| CELEX | 52025IR4256 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 6 mai 2026 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2026/3456 | 24.7.2026 |
Avis du Comité européen des régions — L’avenir du développement rural après 2028
(C/2026/3456)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
Contexte et justification
| 1. | fait observer que la vision à long terme pour les zones rurales de l’UE et le pacte rural ont été mis en place en vue de remédier, conformément à l’article 174 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), aux problèmes touchant les zones rurales, tels que les déséquilibres territoriaux persistants, les défis démographiques (y compris le vieillissement et l’émigration) et l’inégalité d’accès aux services; |
| 2. | constate que les enjeux ruraux et le «droit de rester» ont bénéficié d’une reconnaissance politique accrue ces dernières années, mais estime que celle-ci ne s’est pas encore traduite par une approche cohérente, visible et dotée de ressources suffisantes dans le cadre de l’architecture politique découlant du cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, approche qu’il conviendrait d’intégrer de façon transversale grâce à l’application systématique de mécanismes de test rural pour évaluer l’impact territorial de toutes les politiques de l’Union dans les zones rurales; rappelle que pour lutter contre le déclin rural, il importe non seulement de consentir des investissements économiques, mais aussi de garantir des services publics de qualité, des emplois décents et des infrastructures suffisantes, comme autant de conditions préalables à l’exercice effectif du droit de rester; |
| 3. | souligne que près de 30 % des citoyens européens vivent dans des zones rurales, tandis que celles-ci couvrent environ 80 % de la superficie de l’Union, ce qui inclut des régions où la population est très dispersée et vieillissante, et met en garde contre le risque que le sous-investissement persistant dans les zones et les communautés rurales compromette la cohésion économique, sociale et territoriale, la confiance démocratique, le «droit de rester» et la compétitivité à long terme de l’Union, notamment en accélérant l’émigration des jeunes et en affaiblissant le renouvellement des générations dans ces territoires; |
| 4. | remarque qu’à la suite de son intégration partielle dans la politique agricole commune (PAC) en tant que deuxième pilier dans le cadre de l’Agenda 2000, la politique de développement rural a été dotée d’un cadre juridique et financier stable grâce au Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), dans le but de concilier les objectifs agricoles sectoriels avec les objectifs plus larges de développement rural territorial; souligne que le développement rural devrait conserver un cadre financier spécifique et clairement identifiable dans le prochain CFP, afin d’éviter sa dilution dans des instruments horizontaux qui en réduiraient la visibilité et l’orientation territoriale; |
| 5. | relève qu’à partir de 2007, le développement rural, y compris le programme Leader, a été pleinement intégré dans le deuxième pilier de la PAC et observe que si cette démarche a permis d’améliorer la couverture, la stabilité et la reconnaissance institutionnelle, elle a également entraîné des effets secondaires structurels, notamment en raison d’une centralisation accrue de la programmation, du contrôle et des exigences en matière de performance, et réduit ainsi l’autonomie, la flexibilité et la capacité d’innovation des initiatives de développement local menées par les acteurs locaux; |
| 6. | affirme que le renforcement des zones rurales est indispensable à l’autonomie stratégique de l’Union, en particulier dans le domaine de la production alimentaire; insiste sur l’importance de soutenir les exploitations agricoles familiales et les PME en tant que piliers de l’économie rurale et de garantir un renouvellement durable des générations; fait en outre valoir que si l’agriculture et les territoires ruraux sont intrinsèquement liés, le développement rural va bien au-delà du seul secteur agricole; souligne que la dimension territoriale rurale n’a pas été suffisamment prise en compte dans tous les États membres dans le cadre de la PAC, et note que les intérêts agricoles, par nature plus concentrés et plus visibles politiquement, ont tendance à orienter la fixation des priorités et l’allocation des ressources; |
| 7. | reconnaît que, même si le poids relatif de l’emploi agricole a diminué dans de nombreuses zones rurales, les activités agricoles, forestières, sylvicoles et d’élevage constituent un élément structurant du territoire. Leur continuité est essentielle à la prévention des incendies, au maintien de la diversité de l’agriculture ainsi qu’à la préservation de la biodiversité et de l’équilibre entre les paysages de cultures et les systèmes naturels; |
