| CELEX | 52025IR2839 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 4 mars 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/2607 | 20.5.2026 |
Avis du Comité européen des régions — Le cadre financier pluriannuel (CFP) après 2027, y compris le paquet sur les nouvelles ressources propres
(C/2026/2607)
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I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT
Amendement 1
Proposition de règlement du Conseil fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2028 à 2034 [COM(2025) 571 final]
Nouveau considérant 1 bis
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
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| Les contributions du budget de l’Union devraient répondre aux principes suivants: le renforcement de la compétitivité et de la résilience de l’économie, la réussite du marché unique, les lignes directrices concernant le climat et la diversité biologique, le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» aux objectifs environnementaux, ainsi que celui consistant à «ne pas nuire à la cohésion», les politiques sociales, les principes régissant l’égalité entre les hommes et les femmes, l’intégration de la dimension du genre et la non-discrimination. Aux fins de la politique de cohésion et de la politique agricole commune, le CFP devrait garantir un financement stable, prévisible et adéquat sur l’ensemble de la période de programmation, de sorte à permettre de planifier et de mettre en œuvre des stratégies d’investissement à long terme à l’échelon régional et local, en fonction des besoins et des priorités de chacune des catégories de régions et tout en respectant pleinement les principes de subsidiarité, de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux. |
Exposé des motifs
Il s’agit de faire apparaître le principe consistant à «ne pas nuire à la cohésion» à titre de principe horizontal, et de rappeler que la cohésion est principalement centrée autour des régions. Il s’agit aussi de tenir compte de l’économie car celle-ci constitue un socle indispensable pour la prospérité de l’Union européenne, et de mettre en relief la nécessité d’un financement prévisible aussi bien pour la politique de cohésion que pour la politique agricole commune. Une clarification est apportée à la notion d’égalité en y ajoutant la dimension du genre.
Amendement 2
Proposition de règlement du Conseil fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2028 à 2034 [COM(2025) 571 final]
Nouveau considérant 1 ter
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
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| L’expérience acquise avec la facilité pour la reprise et la résilience a montré que des instruments hautement centralisés, auxquels les collectivités locales et régionales ne participent pas et qui ne recourent pas aux structures bien établies de gestion partagée, ne sont pas à même de tirer pleinement parti du potentiel de développement de toutes les régions. Les futurs instruments de réaction aux crises doivent donc être planifiés et mis en œuvre indépendamment de la politique de cohésion, afin de renforcer plus avant le rôle que celle-ci joue en tant que principal vecteur d’investissement à long terme de l’Union. |
Exposé des motifs
Il s’agit de donner un tour concret au principe selon lequel «la politique de cohésion n’est pas un instrument de réaction aux crises». Compte tenu de son orientation vers les investissements à long terme, la politique de cohésion ni les moyens qui sont mis à sa disposition ne sauraient être utilisés pour réagir à court terme à des crises.
Amendement 3
Proposition de règlement du Conseil fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2028 à 2034 [COM(2025) 571 final]
Nouveau considérant 16
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
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| Sachant qu’il est reconnu, à l’article 174 du TFUE, que les régions insulaires souffrent de handicaps structurels graves et permanents, il est essentiel de garantir une prise en compte transversale, dans l’ensemble des politiques de l’Union et de ses instruments financiers, des difficultés que rencontrent les îles du fait de la discontinuité géographique. |
Exposé des motifs
Ressort du texte.
Amendement 4
Proposition de règlement du Conseil fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2028 à 2034 [COM(2025) 571 final]
Nouvel article 5 bis
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
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| Adaptation consécutive à de nouvelles règles ou à de nouveaux programmes en gestion partagée |
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| 1. En cas d’adoption, après le 1er janvier 2028, de nouvelles règles ou de nouveaux programmes en gestion partagée concernant la rubrique 1 du CFP 2028-2034, les montants correspondant aux dotations non utilisées en 2028 sont transférés en proportions égales et aux prix courants sur chacune des années 2029 à 2032 et les plafonds correspondants du CFP sont adaptés en conséquence. |
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| 2. La Commission communique au Parlement européen et au Conseil les résultats de toute adaptation effectuée au titre du paragraphe 1. |
Exposé des motifs
L’amendement qui est proposé ici entend reprendre mutatis mutandis la teneur de l’article 7 du règlement (UE, Euratom) 2020/2093 du Conseil du 17 décembre 2020 fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2021 à 2027, qui vise à protéger contre les pertes de financement lorsque la programmation connaît des retards en raison de l’adoption tardive de la législation et/ou des actes d’exécution et des orientations, et/ou du fait du processus de négociation, autant de risques susceptibles de se manifester au cours de la période 2028-2034.
