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AccueilDroit européen52025IR3196
Initiative législative52025IR3196

Avis du Comité européen des régions — Plan d’action pour l’industrie chimique européenne

CELEX52025IR3196
TypeInitiative législative
Datejeudi 5 mars 2026

Résumé IA

Le Comité européen des régions émet un avis sur le plan d'action pour l'industrie chimique européenne, soulignant la nécessité de concilier compétitivité industrielle et objectifs de durabilité du Pacte vert. Il insiste sur le rôle clé des collectivités locales et régionales dans la transition vers une chimie non toxique et circulaire, tout en appelant à un cadre réglementaire simplifié et prévisible pour préserver la souveraineté industrielle de l'UE. Cet avis invite les institutions européennes à mieux associer les territoires à la mise en œuvre des futures mesures législatives.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/2606

20.5.2026

Avis du Comité européen des régions — Plan d’action pour l’industrie chimique européenne

(C/2026/2606)

Rapporteur

:

Frederiek VERMEULEN (BE/PPE), conseiller communal d’Ichtegem

Texte de référence

:

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions relative au plan d’action pour la démocratie européenne — Un plan d’action pour l’industrie chimique européenne — COM(2025) 530 final

I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CDR)

Messages clés

1.

se félicite du plan d’action de la Commission pour l’industrie chimique européenne, qui reconnaît l’importance du secteur chimique en tant qu’«industrie des industries» fournissant des matériaux essentiels à des secteurs stratégiques tels que les industries de la défense et de la sécurité, de l’automobile ou des semi-conducteurs, la sécurité alimentaire et les produits pharmaceutiques, et représente donc un élément crucial de l’économie et de l’autonomie stratégique de l’Union, mais aussi du bien-être de sa société, tout en abordant les possibilités et les problèmes qui découlent de la décarbonation industrielle;

2.

insiste sur le fait que le succès du plan d’action dépendra de sa mise en œuvre rapide, et salue la reconnaissance par la Commission du rôle crucial des collectivités locales et régionales; précise qu’un partenariat solide est nécessaire entre la Commission et les collectivités locales et régionales, afin de garantir une mise en œuvre efficace au moyen d’une approche territorialisée, qui tient compte de la diversité des atouts de l’industrie et des capacités et vulnérabilités qui lui sont propres, mais aussi de la répartition des pouvoirs au sein des États membres;

3.

salue la création de l’alliance pour les produits chimiques et précise que celle-ci doit prévoir, pour sa prise de décision, une participation transrégionale; souligne que l’alliance doit agir comme un cadre stratégique qui facilite la coopération et le dialogue avec les collectivités locales et régionales, les États membres, l’industrie, y compris les petites et moyennes entreprises en tant que partie intégrante des chaînes de valeur industrielles, l’université et d’autres parties prenantes clés dans le cadre d’une approche de gouvernance à plusieurs niveaux;

4.

fait valoir que, pour l’industrie de l’Union, et tout particulièrement ses industries à forte intensité énergétique, l’énergie abordable et compétitive à l’échelle internationale ainsi que la sécurité de l’approvisionnement sont essentielles, conformément à la neutralité technologique, et demande à la Commission d’accélérer ses travaux en vue de créer une véritable union de l’énergie;

5.

insiste sur le fait que la Commission doit développer des marchés pilotes pour le secteur des produits chimiques afin de débloquer des investissements et de permettre aux producteurs européens de se développer, et propose de sceller des partenariats stratégiques, en suivant l’exemple concret du partenariat pour l’innovation régionale entre le CdR et le Centre commun de recherche;

6.

souligne l’importance stratégique des initiatives de la Commission, en étroite coopération avec les collectivités locales et régionales, pour améliorer l’éducation, développer les compétences et cultiver les talents, de sorte que l’Union dispose des profils idoines pour les emplois et les industries de demain; précise que de telles initiatives doivent être étroitement liées à la recherche de pointe, à la coopération interrégionale et à des partenariats avec des universités et instituts de recherche de premier plan pour promouvoir l’innovation, le transfert de connaissances et la mobilité des talents au sein de l’Union; demande à la Commission de développer, avec les collectivités locales et régionales, des programmes de formation régionaux qui mettent l’éducation et la formation professionnelle en cohérence avec les besoins en rapide évolution des industries, donnent la priorité aux compétences dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie, des mathématiques et du numérique et font de l’Union un leader mondial des secteurs durables et compétitifs à haute technologie;

7.