| 8. | constate que si près de 90 % des habitants des régions principalement rurales travaillent en dehors de l’agriculture, les investissements dans le développement rural au-delà de l’agriculture sont restés relativement limités dans l’Union à 27 (moins de 10 % étant alloués à des initiatives rurales n’ayant clairement aucun rapport avec l’agriculture), comme le confirme l’étude de la Commission européenne de 2024 sur le financement des zones rurales de l’Union; |
| 9. | estime que les intérêts territoriaux ruraux ont progressivement perdu de leur visibilité et de leur influence dans la plupart des États membres de l’Union et ont de plus en plus été pris en considération de manière isolée plutôt que dans le cadre d’un programme plus large de cohésion territoriale; |
| 10. | relève, parallèlement, que l’orientation stratégique de la politique régionale et de cohésion s’est progressivement déplacée vers les zones urbaines, renforçant ainsi les modèles de développement axés sur la croissance, et observe que la contribution réelle de la politique de cohésion au développement rural est devenue de plus en plus difficile à évaluer, notamment en raison de l’absence d’«étiquetage territorial» systématique, environ 79 % des dépenses de la politique de cohésion étant actuellement intraçables d’un point de vue territorial, selon l’étude de 2024 de la Commission européenne, ce qui est souvent le signe que les bénéfices pour les zones rurales sont très indirects, voire tout simplement inexistants; |
Le développement rural en tant qu’objectif central de la politique de cohésion
| 11. | prend acte de la nouvelle structure proposée pour les plans de partenariat national et régional (plans PNR) et de l’approche intégrée dans le CFP pour l’après-2027 et estime que ce cadre pourrait bénéficier aux zones rurales à condition que des mécanismes solides de test rural et de sécurité du financement soient appliqués. Il convient de veiller à ce que, dans le cadre des plans PNR, les administrations territoriales continuent de jouir d’un certain pouvoir de décision en ce qui concerne la conception des mesures à mettre en œuvre dans leurs zones géographiques respectives, de sorte qu’il soit tenu compte des caractéristiques spécifiques de chacune d’entre elles dans le soutien apporté à l’un ou l’autre sous-secteur; |
| 12. | fait observer que les zones rurales jouent un rôle stratégique dans la réalisation des principales priorités de l’Union, notamment dans les domaines de la lutte contre le changement climatique, de la protection de l’environnement, des énergies renouvelables, de l’autonomie alimentaire, des systèmes alimentaires, de la résilience territoriale et de la cohésion sociale, et que des investissements territoriaux ciblés et coordonnés sont indispensables à cette fin. La résilience territoriale et la préparation au niveau local, notamment, dépendent de structures communautaires solides et de la disponibilité de capacités locales; |
| 13. | insiste sur la nécessité de reconnaître et de traiter le développement rural comme un objectif central de la politique de cohésion; estime que les objectifs de développement rural ne devraient pas être englobés dans le soutien sectoriel à l’agriculture, en reconnaissant cependant que l’activité agricole au sens large est un élément structurant du territoire et une base essentielle pour l’autonomie stratégique, la sécurité alimentaire, les chaînes de valeur locales et la résilience rurale, ladite résilience englobant également la capacité de production alimentaire locale et la préparation des territoires face aux crises agricoles; souligne l’importance de soutenir les exploitations agricoles familiales, les PME, les coopératives et les autres entités de l’économie sociale en tant que piliers de l’économie rurale et de garantir un renouvellement durable des générations; ajoute qu’un niveau minimal d’activité agricole est indispensable pour faire vivre des territoires ruraux viables, faciliter le renouvellement des générations et éviter le dépeuplement, et considère qu’il doit être explicitement tenu compte de cet aspect dans la programmation stratégique pour l’après-2027; |
| 14. | avance que les transitions écologique et numérique offrent un potentiel important de création d’emplois de qualité et de diversification économique dans les zones rurales; encourage, dans le cadre de la transition énergétique et d’un regain de dynamisme des zones rurales, les mesures touchant au tourisme durable, à la construction durable, à la bioéconomie, au biogaz, aux chaînes de valeur locales, aux secteurs de la bioéconomie circulaire et aux énergies renouvelables; est d’avis que la mise en œuvre des transitions écologique et numérique dans les zones rurales doit respecter les principes de la transition juste, en s’assurant que les travailleurs des secteurs en déclin bénéficient de possibilités de reconversion, d’une aide au revenu et d’une protection sociale au cours de la transition, et que les communautés rurales soient de véritables cobénéficiaires de la valeur générée par les installations d’énergies renouvelables et les infrastructures vertes sur leurs territoires; appelle à éviter, dans le cadre de la transition, les modèles d’extraction qui ne présentent que des avantages limités pour les populations locales; insiste sur l’importance de tenir compte des surcoûts structurels, de l’échelle limitée du marché, de la fragmentation territoriale et des difficultés d’accès aux services, au logement, à la terre et à la connectivité auxquels les territoires ruraux et insulaires sont confrontés; |
