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AccueilDroit européen52025IR2757
Initiative législative52025IR2757

Avis du Comité européen des régions — L’approche stratégique de l’Union européenne à l’égard de la mer Noire — dimensions locales et régionales

CELEX52025IR2757
TypeInitiative législative
Datejeudi 5 mars 2026

Résumé IA

Le Comité européen des régions souligne l'importance d'associer les collectivités locales et régionales à la mise en œuvre de la stratégie de l'UE pour la mer Noire, en insistant sur la nécessité de renforcer la coopération transfrontalière et la résilience dans cette zone géostratégique. L'avis appelle à une meilleure coordination des fonds européens pour soutenir le développement durable, la sécurité maritime et la transition écologique, tout en tenant compte des spécificités des régions riveraines. Pour un professionnel du droit français, ce texte met en lumière les enjeux de gouvernance multi-niveaux et les implications potentielles en matière de droit des collectivités territoriales et de politiques européennes de voisinage.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/2601

20.5.2026

Avis du Comité européen des régions — L’approche stratégique de l’Union européenne à l’égard de la mer Noire — dimensions locales et régionales

(C/2026/2601)

Rapporteur

:

Blagomir KOTSEV (BG/Renew Europe), maire de Varna

Texte de référence

:

JOIN(2025) 135 final — L’approche stratégique de l’Union européenne à l’égard de la région de la mer Noire

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CDR)

I. CONTEXTE

1.

affirme que la région de la mer Noire est vitale pour la sécurité et la stabilité de l’Union, la connectivité et la croissance, ainsi que pour l’adaptation au changement climatique;

2.

souligne que la région est actuellement marquée par une instabilité sur les plans de la sécurité, de la perturbation du trafic maritime et des dommages environnementaux causés par la guerre que la Russie mène contre l’Ukraine;

3.

fait observer que la mer Noire ne devrait pas être considérée comme une zone périphérique, mais bien comme un centre stratégique d’importance géopolitique, un carrefour économique essentiel, reliant l’Europe au Caucase, à l’Asie centrale et à la Méditerranée orientale grâce à des réseaux de transport, d’énergie et de communications numériques;

4.

affirme son soutien à une stratégie globale de l’Union pour une mer Noire stable et sûre qui renforce la position géopolitique de l’Europe, sécurise les routes maritimes et approfondit la connectivité stratégique avec les pays du partenariat oriental et les alliés de l’OTAN dans la région;

5.

déclare qu’il importe de s’appuyer sur la synergie de la mer Noire (2007), en ciblant la surveillance maritime, la lutte contre les menaces hybrides et la protection des infrastructures d’énergie et de transport critiques;

6.

reconnaît que la région est confrontée à une combinaison complexe de possibilités et de vulnérabilités, et se félicite que l’approche stratégique de la région en tienne compte;

7.

rappelle que l’approche stratégique relève très pertinemment trois dimensions interdépendantes: 1) sécurité, stabilité et résilience — protéger l’espace maritime, les infrastructures et les institutions démocratiques contre les menaces militaires et hybrides; 2) croissance durable et prospérité — favoriser le commerce, l’énergie, les transports, la coopération en matière de recherche ou encore l’économie bleue en tant que moteurs de la prospérité régionale et de la compétitivité européenne; 3) protection de l’environnement et résilience au changement climatique — lutter contre la pollution, la perte de biodiversité et le réchauffement rapide de l’écosystème de la mer Noire grâce à l’adaptation, à une gestion fondée sur des données scientifiques et au renforcement de la résilience locale;

8.

se félicite de l’inclusion dans l’approche stratégique des priorités en matière d’infrastructures à double usage et de cyberdéfense, alors même que la vulnérabilité des frontières extérieures, tant physiques que numériques, continue d’exiger un engagement continu et correctement ciblé de l’Union en matière de surveillance, de protection des infrastructures et de cyberrésilience;

