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AccueilDroit européen52026IP0013
Initiative législative52026IP0013

P10_TA(2026)0013 — Mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2025 — Résolution du Parlement européen du 21 janvier 2026 sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2025 (2025/2165(INI))

CELEX52026IP0013
TypeInitiative législative
Datemercredi 21 janvier 2026

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2026/3689

5.8.2026

P10_TA(2026)0013

Mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2025

Résolution du Parlement européen du 21 janvier 2026 sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2025 (2025/2165(INI))

(C/2026/3689)

Le Parlement européen,

—

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE) et le titre V du traité sur l’Union européenne (traité UE), en particulier les dispositions relatives à la politique de sécurité et de défense commune (PSDC),

—

vu la déclaration de Versailles adoptée le 11 mars 2022 lors d’une réunion informelle des chefs d’État ou de gouvernement,

—

vu la boussole stratégique en matière de sécurité et de défense – Pour une Union européenne qui protège ses citoyens, ses valeurs et ses intérêts, et qui contribue à la paix et à la sécurité internationales, approuvée par le Conseil le 21 mars 2022 et avalisée par le Conseil européen le 25 mars 2022,

—

vu le «Pacte en matière de PSDC civile – Pour une plus grande efficacité des missions civiles», approuvé par le Conseil le 22 mai 2023,

—

vu la décision (PESC) 2017/2315 du Conseil du 11 décembre 2017 établissant une coopération structurée permanente et fixant la liste des États membres participants (1),

—

vu la décision (PESC) 2024/890 du Conseil du 18 mars 2024 modifiant la décision (PESC) 2021/509 établissant une facilité européenne pour la paix (2),

—

vu le règlement (UE) 2021/697 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 établissant le Fonds européen de la défense et abrogeant le règlement (UE) 2018/1092 (3),

—

vu la proposition de règlement du Conseil établissant l’instrument «Agir pour la sécurité de l’Europe par le renforcement de l’industrie européenne de la défense» («instrument SAFE») (COM(2025)0122), présentée par la Commission le 19 mars 2025,

—

vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant les règlements (UE) 2021/694, (UE) 2021/695, (UE) 2021/697, (UE) 2021/1153, (UE) 2023/1525 et (UE) 2024/795 en ce qui concerne l’incitation aux investissements liés à la défense dans le budget de l’UE pour mettre en œuvre le plan «ReArm Europe» (COM(2025)0188), présentée par la Commission le 22 avril 2025,

—

vu les conclusions du Conseil européen, en particulier celles du 26 juin 2025, du 20 mars 2025 et du 6 mars 2025,

—

vu la réunion informelle des chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne qui s’est tenue à Copenhague le 1er octobre 2025,

—

vu les conclusions du Conseil sur le contrôle des exportations d’armes, adoptées le 14 avril 2025,

—

vu la communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 5 mars 2024 intitulée «Une nouvelle stratégie pour l’industrie européenne de la défense pour préparer l’Union à toute éventualité en la dotant d’une industrie européenne de la défense réactive et résiliente» (JOIN(2024)0010),

—

vu les orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2024-2029, intitulées «Le choix de l’Europe», présentées le 18 juillet 2024 par la candidate à la présidence de la Commission européenne, Ursula von der Leyen,

—

vu le rapport du 9 septembre 2024 sur l’avenir de la compétitivité européenne de Mario Draghi, en particulier son chapitre 4 sur le renforcement de la sécurité et la réduction des dépendances,

—

vu le rapport de Sauli Niinistö du 30 octobre 2024 intitulé «Safer Together: Strengthening Europe’s Civilian and Military Preparedness and Readiness»,

—

vu le livre blanc conjoint de la Commission et de la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité du 19 mars 2025 intitulée «Livre blanc conjoint – Préparation de la défense européenne à l’horizon 2030» (JOIN(2025)0120),

—

vu les partenariats en matière de sécurité et de défense signés par l’Union européenne et le Canada le 23 juin 2025 et par l’Union européenne et le Royaume-Uni le 19 mai 2025,

—

vu le traité de l’Atlantique nord, entré en vigueur en 1949,

—

vu la déclaration du sommet de La Haye publiée par les chefs d’État ou de gouvernement des pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à l’issue de la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord qui s’y est tenue à le 25 juin 2025,

—

vu le dixième rapport d’étape, daté du 10 juin 2025, sur les suites données aux propositions communes entérinées le 6 décembre 2016 et le 5 décembre 2017 par le Conseil de l’Union européenne et le Conseil de l’Atlantique Nord,

—

vu les trois déclarations conjointes du président du Conseil européen, de la présidente de la Commission européenne et du secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) sur la coopération entre l’UE et l’OTAN, signées respectivement le 10 janvier 2023, le 10 juillet 2018 et le 8 juillet 2016,

—

vu sa résolution du 9 octobre 2025 sur une réponse unie aux récentes violations par la Russie de l’espace aérien et d’infrastructures critiques d’États membres de l’Union (4),

—

vu sa résolution du 2 avril 2025 sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune – rapport annuel 2024 (5),

—

vu sa résolution du 12 mars 2025 sur le livre blanc sur l’avenir de la défense européenne (6),

—

vu sa résolution du 12 mars 2025 sur la poursuite du soutien sans faille de l’Union à l’Ukraine, après trois ans de guerre d’agression russe (7),

—

vu sa résolution du 24 octobre 2024 sur l’interprétation erronée de la résolution 2758 de l’ONU par la République populaire de Chine et les provocations militaires constantes de celle-ci autour de Taïwan ainsi que les exercices militaires menés par la Chine, dont l’opération «Mission justice 2025 (8),

—

vu sa résolution du 23 novembre 2022 sur la désignation de la Fédération de Russie comme État soutenant le terrorisme (9),

—

vu les conclusions du Conseil européen du 18 décembre 2025, en particulier les sections relatives à l’Ukraine et aux questions de sécurité et de défense,

—

vu sa recommandation du 23 novembre 2022 à l’intention du Conseil, de la Commission et du vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant la nouvelle stratégie de l’Union européenne en matière d’élargissement (10),

—

vu la stratégie de sécurité nationale des États-Unis, publiée en novembre 2025, et la loi de finances relative au budget de défense nationale pour l’exercice 2026 adoptée par le Congrès des États-Unis,

—

vu les conclusions du neuvième Conseil d’association UE-Liban, qui s’est tenu à Bruxelles le 15 décembre 2025,

—

vu sa décision du 16 décembre 2025 d’examiner la proposition de la Commission relative à un prêt de réparation à l’Ukraine (11) au titre de la procédure d’urgence, conformément à l’article 170, paragraphe 6, de son règlement intérieur,

—

vu l’article 55 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission de la sécurité et de la défense (A10-0265/2025),

A.

considérant que l’Union doit être en mesure de protéger ses citoyens; que 81 % des citoyens de l’Union sont favorables à une politique de sécurité et de défense commune et qu’ils sont 69 % à être favorables au renforcement de la capacité d’équipement militaire de l’Union;

B.

considérant que l’environnement sécuritaire de l’Union s’est détérioré et que la concurrence stratégique s’intensifie dans son voisinage oriental et méridional et au-delà; que l’évaluation de la menace par l’Union devrait se fonder sur une évaluation à 360 degrés; que l’Union est confrontée à des menaces protéiformes qui se manifestent constamment sous des formes nouvelles, et qu’il est donc difficile de les anticiper et de les contrecarrer; que les théâtres euro-atlantique, moyen-oriental, africain et indo-pacifique sont de plus en plus interconnectés;

C.

considérant que certains acteurs internationaux, notamment des États autoritaires, mettent en péril la sécurité et la stabilité de l’Europe par un vaste arsenal de tactiques hybrides comprenant, entre autres, les cyberattaques, le sabotage d’infrastructures critiques, les pressions économiques, le chantage alimentaire et énergétique, l’instrumentalisation des migrations et les influences politiques subversives, les tentatives coordonnées et continues d’ingérence dans le fonctionnement démocratique de nos pays grâce à des activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, en particulier dans les processus électoraux; que l’utilisation de ces tactiques hybrides par des acteurs malveillants étrangers représente une menace de sécurité d’envergure pour l’Union et ses États membres; que l’Union devrait intégrer au cœur de sa PSDC des dispositions sur la manière de contrer ces menaces;

D.

considérant que la Russie et la Chine utilisent de plus en plus d’outils hybrides pour compromettre la sécurité de l’Union; que les violations de l’espace aérien et des eaux territoriales des États membres de l’Union ont sensiblement augmenté; que le terrorisme et l’extrémisme, notamment lorsqu’ils sont financés par des puissances étrangères, requièrent une vigilance constante, de la part de l’Union comme de ses États membres, pour y faire échec;

E.

considérant qu’en réponse aux menaces auxquelles elle fait face, l’Union doit de toute urgence renforcer l’efficacité de sa politique étrangère, de sécurité et de défense afin de défendre ses intérêts et ses valeurs sur son territoire, dans les Balkans occidentaux ainsi que dans son voisinage oriental et méridional immédiat; que les pays du voisinage oriental et des Balkans occidentaux devraient bénéficier d’un soutien plus important de la part de l’Union ainsi que d’une coopération renforcée en matière de défense pour préserver leur stabilité et leur sécurité, en particulier pour lutter contre la désinformation et la guerre hybride; que la situation sécuritaire de la région est menacée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui pourrait y avoir des répercussions;

F.

considérant que l’Europe doit concevoir sa sécurité et sa défense de manière globale et multiforme en renforçant les capacités militaires conventionnelles, en protégeant les infrastructures civiles critiques, les chaînes d’approvisionnement et les installations énergétiques, en luttant contre la désinformation et les menaces en matière de cybersécurité, et en améliorant la résilience de la société;

G.

considérant que, par rapport à la version de 2021, la stratégie de sécurité nationale des États-Unis du 4 décembre 2025 reflète un changement radical dans la politique étrangère américaine de longue date, par exemple dans son évaluation des défis posés par l’État agresseur qu’est la Russie et par la Chine en tant que puissance rivale, qu’elle contient des références critiques à des insuffisances démocratiques supposées dans certains États membres de l’Union et qu’elle annonce des actions qui s’apparentent à de l’ingérence étrangère; que cette stratégie de sécurité nationale décrit les évolutions mondiales principalement en termes de nationalisme économique et d’intérêts stratégiques, révélant une approche plus transactionnelle à l’égard des alliés traditionnels et remettant ainsi en question les principes qui ont sous-tendu la politique étrangère des États-Unis depuis des décennies; que cette stratégie de sécurité nationale a été publiquement saluée par le porte-parole du Kremlin et a suscité des inquiétudes dans plusieurs capitales de l’Union, étant donné qu’elle soulève des interrogations quant à son incidence sur l’unité transatlantique et sur la crédibilité de la dissuasion collective; que cette stratégie de sécurité nationale reproche, sans aucun fondement, à l’Union européenne d’avoir contrecarré les efforts déployés par les États-Unis pour mettre fin à la guerre en Ukraine;

H.