| 15. | réclame un soutien accru en faveur des solutions menées par les acteurs locaux, telles que les communautés énergétiques, les coopératives, les autres entités de l’économie sociale et les entreprises sociales, dans le cadre d’une stratégie intégrée de développement rural, ainsi que des financements appropriés de l’Union pour encourager les investissements ainsi que la reconversion et le perfectionnement professionnels, par l’enseignement et la formation professionnels et l’apprentissage tout au long de la vie; fait valoir que ces financements devraient promouvoir des chaînes de valeur écologiques locales et régionales afin de conserver les avantages économiques à ce niveau et de rendre les économies rurales plus résilientes et diversifiées; souligne que la mobilité durable constitue, dans les zones rurales, une condition favorisante essentielle pour garantir un accès équitable aux services de base, à l’emploi et aux perspectives économiques et sociales, et qu’elle requiert des systèmes de mobilité accessibles, abordables, flexibles, sur mesure et à faibles émissions, y compris des transports publics à la demande, des solutions de mobilité partagée, des réseaux de transport public adaptés, des solutions facilitant la multimodalité et la connectivité avec les zones urbaines et des outils numériques pour optimiser les itinéraires et les services; |
| 16. | soutient que l’enjeu du développement rural n’est pas uniquement économique et territorial, mais aussi social; estime par conséquent que les politiques de développement rural doivent être explicitement conformes au socle européen des droits sociaux et s’attaquer au risque de pauvreté et de précarité, faciliter l’inclusion, et contribuer à des emplois de qualité et à l’égalité des perspectives de vie sur l’ensemble des territoires, notamment par l’établissement de normes minimales en matière d’accès aux soins de santé, au logement social, aux services de garde d’enfants et aux soins de longue durée dans les zones rurales; souhaite que soit garantie l’égalité d’accès aux services et aux infrastructures et propose de définir un cadre d’orientation en matière de qualité de vie dans les zones rurales; fait observer que la fourniture de services publics dans les zones rurales à faible densité de population et à l’habitat dispersé entraîne des coûts nettement plus élevés, et que les politiques européennes devraient en conséquence tenir compte de ces facteurs dans l’allocation des ressources et la conception des instruments financiers; |
| 17. | rappelle qu’il a signalé à plusieurs reprises, et en dernier lieu dans son avis de 2024 sur les mesures à mettre en œuvre pour faire face au changement démographique, que l’inégalité d’accès à des infrastructures et des services publics de proximité abordables et de qualité tels que les soins de santé, la sécurité locale, les services d’urgence et les services liés à la résilience, l’eau, l’énergie, la connectivité numérique et les transports reste l’une des principales raisons du dépeuplement des zones rurales et reculées et relève de la justice territoriale; affirme qu’il est indispensable de veiller à la disponibilité des services essentiels — y compris les solutions intelligentes telles que les unités médicales mobiles et la télémédecine — et à l’amélioration de la capacité de réaction d’urgence dans les régions reculées pour inverser le déclin démographique, soutenir le renouvellement des générations et garantir le droit de rester sur le territoire; indique que les territoires ruraux insulaires et les régions reculées et montagneuses se trouvent confrontées à des problèmes supplémentaires découlant de la discontinuité territoriale, de la dépendance au transport maritime et aérien et de la difficulté à réaliser des économies d’échelle dans la fourniture de services essentiels; |