9.

apprécie que la priorité de l’approche stratégique porte sur l’adaptation au changement climatique, sachant que la mer Noire est l’une des mers dont le réchauffement est le plus rapide au monde, et qu’elle connaît une amplification de la perte de biodiversité, de l’eutrophisation et de l’érosion côtière ainsi que des risques d’inondation; souligne toutefois que les mesures environnementales et climatiques doivent s’accompagner de mécanismes de transition socialement équitables, et garantir que les ménages vulnérables, les municipalités et les collectivités rurales de taille modeste ne soient pas touchés de manière disproportionnée;

II. PRINCIPES DIRECTEURS

10.

affirme la pertinence des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre de l’approche stratégique ainsi que le fait qu’une approche fondée sur une gouvernance à plusieurs niveaux crée une base solide pour une stratégie à long terme; prescrit de faire explicitement référence au rôle des municipalités et des régions dans la gouvernance et la mise en œuvre de l’approche stratégique;

11.

encourage l’application des principes de subsidiarité et de proportionnalité, de décentralisation et de gouvernance à plusieurs niveaux, englobant le rôle des collectivités locales et régionales dans la planification, la conception des politiques, l’accès au financement et les mécanismes de gouvernance, tout en préservant la responsabilité de la Commission pour ce qui est de garantir l’efficacité et la transparence de ces actions;

12.

note que dans l’action de réduction de l’influence extérieure malveillante, en particulier la désinformation et les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, la résilience de la région dépendra de l’existence d’un contrôle rigoureux et d’une coordination interinstitutionnelle aux niveaux européen, national, régional et local.

III. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

Recommandations générales

13.

soutient l’approche stratégique et préconise que celle-ci devienne une véritable stratégie de l’Union pour la région de la mer Noire, assortie d’objectifs clairs, d’indicateurs quantifiables et d’une coopération étroite avec ses voisins de l’Union de manière à mettre en œuvre des objectifs communs, par exemple en faisant appel à des projets de coopération transfrontalière;

14.

recommande d’associer en permanence toutes les parties prenantes concernées à la mise en œuvre de l’approche stratégique, notamment les collectivités locales et régionales, en accordant tout particulièrement la priorité au rôle du CdR et à ses structures bien établies de coopération multilatérale et bilatérale avec les collectivités locales et régionales des pays du partenariat oriental: la Conférence des collectivités régionales et locales pour le partenariat oriental (Corleap) et les groupes de travail du CdR pour les relations avec, respectivement, l’Ukraine et la République de Moldavie;

15.

demande à la Commission de créer des indicateurs clés de performance (ICP) mesurables pour suivre les progrès accomplis dans ces conditions, en soulignant l’urgence d’une politique européenne cohérente et dotée de ressources adéquates, de manière à traiter la mer Noire non pas comme une région périphérique, mais comme un noyau stratégique des intérêts géopolitiques, économiques et environnementaux européens;

16.

invite à ne pas négliger le fait que la région est durablement soumise à une influence stratégique étrangère malveillante du fait de la dépendance énergétique, de l’opacité des réseaux économiques et de l’influence politique qu’exercent l’église orthodoxe russe et les médias et réseaux sociaux de langue russe qui sont détenus par la Russie; recommande la mise en œuvre de mesures visant à garantir la transparence des entreprises et, en particulier, la propriété et la gouvernance des médias;

17.

constate que la région est de plus en plus exposée aux menaces hybrides, notamment aux cyberattaques, aux incidents maritimes, à l’ingérence dans les processus démocratiques, à la criminalité organisée et aux trafics, ainsi qu’à la désinformation et aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger; suggère de consolider le rôle des pouvoirs publics régionaux et locaux dans le renforcement de l’éducation aux médias, des cadres de partage de l’information et de la résilience;

18.