insiste sur la nécessité d’harmoniser, tout en respectant pleinement la subsidiarité active, la proportionnalité et la gouvernance multi-niveaux, les réglementations de l’Union et celles des États membres en ce qui concerne le secteur de la chimie, pour parvenir d’urgence à plus d’homogénéité et de cohérence, notamment dans le domaine des autorisations, du respect de la législation environnementale, de l’économie circulaire et de la réutilisation des déchets, ainsi que de favoriser les innovations pour réduire la fragmentation des réglementations dans les villes et les régions;

8.

invite la Commission à réviser, avec les États membres et les collectivités locales et régionales, les obligations existantes en matière de notification, en adoptant une perspective fondée sur les résultats sans compromettre ni la protection de la santé publique, des consommateurs et de l’environnement,, ni les normes en matière de droits des travailleurs et de négociation collective. Dans ce contexte, on ne saurait surestimer l’importance de décisions rapides et de qualité en ce qui concerne les autorisations. Des améliorations permettant d’accélérer ces procédures sans abaisser le niveau de protection devraient être envisagées, en coopération avec les collectivités locales et régionales;

Renforcer la résilience et maintenir une production critique dans l’Union

9.

remarque que les acteurs de premier plan, à savoir les États-Unis, la Chine et les États du Proche-Orient, défendent leurs intérêts en mobilisant une stratégie claire et des ressources. Ils construisent des écosystèmes qui s’étendent sur des segments à plus haute valeur ajoutée et exportent leur surcapacité, ce qui menace la compétitivité de l’Union et accroît les dépendances;

10.

demande à la Commission de recenser les secteurs où l’Union peut exceller, de sorte à améliorer la compétitivité sur les marchés mondiaux;

11.

souligne aussi, dans ce contexte, que le rôle de premier plan dont l’industrie chimique européenne peut se prévaloir tient au premier chef à ses caractéristiques de qualité, d’innovation, de sécurité et de durabilité. Ces points forts ne doivent en aucun cas être amoindris par un quelconque débat sur la compétitivité, puisque c’est là que réside la spécificité de l’industrie chimique européenne à l’échelle mondiale;

12.

fait observer qu’un secteur chimique européen fort est essentiel pour l’autonomie stratégique et la sécurité économique, y compris la sécurité alimentaire, sachant que les produits qui sont issus de cette industrie constituent la base de la production des engrais, des produits agrochimiques et des chaînes de valeur clés;

13.

précise qu’il convient d’améliorer les réseaux stratégiques régionaux des principaux sites chimiques afin de développer les chaînes d’approvisionnement en matières premières critiques; invite à inclure cette question dans le futur acte législatif sur les matériaux avancés, qui est prévu pour 2026;

14.

se félicite du financement spécifique, notamment par l’intermédiaire du Fonds européen pour la compétitivité avec pour visée de stimuler les industries stratégiques et la décarbonation, et souhaite un soutien équilibré dans toutes les régions de l’Union ainsi que des critères transparents;

15.

insiste sur le rôle essentiel de l’encadrement des aides d’État dans le cadre du pacte pour une industrie propre (CISAF), des projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) et d’autres programmes financés par l’Union pour mobiliser des investissements dans le secteur chimique, notamment en faveur de l’innovation, de la décarbonation et de la transformation industrielle durable; ajoute toutefois que ces instruments doivent être déployés avec prudence afin d’éviter les distorsions du marché, de compléter la dynamique du marché, de garantir la transparence et de donner la priorité aux projets qui renforcent la compétitivité et la résilience à long terme;

16.

appelle à ne pas négliger l’importance stratégique des initiatives de la Commission, en étroite coopération avec les collectivités locales et régionales, pour améliorer l’éducation, développer les compétences et cultiver les talents, de sorte que l’Union dispose des profils requis pour les emplois et les industries de demain;

17.

constate que de telles initiatives doivent être étroitement liées à la recherche de pointe, à la coopération interrégionale et à des partenariats avec des universités et instituts de recherche de premier plan pour promouvoir l’innovation, le transfert de connaissances et la mobilité des talents au sein de l’Union, en contribuant à combler l’écart en matière de développement, de compétitivité et d’innovation, non seulement au niveau international, mais aussi entre les États membres;

18.

demande à la Commission de contribuer à la mise en place de conditions permettant aux collectivités locales et régionales de développer des programmes de formation régionaux qui recherchent une meilleure cohérence entre l’éducation et la formation professionnelle et les besoins en rapide évolution des industries, donnent la priorité aux compétences dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie, des mathématiques et du numérique, en encourageant la collaboration entre les centres de formation régionaux et les pôles industriels périphériques, et ambitionnent de placer l’Union en position de leader mondial des secteurs durables et compétitifs à haute technologie;