considérant qu’à la suite de l’intervention militaire des États-Unis au Venezuela en janvier 2026, l’administration Trump a réaffirmé son ambition d’annexer le Groenland, y compris, potentiellement, par une intervention militaire; que cela représente une menace fondamentale pour l’ordre international fondé sur des règles, les intérêts stratégiques de l’Union en matière de sécurité et l’alliance transatlantique, et témoigne d’un mépris flagrant pour les principes fondamentaux du droit international, y compris le principe de non-agression contre les nations souveraines;

I.

considérant que le continent européen fait face à une combinaison extrêmement complexe de menaces militaires et non militaires du fait de la guerre d’agression illégale menée par la Russie contre l’Ukraine, qui met gravement en péril la sécurité et la stabilité de l’Union européenne; que les alliés de la Russie (la Chine, l’Iran, la Biélorussie et la Corée du Nord, entre autres) menacent aussi activement l’Europe ainsi que la paix et la sécurité mondiales; qu’en septembre 2025, la Russie a mené, aux côtés de la Biélorussie et d’autres pays partenaires, les exercices militaires Zapad le long de la frontière de l’Union;

J.

considérant qu’il faut procurer à l’Ukraine les capacités militaires dont elle a besoin aussi longtemps qu’il le faudra pour mettre fin à la guerre d’agression illégale de la Russie et pour rétablir sa souveraineté et son intégrité territoriale dans ses frontières internationalement reconnues; que l’invasion de l’Ukraine par la Russie constitue une attaque contre l’ordre international fondé sur des règles et a mis en péril l’ordre mondial multilatéral actuel; que l’Ukraine défend non seulement sa souveraineté et son intégrité territoriale, mais aussi la sécurité européenne dans son ensemble; que la coopération entre l’Union et l’OTAN a été essentielle dans la coordination des livraisons d’armes à l’Ukraine;

K.

considérant que les chefs d’État ou de gouvernement de l’OTAN, dans leur déclaration du sommet de Washington du 10 juillet 2024, ont attribué à la Chine un rôle déterminant dans la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine; que la Chine accroît ses capacités militaires, ce qui modifie considérablement l’équilibre stratégique dans la région indopacifique et au-delà;

L.

considérant que le livre blanc conjoint sur la préparation de la défense européenne à l’horizon 2030 établit une feuille de route axée sur les capacités à l’intention des États membres et de l’Union en répertoriant les principales lacunes et priorités en matière de sécurité et de défense de l’Union, notamment en ce qui concerne la défense aérienne et antimissile, l’artillerie et les munitions, les systèmes de drones et antidrones, la cyberguerre et la guerre électronique, l’intelligence artificielle, les technologies quantiques, les capacités de soutien stratégique et la protection des infrastructures critiques; que la feuille de route pour la préparation de la défense à l’horizon 2030 traduit les priorités stratégiques en initiatives phares concrètes, notamment la surveillance du flanc oriental, la défense antidrones européenne, le bouclier aérien européen et le bouclier spatial européen, qui sont conçues pour assurer la dissuasion collective et la résilience d’ici à 2030;

M.

considérant que les institutions de l’Union et les États membres adoptent des mesures dans le cadre du train de mesures omnibus sur la préparation de la défense, afin de renforcer les capacités et les infrastructures de défense de l’Union et d’atteindre les niveaux de préparation requis pour être prêts à un conflit de haute intensité et, partant, le décourager; que le train de mesures omnibus sur la préparation de la défense vise à supprimer les obstacles transfrontières, à simplifier les procédures d’octroi de licences et de permis et à encourager l’innovation conjointe, jetant ainsi les bases d’un véritable marché européen de la défense et d’un développement industriel plus important;

N.

considérant que l’instrument «Agir pour la sécurité de l’Europe» (SAFE) établit une facilité de l’Union dotée de jusqu’à 150 milliards d’euros pour soutenir les acquisitions collaboratives d’équipements de défense, afin d’accroître la capacité de production industrielle et d’instaurer des mécanismes de préfinancement liés aux plans de mise en œuvre nationaux, ce qui permettrait de réduire les doubles emplois et de renforcer la base industrielle et technologique de la défense européenne;

O.

considérant que la situation géopolitique complexe actuelle plaide pour une intensification des efforts de consolidation de la BITDE, notamment sur la base du programme pour l’industrie européenne de la défense (EDIP) et ses projets de défense européens d’intérêt commun; que l’EDIP devrait être utilisé au maximum de son potentiel pour stimuler l’acquisition conjointe et garantir un accès fiable aux produits militaires essentiels afin de faire face à d’éventuelles crises d’approvisionnement; considérant que les projets de défense européens d’intérêt commun sont des projets industriels collaboratifs conçus pour promouvoir le développement, la production, l’acquisition et la gestion en commun de capacités militaires stratégiques, tout en renforçant le cadre de gouvernance pour des investissements coordonnés et efficaces dans le domaine de la défense;

P.

considérant que l’Union doit stimuler davantage la recherche, le développement technologique et l’innovation dans le domaine de la sécurité et de la défense, notamment en matière de cybersécurité;

Q.

considérant que la mobilité militaire est un pilier stratégique de la PSDC et un outil essentiel pour assurer la préparation, l’interopérabilité et la capacité de dissuasion de l’Union européenne, en particulier sur ses flancs oriental et méridional;

R.

considérant que, selon les estimations, les dépenses de défense de l’Union devraient atteindre le montant record de 381 milliards d’euros d’ici la fin de 2025, soit une augmentation de plus de 10 % par rapport à 2024; que les investissements dans la défense ont atteint 106 milliards d’euros en 2024 et devraient avoisiner les 130 milliards d’euros d’ici la fin de 2025; que le plan d’investissement dans le domaine de la défense de l’OTAN fixe un objectif de 5 % du PIB pour les dépenses de défense à l’horizon 2035, dont au moins 3,5 % pour la défense proprement dite; que plusieurs États membres de l’Union ont déjà annoncé des plans nationaux pour s’engager sur cette voie, un changement radical par rapport aux engagements pris précédemment d’y consacrer 2 % que l’engagement des États membres concernés à atteindre l’objectif de 3,5 % du PIB nécessiterait des dépenses de plus de 630 milliards d’euros par an au total, selon les estimations de l’Agence européenne de défense (AED); que le plan comprend un engagement des alliés de l’OTAN à consacrer jusqu’à 1,5 % du PIB à la protection des infrastructures critiques, à la défense des réseaux informatiques, à la préparation civile et à la résilience, ainsi qu’à l’innovation et au renforcement de la base industrielle de défense, entre autres mesures; que les États membres de l’Union sont convenus de dépenser plus, mieux et plus intelligemment pour la défense, pour alimenter principalement des projets de coopération; que les accords antérieurs en ce sens n’ont pas permis d’atteindre les objectifs fixés;

S.

considérant que douze missions civiles, huit opérations militaires et une mission civilo-militaire sont en cours dans le cadre de la PSDC, avec environ 4 000 personnes déployées sur trois continents; que l’opération EUFOR ALTHEA a ouvert la voie à la paix, à la stabilisation et à l’intégration européenne de la Bosnie-Herzegovine et qu’elle joue toujours un rôle central pour la sécurité et la stabilité de la Bosnie-Herzégovine et de la région; que la mission d’assistance de l’Union européenne pour une gestion intégrée des frontières en Libye et l’opération EUNAVFOR MED IRINI contribuent à une paix, à une sécurité et à une stabilité durables en mettant en œuvre l’embargo sur les armes, en luttant contre le trafic d’armes et la traite des êtres humains et en formant les garde-côtes libyens;

T.

considérant qu’il est de plus en plus important de développer davantage les partenariats existants avec les alliés et d’établir des partenariats plus stratégiques dans le monde entier; que l’Union a besoin de partenariats de sécurité et de défense sur mesure, axés sur l’obtention de résultats, le renforcement des capacités et la réduction de la dépendance globale à l’égard d’acteurs et de fournisseurs uniques; que l’OTAN est un pilier important de la défense de nombreux États membres de l’Union;

U.

considérant que l’Union doit être en mesure de protéger de manière effective et autonome tous ses États membres et citoyens en tirant pleinement parti de l’article 42, paragraphe 2, du traité UE et en développant une Union européenne de la défense; qu’il est nécessaire de renforcer la valeur opérationnelle de la clause de défense mutuelle visée à l’article 42, paragraphe 7, du traité UE, et de clarifier ses modalités pratiques en cas d’activation par un État membre;

V.

considérant que le rôle actif que le Parlement joue dans la définition des mesures au titre de la PSDC renforce les fondements démocratiques de l’Union;

W.

considérant que le 31 décembre 2025, la Finlande a saisi le navire russe Fitburg, soupçonné d’avoir intentionnellement sectionné des câbles de télécommunication sous-marins,

X.

considérant que l’exercice militaire chinois intitulé «Mission Justice 2025» a donné lieu à de nombreux franchissements de la ligne médiane du détroit de Taïwan par des aéronefs chinois, à des franchissements de la ligne médiane et à des tentatives répétées de violer la zone contiguë de Taïwan par des navires chinois, ainsi qu’au blocage d’un grand nombre de zones maritimes dans le cadre d’un exercice d’encerclement et de blocage de Taïwan et de ses ports, et à la conduite d’exercices de tir à balles réelles à longue portée, des missiles ayant atterri dans la zone contiguë de Taïwan;

Un contexte géopolitique qui se détériore

1.

souligne que la Russie représente la menace principale et la plus importante pour l’Union et ses États membres; insiste sur la gravité et l’urgence des menaces que la Russie et ses alliés, tels que la Biélorussie, l’Iran et la Corée du Nord, font peser sur la sécurité européenne; réaffirme son soutien sans réserve à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine face à la poursuite par la Russie de sa guerre d’agression et de ses attaques barbares contre des civils; s’oppose fermement à toute initiative qui priverait l’Ukraine de sa souveraineté, récompenserait la Russie pour son agression, entraînerait des changements territoriaux par le recours à la force, aboutirait à l’impunité et verrait l’avenir de l’Ukraine décidé sans l’Ukraine, et la sécurité de l’Europe décidée sans les Européens; souligne que la Russie attaque également des États membres et d’autres pays vulnérables dans le voisinage de l’Union et vise à saper la résilience de nos sociétés par les récentes violations répétées, de plus en plus intenses et fréquentes, de l’espace aérien de l’Union, notamment de l’Estonie, de la Pologne, de la Roumanie, de la Lettonie et de la Lituanie, ainsi que par la guerre hybride qu’elle mène, notamment les (tentatives d’)assassinats, les incendies criminels, les cyberattaques, le sabotage d’infrastructures critiques, la coercition économique, l’instrumentalisation de la migration et les pressions aux frontières, les tactiques de guerre juridique, le soutien aux groupes extrémistes et séparatistes, l’ingérence dans les processus électoraux et la manipulation de l’information; constate avec inquiétude que la Russie se présente comme un défenseur mondial des «valeurs traditionnelles», et qu’elle utilise cette représentation pour étendre son influence à l’étranger; préconise d’intégrer des mesures spécifiques à la PSDC pour contrer cette influence; constate que la Russie recrute en ligne des citoyens et des membres de groupes criminels de l’Union et d’autres pays européens pour perpétrer ces attaques;