juge que l’approche stratégique doit être étroitement liée aux cadres européens existants, notamment le partenariat oriental, y compris la Corleap, en tant qu’aspect local et régional, en facilitant le jumelage de villes portuaires et le renforcement des capacités municipales qui soutiennent la sécurité et la résilience régionales, la stratégie de sûreté maritime de l’UE, la stratégie portuaire européenne, la stratégie «Global Gateway» ou encore la mission de l’Union sur l’adaptation au changement climatique;

19.

prie instamment l’Union d’apporter un soutien politique, financier et sécuritaire substantiel pour faire en sorte que l’approche stratégique se traduise par des actions, y compris le financement d’infrastructures côtières, de projets de résilience, de coopération scientifique et de mesures de protection civile; prescrit d’inclure des mécanismes explicites pour le cofinancement national et local et la communication périodique d’informations sur la performance par les autorités régionales dans le cadre de la politique de cohésion;

20.

revendique la création d’un mécanisme permanent de gouvernance et de suivi comprenant des réunions ministérielles annuelles, des espaces de dialogues régionaux réguliers entre parties prenantes et un système d’indicateurs de progrès coordonné par le SEAE et la Commission;

21.

reconnaît que la participation active des collectivités locales et régionales est essentielle, et préconise d’utiliser la réunion annuelle 2026 de la Corleap en Moldavie pour débattre de l’importance de la stratégie de la mer Noire pour la région et de son incidence sur les collectivités locales et régionales dans les territoires;

Recommandations particulières

Sécurité, résilience et coopération

22.

constate la nécessité de renforcer les capacités des collectivités locales et régionales afin d’accroître la transparence et de renforcer la lutte contre la corruption, la numérisation et la coopération avec la société civile, en particulier dans les pays candidats à l’adhésion à l’Union; juge utile d’inclure des critères de suivi infranational alignés sur le mécanisme européen de protection de l’état de droit et les cadres d’adhésion/de préadhésion pour les pays candidats;

23.

souligne que les tensions géopolitiques dans la région de la mer Noire font de cette dernière une cible pour différents types de cyberattaques, allant des attaques contre les infrastructures maritimes aux agressions contre les systèmes de navigation en passant par les menaces internes; préconise d’étendre l’initiative de cybersolidarité de l’Union européenne à la mer Noire, en y intégrant des systèmes d’alerte précoce, la formation des autorités municipales et portuaires et la coordination transfrontière des interventions en cas d’incident; propose de mettre l’accent sur le lien avec la stratégie pour la décennie numérique de l’Union et les dispositions relatives à la résilience des infrastructures;

24.

demande un renforcement des normes de transparence pour les entreprises et les organisations opérant dans la région, dans le plein respect des droits fondamentaux et des règles de protection des données de l’Union européenne, avec pour visée de garantir la redevabilité des acteurs concernés et de réduire l’usage abusif des réseaux d’influence; souligne que toute exigence de transparence doit être non discriminatoire, proportionnée et applicable dans chaque secteur et préserver le rôle de la société civile et des communautés religieuses;

25.

recommande, chaque fois que nécessaire, le déploiement de systèmes coordonnés de surveillance par satellites, drones et sous-marins sous l’égide de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) et autres organes européens dans les villes côtières de l’Union afin de renforcer la transparence, la surveillance de l’environnement et la sécurité maritime;

26.

demande que tous les grands ports de la mer Noire fassent l’objet d’un examen systématique des structures de propriété, des flux de marchandises et de la transparence de la gouvernance, mené en coordination avec les organes européens et internationaux concernés; recommande d’exiger des audits annuels de la sécurité portuaire, le renforcement de l’information concernant les bénéficiaires effectifs et une mise en cohérence à l’échelle de l’Union avec le règlement de l’Union sur les ports afin de relier la gouvernance des infrastructures côtières dans le cadre de la mer Noire;

27.