Commerce international — Ouvrir de nouveaux marchés et protéger l’industrie de l’Union

19.

affirme sa conviction que des accords commerciaux efficaces et diversifiés sont nécessaires au niveau mondial pour garantir l’accès des industries chimiques européennes aux marchés mondiaux ainsi que la résilience des régions qui accueillent des industries chimiques; précise en outre qu’il convient d’assurer des conditions de concurrence équitables en mettant en avant des normes internationales minimales élevées en matière de protection des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement;

20.

invite la Commission à conforter son rôle en ce qui concerne la politique de concurrence et la rapidité des procédures, dans l’optique de consolider les instruments de défense commerciale permettant de protéger l’industrie européenne et ses emplois contre les pratiques déloyales comme les mesures antidumping ou les substances non conformes dans les produits manufacturés importés, et ainsi d’empêcher que l’Europe ne soit dépendante de fournisseurs tiers pour les matières critiques, dans l’esprit de la récente publication de mécanismes de défense commerciale pour le secteur de l’acier et des métaux;

21.

salue l’accord provisoire entre le Conseil et le Parlement sur un champ d’application minimal commun pour les filtrages et un mécanisme de coopération proportionné au sein de l’Union; souligne qu’il importe de reconnaître dûment le rôle des régions, et surtout de celles qui disposent de compétences législatives pertinentes;

22.

constate que les défis auxquels l’industrie chimique se trouve confrontée sont similaires à ceux que connaissent d’autres industries, comme celle de la sidérurgie. C’est pourquoi il est essentiel, pour répondre aux besoins de toutes les industries stratégiques, de renforcer la politique industrielle européenne commune de manière générale;

23.

préconise que la Commission se concentre sur le soutien à l’exportation de produits chimiques fabriqués dans l’Union qui sont destinés aux spécialités, tels que les additifs, les colles, les colorants et les revêtements, sachant que ces produits sont utilisés dans des applications spécifiques à grande valeur ajoutée, ce qui donne au secteur un avantage concurrentiel dans ce domaine;

Donner accès à un approvisionnement énergétique abordable, soutenir la décarbonation des activités à forte intensité énergétique et promouvoir une économie circulaire

24.

estime que le secteur chimique doit de toute urgence avoir accès à une énergie abordable compétitive à l’échelle internationale et à un approvisionnement sûr: fait remarquer que le coût élevé de l’énergie et des matières premières fossiles est un facteur qui sape la compétitivité du secteur;

25.

enjoint la Commission d’accélérer ses travaux en vue de créer une véritable union de l’énergie qui soit à même de remédier à la fragmentation et à la complexité inutile ainsi que de promouvoir la production d’une énergie à faible intensité de carbone;

26.

insiste sur le fait que le manque de compétitivité des coûts de l’énergie pour les utilisateurs industriels pourrait découler non seulement des coûts de production, mais aussi de l’organisation du marché, des contraintes du réseau, des tarifs réglementés, de la taxation, et de l’accès limité aux instruments contractuels à long terme; invite la Commission à remédier à ces dysfonctionnements structurels sur le marché intérieur de l’énergie, afin de veiller à ce que les régions qui produisent de l’énergie à faible intensité de carbone puissent effectivement répercuter cet atout en prix abordables pour l’industrie;

27.

demande que les technologies nucléaires, y compris la fusion, soient davantage mises en avant dans la stratégie poursuivie par l’Union en matière de décarbonation, de compétitivité et de sécurité énergétique;

28.

déclare qu’il est impératif d’investir, à court terme comme à long terme, dans la modernisation des infrastructures énergétiques, notamment les réseaux d’électricité et d’hydrogène bas carbone, ainsi que dans l’expansion des infrastructures de stockage de l’énergie, conformément au parcours de transition pour l’industrie chimique;

29.

note que le coût élevé des biens à forte intensité de carbone et d’énergie, imputable aux politiques de réduction des émissions de carbone de l’Union, y compris le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) et le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), crée des pressions concurrentielles à l’échelle internationale; se félicite de la simplification du MACF dans le cadre du paquet «Omnibus 1», et prie que des actions supplémentaires soient lancées dans l’optique de réformer le SEQE et le MACF, en veillant à ce qu’ils s’inscrivent en cohérence avec les objectifs de l’Europe en matière de compétitivité. La Commission devrait donner davantage la priorité aux investissements à court terme dans les technologies de décarbonation et envisager de réorienter partiellement les recettes du SEQE afin de soutenir la compétitivité internationale et de stimuler la demande du marché en produits à faible intensité de carbone;