2.

réaffirme son soutien à toute initiative qui permettrait à l’Union et à ses États membres de prendre des mesures coordonnées, unifiées et proportionnées contre toutes les violations de leur espace aérien, y compris abattre les menaces aériennes; invite une nouvelle fois la Commission et le Conseil à élaborer un plan d’action pour prévenir et contrer l’escalade de la guerre hybride russe contre l’Union, menée depuis la Russie ou tout autre pays, sur terre, dans les airs et en mer ainsi que dans la sphère numérique, et à formuler des options pour des mesures de représailles de l’Union à l’avenant de la gravité et de l’intensité des actes hostiles perpétrés contre elle; invite les États membres à revoir, en coordination avec l’OTAN et ses alliés, les règles d’engagement pour tous les types de menaces afin de s’assurer qu’elles sont adaptées pour répondre aux menaces les plus innovantes; souligne que l’Union doit faire preuve de fermeté et faire comprendre que toute tentative d’un pays tiers de violer la souveraineté de ses États membres fera l’objet de représailles immédiates; souligne que la guerre hybride menée par la Russie se poursuivra sans relâche, à moins que ses actions n’entraînent des représailles politiques ou militaires; souligne que l’Union, en étroite coordination avec l’OTAN, devrait prendre de nouvelles mesures pour empêcher la guerre hybride sur le sol européen, notamment en imposant des restrictions appropriées aux diplomates russes et en interdisant la flotte fantôme russe par tous les moyens disponibles; se félicite, à cet égard, des discussions en cours entre l’Union et le G7 en vue d’envisager une interdiction des services maritimes pour toutes les exportations de pétrole russe au lieu de plafonner les prix du pétrole; demande au Conseil et à la Commission d’améliorer l’efficacité des sanctions contre la Russie et les effets qu’elles produisent, afin d’entamer définitivement la capacité de la Russie à poursuivre sa guerre d’agression brutale contre l’Ukraine et à menacer la sécurité d’autres pays voisins; prie instamment l’Union et ses États membres de collaborer pour interdire toute activité commerciale avec la Russie et la Biélorussie, au regard notamment des biens potentiellement à double usage, ainsi que du transit de marchandises à destination et en provenance de l’Union via leurs territoires, et de renforcer les sanctions; appelle à de nouvelles sanctions visant les principales sources de revenus de la Russie; invite le Conseil, ainsi que ses partenaires étasuniens, à maintenir et à étendre son régime de sanctions contre la Russie, à appliquer une politique de sanctions similaire à tous les États qui la soutiennent, dont la Biélorussie, l’Iran et la Corée du Nord, et à sanctionner les entités chinoises qui fournissent des biens à double usage et des articles militaires indispensables à la fabrication de drones et de missiles; réclame des sanctions ciblées contre la flotte fantôme russe et préconise de lui imposer de nouvelles mesures en mettant en œuvre tout l’arsenal juridique pour stopper, empêcher, entraver ses activités, compte tenu de sa potentielle participation au lancement de drones ciblant des infrastructures critiques; invite le Conseil à s’attaquer systématiquement au problème du contournement des sanctions par des entités de pays tiers malveillantes établies dans l’Union en menant des enquêtes approfondies et en durcissant les pénalités à l’encontre des entités qui violent les sanctions ou ne font pas preuve de la diligence requise en matière de contrôle des exportations et de vérification des utilisateurs finaux; réaffirme que toute forme de soutien militaire apporté à l’agresseur par des États tels que l’Iran, la Corée du Nord ou la Chine doit avoir des conséquences directes sur toutes les autres relations avec ces pays;

3.

regrette que, malgré la guerre d’agression menée actuellement par la Russie contre l’Ukraine et ses attaques hybrides continues contre l’Union, sept États membres de l’Union aient augmenté leurs importations d’énergie russe en 2025 par rapport à l’année précédente; rappelle que cette dépendance durable a été rendue possible par les moyens de pression énergétiques dont le Kremlin dispose de longue date, notamment les gazoducs Nord Stream 1 et 2, qui étaient dès le départ des projets de nature géopolitique visant à accroître la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe, à compromettre la sécurité et la solidarité énergétiques de l’Union et à alimenter la capacité de la Russie à faire la guerre; souligne, par conséquent, que les gazoducs Nord Stream 1 et 2 ne doivent jamais être réactivés et préconise, dans une perspective de sécurité stratégique, de les déclasser définitivement;

4.

souligne que, si l’OTAN et les États membres de l’Union ont collectivement un net avantage sur la Russie sur le plan conventionnel, il convient, à la lumière de l’expérience du champ de bataille de la Russie et de sa doctrine militaire agressive, de redoubler d’efforts pour tirer les enseignements de l’expérience de l’Ukraine et renforcer les capacités dans des domaines clés tels que la guerre asymétrique et hybride, les drones, les missiles balistiques, la guerre électronique et la défense aérienne, afin de dissuader la Russie;

5.

constate que le régime biélorusse continue de jouer un rôle déstabilisateur dans la région en s’alignant pleinement sur les politiques agressives de la Russie; souligne qu’il importe de suivre de près les mouvements militaires de la Russie et de la Biélorussie le long de la frontière de l’Union et de renforcer la résilience face aux menaces hybrides potentielles le long de la frontière orientale; souligne qu’il est urgent de doter les États membres limitrophes de la Russie ou de la Biélorussie de ressources suffisantes et pertinentes pour sécuriser les frontières extérieures de l’Union contre les incursions et les attaques militaires, y compris par l’intermédiaire de l’initiative sur la surveillance du flanc oriental;

6.

souligne que contribuer à la défaite de la Russie face à l’Ukraine et assurer le succès de cette dernière constituent les investissements les plus effectifs et les plus rentables dans la sécurité européenne à court et à moyen terme; rappelle que la sécurité de l’Ukraine contribue à celle de l’Europe dans son ensemble; condamne fermement les incursions de drones dans l’espace aérien ukrainien depuis le territoire hongrois et les récentes déclarations du premier ministre hongrois Viktor Orbán remettant en cause la souveraineté de l’Ukraine; considère que l’ambivalence de la politique des États-Unis et la réduction de l’aide militaire va à l’encontre de l’objectif de mettre un terme rapide et permanent à l’agression de la Russie, et qu’elle représente un tournant sans précédent et gravement préoccupant du positionnement des États-Unis par rapport à la sécurité européenne; presse l’Europe d’œuvrer, aux côtés de partenaires clés partageant les mêmes valeurs, au renforcement du soutien militaire apporté à l’Ukraine, notamment par l’intermédiaire des initiatives de formation de la mission d’assistance militaire de l’Union européenne en soutien à l’Ukraine (EUMAM Ukraine) ainsi que du financement et de la fourniture d’un appui militaire, tel que des systèmes de défense aérienne et des capacités de frappe en profondeur, afin de créer les conditions propices à la paix; salue, en tant que démonstration significative du soutien continu de l’Union, la décision du Conseil européen du 18 décembre 2025 de répondre à une part substantielle des besoins budgétaires de l’Ukraine tout au long de 2026 et de 2027 en fournissant à l’Ukraine un ensemble de mesures d’assistance financière de 90 milliards d’euros sous la forme de prêts garantis par l’Union; se félicite du fait que le règlement (UE) 2025/2600 du Conseil du 12 décembre 2025 (12) met en œuvre l’immobilisation pour une durée indéterminée d’actifs souverains russes; déplore que la Commission et le Conseil n’aient pas été en mesure de trouver une solution pour répondre aux préoccupations exprimées par différents États membres au sujet du prêt de réparation utilisant les soldes de trésorerie associés aux actifs souverains russes; se félicite de ce que le Conseil ait invité le Parlement à poursuivre les travaux sur les aspects techniques et juridiques des instruments établissant un prêt de réparation sur la base des soldes de trésorerie liés aux avoirs immobilisés de la Russie; souligne que cela augmenterait la pression sur la Russie, réduirait la charge croissante de la dette ukrainienne, ferait en sorte que la Russie, et non les contribuables de l’Union, supporte le coût de son agression et assurerait l’indemnisation future de l’Ukraine pour les dommages causés par cette agression; demande une nouvelle fois aux États membres, ainsi qu’à leurs partenaires du G7, d’approuver immédiatement la proposition de la Commission d’utiliser tous les avoirs russes gelés comme base d’un prêt substantiel à l’Ukraine; se félicite du fait qu’en raison des livraisons effectuées par les pays européens, l’aide militaire allouée à l’Ukraine au cours du premier semestre 2025 a dépassé celle pour la période 2022-2024, malgré la baisse des contributions des États-Unis; constate toutefois des lacunes critiques dans la fourniture de technologies de défense aérienne et dans les capacités de frappe en profondeur; invite une coalition des États membres de l’Union qui le souhaitent à étudier les moyens de mettre en place une zone de protection aérienne intégrée défensive à l’initiative de l’Europe, en utilisant des patrouilles aériennes de combat au-dessus des zones incontestées de l’Ukraine afin d’intercepter les projectiles russes; souligne qu’une zone de protection aérienne intégrée contribuerait à protéger les civils ukrainiens contre les attaques aveugles, assurer une défense proactive contre les incursions russes dans l’espace aérien de l’Union et modifier l’équilibre des forces afin de contraindre la Russie à s’asseoir à la table des négociations; plaide pour le renforcement de la coordination au sein de l’état-major de l’Union en réponse aux menaces le long du flanc oriental, notamment la surveillance en temps réel et un partage rapide d’informations; souligne que de l’expérience acquise par l’Ukraine sur le champ de bataille peuvent être tirés de précieux enseignements pour améliorer l’appréciation générale de la situation par l’Union et sa réaction aux menaces hybrides; invite les pays européens à mieux coordonner l’aide économique et militaire apportée à l’Ukraine;

7.

souligne que, pour assurer une dissuasion efficace contre l’agression russe et une paix durable au regard de l’Ukraine, des garanties de sécurité crédibles et solides sont nécessaires, lesquelles doivent être coordonnées de manière collaborative par tous les partenaires européens et non européens qui le veulent et qui en ont les moyens; souligne que les garanties de sécurité devraient être des obligations conventionnelles garantissant une réponse adéquate au cas où la sécurité de l’Ukraine serait compromise, et qu’elles devraient être complétées par des mesures visant à renforcer la dissuasion militaire de l’Ukraine elle-même; se félicite des conclusions de la réunion de la «Coalition des volontaires» qui s’est tenue à Paris le 6 janvier 2026; accueille très favorablement la proposition de créer une «force de réassurance» multinationale pour l’Ukraine et encourage tous les États membres de l’Union à mener une réflexion approfondie sur la manière dont ils peuvent soutenir au mieux cette force; se félicite de l’accord visant à finaliser des engagements politiquement et juridiquement contraignants afin de rétablir la paix et la sécurité en cas de future attaque armée de la Russie et de mettre en place un cadre clair de soutien à l’Ukraine, y compris le maintien de ses capacités militaires à long terme et une coopération renforcée en matière de défense; déplore toutefois que ces garanties de sécurité ne seraient mises en œuvre qu’une fois qu’un cessez-le-feu aura été conclu, sachant que Vladimir Poutine ne semble nullement enclin à un tel cessez-le-feu; prend acte des discussions sur un mécanisme de contrôle et de vérification du cessez-le-feu; souligne la nécessité de donner suite à ces propositions ambitieuses;