Amendement 5
Proposition de règlement du Conseil fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2028 à 2034 [COM(2025) 571 final]
Nouvel article 5 ter
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
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| 1. Lorsque la Commission élabore et met en œuvre des programmes et instruments financés par le budget de l’Union susceptibles de produire des incidences territoriales significatives, elle veille à la réalisation d’une analyse d’impact territorial complète, qui traite également des incidences sur les disparités en matière de développement régional au sens de l’article 174 du TFUE, en vertu duquel une attention particulière est accordée aux zones rurales, aux zones où s’opère une transition industrielle et aux régions qui souffrent de handicaps naturels ou démographiques graves et permanents telles que les régions les plus septentrionales à très faible densité de population et les régions insulaires, transfrontalières et de montagne. La Commission veille également à ce qu’il soit tenu compte de la spécificité des régions ultrapériphériques, comme le prévoit l’article 349 du TFUE. |
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| 2. La Commission veille à ce que les programmes et instruments de l’Union, nouveaux ou modifiés, financés par le budget de l’Union ne compromettent pas les objectifs de cohésion économique, sociale et territoriale, et elle maintient dans le soutien apporté un équilibre entre toutes les catégories de régions dans le cadre de leur transition juste vers une économie écologique, numérique et inclusive. |
Exposé des motifs
Il s’agit d’ajouter des références aux articles 174 et 349 du TFUE, qui définissent les régions auxquelles il convient d’accorder une attention particulière, ainsi qu’au principe prévoyant de soutenir un développement équilibré dans toutes les catégories de régions.
Amendement 6
Proposition de règlement du Conseil fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2028 à 2034 [COM(2025) 571 final]
Annexe 1
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Il s’agit de créer au sein de la rubrique 1 trois sous-rubriques distinctes, et donc trois lignes budgétaires distinctes, destinées spécifiquement à couvrir les objectifs «Cohésion économique, sociale et territoriale, y compris Interreg et le développement rural», «Agriculture et prospérité maritime» et «Sécurité», et prévoyant pour chacune d’elles les montants correspondants et leur total pour chaque année.
Amendement 7
Proposition d’accord interinstitutionnel entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission sur la discipline budgétaire, la coopération en matière budgétaire et la bonne gestion financière [COM(2025) 572 final]
Nouvel article 17
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
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| Lorsque le Parlement européen, le Conseil et la Commission établissent un nouveau mécanisme de gouvernance politique en vertu duquel ils allouent pour chaque année une part plus importante des fonds de l’Union par la voie de négociations interinstitutionnelles, ils mettent en place un dialogue structuré avec le Comité européen des régions et le Comité économique et social européen. Ce dialogue permet de s’assurer que les considérations territoriales, les incidences sur la cohésion et l’expérience des collectivités locales et régionales sont dûment prises en compte lors de la définition des orientations pour l’allocation des fonds. |
Exposé des motifs
Cette disposition garantit l’association du CdR et du CESE au nouveau mécanisme de gouvernance et intègre les aspects territoriaux et de cohésion aux décisions de financement. COM(2025) 572 final — Partie III — Coopération interinstitutionnelle dans le cadre de la procédure budgétaire annuelle.