| 18. | avance que la concrétisation du «droit de rester» doit avant tout reposer sur la création de véritables perspectives économiques, telles que le soutien à l’entrepreneuriat rural et aux jeunes pousses, l’enseignement et la formation professionnels en lien avec les chaînes de valeur locales et la facilitation de l’accès des jeunes à la terre, au logement et à d’autres services complémentaires; demande l’intégration de ces priorités en tant qu’objectifs fondamentaux des politiques de cohésion et de développement rural après 2027, y compris au moyen de mécanismes de suivi et d’évaluation proportionnés et applicables dans la pratique; suggère que l’Union européenne élabore des indicateurs et des critères de référence en ce qui concerne la résilience démographique et la liberté de rester dans les zones rurales, notamment des indicateurs sur l’accès aux services publics, les possibilités d’emploi, le caractère abordable du logement et la qualité de vie; tient pour indispensables, en vue d’atteindre ces objectifs, un financement suffisant et un soutien clairement identifiable, complétés par une approche transversale à l’ensemble des instruments en matière de cohésion; |
| 19. | estime que les zones rurales en retard de développement et confrontées à des limites structurelles ont besoin d’une aide qui soit globale, intégrée et territorialisée, portant notamment sur les infrastructures, les services, la connectivité, les innovations, l’entrepreneuriat (y compris les jeunes pousses, les coopératives et d’autres formes d’économie sociale), l’inclusion sociale et les liens fonctionnels entre les zones urbaines et rurales, ainsi que le renforcement des capacités des communautés locales, l’engagement volontaire et les services fournis localement en dehors du secteur agricole; ajoute qu’elles ont aussi besoin d’un soutien aux systèmes alimentaires locaux, aux circuits d’approvisionnement courts et aux capacités de transformation locales, de manière à maintenir la valeur ajoutée dans les territoires ruraux; |
| 20. | appelle de ses vœux un développement territorial durable et équilibré reposant sur des stratégies régionales, urbaines et rurales intégrées et des politiques fondées sur des données probantes, visant à créer des liens et des synergies plutôt que des frontières administratives; |
| 21. | met en avant le rôle stratégique des zones rurales, de montagne, à faible densité de population et à l’habitat dispersé en ce qu’elles constituent des zones de consolidation du tourisme en tant que moteur du développement économique, social et territorial. Elles permettent de diversifier l’offre touristique en proposant des séjours mêlant nature, patrimoine, culture, gastronomie, sport et sciences naturelles, contribuant ainsi à réduire la saisonnalité, ce qui participe efficacement de la diversification de l’économie, crée de l’emploi de qualité et produit de la stabilité économique; |
| 22. | tout en renvoyant aux articles 174 et 349 du TFUE:
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| 23. | relève que, dans le cadre politique et financier proposé, le règlement relatif au Fonds européen de développement régional (FEDER) et au Fonds de cohésion met l’accent sur le développement urbain intégré et fait référence aux zones rurales essentiellement par l’intermédiaire des liens qui les unissent aux zones urbaines, tandis que le règlement relatif au Fonds social européen (FSE) ne prévoit pas d’approches menées par les acteurs locaux en ce qui concerne les politiques en matière d’emploi, de compétences ou d’inclusion sociale, bien qu’il se soit avéré très innovant et efficace dans les États membres qui le mettent en œuvre. Le Comité estime que ce manque de complémentarité risque de réduire l’efficacité d’une approche plurifonds véritablement intégrée; |
Veiller, grâce au test rural, à ce que les zones rurales bénéficient de ressources suffisantes
| 24. | fait observer que le test rural constitue un mécanisme opérationnel essentiel pour veiller à ce que les régions rurales et les collectivités locales ne soient pas négligées dans des cadres de financement de plus en plus intégrés, et souligne que les priorités en matière de développement rural devraient également être prises en compte dans les programmes de l’Union au-delà des plans PNR, y compris le Fonds social européen, le Fonds européen pour la compétitivité et Horizon Europe; |
| 25. | fait observer que des concepts tels que le cloisonnement ou l’affectation des fonds ne devraient pas être compris comme préfigurant la création de fonds cloisonnés pour les zones rurales, car cela pourrait compromettre la logique même de l’approche politique intégrée, et insiste plutôt sur la nécessité d’une approche horizontale dans le cadre de laquelle les territoires ruraux sont systématiquement pris en considération dans toutes les politiques pertinentes de l’Union (dans des domaines tels que la cohésion, l’agriculture, le climat, l’énergie, les transports, la pêche, le numérique, le social, l’éducation, la compétitivité, la sécurité, la culture, etc.); |