8.

déplore que le gouvernement hongrois continue de faire obstruction à la facilité européenne pour la paix (FEP), y compris par des actions en justice devant le Tribunal de l’Union européenne, ce qui compromet la capacité de l’Union à apporter en temps utile une assistance militaire effective à l’Ukraine, et qu’elle continue de bloquer le soutien de la FEP à l’Arménie; invite la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité à trouver une solution pour passer outre ce blocage;

9.

préconise des mesures stratégiques pour lutter de manière proactive contre les menaces hybrides et prévenir les ingérences dans les processus démocratiques des pays en voie d’adhésion, lesquelles visent à porter atteinte aux intérêts et aux valeurs de l’Union; considère que les tentatives d’influer directement sur les résultats des processus électoraux par des campagnes de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger ou d’autres tactiques hybrides constituent des menaces à part entière pour la sécurité; encourage l’augmentation du financement et des investissements dans la communication stratégique, l’éducation aux médias et la lutte contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger;

10.

souligne que la guerre hybride va au-delà des seules attaques informatiques ou informationnelles et englobe les dimensions économique, technologique et sociétale de la confrontation stratégique; estime que la dépendance de l’Europe à l’égard de données, de technologies critiques ou de chaînes d’approvisionnement externes, constitue une vulnérabilité majeure pouvant être exploitée à des fins de coercition; invite la Commission à proposer une stratégie globale à l’échelle de l’Union pour faire en sorte que l’Union puisse attirer, maintenir et retenir des technologies critiques au sein de l’Union, y compris en limitant les prises de contrôle étrangères;

11.

insiste sur l’amplification de l’agression et de la guerre hybride de la Russie contre la République de Moldavie, dont elle cherche à déstabiliser le gouvernement pro-européen par une ingérence malveillante sans précédent et la militarisation continue de la Transnistrie; condamne le fait que l’occupation illégale de l’Abkhazie et de la région de Tskhinvali/Ossétie du Sud par la Russie en Géorgie perdure, car elle constitue une grave menace pour la paix et la sécurité dans la région; souligne que les réactions inadéquates à l’agression de la Géorgie par la Russie en 2008 ont permis à cette dernière de laisser libre cours à ses ambitions impérialistes, et de porter gravement atteinte à l’architecture de sécurité européenne; s’inquiète du déploiement militaire important de la Russie dans les régions occupées et de la «frontiérisation» le long de la ligne de démarcation administrative; soutient la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Géorgie et s’inquiète de l’alignement du gouvernement géorgien sur les discours mensongers russes; met l’accent sur l’importance stratégique de la mer Noire pour la sécurité, la résilience énergétique et la stabilité régionale de l’Europe; se félicite de l’adoption de la nouvelle stratégie de l’Union pour la mer Noire, qui souligne l’importance géostratégique essentielle de cette dernière pour la sécurité, la stabilité et la prospérité de l’Europe; souligne l’engagement accru de l’Union dans la région pour promouvoir la stabilité et renforcer sa capacité de dissuasion et sa résilience; insiste sur la nécessité de mettre la stratégie en œuvre de manière effective et crédible et invite l’Union à garantir la participation pleine et entière, sur un pied d’égalité, de tous les États concernés à l’élaboration des politiques et des initiatives liées à la sécurité et à la connectivité de la mer Noire;

12.

souligne qu’il convient de pérenniser l’accord négocié par les États-Unis entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan grâce à la conclusion et à la signature rapides d’un traité de paix global et durable, dans le plein respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Arménie, ainsi qu’au retrait des troupes étrangères du territoire arménien; prend acte du rôle constructif joué par l’Arménie pour ce qui est de garantir la paix et la stabilité régionales; insiste résolument sur la nécessité de redoubler d’efforts pour surmonter les répercussions profondes de la politique agressive de l’Azerbaïdjan à l’égard de l’Arménie, tout en reconnaissant les efforts actuellement déployés pour établir des relations et instaurer la confiance; souligne la nécessité de nouer le dialogue et de normaliser les relations entre l’Arménie et la Turquie afin de réduire les tensions et de renforcer le climat de confiance dans le Caucase du Sud;

13.

demeure préoccupé par le fait que la Turquie, pourtant membre de l’OTAN, affiche un comportement ambigu en ne prenant pas de sanctions à l’encontre de la Russie et en continuant de compromettre la souveraineté et les droits souverains d’États membres de l’Union; condamne la violation par la Turquie de l’intégrité territoriale de la Syrie; est vivement préoccupé par les attaques menées ou soutenues par la Turquie dans le nord-est de la Syrie, car non seulement elles font des victimes civiles et amplifient le flux des personnes déplacées à l’intérieur du pays, mais elles compromettent aussi l’efficacité et la poursuite de la lutte contre Daech; se félicite des frappes coordonnées menées en janvier 2026 par la France et le Royaume-Uni contre un lieu de stockage souterrain d’armes utilisé par Daech en Syrie;

14.

dénonce les efforts continus de la Russie pour saper la stabilité et la gouvernance démocratique dans les Balkans occidentaux, au moyen notamment de campagnes de désinformation et de mésinformation, d’ingérences politiques et d’une instrumentalisation de l’énergie, dans la perspective de fragiliser la stabilité et la gouvernance démocratique et de promouvoir des sentiments pro-russes alimentés par une rhétorique anti-occidentale; constate l’influence négative de la Chine dans la région; relève que les efforts déployés par l’Union pour contrer ces évolutions ont été insuffisants et inefficaces; préconise d’évaluer et de rationaliser tous les efforts et d’investir davantage dans la lutte contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères pro-russes et anti-européennes; se déclare préoccupé par la stabilité de la Bosnie-Herzégovine et les tensions persistantes entre le Kosovo et la Serbie; souligne que les Balkans occidentaux constituent un domaine d’intérêt stratégique et géopolitique pour l’Union et que la stabilité, la sécurité et la résilience démocratique de la région influencent directement celle de l’ensemble du continent;

15.

constate la forte instabilité au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique centrale, et sa corrélation avec la menace terroriste djihadiste; souligne que cette instabilité constitue une grave menace pour la sécurité des Européens, qui sont confrontés à une pression migratoire accrue qui facilite l’entrée de terroristes sur le territoire européen;

16.

déplore que, dans le sillage des attaques terroristes du 7 octobre 2023 menées par le Hamas, l’escalade de violence et la violation du droit international à Gaza et dans l’ensemble de la région réduisent les chances de paix à long terme pour l’ensemble de la population du Moyen-Orient; se félicite du plan de paix négocié par les États-Unis entre Israël et le Hamas, qui a conduit à un cessez-le-feu, tel qu’approuvé par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies; demande à toutes les parties de respecter pleinement le cessez-le-feu, de remettre le corps du dernier otage décédé à sa famille,, de permettre l’acheminement rapide de l’aide humanitaire tout en exigeant des organisations internationales les normes de neutralité les plus élevées et en s’abstenant d’imposer des restrictions disproportionnées ou incapacitantes à leurs opérations, et de permettre l’accès d’autres missions d’assistance civile,, y compris par le point de passage de Rafah, et préconise d’élaborer une feuille de route réalisable en vue d’une solution à deux États telle que prévue par la déclaration de New York approuvée par l’Assemblée générale des Nations unies et du rétablissement de la sécurité et de l’ordre public et notamment, en tant que mesures prioritaires nécessaires, du désarmement urgent du Hamas, du retrait des forces israéliennes de Gaza, de la réforme et de l’autonomisation de l’Autorité palestinienne et de la reconstruction de la bande de Gaza; souligne que la reconstruction de la bande de Gaza doit être subordonnée strictement et sans équivoque à des mécanismes internationaux de surveillance et d’exécution rigoureux, et soumise à des conditions claires et contraignantes; souligne que l’ensemble de l’aide financière, du matériel de reconstruction et du soutien aux infrastructures doit être entièrement contrôlé, audité et protégé afin d’éviter tout détournement vers des organisations terroristes ou des activités violentes; souligne que la reconstruction durable, la sécurité et la stabilité à long terme à Gaza sont indissociables de l’exclusion totale des acteurs terroristes et extrémistes, ainsi que de la capacité de l’Autorité palestinienne à prévenir le terrorisme et la violence armée; souligne avec une vive préoccupation les obstacles persistants à l’accès humanitaire ainsi que l’inquiétude exprimée par la VP/HR concernant les récentes décisions en matière d’autorisation qui limitent les activités des organisations humanitaires à Gaza; estime qu’il s’agit d’un moment charnière pour l’ensemble de la région et d’un point de départ vers la désescalade et plus de stabilité; prie instamment l’Union d’étendre rapidement le mandat de sa mission d’assistance à la frontière au point de passage de Rafah (EUBAM Rafah) et de sa mission de soutien à la police palestinienne et à l’état de droit (EUPOL COPPS), dans la perspective de contribuer sensiblement à la progression sur la voie d’une solution politique viable, notamment en soutenant l’état de droit, la réforme du secteur de la sécurité et la justice transitionnelle; est profondément préoccupé par l’escalade continue de la violence en Cisjordanie et par le soutien apporté par le gouvernement israélien et les forces armées israéliennes aux activités des colons, et se félicite des conclusions du Conseil de décembre 2025 à cet égard; déplore l’annonce officielle par le gouvernement israélien de la création de onze nouvelles colonies dans les territoires occupés de Cisjordanie, ainsi que la légalisation ou la reconnaissance rétroactive de huit avant-postes et quartiers illégaux de colonies existantes en tant que nouvelles colonies officielles; rappelle la position de longue date de l’Union selon laquelle l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est reste illégale au regard du droit international et constitue une mesure unilatérale qui sape la confiance et les perspectives d’une paix durable et d’une solution négociée;

17.

constate avec inquiétude l’escalade du conflit entre Israël et l’Iran ainsi que dans l’ensemble la région, notamment le Liban, la Syrie et le Qatar; demeure préoccupé par les tensions internes au Liban et en Syrie; soutient la contribution de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) au sud du Liban et se félicite de la prolongation de son mandat d’un an; se félicite des conclusions du neuvième Conseil d’association UE-Liban, en particulier de la volonté de continuer à soutenir le secteur libanais de la sécurité en faisant pleinement usage des outils de l’UE, notamment la facilité européenne pour la paix et les programmes de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale – Europe dans le monde, et d’envisager une action future éventuelle au titre de la PSDC; souligne la nécessité de progresser sur les mesures de renforcement de la confiance mutuelle et la cessation des hostilités entre Israël et le Liban, y compris le désarmement du Hezbollah et d’autres groupes armés, en tant que condition préalable à la stabilité régionale; rappelle que la majorité du contingent de la FINUL provient d’États membres de l’Union; condamne les tentatives répétées de l’Iran de déstabiliser la région, soit directement, soit par l’intermédiaire de ses affidés; souligne qu’il est nécessaire que l’Union soutienne son partenaire, le Royaume hachémite de Jordanie, notamment en augmentant le financement au titre de la FEP pour la protection de la frontière entre la Jordanie et la Syrie, qui est utilisée par les trafiquants comme point de passage pour le trafic d’armes et de drogue et qui est affaiblie par la crise actuelle au Moyen-Orient;