II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
| 1. | rappelle les positions qu’il a exprimées au sujet des propositions de la Commission relatives au cadre financier pluriannuel, telles qu’il les a exposées notamment dans son avis de novembre 2024 intitulé «Budget de l’UE et politiques territorialisées: propositions de nouveaux mécanismes de conception et de mise en œuvre dans le CFP après 2027», dans la «Résolution dans la perspective du prochain cadre financier pluriannuel (CFP)» qu’il a adoptée le 15 mai 2025, ou encore dans la résolution sur la «Proposition de cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034» qu’il a adoptée en session plénière le 15 octobre 2025; |
| 2. | prend note du projet de rapport intérimaire en cours d’examen au Parlement européen sur la proposition de règlement du Conseil fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2028 à 2034; |
| 3. | prend note de la série d’avis que la Cour des comptes européenne a récemment publiés sur le train de propositions relatives au CFP 2028-2034 (y compris pour les ressources propres); |
| 4. | rappelle qu’il a été souligné dans de nombreux rapports (Letta, Draghi, Niinistö) que l’Union européenne souffre d’un immense déficit d’investissement qui l’empêche de concrétiser ses ambitions toujours plus grandes et de retrouver un certain ascendant vis-à-vis de ses concurrents; a la conviction que l’Union doit se doter de moyens financiers suffisants pour atteindre les objectifs nouveaux et extrêmement importants qui sont les siens dans un contexte politique difficile et sans mettre en péril ses objectifs généraux posés de longue date dans les traités; |
| 5. | examine dans le présent avis les orientations politiques générales qui régissent la proposition de la Commission relative au cadre financier pluriannuel 2028-2034, de même que les questions liées à la structure et à la gestion de ce dernier, ainsi qu’aux ressources propres; entend s’attacher aux règlements spécifiques aux fonds et aux propositions à caractère sectoriel dans des avis ultérieurs; |
| 6. | insiste sur la nécessité de faire correspondre les cadres financiers et juridiques du CFP 2028-2034 à l’ensemble de la période de programmation 2028-2035, de sorte à éviter que la programmation et la mise en œuvre ne connaissent des interruptions et à réduire au minimum les retards pris pour lancer de nouveaux programmes; souscrit vivement à la volonté qu’ont exprimée à la fois le Conseil européen et le Parlement européen de parvenir à un accord sur le train de mesures relatives au CFP avant la fin de l’année 2026; |
Orientations politiques et choix stratégiques
| 7. | rappelle que la promotion de la cohésion économique, sociale et territoriale consacrée à l’article 3 du TUE est un objectif fondamental de l’Union européenne et que l’ensemble du CFP 2028-2034 devrait maintenir cet élément en tant que pilier central de la solidarité européenne; demande instamment, conformément à l’article 174 du TFUE, que la politique de cohésion ne soit pas amoindrie ni dissoute dans des instruments gérés de manière centralisée ou à l’échelon national; |
| 8. | soutient l’objectif de la proposition consistant à garantir la stabilité et la prévisibilité dans l’allocation des ressources, moyennant un cadre financier fiable et la flexibilité suffisante et nécessaire pour renforcer la capacité de réaction à des changements imprévus, permettant ainsi l’adoption de mesures exceptionnelles lorsque c’est nécessaire pour faire face à des crises, des urgences ou des bouleversements majeurs du contexte socio-économique; |
| 9. | note que les priorités essentielles que sont la compétitivité, la sécurité, la transition bas carbone, la durabilité et l’inversion du déclin démographique sont mises en œuvre à l’échelle régionale et locale; attire l’attention sur les liens réciproques resserrés qu’entretiennent la compétitivité et la cohésion, sachant que la première dépend dans une large mesure de la capacité des municipalités, des villes et des régions à gérer des ressources et des politiques adaptées pour répondre aux défis et aux besoins de leur territoire, ce qui est particulièrement important pour les régions qui sont en plein processus de transition, qui sont insulaires, transfrontalières et de montagne, qui occupent une position périphérique et qui ne sont que peu densément peuplées; estime que le bon aboutissement des priorités poursuivies au niveau européen dépend fortement du caractère effectif de la gouvernance à plusieurs niveaux, c’est-à-dire de la mesure dans laquelle les acteurs nationaux, régionaux et locaux parviennent à coordonner efficacement leurs actions pour atteindre un but commun; |