| 26. | avance que le test rural (1) implique de réexaminer les politiques dans une optique rurale afin de veiller à ce qu’elles soient adaptées aux besoins des personnes qui vivent et travaillent dans les zones rurales, y compris en évaluant leurs incidences directes et indirectes sur l’emploi, les perspectives de développement, le bien-être social, l’égalité et la qualité de l’environnement. Le Comité demande de renforcer les capacités de mise en œuvre du test rural aux niveaux européen, national, régional et local, notamment au moyen d’un plan spécifique de renforcement des capacités intégré dans le modèle de fonds pour les programmes nationaux et régionaux, ainsi que de valoriser les possibilités de développement des compétences et l’expérience acquise grâce à l’engagement communautaire et à la fourniture de services locaux; souligne que le test rural doit associer de manière systématique les niveaux de gouvernance régionaux et intermédiaires, y compris les comtés; |
| 27. | constate la persistance d’un sous-financement chronique des zones et communautés rurales et affirme que l’adaptation de la politique de cohésion aux zones rurales requiert une dimension rurale obligatoire, permettant de garantir qu’une part clairement identifiable et suffisante du financement de l’Union parvienne effectivement aux zones rurales au moyen de multiples instruments politiques, tout en préservant l’architecture intégrée et transsectorielle du budget de l’Union; |
| 28. | souligne qu’une approche transversale peut certes contribuer à plus de cohérence, mais que l’absence d’instrument financier clairement affecté au développement rural est de nature à limiter son efficacité et sa visibilité; estime qu’il est nécessaire de garantir à cet égard un financement spécifique et suffisant, en complément des approches horizontales, afin d’éviter la dilution des priorités rurales; |
| 29. | fait observer que l’objectif de 10 % proposé pour les zones rurales ne constitue pas un engagement suffisant en faveur du développement rural et estime que de telles propositions risquent simplement d’aboutir à un «réétiquetage» des dépenses existantes, tout en restant en deçà des niveaux actuels de soutien au développement rural; |
| 30. | insiste pour que l’ampleur du soutien de l’Union aux territoires ruraux soit au moins proportionnelle à leur poids démographique et reflète leur étendue géographique, leur degré de fragmentation, leur relief et leur contribution stratégique aux objectifs économiques, sociaux et environnementaux de l’Union; fait observer que cela nécessite un niveau de financement clairement identifiable et suffisamment ambitieux, soutenu par des mécanismes efficaces de test rural et d’étiquetage territorial; soutient la proposition du groupe de coordination du pacte rural (2) de renforcer le soutien apporté aux zones rurales par l’intermédiaire des politiques et des instruments de financement de l’Union, et d’imposer qu’une part significative des fonds de l’Union, au-delà de l’aide au revenu agricole, contribue horizontalement aux zones rurales — sachant que près de 30 % des citoyens de l’Union vivent dans ces zones; considère que 10 % minimum, dans le cadre de l’objectif rural, devraient être obligatoirement consacrés aux approches intégrées, territorialisées et participatives (telles que Leader/DLAL, les villages intelligents, etc.) et estime que cet objectif est réaliste pour autant que des mécanismes efficaces de test rural et d’étiquetage territorial soient appliqués; |
| 31. | indique que des politiques de développement rural inclusives et territorialisées contribuent directement à la participation démocratique et à la confiance institutionnelle lorsque les populations locales, rurales et périurbaines sont véritablement associées à la prise de décision et à la mise en œuvre; tient pour essentiel que la mise en œuvre des futurs fonds soit plus souple dans les zones rurales les plus durement touchées par le déclin démographique, en prévoyant l’avance (obligatoire) des fonds et en assurant leur complémentarité avec les instruments financiers; |
Une définition claire et fonctionnelle du terme «rural» en tant que condition préalable au suivi du financement rural
| 32. | propose que toutes les interventions au titre des plans PNR fassent l’objet d’un suivi systématique et transversal en ce qui concerne leur incidence territoriale sur les zones et les populations rurales, y compris au moyen d’analyses d’impact territorial (AIT) ex ante et ex post, d’un étiquetage territorial cohérent et de rapports transparents sur les dépenses; |
| 33. | demande que toutes les interventions au titre de la vision à long terme pour les zones rurales de l’UE fassent l’objet d’un suivi et que les progrès soient évalués sur la base d’un ensemble clairement défini d’indicateurs et de jalons à moyen terme, c’est-à-dire à l’instar du système d’évaluation des objectifs de développement durable des Nations unies. Le Comité demande également une prise en compte systématique de la dimension régionale et rurale dans le mécanisme du Semestre européen; |
| 34. | relève que la crédibilité et l’efficacité de toute allocation quantifiée pour les zones rurales dépendent de l’application d’une définition claire, fonctionnelle et opérationnelle du terme «rural» pour la conception et le suivi des politiques; |