30.

juge que l’Union se doit de financer des projets soutenant la décarbonation du processus de production chimique, y compris le recours à de l’hydrogène renouvelable et bas carbone, à la biomasse, au captage, à l’utilisation et au stockage du dioxyde de carbone (CUSC), aux installations de craquage électriques et aux pompes à chaleur à grande échelle;

31.

fait remarquer qu’une part importante des projets de décarbonation industrielle dans le secteur chimique sont avant tout confrontés à des obstacles financiers liés à la demande ou à la gouvernance, plutôt qu’à des défis technologiques; demande à la Commission de compléter le soutien axé sur la technologie par des instruments sur mesure de réduction des risques, y compris des garanties, des financements mixtes, des mécanismes de partage des risques et des cadres d’achat à long terme, surtout pour les projets de transformation industrielle à grande échelle sur des sites chimiques existants;

32.

souligne que l’Europe devrait se positionner à l’avant-garde du développement et du déploiement de solutions à faible intensité de carbone dans les secteurs où il est difficile de réduire les émissions, comme c’est le cas dans le secteur chimique, et recourir, pour ce faire, aux marchés publics, aux marchés pilotes verts et à une politique industrielle coordonnée pour doper la demande et hâter la mutation du marché;

Créer des marchés pilotes et investir dans des technologies innovantes

33.

affirme qu’il est crucial que la Commission développe des marchés pilotes pour le secteur des produits chimiques, afin de débloquer des investissements et de permettre aux producteurs européens de se développer dans les régions et les villes;

34.

signale que les jeunes pousses européennes décident souvent de déménager dans des pays tiers ou d’y étendre leur activité en raison des coûts opérationnels élevés, de la complexité réglementaire et de l’accès limité au financement des entreprises en expansion dans l’Union;

35.

souligne qu’il importe de combler le fossé entre la recherche et le déploiement industriel, en veillant à ce que les technologies chimiques innovantes parviennent sur le marché; plaide pour des investissements supplémentaires dans la recherche et le développement, y compris dans le domaine des incubateurs et des accélérateurs pour les produits chimiques critiques, avec le soutien des collectivités locales et régionales, de l’industrie et de l’université;

36.

se déclare favorable aux partenariats public-privé dans les mécanismes de financement européens, afin de mobiliser des investissements supplémentaires et de limiter les risques liés aux projets industriels durables, tout en garantissant des modalités claires de gouvernance et de partage des risques;

37.

prie instamment la Commission de se concentrer sur la montée en gamme des entreprises chimiques européennes, en investissant tout au long de la chaîne de projets, du stade de recherche et développement aux produits finaux, et ce pour veiller à ce que la recherche et le développement produisent des résultats concrets pour les marchés de l’Union tout en contribuant à combler l’écart en matière d’innovation au sein de l’Union;

38.

reconnaît l’importance de renforcer et d’approfondir les marchés des capitaux de l’Union pour financer la transformation de l’industrie chimique, et souhaite vivement que la Commission avance dans la création d’une union européenne de l’épargne et des investissements, au premier chef pour soutenir les PME;

39.

salue la stratégie de l’Union pour la bioéconomie et la reconnaissance du rôle important des régions dans le développement de marchés pilotes pour les matériaux biosourcés, ce qui met en valeur le potentiel des régions présentant d’importantes capacités forestières pour l’approvisionnement en biomasse durable; souligne que l’Union a le potentiel de devenir un acteur de premier plan dans le secteur de l’économie circulaire, et note que l’alliance pour les produits chimiques critiques et la future alliance pour une Europe fondée sur la bioéconomie doivent coopérer;

40.

souligne le potentiel que recèle la bioéconomie, et en particulier l’utilisation de la biomasse, des déchets agricoles ou des sous-produits agroalimentaires en lieu et place des combustibles fossiles, non seulement pour ce qui est de réduire les coûts des industries grosses consommatrices d’énergie telles que l’industrie chimique, mais aussi pour favoriser l’innovation et des sources de revenus supplémentaires dans le secteur agricole, et ainsi atténuer la crise que traverse le secteur en contribuant également au développement des zones rurales;

41.