prévient que les collectivités locales et régionales peuvent être vulnérables aux menaces hybrides en étant attaquées dans le contexte de problématiques régionales spécifiques; demande que les municipalités côtières et les administrations régionales reçoivent un soutien ciblé pour résister aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger au moyen d’un renforcement des capacités, de programmes de formation et de réseaux d’échange spécifiques; souhaite un renforcement de la vérification des faits au niveau local, une éducation aux médias et des mesures propices à la résilience des territoires;

28.

rappelle que la région du Danube est stratégiquement vitale à la sécurité et à la résilience de l’ensemble de la région de la mer Noire, en ce qu’elle fournit un corridor critique qui relie l’Europe centrale aux États riverains de la mer Noire, et plaide pour la pleine participation des collectivités locales et régionales à cet égard;

29.

se félicite de la proposition relative à une plateforme pour la sûreté maritime de la mer Noire, et préconise que celle-ci prenne appui sur les agences et instruments existants de l’Union, tout en assurant la coordination requise avec l’OTAN et les partenaires régionaux concernés, avec pour but de renforcer la connaissance de la situation maritime, la protection des infrastructures et la résilience;

Sécurité énergétique

30.

rappelle que la diversification des chaînes d’approvisionnement énergétique liées à la Russie doit s’accompagner d’investissements transparents et rapides dans les énergies renouvelables, l’intégration du réseau et le stockage de manière à empêcher le contrôle par procuration des infrastructures critiques, et à s’aligner sur la directive sur les énergies renouvelables (RED III), le pacte vert pour l’Europe et le plan stratégique européen pour les technologies énergétiques (plan SET);

31.

demande que des mesures soient prises pour encourager l’exploitation du potentiel immense de l’énergie éolienne sur terre et en mer dans la région de la mer Noire;

32.

recommande l’application des meilleures connaissances scientifiques disponibles et des mesures d’atténuation, y compris l’aménagement du territoire qui exclut les zones à haut risque pour la migration des oiseaux, les mécanismes de fermeture saisonnière, les technologies de surveillance en temps réel et les approches de gestion adaptative, en étroite coopération avec les institutions scientifiques et les organisations de conservation de la nature, afin de réduire au minimum les incidences sur les oiseaux migrateurs, les chauves-souris et la biodiversité marine;

33.

attire l’attention sur l’importance du développement du réseau électrique transfrontalier pour renforcer la sécurité énergétique, la compétitivité et la résilience à long terme de la région. Les collectivités locales et régionales devraient être dûment consultées sur ces projets, y compris les connexions sous-marines en courant continu à haute tension (CCHT) prévues dans toute la mer Noire, qui relient l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie;

34.

souligne que les villes et les municipalités devraient être soutenues dans leurs actions visant à étendre l’utilisation des véhicules électriques et hybrides dans les transports publics, la logistique urbaine et les flottes de livraison, les taxis et autres services de mobilité à courte distance;

35.

tout en rappelant que la sécurité énergétique de la région de la mer Noire dépend non seulement de la diversification de l’approvisionnement et de l’expansion de la production d’énergie renouvelable, mais aussi d’une attention résolue et immédiate accordée à l’efficacité énergétique, souhaite que les collectivités locales et régionales reçoivent un soutien systématique et substantiel dans leurs actions visant à aider les institutions, les entreprises et les ménages au niveau local à accroître l’efficacité énergétique des bâtiments et des installations, à réduire la demande, à modérer les factures énergétiques et à renforcer la résilience énergétique dans l’ensemble de la région de la mer Noire;

36.

demande que les investissements en ce sens, y compris les infrastructures à double usage, soient mis en cohérence avec les actions visant à renforcer le flanc oriental de l’Europe et planifiés en coordination avec les pays de l’Union situés le long des corridors ferroviaires et logistiques nord-sud reliant la mer Noire aux régions de la mer Baltique, de la mer Égée, de l’Adriatique et du Danube;

Transports et développement économique

37.

