des régions frontalières et rurales, activités qui, bien que relevant de la compétence nationale, nécessitent une meilleure coordination et des mesures de communication préalable et d’atténuation pour protéger les collectivités locales touchées; |
| 16. | souligne qu’il existe une base juridique permettant à l’Union d’élaborer des politiques en matière de pollution sonore, qui découle des dispositions du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (articles 191 et 192) qui mettent l’accent sur la préservation et la protection de l’environnement et l’amélioration de sa qualité ainsi que sur la protection de la santé humaine; |
| 17. | reconnaît le rôle crucial que jouent les collectivités locales et régionales dans la lutte contre la pollution sonore, puisqu’elles sont responsables de l’aménagement du territoire, du logement et de la gestion des espaces publics; elles supervisent les systèmes de transport, les mesures d’adaptation au changement climatique et les technologies de transition énergétique, qui sont autant d’éléments qui déterminent les environnements sonores que connaissent les citoyens; |
| 18. | fait observer que le plan d’action de l’UE de 2021 intitulé «Vers une pollution zéro dans l’air, l’eau et les sols» a fixé un objectif indicatif visant à réduire de 30 % d’ici à 2030 (par rapport au niveau de 2017) le nombre de personnes souffrant de troubles chroniques dus au bruit causé par les transports; note que le rapport de l’Agence européenne pour l’environnement intitulé Zero pollution monitoring and outlook 2025 (Surveillance et prospective «zéro pollution» 2025) (4) révèle que l’Union est actuellement très en retard par rapport à ses objectifs pour 2030, différentes politiques de réduction du bruit lié aux transports, comme le règlement sur le niveau sonore des véhicules à moteur et celui sur la gestion des nuisances sonores causées par les aéronefs, n’ayant pas permis d’atteindre des diminutions globales; souligne que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour que l’Union atteigne son objectif de réduction; |
| 19. | soutient le rôle des énergies renouvelables dans la réalisation de la neutralité climatique, mais souligne toutefois qu’il importe de gérer le bruit des éoliennes dans les zones rurales et les zones à faible bruit de fond, en prévoyant des emplacements appropriés, des distances de recul, des mesures opérationnelles et une surveillance transparente, conformément aux orientations de l’OMS; |
Recommandations
| 20. | prie instamment la Commission de considérer le bruit comme un problème essentiel de santé publique et d’environnement qui réduit également la productivité économique — et partant, a une incidence sur la compétitivité de l’Union —, et de l’aborder avec le même engagement et les mêmes résultats positifs que la pollution atmosphérique; |
| 21. | invite la Commission européenne, au vu des pertes importantes d’années de vie en bonne santé causées par la pollution sonore, à envisager de réviser la directive END, en prescrivant des exigences ambitieuses en matière de réduction du bruit à l’échelle de l’Union et en redoublant d’efforts pour réduire la pollution sonore à la source, ainsi qu’en alignant les seuils de déclaration de l’exposition au bruit sur ceux recommandés par l’OMS, afin de réaliser l’objectif clé du plan d’action «zéro pollution», à savoir réduire de 30 % d’ici à 2030 le nombre de personnes souffrant de troubles chroniques dus au bruit des transports; |
| 22. | recommande d’encourager les collectivités locales et régionales, dès lors qu’elles mettent en évidence des problèmes importants en matière de bruit lié aux loisirs, à remédier à ce type de bruit dans le cadre de leurs plans d’action de la directive END; demande à la Commission de fournir des orientations auxdites collectivités, notamment une méthodologie d’évaluation commune, sur la manière de jauger le bruit lié aux loisirs et de lutter contre lui; |
| 23. | préconise que la directive END prévoie des dispositions visant à assurer de manière systématique une surveillance et une réduction des incidences de la pollution sonore sur la biodiversité, en accordant une attention particulière aux zones écologiquement sensibles telles que les sites Natura 2000 et les grandes zones forestières ou montagneuses, où le bruit des transports et du tourisme peut avoir une incidence significative sur la faune sauvage et les fonctions des écosystèmes, y compris les corridors de déplacement et les habitats des grands animaux; demande qu’elle prévoie également des orientations et des financements ciblés en vue d’assurer un suivi et des actions d’atténuation efficaces, en recourant aussi à des programmes tels qu’Horizon, LIFE et Interreg pour recueillir des données; |
| 24. | recommande une plus grande cohérence entre la directive END et le plan d’action «zéro pollution» afin de fournir un cadre global, qui orienterait ensuite la politique par source; le rôle de la plateforme des parties prenantes «zéro pollution», cogérée par la Commission européenne et le CdR, devrait être essentiel pour contribuer aux travaux sur la pollution sonore et assurer le suivi des progrès accomplis; |