| 35. | fait remarquer que le recours à la catégorie NUTS 3 masque d’importantes disparités intrarégionales et prévient que cette approche pourrait aboutir à ce que les financements apparaissent équilibrés sur le plan territorial alors qu’ils n’atteignent pas les populations rurales qui en ont le plus besoin; |
| 36. | approuve la demande du groupe de coordination du pacte rural relative à la fixation d’exigences minimales pour définir les zones rurales, les communautés rurales et le soutien au développement rural au niveau local, en s’appuyant sur la classification DEGURBA (3) au niveau de l’unité administrative locale (UAL), tout en prévoyant une certaine flexibilité en fonction des contextes nationaux et régionaux; est favorable à la mise en place, au sein du groupe de coordination du pacte rural, d’un groupe de travail spécifique des parties prenantes chargé de contribuer à l’élaboration et à l’opérationnalisation de cette définition pour l’ensemble des instruments de financement de l’Union et insiste pour que cette définition soit appliquée de manière cohérente dans l’ensemble des politiques de l’Union; précise que la définition des zones rurales devrait permettre de différencier les réalités territoriales intrarégionales, et ainsi éviter que les territoires ruraux administrativement intégrés dans des zones urbaines fonctionnelles soient exclus des politiques de développement rural; |
Subsidiarité, gouvernance à niveaux multiples et approches territorialisées
| 37. | met l’accent sur la nécessité d’élaborer des politiques de développement rural globales et participatives conformes à la vision à long terme pour les zones rurales, avec un engagement fort des collectivités locales et régionales dans les pays candidats à l’adhésion à l’Union et les pays du voisinage, par l’intermédiaire des mécanismes financiers et de soutien de l’UE; |
| 38. | relève qu’il y a lieu de respecter pleinement la subsidiarité dans le cadre pour l’après-2027 et recommande de veiller à ce que l’intégration accrue des fonds n’aboutisse pas à une renationalisation ou à une centralisation excessive qui compromettrait les objectifs européens communs de cohésion économique, sociale et territoriale; insiste pour que le cadre de l’Union continue à fournir des orientations stratégiques et des garanties claires de sorte que les priorités en matière de développement rural ne soient pas affaiblies par des approches nationales divergentes, tout en donnant véritablement aux collectivités locales et régionales les moyens d’agir; fait valoir que la mise en œuvre doit être guidée par la subsidiarité, que les collectivités locales et régionales devraient conserver une influence décisive sur la programmation et la sélection des projets, et qu’il convient d’éviter une centralisation excessive; demande l’introduction d’une nouvelle clause de subsidiarité en vertu de laquelle les collectivités locales et régionales pourraient demander à la Commission de refuser des plans PNR individuels si la gouvernance centralisée est proposée sans justification adéquate démontrant que les objectifs du plan PNR ne peuvent pas être atteints de manière suffisante au niveau régional ou si les autorités infranationales compétentes n’ont pas été investies de responsabilités qui relèvent de leurs compétences constitutionnelles; demande la mise en place d’une nouvelle évaluation de la gouvernance à plusieurs niveaux afin de vérifier le respect de conditions préalables strictes en vue d’associer de manière formelle les niveaux de gouvernement infranationaux compétents dans les domaines d’intervention des plans PNR à la gestion et à la mise en œuvre de leurs plans PNR respectifs, conformément à l’organisation constitutionnelle et territoriale interne de chaque État membre; |
| 39. | appelle de ses vœux une participation accrue des collectivités locales et régionales ainsi que d’autres partenaires ruraux — y compris la société civile — à la conception, à l’approbation et à la mise en œuvre des plans PNR et des mécanismes de test rural, dans le respect d’un solide principe de partenariat; |
| 40. | demande que le modèle de pacte rural de l’Union soit traduit aux niveaux national, régional et local au moyen de dispositifs structurés de gouvernance à plusieurs niveaux; |
| 41. | réaffirme la valeur avérée des approches territorialisées et menées par les acteurs locaux, notamment Leader/DLAL et les villages intelligents, et demande qu’elles soient renforcées dans le futur cadre, entre autres en leur réservant des moyens pour les affecter de manière ciblée; rappelle que ces initiatives servent non seulement de mécanismes de mise en œuvre, mais aussi d’espaces démocratiques qui renforcent la gouvernance locale, le capital social et l’engagement civique dans les zones rurales; |