reconnaît que la pollution par des substances nocives peut engendrer des coûts substantiels à long terme; fait observer qu’une approche préventive à la source est le meilleur moyen de réduire ces derniers; enjoint à la Commission de mieux harmoniser les objectifs en matière d’économie circulaire et de dépollution du plan d’action pour l’industrie chimique avec le pacte pour une industrie propre, en encourageant une élimination progressive et fondée sur des données scientifiques des substances les plus nocives, ainsi que la mise au point de solutions et de technologies de substitution qui permettent un assainissement efficace des PFAS, en garantissant un environnement plus sûr tout en soutenant la compétitivité;

42.

exprime sa conviction qu’en améliorant l’acceptation de la circularité des matières premières, tout en créant un véritable marché unique des matières premières secondaires et en adoptant une approche neutre sur le plan technologique, l’on contribuera à l’efficacité et à la durabilité des ressources. Pour stimuler l’économie circulaire européenne, il va falloir promouvoir l’utilisation de matières premières européennes recyclées plutôt que vierges, et renforcer les contrôles des matières recyclées, telles que les plastiques, provenant de pays tiers;

Adopter une nouvelle approche pour aider les régions de la chimie à gérer la transition

43.

rappelle qu’il faut absolument investir dans la capacité des dirigeants locaux à gérer le changement, sur la base de la prospective territoriale et technologique et de la coopération interrégionale;

44.

souligne que, dans les pôles chimiques hautement intégrés, le succès de la transformation industrielle dépend de l’existence de cadres de gouvernance coordonnés au niveau des pôles, étant donné que les approches individuelles fondées sur des projets pourraient ne pas permettre de remédier aux interdépendances systémiques liées à l’énergie, aux matières premières, aux infrastructures partagées et à la demande; encourage la Commission et les États membres à soutenir des plans de transition intégrés et territorialisés à l’intention des pôles chimiques;

45.

propose de donner aux régions de la chimie les moyens de gérer les changements structurels grâce au développement actif des ressources au moyen de partenariats stratégiques comme le partenariat pour l’innovation régionale entre le CdR et le Centre commun de recherche, et précise que les systèmes de renseignement stratégique soutiennent des actions territorialisées et inclusives fondées sur des données, empêchant les réponses fragmentées;

46.

rappelle le rôle clé que jouent les stratégies de spécialisation intelligente remaniées pour favoriser la compétitivité et la résilience dans les régions de la chimie, au moyen d’une approche multipartite;

47.

propose d’inclure une définition cohérente de l’innovation territorialisée dans les futurs programmes de financement de l’Union tels que le Fonds européen pour la compétitivité, les plans de partenariat nationaux et régionaux ou encore le programme Horizon Europe, pour garantir des synergies et une intégration efficace des financements de l’Union;

48.

suggère que, dans les régions de la chimie, les stratégies de spécialisation intelligente remaniées peuvent combler l’écart entre l’innovation territorialisée et la politique industrielle de l’Union;

Simplifier et rationaliser le cadre réglementaire, tant pour les collectivités locales et régionales que pour l’industrie

49.

rappelle encore la nécessité d’harmoniser les réglementations de l’Union et celles des États membres en ce qui concerne le secteur de la chimie, pour promouvoir l’homogénéité et la cohérence, dans le respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité, notamment dans le domaine des autorisations, du respect de la législation environnementale, de l’économie circulaire et de la réutilisation des déchets, et aussi de fournir des incitations en faveur de l’innovation pour réduire la fragmentation des réglementations dans les villes et les régions, ainsi qu’une assistance adéquate aux États membres afin de garantir une mise en œuvre cohérente et en temps utile de la réglementation pertinente;

50.

se réjouit du train de mesures «omnibus» de simplification pour le secteur des produits chimiques qui accompagne le plan d’action, et juge nécessaire de simplifier davantage la réglementation et les exigences en matière de rapports pour l’industrie chimique européenne avec pour visée d’accroître sa compétitivité;

51.

rappelle que les petites et moyennes entreprises représentent 97 % de l’industrie chimique européenne et qu’elles rencontrent davantage de difficultés dans la mise en œuvre des réglementations et des exigences ou dans l’accès aux possibilités de financement offertes par l’Europe; demande que des progrès soient réalisés en ce qui concerne l’objectif européen de réduction de 35 % de la charge administrative pesant sur les PME et que celles-ci soient prises en compte dans l’accès au financement des futurs programmes et initiatives européens;

52.