| 10. | demande que les principes de partenariat et de subsidiarité soient rendus davantage contraignants dans la législation moyennant la garantie d’un rôle actif et contraignant des collectivités locales et régionales; de la sorte, il sera possible de s’assurer d’une gouvernance à plusieurs niveaux et participative qui favorise une mise en œuvre efficace des ressources, ainsi que de la prise en compte, dans la définition des priorités et dans la mise en œuvre des fonds, des stratégies de développement conçues au niveau régional; demande par conséquent que les programmes relevant du CFP fassent systématiquement, tout au long de leur cycle politique, l’objet d’évaluations de la gouvernance à plusieurs niveaux, à l’image de celles consacrées à une transition juste dans les domaines de l’industrie et de l’énergie, afin de veiller à ce que les stratégies de développement mises au point au niveau infranational soient dûment prises en compte dans la définition des priorités et la mise en œuvre de ces programmes; |
| 11. | rappelle que le train de mesures législatives relatives au CFP pour l’après 2027 rassemble diverses propositions qui entretiennent des liens étroits les unes avec les autres. C’est tout particulièrement le cas pour la définition stratégique des politiques, ainsi que pour la planification des financements et leur mise en œuvre. Seuls une telle approche globale et un strict respect des principes cités précédemment peuvent garantir une mise en œuvre effective et une plus grande valeur ajoutée européenne du budget de l’Union, qui sont deux des principaux objectifs de la proposition de la Commission; |
| 12. | soutient l’idée de subordonner les financements au respect de l’état de droit et du règlement relatif à la conditionnalité, et réclame des mesures contraignantes pour s’assurer de ne pas pénaliser directement ou indirectement les bénéficiaires finaux, notamment les régions, les municipalités et les villes, lorsque les autorités nationales ne sont pas parvenues à satisfaire ces conditions; |
| 13. | demande que soit mis en place un solide mécanisme de garantie au sein du cadre de gouvernance du futur CFP afin de veiller à ce que les collectivités régionales et locales conservent un accès direct aux ressources de l’Union lorsque les gouvernements nationaux ne respectent pas les conditionnalités horizontales ou liées à l’état de droit, et insiste pour que, dans de tels cas, les ressources soient redirigées directement vers les pouvoirs régionaux et locaux, conformément aux compétences et responsabilités qui leur reviennent de droit, de manière à respecter la légitimité démocratique, à protéger les bénéficiaires finaux et à assurer la continuité dans la mise en œuvre des objectifs stratégiques à long terme de l’Union que sont notamment la cohésion, la compétitivité et les transitions écologique et numérique; |
Taille et architecture du budget
| 14. | relève que la proposition place à présent les activités de développement et d’investissement davantage dans les mains de la Commission et des États membres, et que le montant total du CFP proposé, à savoir 1 763 milliards d’euros en prix constants de 2025, n’est qu’à peine supérieur à celui du budget pour la période 2021-2027, abstraction faite des remboursements d’intérêts et de capital au titre de NextGenerationEU (environ 150 milliards d’euros); ainsi, le montant total du budget n’augmente pas notablement la capacité d’investissement à l’aune des mesures qu’exigent la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à celui-ci, ainsi que des nouveaux défis dont fait état la Commission, à savoir notamment l’autonomie stratégique, la sécurité sous toutes ses formes et le renforcement de la compétitivité; aussi la centralisation proposée met-elle en péril ces structures et les procédures bien établies, lesquelles constituent le fondement d’un accroissement de la capacité d’investissement et d’un développement régional favorable à l’aune des nouveaux défis, nombreux, qui se font jour, entre autres la lutte contre les conséquences du changement climatique; |
| 15. | soutient la position du Parlement européen telle qu’il l’a exprimée dans le projet de rapport intérimaire publié en décembre 2025, à savoir que l’enveloppe globale disponible pour les programmes de l’Union (à l’exclusion des remboursements au titre de NextGenerationEU) devrait s’élever à 1,27 % du RNB de l’Union; |