| 25. | demande à la Commission européenne d’élaborer un programme stratégique européen à long terme assorti d’objectifs intermédiaires réalistes en matière de réduction du bruit, alignés sur les objectifs «zéro pollution», afin de remédier au problème persistant de la pollution sonore; |
| 26. | demande instamment un contrôle efficace de l’exécution afin de garantir la mise en œuvre en temps utile et la comparabilité des cartes de bruit et des plans d’action, étayés par des orientations claires à l’intention des collectivités locales et régionales; demande aussi que soient apportés le soutien, les connaissances et l’expertise nécessaires pour aider à l’élaboration des cartes de bruit et des plans d’action; |
| 27. | souligne qu’il est urgent de renforcer les capacités des collectivités locales et régionales et de leur fournir l’aide méthodologique, technique et financière adéquate pour mesurer les niveaux de pollution sonore, mener à bien leurs activités de sensibilisation et déployer leurs mesures techniques innovantes; sachant que lesdites collectivités sont largement responsables de la mise en œuvre, insiste sur le fait que cette aide se doit d’être stable et suffisante pour leur permettre d’obtenir des résultats efficaces dans le cadre des plans d’action de lutte contre le bruit, y compris dans les territoires qui ne disposent que de ressources limitées; souligne également la nécessité de faire en sorte que les collectivités locales et régionales soient pleinement informées des risques sanitaires et économiques associés à cette pollution; invite les États membres à veiller à ce que les collectivités locales et régionales disposent de pouvoirs juridiques clairs, ainsi que des ressources nécessaires, pour lutter contre le bruit à sa source, et à ce que ces ressources soient mobilisées à l’échelon où l’action s’avère la plus efficace; |
| 28. | invite à procéder à la révision de la directive 2000/14/CE (5) sur les émissions sonores dans l’environnement des matériels destinés à être utilisés à l’extérieur des bâtiments (la «directive sur les émissions sonores à l’extérieur») afin de prévoir l’indication, sur la documentation et l’étiquetage des produits, du niveau de pression acoustique garanti (par exemple à un mètre de distance ou à l’endroit où se trouvent les opérateurs), en plus du niveau de puissance acoustique déjà exigé, ce pour mieux informer les consommateurs et les utilisateurs; |
| 29. | demande une meilleure utilisation des instruments de financement existants de l’Union pour soutenir les mesures de réduction du bruit, et invite instamment l’Union à garantir un financement spécifique et clairement identifiable à cette fin, s’appliquant notamment aux revêtements routiers silencieux, aux zones vertes tampons contre le bruit, à l’isolation des bâtiments sensibles, aux technologies de surveillance innovantes et aux initiatives de science citoyenne; |
| 30. | invite à renforcer le règlement sur les pneumatiques plus silencieux dans l’Union et souligne que des recherches supplémentaires sont nécessaires (6) pour quantifier les compromis à trouver entre la réduction du bruit et la sécurité, l’abrasion et la résistance au roulement; |
| 31. | appelle à promouvoir les technologies innovantes telles que les capteurs de bruit, qui devraient, en temps utile et après des essais approfondis, s’accompagner d’un cadre juridique harmonisé qui garantit leur fiabilité technique et leur sécurité sur le plan juridique; |
| 32. | demande l’introduction d’une procédure simple, fondée sur l’approche équilibrée mise au point par l’OACI, qui permette aux États membres de diminuer le nombre de vols de nuit afin de réduire les effets importants sur la santé associés aux graves perturbations du sommeil dont souffrent les résidents vivant à proximité des aéroports; |
| 33. | se félicite de l’introduction d’une nouvelle échelle d’émissions sonores (classes A-E) (7) sur l’étiquette énergétique des pompes à chaleur afin d’aider les consommateurs à comparer les différents produits; invite à étendre ce dispositif à d’autres équipements bruyants; |
| 34. | demande un réexamen de la puissance acoustique maximale autorisée des pompes à chaleur, étant donné que les limites en vigueur (depuis septembre 2025)[1] sont obsolètes; fait en outre observer qu’il est également nécessaire de prendre en compte l’accumulation des effets de plusieurs appareils (8); |
| 35. | demande que les limites d’émissions sonores de toutes les sources pertinentes soient réexaminées régulièrement et qu’il soit envisagé de retirer du marché les produits les plus bruyants afin d’inciter les fabricants à mettre au point des produits plus silencieux; |