soutient le développement de corridors ferroviaires et logistiques nord-sud reliant la mer Noire aux régions de la mer Baltique, de la mer Égée, de l’Adriatique et du Danube, en tant qu’atouts stratégiques pour la sécurité, la défense et la connectivité, ainsi que pour la création de synergies entre les villes côtières de ces régions, grâce à des échanges réguliers ainsi qu’à des plateformes de coordination;

38.

demande de soutenir une initiative relative à un «corridor éolien de la mer Noire» afin de connecter et d’intégrer le potentiel éolien terrestre et maritime de la zone au moyen d’infrastructures de réseau, de stockage et d’interconnexions, tout en veillant à ce que le développement des énergies renouvelables ne se fasse pas au détriment de la protection de la biodiversité, en particulier dans les espaces limitrophes des écosystèmes côtiers et marins sensibles et des principales routes de migration des oiseaux dans la région de la mer Noire;

39.

souligne la nécessité de protéger et de diversifier les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs artisanaux au moyen de systèmes de cogestion, de fonds maritimes européens et de projets d’aquaculture durable; recommande d’être particulièrement vigilants sur le lien entre cette mesure et le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa) et la stratégie en faveur de l’économie bleue;

40.

soutient une application stricte de la législation contre le chalutage de fond, qui détruit la biodiversité et le patrimoine archéologique, et libère du carbone stocké dans les sédiments des fonds marins; préconise de promouvoir les technologies de pêche à faible incidence et de désigner des zones protégées sans chalut, ainsi que d’inclure des références croisées à la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» et à la décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable;

41.

exige la création de pôles de recherche régionaux sur les sciences marines, la pêche, les effets de la guerre sur le climat et la restauration de l’environnement, en collaboration avec le service Copernicus pour le milieu marin, EMODnet et le réseau Connect de la mer Noire, en mettant l’accent sur le rôle du programme Horizon Europe en tant que vecteur de financement;

42.

appelle de ses vœux une promotion accrue de l’écotourisme qui protège les habitats et les paysages culturels, conformément à la stratégie européenne pour une économie bleue durable; préconise d’inclure des initiatives structurées visant à faire des municipalités côtières de la mer Noire un «projet phare de l’économie bleue», conformément aux objectifs stratégiques de l’Union;

43.

appelle à soutenir davantage les projets communs dans les domaines des arts, de l’éducation et de l’archéologie sous-marine, en préservant le patrimoine commun et en favorisant la compréhension transfrontière; juge pertinent d’insister sur le lien avec le label du patrimoine européen et la dimension culturelle du partenariat oriental;

44.

souhaite la création de corridors verts reliant les territoires de la mer Noire, intégrant la restauration de la biodiversité, les itinéraires culturels, le sport et l’écotourisme, afin de contribuer à la mobilité durable, à la cohésion sociale et à l’image de marque régionale; suggère d’inclure l’intégration dans la stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 et dans le réseau ferroviaire/routier RTE-T;

45.

demande l’expansion des corridors de transport verts et l’intégration de la région de la mer Noire dans le réseau RTE-T au moyen de voies ferrées électrifiées, d’infrastructures pour véhicules électriques et de ports propres; recommande de souligner la nécessité d’une coordination avec la directive sur le déploiement d’une infrastructure pour carburants alternatifs (AFID) et les outils de financement tels que le mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) et la stratégie «Global Gateway»;

46.

encourage le développement de partenariats public-privé entre les municipalités, les organisations de pêche et les opérateurs de gestion des déchets afin de promouvoir des solutions d’économie circulaire, y compris le recyclage et la réutilisation des engins de pêche, des matières plastiques et des métaux collectés dans le milieu marin;

47.

encourage le développement de partenariats transfrontaliers entre les ports de pêche et les communautés de pêcheurs de la région de la mer Noire, en particulier entre la Bulgarie et la Roumanie, dans l’optique de faciliter la coopération pratique, y compris le débarquement des captures, les initiatives conjointes de gestion des déchets marins et l’échange de bonnes pratiques, renforçant ce faisant la connectivité régionale, la résilience économique et la protection de l’environnement;