| 16. | se dit favorable à l’augmentation voulue par le Parlement européen, comme il l’a indiqué dans son projet de rapport intérimaire sur le CFP, en ce qui concerne les plans de partenariat national et régional; demande qu’un budget spécifique soit consacré à la politique de cohésion sur l’ensemble de la période afin d’en préserver la portée à long terme, de sorte qu’il soit maintenu, compte tenu des ajustements liés à l’inflation, au moins à son niveau actuel et qu’il couvre toutes les régions, étant donné que la mise en œuvre de la politique de cohésion est essentielle aussi pour atteindre les objectifs de compétitivité, de prospérité et de sécurité qui sont également considérés au titre de la rubrique 2, dans le cadre desquels la Commission accroît ses compétences; rappelle que sans la participation des collectivités locales et régionales, la Commission ne parviendra pas à réaliser ses objectifs; |
| 17. | met en avant qu’il convient de placer l’ensemble de la composante NextGenerationEU en dehors des rubriques, car il s’agit là du remboursement d’emprunts qui n’apporte aucune nouvelle ressource en faveur du développement; |
| 18. | souligne qu’une éventuelle réduction du cadre financier par rapport à la proposition actuelle ne saurait conduire à un amoindrissement du montant total de la rubrique 1; insiste également sur le fait que la réduction des ressources de la politique de cohésion et de la politique agricole commune qui relèvent de la gestion partagée aura des incidences négatives significatives sur les régions, les villes et les zones rurales, ainsi que sur la réalisation des objectifs fixés par la Commission et sur l’avenir de l’Union européenne; ceci vaut en particulier pour les régions qui sont confrontées à des défis considérables du fait de multiples transformations structurelles; aussi convient-il de prévoir expressément des moyens financiers aux fins d’une transition juste, qui tiennent compte aussi des performances des régions; |
| 19. | estime que les modifications proposées et annoncées par la Commission le 9 novembre dernier concernant la rubrique 1 sont bienvenues; invite néanmoins la Commission à apporter des éclaircissements détaillés concernant chacune des catégories de régions et des garanties juridiques concernant ses intentions de mettre en place des vérifications efficaces au niveau régional, de garantir la participation pleine et entière des collectivités locales et régionales à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des plans de partenariat national et régional, ainsi que de créer des sauvegardes spécifiques qui tiennent compte des besoins de développement de toutes les catégories de régions; interprète les vérifications dans les régions comme étant une composante de l’évaluation portant sur les modalités de mise en œuvre de la gouvernance à plusieurs niveaux et du principe de partenariat, et considère que des dispositions les concernant devraient être incluses dans le règlement correspondant; propose également une nouvelle «clause de subsidiarité» qui vise à s’assurer que cette question soit dûment prise en compte; |
Ressources propres
| 20. | soutient la proposition de la Commission de trouver de nouvelles sources de recettes (ressources propres) pour l’Union. L’augmentation de la part des ressources propres renforcera l’agilité nécessaire pour répondre à des défis imprévus, pourrait aider à apporter des solutions aux problèmes que posent le climat et la numérisation sans pour autant compromettre la compétitivité, et assurera dans le même temps des ressources suffisantes pour le développement à long terme de l’Union; demande instamment au Conseil de parvenir rapidement à un accord sur un panier de nouvelles ressources propres; |
Rôle des régions
| 21. | fait observer qu’il est certes possible de perfectionner la méthode bien établie et fonctionnelle de répartition des financements au titre de la politique de cohésion, mais que celle-ci ne saurait être totalement abandonnée. Il convient de définir l’éligibilité de toutes les catégories de régions de sorte que l’allocation des ressources ne soit pas uniquement tributaire de l’appréciation des États, mais qu’elle repose sur la gestion partagée, le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux avec les échelons locaux et régionaux; ce faisant, il s’impose de garantir dès le départ une préallocation des fonds de cohésion pour toutes les catégories de régions, rendant ainsi possibles une planification stratégique et une stabilité financière à long terme qui leur permettront d’agir en réponse aux difficultés que connaissent leurs territoires; c’est l’autorité de gestion régionale et territoriale qui devrait être chargée de la conception, de la programmation, de la gestion et de la mise en œuvre, y compris de l’audit et des demandes de paiement, en interaction directe avec la Commission; |