| 36. | demande une coordination au niveau européen pour ce qui est des évolutions techniques et juridiques dans le domaine des caméras acoustiques, notamment les questions de faisabilité juridique, afin de permettre d’appliquer de manière cohérente et efficace les mesures à l’encontre des véhicules et des modes de conduite bruyants; |
| 37. | demande instamment que des mesures soient prises pour empêcher les constructeurs automobiles d’introduire des sons artificiels supplémentaires, simulant par exemple le bruit d’une voiture de sport, dans les véhicules électriques à des fins non fonctionnelles; |
| 38. | invite les collectivités locales et régionales à continuer d’intégrer des mesures d’atténuation du bruit dans leurs plans de mobilité urbaine et d’aménagement de l’espace et du territoire, à savoir entre autres: abaisser les limitations de vitesse, choisir des revêtements routiers moins bruyants, prévoir des infrastructures sûres pour la mobilité active et accroître l’offre de transports publics et partagés; |
| 39. | recommande aux collectivités locales et régionales d’élaborer des mesures intégrées de réduction de la pollution sonore et atmosphérique, étant donné que ces deux formes de pollution proviennent souvent des mêmes sources; cela profiterait en particulier aux personnes vivant dans des zones vulnérables fortement exposées au bruit et à la pollution atmosphérique; |
| 40. | encourage les collectivités locales et régionales à concevoir des instruments appropriés pour protéger les espaces extérieurs dans les zones habitées contre la pollution sonore, ainsi qu’à favoriser la protection ciblée des zones sensibles, comme les écoles, les hôpitaux et les établissements de soins, ainsi que la délimitation et la sauvegarde de zones calmes dans les aires métropolitaines, mais aussi dans les régions périurbaines et rurales, et encourage une approche fondée sur le paysage sonore, qui reconnaisse l’importance des environnements peu bruyants pour le bien-être, la biodiversité et la cohésion territoriale; insiste à cet égard sur la nécessité d’accorder une attention particulière à la pression acoustique qui s’accumule dans les territoires caractérisés par une capacité limitée et une forte saisonnalité; |
| 41. | recommande de s’attaquer à la source que constitue le bruit extérieur afin de préserver et de protéger les avantages que procurent, sur le plan récréatif, les espaces urbains verts et calmes tels que les parcs; |
| 42. | encourage les collectivités locales et régionales à intégrer la dimension de la pollution sonore dans l’aménagement du territoire et l’urbanisme, ce qui permettrait de concilier les différentes utilisations des sols tout en garantissant la protection de l’environnement et de la santé humaine; |
| 43. | recommande que les collectivités locales et régionales revoient et optimisent, dans la mesure du possible, le fonctionnement de leurs services urbains travaillant de nuit, tels que ceux consacrés à la collecte des déchets, au nettoyage des rues ou à d’autres activités pouvant être bruyantes, dans le but de réduire leur incidence acoustique; incite à favoriser le renouvellement des flottes de ces services pour les doter de véhicules plus silencieux et à adapter les horaires et les procédures de manière à réduire au minimum les désagréments pour les citoyens. |
Bruxelles, le 7 mai 2026.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
(1) Directive 2002/49/CE du Parlement européen et du Conseil du 25 juin 2002 relative à l’évaluation et à la gestion du bruit dans l’environnement — Déclaration de la Commission au sein du comité de conciliation concernant la directive relative à l’évaluation et à la gestion du bruit ambiant (JO L 189 du 18.7.2002, p. 12, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2002/49/oj).
(2) Environmental noise in Europe — 2025 (Rapport 2025 sur le bruit ambiant en Europe) | Publications | Agence européenne pour l’environnement (AEE).
(3) ID-358-–-Noise-standard_ICAO_final.pdf.
(4) Zero pollution monitoring and outlook 2025 (Surveillance et prospective «zéro pollution» 2025), AEE.
(5) Directive 2000/14/CE du Parlement européen et du Conseil du 8 mai 2000 concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux émissions sonores dans l’environnement des matériels destinés à être utilisés à l’extérieur des bâtiments (JO L 162 du 3.7.2000, p. 287, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2000/14/oj).
(6) Technical support for EU policy-making on tyre noise reduction.pdf (Soutien technique à l’élaboration des politiques de l’UE en matière de réduction du bruit des pneumatiques).
(8) Règlement (UE) n ° 813/2013 de la Commission du 2 août 2013 portant application de la directive 2009/125/CE du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les exigences d’écoconception applicables aux dispositifs de chauffage des locaux et aux dispositifs de chauffage mixtes (JO L 239 du 6.9.2013, p. 136, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2013/813/oj), annexe II.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/3458/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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