18.

se félicite de l’engagement de renforcer la coopération en matière de sécurité avec les partenaires du sud de la Méditerranée et prône un renforcement de la coopération avec les pays partenaires méditerranéens pour ce qui est d’assurer la sécurité maritime, de lutter contre le contournement des sanctions et d’assurer la sécurité des câbles sous-marins, ainsi que de lutter contre l’extrémisme, l’immigration illégale, le terrorisme islamique, le trafic d’êtres humains et le trafic d’armes;

19.

est vivement préoccupé par l’instabilité persistante en Libye et les revers subis au Sahel, qui est devenu un foyer de violence djihadiste qui s’étend du Sahel au Mozambique, avec un risque de répercussions sur les régions voisines et, en fin de compte, sur l’Europe; déplore l’instabilité persistante au Yémen et condamne les attaques des Houthis contre Israël et des navires; insiste sur les risques à long terme pour la sécurité de l’Europe liés à l’évolution de la situation dans ces régions; demeure préoccupé par la crise humanitaire dans la région africaine des Grands Lacs ainsi que par ses répercussions sur la sécurité; prie instamment l’Union de prendre des mesures pour contrer l’influence croissante de la Russie et de la Chine, qui affaiblit les pays de la région et sape les contributions positives de l’Union à la stabilité régionale; réaffirme qu’il est primordial d’empêcher Daech et d’autres groupes djihadistes de se réorganiser après la chute du régime d’Assad en Syrie et appelle à une coopération durable à cette fin entre les autorités de transition syriennes et la coalition mondiale contre Daech; est fermement convaincu qu’une solution fiable et durable doit être trouvée, grâce à un dialogue renforcé avec les communautés kurdes en Syrie, en ce qui concerne les prisonniers djihadistes et leurs familles dans les prisons et les camps dans le nord-est de la Syrie, qui représentent à la fois un risque sérieux et une problématique humanitaire;

20.

exprime une nouvelle fois sa préoccupation face à l’intensification de militarisation et à la posture agressive de la Russie à l’égard des États membres de l’Union, de l’intensification des rivalités dans l’Arctique alimentée par le changement climatique et la course aux ressources, ainsi qu’aux activités malveillantes menées dans les eaux territoriales et les zones économiques exclusives européennes, notamment par la flotte fantôme russe; est également préoccupé par la présence accrue de la Chine et par le renforcement de la coopération entre la Russie et la Chine dans l’Arctique, y compris des exercices conjoints; souligne qu’il est essentiel de contrebalancer le développement de l’influence et de la présence militaire de la Russie et de la Chine dans la région; insiste sur l’importance de la stabilité et de la paix globales dans l’Arctique, conformément aux principes du droit international; demande à l’Union et à ses États membres de prendre des mesures concrètes et efficaces en mettant en œuvre tous les moyens disponibles et une créativité stratégique maximum pour stopper la flotte fantôme, renforcer la connaissance de l’Arctique et du domaine maritime et grâce à une surveillance renforcée, au partage de renseignements et à la surveillance par satellite, et protéger les infrastructures critiques; souligne la nécessité pour l’Union d’assurer un contrôle effectif de ses frontières maritimes extérieures afin de prévenir les activités illégales; est préoccupé par l’ingérence de pays tiers au Groenland, notamment les discours incendiaires et les actions hybrides menées sur le territoire du Groenland, ainsi que par les menaces explicites du gouvernement des États-Unis contre la souveraineté du Groenland; et le refus récent d’exclure une intervention militaire à cette fin; souligne que cela représente une menace fondamentale pour les intérêts stratégiques de l’Union en matière de sécurité et demande à l’Union et à ses États membres d’y répondre par une action conjointe; se félicite, à cet égard, de la déclaration conjointe du 6 janvier 2026 sur le Groenland de l’Allemagne, de l’Espagne, de la France, de l’Italie, de la Pologne, du Danemark et du Royaume-Uni, rejoints par d’autres États membres de l’Union, qui réaffirme que «le Groenland appartient à son peuple» et rappelle qu’«il appartient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland»;

21.

soutient toutes les initiatives européennes de solidarité avec le Groenland et le Danemark, se félicite de l’importante décision du Groenland de choisir Eutelsat, un opérateur européen de satellites, pour assurer sa couverture internet par satellite, et appelle au développement rapide du secteur spatial européen, qui est essentiel pour la sécurité de l’Europe, en particulier par le biais de l’initiative en cours relative à l’acte législatif de l’UE sur l’espace.

22.

réaffirme que l’Union reste attachée à sa politique d’une seule Chine, qui constitue l’un des principes des relations entre l’Union et la Chine; s’inquiète l’accélération de la militarisation de la Chine et de sa posture agressive à l’égard de ses voisins; constate avec une inquiétude croissante les constantes pressions sur la liberté de navigation et des infrastructures critiques, condamne les actions de plus en plus intenses et rapides de la Chine en vue de modifier unilatéralement le statu quo en mer de Chine méridionale et dans le détroit de Taïwan et rappelle que l’interdiction explicite du recours à la force inscrite dans la Charte des Nations unies s’applique à ces régions; souligne que de telles actions portent atteinte à la liberté de navigation et que le refus de la Chine d’exclure le recours à la coercition militaire pour affirmer ses ambitions irrédentistes à l’égard de Taïwan constitue une menace sérieuse pour la stabilité régionale; se déclare profondément préoccupé par les actions de plus en plus agressives de la Chine en mer de Chine méridionale et dans la région indopacifique, ainsi que par le recours à la coercition économique, aux tactiques de guerre hybride et aux manœuvres dangereuses contre ses voisins; souligne que toute escalade militaire dans le détroit de Taïwan aurait de graves conséquences sur la sécurité et les chaînes d’approvisionnement de l’Europe; insiste sur l’importance de préserver la stabilité en mer de Chine méridionale compte tenu de la nécessité stratégique d’une coopération en matière de sécurité et de défense avec certains pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE); salue les récentes opérations de liberté de navigation menées par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne dans le détroit de Taïwan, qui témoignent d’un engagement international fort pour le respect du droit international, notamment de la convention des Nations unies sur le droit de la mer, et garantir la liberté de navigation;

23.

souligne l’importance stratégique de la région indopacifique dans le cadre européen de la défense et reconnaît la nécessité de prendre en considération les inquiétudes croissantes au sujet de la sécurité liées aux activités de la Chine dans la région et à leurs conséquences plus générales pour la stabilité mondiale; estime qu’il importe de peser sur le calcul stratégique de la Chine au regard du soutien à la Russie au moyen de sanctions, notamment de mesures à l’encontre des banques chinoises impliquées dans le contournement des sanctions de l’Union, ainsi que de renforcer la présence de l’Union et les partenariats dans cette région;

24.

est vivement préoccupé par le renforcement de la coopération militaro-technique entre la Russie et la Chine, qui constitue une menace croissante pour la stabilité dans la région indopacifique et au-delà, et risque de compromettre la paix mondiale, l’ordre international fondé sur des règles et les intérêts de sécurité de l’Europe; constate avec inquiétude la dépendance de l’Union et de ses États membres à l’égard des importations de terres rares et d’autres matières premières critiques en provenance de pays tiers, en particulier la Chine, dépendance qui constitue un risque de sécurité croissant; déplore que les récents exercices et manœuvres militaires de la Russie et de la Chine, ainsi que l’exercice chinois «Mission Justice 2025», aient encore accru les tensions dans la région, ce qui accentue l’importance de la désescalade, de la dissuasion et de la protection de la liberté de navigation;

25.

souligne que l’approfondissement de la coopération entre l’Union et l’Inde dans les domaines de la sécurité et de la défense est dans l’intérêt mutuel des deux parties, mais demande également que l’Inde adopte une position claire face à la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine; invite l’Inde à prendre des mesures effectives pour empêcher le contournement des sanctions de l’Union, notamment en contrôlant la réexportation des biens frappés de sanctions, en renforçant la transparence des importations d’énergie et en suspendant la coopération militaire avec la Russie;

26.

fait observer que les activités spatiales à double usage sont de plus en plus importantes pour la résilience et l’autonomie stratégiques européennes et que le nombre d’opérateurs dans l’espace progresse; souligne que les capacités spatiales, à double usage en particulier, sont essentielles pour la sécurité et la défense, et pour garantir l’autonomie des processus décisionnels, protéger les infrastructures critiques et permettre des opérations de défense efficaces sur tous les théâtres d’opérations; souligne que l’autonomie spatiale européenne requiert avant tout une protection efficace des moyens en orbite et une dépendance moindre à l’égard d’entreprises et de prestataires de services étrangers; préconise d’accélérer la mise en place d’un service régulier d’observation de la Terre, d’un système européen de navigation et de positionnement renforcé, d’une solution européenne de communication sécurisée d’ici 2028 et d’un système d’alerte précoce contre les missiles balistiques; souligne qu’il convient d’améliorer le cadre de réglementation et de gouvernance des activités spatiales en général et de l’utilisation militaire de l’espace et des armes antisatellites en particulier; prône une coordination plus étroite entre les États membres, la Commission, l’Agence spatiale européenne et l’AED, y compris à l’appui des missions et opérations de la PSDC;

27.

souligne que les moyens spatiaux sont, de plus en plus, des équipements essentiels à des fins militaires ainsi qu’aux missions et opérations de la PSDC, au regard notamment des communications sécurisées, de la localisation, du renseignement, de la surveillance et de la reconnaissance et de l’appui au commandement; souligne que l’Union gère avec succès les programmes Copernicus, Galileo et EGNOS, qui fournissent des services à double usage à l’Union et à ses États membres; considère que cela constitue un précédent pour le développement d’autres instruments stratégiques européens qui échappent aux capacités financières et techniques des États membres individuels ou pour lesquels il existe un intérêt public européen supérieur pour des solutions européennes; appelle de ses vœux une coordination plus étroite entre les États membres, la Commission, l’Agence spatiale européenne et l’AED afin d’éviter les doubles emplois, d’assurer l’interopérabilité et de tirer profit au maximum de synergies industrielles entre les applications civiles, commerciales et militaires; se félicite du projet de constellation de satellites internet sécurisés IRIS2 et recommande de permettre à Taïwan et à l’Ukraine d’y accéder à l’avenir;

28.

fait observer la dichotomie entre la forte adhésion du public en faveur d’une véritable Union européenne de la défense et le soutien variable mis au jour par les États membres à l’égard de la mise en œuvre de la PSDC, malgré les menaces sans précédent et l’évolution de la situation géopolitique;