| 22. | propose que le Comité des régions et le Comité économique et social européen prennent part au nouveau mécanisme d’orientation des politiques, en vertu duquel il serait laissé le soin au Parlement et au Conseil de décider chaque année dans le cadre de leurs négociations d’une part plus importante des financements de l’Union, sur la base de rapports neutres sur le plan territorial, tels que le Semestre européen ou le nouvel outil de coordination de la compétitivité; |
Principe de cohésion et approche territorialisée et fondée sur les résultats
| 23. | note que la proposition de la Commission met fortement l’accent sur les défis sectoriels et néglige ce faisant le rôle que joue la politique de cohésion en tant que stratégie commune d’investissement à long terme; demande de hisser le principe consistant à «ne pas nuire à la cohésion» au rang de principe horizontal valable dans tous les fonds et programmes, et propose d’appliquer systématiquement l’analyse d’impact territorial (AIT), y compris le «test rural», à toutes les propositions susceptibles de produire des incidences territoriales asymétriques; |
| 24. | met en avant toute l’importance de la coopération territoriale européenne (Interreg) et se félicite de la proposition de la Commission d’y consacrer un financement spécifique et de mettre en œuvre de manière cohérente des mesures de simplification, afin de renforcer la coopération transfrontalière, transnationale et interrégionale, y compris les investissements interrégionaux et ceux des villes participant aux missions de l’UE en faveur de l’innovation, d’accélérer la réduction des déséquilibres régionaux et de stimuler la mise en œuvre de solutions communes fondées sur les besoins; fait valoir l’importance de conserver au cours de la période 2028-2034 les dispositifs que sont le développement local mené par les acteurs locaux (CLLD), les investissements territoriaux intégrés (ITI) et d’autres outils territoriaux intégrés; estime que ces instruments sont essentiels pour mettre en œuvre efficacement la politique de cohésion dans les zones urbaines, périurbaines et rurales et dans les zones transfrontalières, car ils favorisent la participation des parties intéressées et permettent d’adapter les investissements aux besoins spécifiques du territoire concerné et de soutenir les stratégies conjointes d’adaptation au changement climatique, les transitions écologique et numérique, et la résilience face aux crises; |
| 25. | rappelle que la compétitivité et la robustesse du marché unique découlent de la compréhension et de l’exploitation des atouts régionaux. Une politique de cohésion qui englobe l’ensemble des régions est une condition nécessaire pour que l’Union soit prospère et que le marché intérieur se renforce. Cette même politique constitue une source importante de financements pour la recherche et l’innovation lorsqu’il s’agit de développer de solides écosystèmes régionaux d’innovation. Le CdR estime dès lors que la Commission européenne devrait soutenir la création de chaînes de valeur européennes fondées sur les stratégies de spécialisation intelligente et l’optimisation de ces écosystèmes régionaux d’innovation. Il convient de prêter attention à l’évaluation des besoins sociaux, économiques et territoriaux ainsi qu’aux incidences sociales prévues, y compris l’inclusion et l’accessibilité. Par exemple, des progrès rapides en ce qui concerne l’union des marchés des capitaux — comme le préconise également le rapport Draghi — marqueraient un pas dans la bonne direction s’agissant d’offrir la flexibilité voulue pour financer les investissements, en particulier au moyen de capitaux privés; |
| 26. | souligne qu’il est nécessaire de combiner l’approche globale de la compétitivité, telle qu’elle est définie dans le rapport Draghi et déclinée dans les différents programmes pluriannuels donnant lieu à une gestion centralisée au titre de la rubrique «Compétitivité, prospérité et sécurité», avec une approche territorialisée qui libère le potentiel de croissance partout dans l’Union européenne; |
| 27. | rappelle que la défense des valeurs européennes au sein de l’Union figure dans le programme stratégique pour la période 2024-2029 et que la promotion de notre patrimoine culturel et de sa diversité devrait être considérée comme un investissement et non comme un coût eu égard à leur valeur intrinsèque, mais aussi sociale et économique; |
| 28. | rappelle que l’on constate, sur la base de l’expérience engrangée avec la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), qu’en l’absence du savoir-faire local et régional et que faute d’une gouvernance efficace qui intègre tous les échelons, les investissements de l’Union européenne n’atteignent pas leurs objectifs; souligne qu’il est essentiel, pour assurer la légitimité démocratique et la bonne mise en œuvre des objectifs du CFP, de garantir des mécanismes efficaces de gouvernance à plusieurs niveaux entre les niveaux régional, national et européen; |