| 42. | met en exergue la nécessité de renforcer les capacités des populations locales en matière de développement intégré à long terme; se félicite du recours accru aux options de coûts simplifiés et au financement fondé sur la performance et souligne leur importance pour réduire la charge administrative et améliorer l’accessibilité des fonds pour les petites initiatives locales, y compris celles menées par les acteurs locaux ou fondées sur le volontariat, qui contribuent à la fourniture de services, à la résilience et à la cohésion sociale au niveau local, tout en insistant pour que le financement simplifié s’accompagne d’une aide prolongée au renforcement des capacités des acteurs locaux; préconise d’appliquer le principe de proportionnalité aux exigences administratives; |
| 43. | constate que les villages intelligents présentent un fort potentiel d’innovation locale mais sont confrontés à la fragmentation des financements et à des obstacles administratifs, et demande le renforcement des petites communautés intelligentes («villages intelligents») en tant qu’intervention territorialisée soutenant le développement à long terme et l’innovation sociale, technologique et durable au niveau des communautés locales; |
| 44. | met en avant la nécessité d’un soutien systématique aux innovations et à l’esprit d’entreprise dans les zones rurales, qui accusent un retard important par rapport aux moyennes nationales dans la plupart des États membres, par exemple en créant des pôles numériques ruraux, des pépinières d’entreprises et des régimes d’aide utilisant des instruments financiers, en apportant un soutien aux innovations en matière d’éducation, de santé, d’action sociale et de mobilité dans le monde rural, etc.; |
| 45. | insiste sur le fait qu’il convient de traiter la transition énergétique comme un vecteur stratégique du développement rural et pour ce faire de veiller à ce que le déploiement des énergies renouvelables génère un retour économique local, une participation des habitants et une valeur ajoutée territoriale; |
| 46. | propose d’augmenter le financement des projets pilotes de démonstration et des laboratoires vivants ruraux qui intègrent la recherche appliquée, l’innovation agroalimentaire et la numérisation dans une démarche adaptée aux conditions réelles de chaque territoire; |
| 47. | fait observer que les communautés compétentes devraient pouvoir accéder directement et simplement à une aide spécifique, tandis que Leader/DLAL, les régions et les réseaux concernés devraient continuer à fournir un soutien au renforcement des capacités si nécessaire; |
| 48. | estime que l’affectation de ressources à Leader/DLAL et aux petites communautés intelligentes garantirait qu’une part minimale du financement de l’Union soit mise en œuvre au moyen d’approches menées par les acteurs locaux sur l’ensemble des territoires, en soutenant des liens fonctionnels entre les zones urbaines et rurales et en évitant les interventions cloisonnées; |
| 49. | insiste sur l’importance d’associer activement les jeunes à la conception et à la mise en œuvre des politiques et stratégies de développement rural, y compris au moyen d’approches locales et menées par les acteurs locaux, d’activités de proximité concrètes et d’initiatives locales et de volontariat, car il s’agit d’une condition essentielle pour garantir le renouvellement des générations et le droit de rester dans les zones rurales, et renforcer l’attachement aux territoires ruraux ainsi que l’engagement civique et la vitalité démocratique à long terme dans les communautés rurales; réclame des mesures de soutien intégrées favorisant l’accès à la terre, aux financements, au logement et aux services locaux; |
| 50. | se félicite de l’accent mis sur l’amélioration de la coordination interinstitutionnelle dans le projet de règlement sur le CFP et demande une coordination plus étroite entre les directions générales compétentes de la Commission, en invitant cette dernière à envisager une structure de coordination spécifique pour renforcer la dimension rurale dans l’ensemble de la gouvernance de l’Union. Cette coordination devrait être étayée par des systèmes de suivi territorial fondés sur des indicateurs démographiques, économiques et sociaux qui permettent d’évaluer l’impact réel des politiques européennes sur les zones rurales. |
Bruxelles, le 6 mai 2026.
La présidente
du Comité européen des régions
Kata TÜTTŐ
(1) Définition du test rural (en anglais): https://rural-vision.europa.eu/action-plan/cross-cutting/rural-proofing_en.
(2) Declaration on the future of rural areas and rural development policy in the European Union (2024): RPCG-Joint-Declaration_250114.pdf.
(3) https://ec.europa.eu/eurostat/fr/web/degree-of-urbanisation/information-data.
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/3456/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
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