29.

souligne l’obligation de l’Union et son intérêt stratégique à long terme de maintenir un ordre international fondé sur des règles et des valeurs ainsi que de veiller au respect du droit international et de défendre le multilatéralisme; fait observer que la consolidation de la paix traditionnelle, l’expertise en matière de négociation de paix, la justice transitionnelle et les mesures pour développer la confiance restent d’une importance cruciale, malgré les tendances actuelles; invite l’Union à jouer un rôle de premier plan dans l’organisation des négociations de paix et des transitions pacifiques dans les principaux conflits qui touchent l’Europe et son voisinage immédiat; souligne que l’Union devrait montrer sa pertinence à cet égard en exploitant tout le potentiel des instruments de la PSDC, afin que les négociations de paix bénéficient de son expertise pour ce qui est de garantir une paix durable et équitable; presse l’Union et les États membres d’approfondir les partenariats existants et d’en nouer de nouveaux avec les pays qui partagent la même conviction à l’égard du multilatéralisme et d’un ordre international fondé sur des règles; insiste sur l’importance d’un partenariat solide et étroit avec le Royaume-Uni en matière de sécurité et de défense, assorti de conditions spécifiques, et se félicite du partenariat entre l’Union et le Royaume-Uni en matière de sécurité et de défense; déplore que les négociations sur la participation du Royaume-Uni au programme SAFE n’aient pas abouti jusqu’à présent; se félicite de l’accord sur l’instrument SAFE conclu entre l’Union et le Canada; invite l’Union et le Royaume-Uni à s’accorder sur une solution équilibrée et mutuellement bénéfique;

30.

déplore l’affaiblissement des régimes de non-prolifération et de contrôle des armements; préconise de redoubler d’efforts pour inverser cette tendance et exige que l’Union joue un rôle beaucoup plus important, en particulier dans le domaine de la non-prolifération des armes de destruction massive; fait observer que, si la dissuasion nucléaire revêt une importance cruciale pour la protection de l’Europe en tant que continent, le Royaume-Uni et la France sont les seuls pays européens à posséder des armes nucléaires; réaffirme son soutien sans réserve à l’engagement de l’Union et de ses États membres en faveur du traité de non-prolifération des armes nucléaires, qui constitue la pierre angulaire du régime de non-prolifération et du désarmement nucléaires; insiste sur la nécessité d’élaborer une politique efficace au niveau de l’Union en matière d’armement ainsi que de renforcer la transparence et la convergence au niveau national et au niveau de l’Union en ce qui concerne les exportations d’armements, en particulier dans un contexte d’augmentation des dépenses de défense et de renforcement de la BITDE; demande aux États membres de respecter la position commune de l’Union sur les exportations d’armements et reconnaît leurs compétences au regard des acquisitions dans le domaine de la défense; invite les États membres à se conformer pleinement à la position commune 2008/944/PESC (13), et à appliquer scrupuleusement le quatrième critère sur la stabilité régionale, ainsi qu’à suspendre les licences d’exportation d’armements s’il existe un risque manifeste que le destinataire puisse utiliser les armements en question contre un autre pays, en général, et contre un État membre, en particulier;

31.

exprime sa consternation face à la stratégie américaine de sécurité nationale de décembre 2025, qui formalise une approche américaine infondée consistant à considérer l’Union, y compris ses valeurs fondamentales, ses principes de gouvernance démocratique et plusieurs de ses objectifs fondamentaux en matière de sécurité, comme s’opposant aux intérêts américains; souligne que de telles positions conduisent inévitablement les pays européens à renforcer leur autonomie stratégique, y compris dans les relations entre l’Union européenne et les États-Unis en matière de défense et de sécurité; reconnaît le rôle crucial de l’OTAN dans la défense collective de l’Europe, mais met en garde contre les risques que posent l’imprévisibilité, l’isolationnisme et l’égocentrisme myopes toujours plus marqués de la politique étrangère américaine ainsi que l’évolution de ses relations avec la Russie et de sa position sur l’Asie, qui pourraient s’accompagner d’une réduction sensible de ses troupes en Europe et être perçues comme une remise en cause de ses engagements envers l’Europe en matière de sécurité; préconise, dans ce contexte, d’élaborer des plans d’urgence en cas de retrait rapide des troupes américaines, ou en raison de toutes autres circonstances, afin de garantir la capacité de dissuasion européenne et sa capacité à réagir de manière autonome contre les agressions;

32.

souligne que les États-Unis sont restés jusqu’à présent l’allié stratégique le plus important de l’Union et qu’ils sont essentiels à la défense collective dans le cadre de l’OTAN ainsi qu’à la sécurité, à la résilience et à la dissuasion européennes; souligne qu’il y a donc lieu d’encourager le dialogue et une coopération étroite entre l’Union et les États-Unis; insiste sur la nécessité pour l’Union et ses États membres d’augmenter les dépenses de défense de manière coordonnée et, pour les États membres, de renforcer leurs propres capacités et leur préparation en matière de défense, dans le but de garantir l’autonomie stratégique et de développer une dissuasion crédible indépendante des États-Unis, dans le cadre d’un partenariat transatlantique renouvelé et équilibré; souligne qu’une Union plus forte et plus capable dans le domaine de la sécurité et de la défense renforcerait les intérêts européens, contribuerait à renforcer le partenariat transatlantique avec les États-Unis et permettrait d’atteindre des objectifs communs en matière de sécurité; prend acte de l’adoption de la stratégie de sécurité nationale 2025 des États-Unis et se félicite de l’engagement déclaré des États-Unis à aider leurs alliés à préserver la liberté et la sécurité de l’Europe, tout en déplorant le ton négatif à l’égard de notre continent et en rejetant toute velléité d’ingérence dans les processus démocratiques des États membres de l’Union; se félicite de l’adoption, par le Congrès américain, du texte portant sur les crédits 2025 de la défense nationale et des limitations réalistes qu’il impose aux éventuels retraits de troupes et d’équipements d’Europe et au retrait de l’aide à la sécurité de l’Ukraine et de la Baltique; prend connaissance avec inquiétude d’informations selon lesquelles des responsables américains auraient fait part à leurs interlocuteurs européens de leur exigence que l’Europe assume la responsabilité de la majorité des capacités de défense conventionnelles de l’OTAN déployées en Europe d’ici à 2027; estime que de telles annonces ne s’inscrivent pas dans un dialogue entre partenaires et alliés sur la meilleure manière de garantir la sécurité européenne et le partage des charges; estime que la stratégie de sécurité nationale des États-Unis renforce encore l’impératif pour l’Europe d’assumer d’urgence la responsabilité de sa propre sécurité;

Combler les lacunes en matière de dissuasion et remédier aux problèmes de capacités

33.

souligne que la dissuasion de l’Union est défaillante; considère que les facteurs déterminants de cette défaillance de la dissuasion européenne résident dans l’autonomie, la doctrine militaire, l’unité politique, l’évaluation commune régulière des menaces, l’ISR, le manque de capacités, un commandement et un contrôle unifiés, les capacités industrielles et l’innovation, et l’interopérabilité; insiste, compte tenu de la détérioration rapide du contexte géopolitique, sur la nécessité de reconstituer les stocks épuisés, de combler les lacunes en matière de capacités critiques, de garantir l’interopérabilité des forces armées, d’accroître la production industrielle de défense, de créer un véritable marché unique européen pour les produits et les services de défense, d’améliorer l’interopérabilité en réduisant le nombre de systèmes d’armement redondants utilisés, de promouvoir la standardisation conformément aux normes de l’OTAN, et d’accroître considérablement l’investissement dans l’innovation; estime qu’il est essentiel de développer, conformément aux recommandations du livre blanc du 19 mars 2025, les systèmes de défense aérienne et antimissile, les systèmes d’artillerie, les munitions et missiles, les drones et les systèmes antidrones, la mobilité militaire, l’intelligence artificielle, la technologie quantique, la cyberguerre et la guerre électronique, les capacités de soutien stratégiques et la protection des infrastructures critiques; invite l’Union et ses États membres à déployer des efforts conjoints pour combler ces lacunes, au moyen notamment d’un ensemble de projets de défense européens d’intérêt commun; se félicite de la mise en place de projets de défense européens d’intérêt commun, qui constituent un instrument essentiel pour renforcer la coopération, l’interopérabilité et l’efficacité industrielle en favorisant le développement, la production et l’acquisition en commun de capacités militaires essentielles, critiques pour les intérêts de l’Union en matière de sécurité et de défense; invite en outre l’industrie à accroître sa production et son innovation aussi rapidement que possible, en coopération avec l’Union et ses États membres, et avec leur soutien;

34.

reconnaît les efforts considérables déployés en faveur de la défense européenne au moyen de propositions de réglementation et d’initiatives telles que l’EDIP, le plan «ReArm Europe» et l’instrument SAFE, la proposition mini-omnibus pour la défense, le train de mesures omnibus dans le domaine de la défense, ainsi que le train de mesures sur la mobilité militaire, BraveTechEU et la feuille de route pour la préparation de la défense à l’horizon 2030; préconise de parachever et de mettre en œuvre rapidement le train de mesures omnibus sur la préparation de la défense; se félicite des propositions offrant aux États membres une plus grande souplesse budgétaire, en particulier la facilité de prêt de 150 milliards d’euros au titre de l’instrument SAFE; estime toutefois que ces mesures sont insuffisantes et que d’importants investissements budgétaires supplémentaires seront nécessaires; se félicite que les emprunts au titre de l’instrument SAFE aient été entièrement souscrits et débouchent sur des passations conjointes de marchés significatives, mais déplore cependant une nouvelle fois le recours à l’article 122 TFUE, d’autant que le Parlement a prouvé sa capacité à agir rapidement lorsque cela s’avérait nécessaire; se félicite de l’intention annoncée par les États membres d’augmenter les acquisitions communes de 40 % d’ici la fin de 2027, ainsi que les acquisitions assorties d’un critère de préférence européenne de 55 % d’ici à la fin de 2028 et de 60 % d’ici à la fin de 2030; regrette l’absence d’augmentation progressive des passations de marchés conjointes et note que les États membres n’ont toujours pas atteint les objectifs fixés en 2007 en matière d’acquisition communes; se félicite de l’adoption du règlement (UE) XXX/2025 relatif au programme pour l’industrie européenne de la défense, le premier programme industriel global au niveau de l’Union, qui encourage la coopération des États membres par la création de la structure pour programmes d’armement européens (SEAP), le mécanisme européen de ventes militaires, et les projets de défense européens d’intérêt commun; rappelle que le financement de l’industrie de la défense de l’Union doit être étroitement aligné sur les besoins en matière de capacités de la PSDC; appelle de ses vœux un mécanisme spécifique de coordination de l’EDIP et du Fonds européen de la défense (FED) pour donner la priorité aux projets qui améliorent l’interopérabilité et la résilience opérationnelle et, dans le même temps, favorisent l’innovation, la sécurité de la chaîne d’approvisionnement et la souveraineté industrielle de l’Europe;

35.