Protection de l’environnement et action en faveur du climat

48.

appelle de ses vœux l’élaboration d’un cadre d’adaptation global visant à lutter contre l’érosion côtière, la protection des dunes, les systèmes d’eau saumâtre et les inondations fluviales, en coordination avec la mission de l’Union pour l’adaptation au changement climatique; se félicite de l’inclusion, dans la stratégie, de mesures de résilience au changement climatique, et recommande d’inclure une harmonisation avec la stratégie de l’Union en matière d’adaptation au changement climatique;

49.

recommande une reconnaissance des dunes et des zones humides côtières comme des défenses naturelles critiques et des points névralgiques de la biodiversité, ainsi qu’un renforcement des programmes de restauration le long des côtes bulgare, roumaine et ukrainienne;

50.

plaide pour la mise en place d’un réseau scientifique de la mer Noire axé sur la santé des écosystèmes, la pêche, la pollution et la surveillance de l’environnement après la guerre;

51.

demande un soutien accru aux initiatives scientifiques citoyennes et aux campagnes d’éducation à l’environnement dans les territoires côtiers, et propose que des fonds de renforcement des capacités soient consacrés aux collectivités locales conformément aux objectifs stratégiques de l’Union européenne;

52.

fait valoir que les zones humides côtières, les lagunes et les systèmes dunaires le long de la côte de la mer Noire sont des habitats critiques pour les oiseaux migrateurs et des tampons naturels essentiels contre les effets du changement climatique, l’érosion et les inondations, et qu’il conviendrait de leur reconnaître un caractère prioritaire dans le cadre du programme de protection du milieu marin de la mer Noire;

53.

souhaite insister sur le fait que l’engagement stratégique de l’Union dans la région de la mer Noire devrait poursuivre les objectifs en matière de sécurité, de transition énergétique et de développement économique d’une façon qui soit pleinement compatible avec la protection de la biodiversité, les obligations internationales en matière d’environnement et la prise de décision fondée sur des données scientifiques, garantissant ainsi durabilité à long terme et légitimité publique;

54.

reconnaît les pêcheurs comme des partenaires clés dans la protection du milieu marin, en raison de leurs connaissances uniques et de leurs observations à long terme des écosystèmes marins, et plaide pour qu’ils soient systématiquement associés à la surveillance du milieu marin, à la collecte de données et au recensement des zones touchées par la pollution marine;

55.

invite les collectivités locales et régionales, avec le soutien de l’Union, à mettre en place des systèmes de collecte, de stockage temporaire, de transport, de recyclage et de récupération des déchets marins collectés par les pêcheurs, y compris par la mise sur pied d’installations appropriées dans les ports de pêche, et l’élaboration de programmes municipaux ou régionaux spécifiques;

56.

prie instamment les collectivités locales et régionales de développer les ports de pêche en tant qu’infrastructures stratégiques, en garantissant un accès sûr, à long terme et prévisible pour les navires de pêche, tout en favorisant la transition vers des normes de «ports verts» et durables sur le plan environnemental, y compris sous l’angle de l’efficacité énergétique, de l’utilisation d’énergie propre et de la gestion écologiquement rationnelle des déchets et des eaux usées;

57.

prône l’extension des zones marines protégées et la restauration des zones humides côtières, y compris des limites strictes pour le dragage, le chalutage de fond et la construction côtière non réglementée; soutient la mise en place d’un «programme de protection du milieu marin de la mer Noire» dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature afin de remédier aux vulnérabilités écologiques spécifiques du bassin de la mer Noire.

Bruxelles, le 5 mars 2026.

La présidente

du Comité européen des régions

Kata TÜTTŐ


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/2601/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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