| 29. | fait valoir l’importance des financements privés dans la mise en œuvre des investissements et dans le développement d’écosystèmes qui soutiennent l’entrepreneuriat local; rappelle que les investissements au titre de la politique de cohésion sont cofinancés par les collectivités régionales et territoriales, des organismes publics et des capitaux privés; |
| 30. | soutient le renforcement de l’approche fondée sur les résultats et insiste sur le besoin de capacités administratives, de transparence et d’une obligation de rendre des comptes; souligne que la mesure de l’efficacité des actions doit véritablement refléter les besoins des territoires et les disparités entre eux, intégrer des éléments qualitatifs et ne pas conduire à plus de centralisation au détriment de la cohésion territoriale; estime que conformément à l’objectif général consistant à s’axer sur les performances, il convient à l’avenir de centrer clairement les audits et les contrôles menés dans le cadre du système à plusieurs niveaux sur la réalisation des objectifs, la complétion des cibles et l’obtention des résultats; est d’avis que ces éléments doivent être conçus de manière à refléter la répartition des compétences législatives, administratives et financières entre les différents échelons de la puissance publique au sein de l’État membre concerné; tient pour évidente la nécessité d’établir à l’intention de tous les acteurs concernés les conditions générales qui assurent une gestion plus efficace, plus légère et plus rapide, une réduction tangible des démarches bureaucratiques et surtout une sécurité juridique élevée; |
Accroître la flexibilité et simplifier la réglementation
| 31. | soutient l’objectif de simplification de la structure et de réduction de la charge administrative. Cette simplification doit avant tout profiter au bénéficiaire en réduisant les obstacles que celui-ci rencontre pour accéder au budget de l’Union et en augmentant l’efficacité de la dépense. Elle ne saurait servir de prétexte pour reléguer le principe de partenariat à un rang subalterne, car l’application appropriée de ce principe et la prise en compte des réalités régionales permettent à l’Union d’accroître l’efficacité de ses dépenses et joueront un rôle essentiel pour réussir à réaliser les objectifs de son CFP; |
| 32. | accueille favorablement les propositions visant à rendre le CFP plus flexible pour répondre à des besoins imprévus au moyen de mécanismes ad hoc, ainsi que le nouveau mécanisme extraordinaire prévu par la proposition relative aux ressources propres, qui réduiraient les risques d’une utilisation des fonds d’investissement à long terme à titre de variables d’ajustement; souligne que, dans des cas exceptionnels et dans le plein respect des restrictions imposées par le traité et la législation applicable de l’Union, des instruments financés par l’emprunt pourraient constituer une option pour mobiliser les ressources nécessaires; |
Soutenir la démocratie locale et la société civile
| 33. | demande que soit respecté le principe selon lequel il convient de prendre les décisions au plus près des citoyens. Une gouvernance inclusive, transparente et interactive qui associe les collectivités locales, la société civile et les partenaires économiques et sociaux est indispensable pour renforcer la confiance du public vis-à-vis des politiques de l’Union européenne et pour qu’il se les approprie davantage. Le cadre financier pluriannuel n’est pas une pure affaire de financement, c’est un enjeu de démocratie, d’unité de l’Europe et de valeur ajoutée de l’Union. Écarter les régions, les villes et les communes des instances où se prennent vraiment les décisions exclut la possibilité d’exprimer les points de vue des territoires et affaiblit la sécurité de l’Europe et ses valeurs fondamentales; |
| 34. | fait valoir qu’il convient de garder à l’esprit qu’il est besoin de flexibilité dans la mise en œuvre des mesures, notamment dans les domaines de l’action politique qui relèvent de la responsabilité des États membres, une participation significative des collectivités locales et régionales devant dans le même temps être garantie. Il est nécessaire de préserver la cohérence, l’efficacité et le respect des compétences institutionnelles de chaque échelon de gouvernance. |
Bruxelles, le 4 mars 2026.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/2607/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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Avis du Comité européen des régions — Règlement établissant un cadre de performance
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