constate que les drones jouent un rôle de plus en plus important dans la guerre moderne; souligne qu’il est notamment urgent de lutter contre l’évolution des menaces militaires et hybrides liées aux drones; souligne qu’il faut renforcer les drones et les systèmes antidrones pour protéger tous les flancs de l’Europe, de l’est à l’ouest et du nord au sud; demande un renforcement de la coordination, de l’unité et de la solidarité entre les États membres, les institutions compétentes de l’Union et l’OTAN en ce qui concerne la surveillance, l’interception et la neutralisation des drones hostiles, ainsi que le développement et le déploiement d’un système intégré de défense aérienne et antimissile, afin d’assurer une protection collective contre les menaces liées aux drones et aux missiles balistiques; encourage la Commission, l’AED et les États membres à donner conjointement la priorité au développement de systèmes de guerre électronique avancés et de systèmes d’armes à énergie dirigée destinés à lutter contre les éventuelles menaces hybrides et attaques par drones ciblant l’Union; appelle de ses vœux une stratégie claire permettant d’emprunter les voies les plus efficaces et les plus rentables vers l’acquisition de ces capacités; souligne la nécessité d’une formation commune et de l’intégration des capacités des drones dans les forces de défense aérienne conventionnelle, en assurant l’interopérabilité avec la défense aérienne et antimissile intégrée de l’OTAN; prie instamment les États membres et la Commission de travailler d’urgence sur de tels projets, comme la «coalition des drones», en coopération étroite et mutuellement bénéfique avec l’Ukraine; insiste sur la nécessité de renforcer la coopération dans le domaine des drones en ce qui concerne les installations de formation, les procédures de certification, les chaînes de montage, la coordination sur le champ de bataille, le ciblage en temps réel ainsi que les systèmes résilients de commandement et de contrôle; recommande d’éviter une dépendance disproportionnée à l’égard de pays tiers, en particulier la Chine, pour la production de systèmes de drones; reconnaît que le coût élevé de l’interception des drones constitue une difficulté; demande que des programmes conjoints soient mis en place pour promouvoir le développement de capacités de lutte antidrones présentant un rapport coût/efficacité satisfaisant; souligne que les armes à énergie dirigée, y compris les lasers à haute énergie et les systèmes à micro-ondes de forte puissance, permettraient de contrer les menaces aéroportées telles que les drones, les roquettes ou les munitions rôdeuses à un coût bien moindre que celui des intercepteurs actuels utilisant des missiles; insiste sur la nécessité de mieux équiper les forces de police et les autorités civiles des moyens nécessaires pour détecter les drones et se défendre contre ceux-ci, mais aussi de leur permettre de se servir de ces moyens, en coopération étroite avec les forces armées; réclame l’adoption de mesures concrètes améliorant la préparation civile et d’approches englobant l’ensemble de la société face aux attaques hybrides utilisant des drones;

36.

souligne qu’il faut multiplier les efforts visant à protéger l’ensemble du flanc oriental, de la mer Baltique à la mer Noire; insiste sur l’urgence du renforcement de la surveillance maritime dans la mer Baltique, la mer du Nord et la mer Noire; estime que la nouvelle dimension opérationnelle de la guerre hybride nécessite l’intégration de stratégies de sûreté maritime et de défense antidrones;

37.

invite les États membres à utiliser pleinement les SEAP prévues par le règlement relatif au programme pour l’industrie européenne de la défense afin d’améliorer l’intégration et la gestion des capacités de défense; invite la Commission et la VP/HR à mieux utiliser les projets CSP et à formuler des propositions nouvelles pour permettre à l’Union et à ses États membres d’acquérir des moyens communs au soutien de l’usage militaire, tels que des capacités de soutien stratégique, y compris dans l’espace, en vue de leur déploiement par les États membres, étant entendu que les «implications militaires ou de défense» (article 41 du traité UE) désignent le recours à des moyens à des fins militaires, et non la simple possession ou le simple entretien de ces moyens; se félicite de la mise en œuvre de la capacité de déploiement rapide de l’Union en 2025, qui constitue un grand pas en avant dans le renforcement de la capacité de réaction autonome aux conflits externes et aux crises de sécurité de l’Union; propose que la capacité de déploiement rapide de l’Union devienne une force multinationale susceptible d’être élargie, conformément aux objectifs fixés de longue date dans le cadre du sommet d’Helsinki, à une force plus importante dépassant les 60 000 militaires, afin d’atteindre une partie de l’objectif du modèle de forces de l’OTAN;

38.

se félicite de la surveillance du flanc oriental et de l’initiative de défense antidrones européenne, qui sont des initiatives phares essentielles pour les régions les plus exposées au risque de guerre conventionnelle et d’attaques hybrides; remarque que les États membres de première ligne mettent en œuvre des programmes globaux de «bouclier oriental» qui complètent ces initiatives phares; se félicite que la Commission ait proposé que les coalitions capacitaires des États membres puissent recourir aux outils disponibles, tels que le programme pour l’industrie européenne de la défense, la CSP et les projets de défense européens d’intérêt commun, avec des objectifs tangibles et clairement identifiés, pour apporter un soutien ciblé de l’Union à des projets phares;

39.

demande à l’Union et à l’OTAN de rationaliser, dans la mesure adéquate, leurs processus de planification et de développement des capacités ainsi que leurs capacités de commandement et de contrôle, mais aussi d’en garantir la cohérence et l’efficacité; presse l’Union de s’aligner sur les normes de l’OTAN, afin de renforcer l’interopérabilité et la complémentarité entre l’OTAN et l’Union, ainsi que d’éviter les doubles emplois; demande la consolidation de la planification et des exercices conjoints;

40.

souligne que l’absence de capacités européennes de commandement et de contrôle complètes et solides reste l’une des lacunes les plus graves de la PSDC et de l’application de l’article 42, paragraphe 7, du traité UE; souligne qu’une action crédible de l’Union nécessite un quartier général de commandement et de contrôle permanent, capable de planifier, de commander et de mener des missions et opérations aux niveaux stratégique, opérationnel et tactique; demande une nouvelle fois de progresser vers une structure européenne de commandement et de contrôle, en permettant à l’état-major de l’Union, si nécessaire, de planifier et de coordonner des opérations militaires européennes autonomes avec les forces armées des États membres; ajoute que cela renforcerait le pilier européen de l’OTAN; souligne la nécessité d’éviter les doubles emplois inutiles avec les structures et les processus du Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe de l’OTAN; remarque qu’un véritable quartier général de commandement et de contrôle a besoin d’effectifs plus importants, d’infrastructures sûres et d’une interface civilo-militaire intégrée; met l’accent sur la nécessité de disposer de systèmes de commandement et de contrôle interopérables, sûrs, souverains et protégés contre l’usurpation d’identité, qui s’appuient sur des logiciels, des réseaux de données et des normes de communication développés par l’Union; demande instamment aux États membres, à la VP/HR, à la Commission et à l’AED de lancer, dans le cadre de la CSP, un projet relatif aux capacités de commandement et de contrôle, condition préalable à une action autonome crédible de l’Union;

41.

souligne qu’il est urgent de prendre des mesures décisives pour renforcer la BITDE; demande l’approfondissement de la coopération et de la coordination entre les industries de la défense des États membres; préconise d’achever un véritable marché unique de la défense; relève la fragmentation persistante du côté de la demande comme de l’offre; se déclare préoccupé par le fait que les États membres continuent de privilégier leurs entreprises dans les marchés publics nationaux; rappelle que la fragmentation nuit à la compétitivité, entraîne des doubles emplois et diminue l’interopérabilité; plaide pour la suppression des obstacles politiques, économiques et réglementaires inutiles ainsi que des pratiques des États membres qui nuisent à l’efficacité et à la compétitivité du marché unique de la défense, notamment le recours fréquent à l’exemption relative aux intérêts en matière de sécurité nationale, prévue à l’article 346 du traité FUE; demande à la Commission de formuler une recommandation d’interprétation de l’article 346 du traité FUE, afin de faciliter une approche harmonisée et uniforme dans l’ensemble de l’Union, en tenant compte de la nécessité de protéger strictement les intérêts essentiels de sécurité des États membres et en soulignant que les dérogations prévues à l’article 346 du traité FUE doivent être utilisées à titre exceptionnel; estime que la Commission devrait être habilitée à évaluer la mise en œuvre globale de l’article 346 du traité FUE, afin de remédier aux éventuels abus structurels; réclame, comme condition préalable à la création d’un véritable marché intérieur de la défense, la mise en œuvre rapide des propositions de la Commission visant à harmoniser et à rationaliser davantage les règles relatives aux contrats transfrontières et aux transferts de produits liés à la défense à l’intérieur de l’Union, afin de faciliter la coopération, les normes communes en matière de certification et d’accès au marché dans l’ensemble de l’Union, y compris pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les acteurs innovants, ainsi que la circulation des produits liés à la défense au sein de l’Union;

42.

salue les initiatives visant à renforcer la préférence européenne dans les marchés publics de la défense, comme le prévoit le règlement relatif au programme pour l’industrie européenne de la défense, afin de renforcer la coopération industrielle intra-européenne et d’atteindre l’objectif d’autonomie stratégique; encourage les États membres à donner la priorité aux entreprises européennes dans leur passation de marchés publics, tout en préservant la coopération en matière de sécurité avec des partenaires partageant les mêmes valeurs, sans compromettre la reconstitution immédiate des stocks et des arsenaux; souligne que les fonds publics de l’Union devraient principalement soutenir la BITDE; demande des efforts coordonnés visant à accroître les capacités de production, à renforcer l’interopérabilité et à accélérer l’innovation technologique, tout en garantissant des possibilités équitables pour les entreprises de tous les États membres; constate qu’il manque une forte clause de préférence européenne dans le plan «ReArm Europe»; demande instamment à la Commission d’approfondir et d’élargir son approche d’ensemble du secteur, afin d’aller au-delà d’une évaluation thématique pour se diriger vers une réforme structurelle du cadre réglementaire; salue les efforts déployés pour accélérer les processus décisionnels du FED, notamment en ce qui concerne les technologies de rupture; encourage une plus grande cohérence et de meilleures synergies entre le financement du FED et les projets CSP; encourage les actions du FED visant à soutenir davantage l’intégration de l’industrie de la défense ukrainienne dans la BITDE;

43.

préconise de prendre des mesures appropriées pour faciliter et stimuler le développement de la BITDE, y compris au moyen de modèles de coopération public-privé, en mobilisant l’épargne et les investissements privés, et en impliquant plus activement la Banque européenne d’investissement (BEI); invite l’Union et ses États membres à créer d’urgence un mécanisme de financement durable, solide et prévisible, notamment en étudiant la possibilité de créer un instrument financier multilatéral ou un Fonds européen de défense, de sécurité et de résilience qui pourrait soutenir l’expansion des capacités de production, la stabilisation des chaînes d’approvisionnement et l’indépendance technologique des secteurs critiques, y compris au moyen d’investissements privés; demande l’optimisation et une meilleure coordination des instruments de financement nationaux et de l’Union, afin de garantir le développement conjoint des capacités et l’acquisition de moyens permettant d’assurer notre défense collective; se félicite que la BEI ait considérablement augmenté ses investissements dans la sécurité et la défense européennes, en allouant 3,5 % de son financement total à ces projets en 2025; souligne toutefois que le budget de 175 millions d’euros alloué au mécanisme de fonds propres pour la défense pour la période 2024-2027 est nettement insuffisant pour répondre aux besoins de financement de la BITDE et de sa chaîne de valeur; demande donc à la BEI d’augmenter substantiellement ce budget, afin de mieux répondre aux besoins en fonds propres du secteur et de soutenir les capacités stratégiques de la défense européenne;