constate que les responsabilités de l’industrie restent considérables, et réaffirme que la simplification des règles devrait aller de pair avec la promotion d’une transition vers des produits chimiques plus sûrs et une plus grande transparence dans l’industrie;

53.

note que des mécanismes de mise en œuvre et de conformité solides sont nécessaires à l’échelle de l’Union et des États membres pour garantir que tous les acteurs du marché, y compris les importateurs de produits chimiques, soient soumis aux mêmes règles;

54.

invite la Commission à réviser, avec les États membres et les collectivités locales et régionales, les obligations existantes en matière de notification, en adoptant une perspective fondée sur les résultats sans compromettre pour autant la sécurité et/ou la protection de la santé publique, des droits des travailleurs et de l’environnement. Dans ce contexte, on ne saurait surestimer l’importance de décisions rapides et de qualité en ce qui concerne les autorisations. Des améliorations permettant d’accélérer ces procédures sans abaisser le niveau de protection devraient être envisagées, en coopération avec les collectivités locales et régionales;

55.

souligne la nécessité d’une réglementation des produits chimiques qui, outre la protection de la santé et de l’environnement, renforce la compétitivité de l’industrie chimique et pharmaceutique ainsi que les réseaux de création de valeur en aval, et allège les charges qui pèsent sur ces derniers tout en leur offrant une sécurité de planification. Un changement d’attitude à tous les niveaux politiques est nécessaire pour asseoir la compétitivité internationale comme l’un des objectifs principaux de la réglementation européenne dans le domaine des produits chimiques. Pour ce faire, il s’impose d’adopter une approche fondée sur les risques, différenciée, reposant sur des données probantes, qui tienne aussi compte des avantages des produits chimiques et de la maîtrise des risques. Il est également crucial d’améliorer la transparence des décisions, la participation des parties prenantes, la faisabilité et le soutien aux solutions de remplacement;

56.

encourage vivement la Commission à soutenir les politiques qui simplifient et accélèrent les autorisations pour les infrastructures critiques en introduisant un système numérique harmonisé à l’échelle de l’Union, accompagné de guichets uniques et d’agences régionales de l’énergie, afin de renforcer les capacités administratives des collectivités locales et régionales et de réduire les délais dans les procédures d’autorisation au niveau local et régional, dans le respect du principe de subsidiarité;

Le fonctionnement et l’incidence de l’alliance pour les produits chimiques sur l’industrie dans les régions et les villes

57.

affirme que le succès du plan d’action dépend d’une mise en œuvre rapide et d’un partenariat solide entre la Commission et les collectivités locales et régionales, surtout au sein des régions de la chimie, en vue de garantir une approche territorialisée qui tienne compte des forces et des faiblesses de l’industrie, mais aussi des pouvoirs des États membres;

58.

salue la création de l’alliance pour les produits chimiques, et précise qu’elle doit prévoir, pour sa prise de décision, une participation transrégionale;

59.

propose que le CdR joue un rôle d’observateur au sein de l’alliance, et se réjouit aussi de la reconnaissance du Réseau européen des régions de la chimie;

60.

voit cette alliance comme une initiative fondée sur les principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux, qui pourrait servir d’exemple pour d’autres stratégies industrielles et alliances de l’Union, telles que celle des régions productrices de semi-conducteurs;

61.

souligne que l’alliance doit agir comme un cadre stratégique qui facilite la coopération et le dialogue avec les collectivités locales et régionales, les États membres, l’industrie, l’université et d’autres parties prenantes clés dans le cadre d’une approche de gouvernance multi-niveaux;

62.

estime que l’alliance doit absolument fournir des informations et avoir accès aux données et aux preuves scientifiques concernant la situation des sites chimiques critiques, grâce à une surveillance régulière des modèles d’investissement, y compris les ouvertures, les extensions et les fermetures;

63.

propose d’élaborer conjointement des critères permettant de cartographier les molécules critiques du point de vue de l’Union et de surveiller le marché dans le cadre du système de surveillance douanière;

64.

recommande de doter l’alliance de systèmes d’alerte précoce pour les distorsions commerciales, les écarts de coûts de l’énergie et les risques de fermeture;

65.

demande à la Commission d’assurer un suivi efficace des recommandations de l’alliance dans le cadre d’une stratégie industrielle territorialisée de l’Union, et préconise d’établir des indicateurs clés de performance pour mesurer son efficacité, dans un rapport d’évaluation publié chaque année.

Bruxelles, le 5 mars 2026.

La présidente

du Comité européen des régions

Kata TÜTTŐ


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/2606/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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