44.

souligne qu’il importe de stimuler l’innovation et la recherche, y compris la participation des universités et des centres technologiques aux projets de défense; soutient la création d’un réseau européen d’innovation en matière de défense, sous l’égide de l’AED, afin de relier les institutions de recherche, les PME, les acteurs innovants, les fournisseurs de technologies à double usage et les utilisateurs finaux militaires dans les États membres; soutient le développement de pôles d’innovation régionaux et d’installations d’essai dans les États membres moins industrialisés ou périphériques, afin que la montée en puissance de la défense profite à l’ensemble de l’Union; invite l’Union et ses États membres à élaborer d’urgence des mécanismes permettant d’utiliser les bénéfices exceptionnels et les fonds de récupération, en particulier dans le contexte actuel de montée en puissance, afin de trouver une solution aux problèmes de pénurie d’offre et de pics de demande, ainsi que pour stimuler l’innovation et la compétitivité à l’échelon européen en matière de défense et de technologies à double usage, notamment grâce à la création d’une «DARPA européenne» (à l’image de l’agence américaine DARPA de recherche militaire) dotée de financements suffisants;

45.

affirme qu’il convient de faciliter et de promouvoir la participation des PME dans tous les États membres, et de garantir leur accès juste et équitable aux projets financés par l’Union; encourage les investissements durables et le soutien aux PME; appelle à un accès simplifié aux financements de l’Union et à une coordination entre les programmes de recherche civils et de défense; souligne que toutes les initiatives et tous les instruments financiers de l’Union liés à l’industrie de la défense doivent garantir des conditions de concurrence égales entre tous les acteurs de l’industrie de la défense dans l’ensemble de l’Union, mais aussi promouvoir la coopération entre les grandes et les petites entreprises des 27 États membres;

46.

exhorte l’Union, en coordination avec l’OTAN, à soutenir le renforcement des capacités de défense de l’Ukraine; souligne que cela passe par la mise au point d’un partenariat industriel renforcé qui permette les transferts de technologie et de savoir-faire, ainsi que l’intégration de la base industrielle et technologique de défense ukrainienne dans la BITDE, tout en soutenant les activités de la BITDE en Ukraine, y compris grâce à l’instrument SAFE; presse, à cet égard, les États membres et leurs industries de défense de réaliser des investissements supplémentaires, de créer des entreprises communes et de développer des partenariats avec l’Ukraine en vue de la mise au point conjointe de produits liés à la défense dans l’Union, en particulier dans les domaines des drones et des systèmes antidrones; se félicite des initiatives de la Commission en ce sens; incite vivement les forces armées des États membres et la BITDE à tirer des enseignements décisifs du développement des capacités de l’Ukraine et de ses innovations mises à l’épreuve sur le champ de bataille, en particulier en ce qui concerne les systèmes sans pilote et autonomes ainsi que les techniques, tactiques et procédures utilisées en combat; salue le modèle danois de soutien à l’Ukraine; appelle à des mesures incitatives plus importantes en vue d’une coopération et d’une intégration plus étroites de la BITDE et de la base industrielle de défense ukrainienne; souligne l’avantage qu’il y aurait à permettre à la base industrielle de défense de l’Ukraine de produire hors de son territoire;

47.

insiste pour que des infrastructures de protection civile et des plans d’urgence appropriés soient mis en place; demande instamment le renforcement des infrastructures de défense civile et de résilience face aux crises; souligne que les politiques de défense et de sécurité doivent reposer sur la cohésion sociale et des mécanismes démocratiques; demande l’intégration du dialogue social, du développement régional et du renforcement des compétences de la main-d’œuvre dans la planification de la défense de l’Union; précise que les investissements à double usage devraient contribuer à la résilience civile et à la création d’emplois dans les régions vulnérables, contribuant ainsi à une approche de la préparation aux crises qui englobe l’ensemble de la société;

48.

souligne l’importance stratégique de la mobilité militaire en tant que pierre angulaire de l’autonomie stratégique européenne et de la coopération entre l’OTAN et l’Union; préconise fortement d’étendre les corridors de mobilité militaire de l’Union vers le flanc oriental, notamment vers l’Ukraine, en fournissant le financement nécessaire, y compris au moyen du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, aux infrastructures à double usage, et d’équiper ces corridors des capacités nécessaires, telles que des infrastructures de transport, des plateformes logistiques, des chaînes d’approvisionnement en carburant et des systèmes numériques sécurisés; rappelle qu’il est important que les équipements et les troupes puissent rapidement se déplacer depuis l’ouest et que les leçons de l’expérience des forces armées ukrainiennes soient tirées; prône la prise en compte systématique de la contre-mobilité dans la conception des corridors militaires;

49.

juge essentiel de s’attaquer rapidement aux obstacles financiers, réglementaires et physiques à la mobilité militaire, en mettant l’accent sur les quatre corridors prioritaires de mobilité militaire et sur la rationalisation des procédures administratives; rappelle que les corridors militaires sont également essentiels pour l’évacuation des civils et le déploiement de l’aide humanitaire; préconise vivement une préparation concrète en matière de mobilité militaire, moyennant l’adoption d’une approche globale de la logistique militaire, qui comprenne notamment la sécurité des infrastructures critiques, des plateformes de transport, l’entretien, le stockage, le ravitaillement et la réparation; souligne qu’il est important stratégiquement de développer les réseaux existants et d’investir dans de nouveaux corridors à double usage, grâce à une coordination renforcée entre l’Union et l’OTAN, afin de garantir l’interopérabilité et l’efficacité au regard des coûts; demande que l’Union soutienne des projets tels que l’oléoduc de l’OTAN vers la Pologne, Rail Baltica et l’autoroute de la mer Noire; souligne l’importance stratégique croissante des corridors maritimes atlantiques et méditerranéens pour la sécurité et la résilience des chaînes d’approvisionnement de l’Union;

50.

fait ressortir que l’innovation en matière de défense est essentielle à des fins tactiques, y compris le développement de technologies propres ayant des applications dans le domaine de la défense, telles que les matériaux avancés, l’énergie verte, les carburants et les batteries;

Financer la défense

51.

se félicite de la récente augmentation sensible des dépenses de défense; fait observer que l’accent a été mis sur les dépenses de défense nationale, y compris dans la feuille de route pour la préparation de la défense à l’horizon 2030, ce qui laisse sans réponse des problèmes essentiels liés à la fragmentation, aux possibles synergies budgétaires et opérationnelles et à l’interopérabilité; constate que faire de la passation conjointe de marchés la règle dans la BITDE pourrait permettre d’économiser des milliards d’euros dans les dépenses de défense; insiste sur la nécessité de veiller à ce que les fonds de l’Union soient affectés à des projets collaboratifs présentant une valeur ajoutée européenne manifeste et réduisant notre dépendance à l’égard de pays tiers; est d’avis qu’en l’absence de réformes structurelles et de collaboration au niveau européen, l’augmentation des dépenses à l’échelon national pourrait laisser perdurer les doubles emplois et l’inefficacité; souligne que le développement du marché intérieur de la défense nécessite également un cadre financier durable et coordonné permettant une planification des investissements à long terme; appelle à mettre en commun une partie des budgets de défense nationaux au niveau de l’Union, afin de créer des économies d’échelle et d’investir dans des capacités utilisées pour la défense collective de l’Union; souligne que les investissements dans le domaine de la défense doivent être soutenus par une planification pluriannuelle coordonnée entre l’Union et ses États membres, conformément à l’examen annuel coordonné en matière de défense et aux documents du plan de développement des capacités de l’OTAN; invite la Commission à étudier plus avant les possibilités de financement ciblé, au moyen de subventions de l’Union, en complément des prêts SAFE, des programmes de l’Union et des budgets nationaux;

52.

demande que le nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) prévoie un financement suffisant et souple pour prendre en considération de manière exhaustive les volets de sécurité comme de défense, ce qui renforcera la capacité de l’Union à protéger ses citoyens tant à l’intérieur de ses frontières qu’au-delà, ainsi qu’à promouvoir la stabilité dans son voisinage; estime que le financement de barrières physiques aux frontières est essentiel pour protéger l’Europe contre des menaces hybrides, notamment l’instrumentalisation de la migration de masse, pour prévenir le trafic de migrants et la traite des êtres humains et constituer un moyen de dissuasion contre une éventuelle attaque militaire; salue les propositions de la Commission visant à simplifier, à faciliter et à accélérer la passation de marchés de défense; appelle la Commission à consolider et à préciser l’enveloppe «défense» prévue dans le projet de CFP 2028-2034, en examinant toutes les options permettant de soutenir les investissements de défense des États membres; rappelle la nature spécifique du secteur de la défense; estime que le futur Fonds européen pour la compétitivité, prévu dans le projet de CFP de la Commission, devrait conserver l’ensemble des critères et des modalités des instruments de financement de l’industrie européenne de la défense, en particulier les critères relatifs au FED et au programme pour l’industrie européenne de la défense; se félicite de l’initiative de la Commission et de la BEI visant à mettre en place le mécanisme de fonds propres pour la défense, doté de 175 millions d’euros; demande à la BEI d’augmenter substantiellement ce budget afin de mieux soutenir les capacités stratégiques de la défense européenne;

53.

appelle de ses vœux une architecture financière européenne pour la défense fondée sur la solidarité, la cohésion, la compétitivité et l’efficacité européennes; prie instamment la Commission et les États membres de définir le CFP 2028-2034 dans la perspective d’une véritable Union européenne de la défense (UED), notamment en apportant le soutien et les incitations nécessaires à la BITDE, ainsi qu’en tenant les engagements formulés dans le cadre de la préparation de la défense européenne à l’horizon 2030;

54.

souligne que le renforcement de la BITDE et des capacités de défense de l’Europe ne suffit pas, à lui seul, à renforcer la défense et la dissuasion européennes; précise que les problèmes fondamentaux que l’Europe doit résoudre si elle entend disposer d’une dissuasion efficace résident dans l’unité et le positionnement politiques, la doctrine militaire et la capacité à exercer, lorsqu’il le faut, un commandement et un contrôle efficaces en dehors des structures de l’OTAN; insiste sur le fait que le simple renforcement des capacités, sans réaction ferme aux tests auxquels la Russie soumet la préparation militaire européenne, compromet la capacité de dissuasion de l’Union; relève, à cet égard, qu’il convient de réviser la boussole stratégique de l’Union selon une approche globale qui renforce la préparation civile et militaire;

55.

insiste sur la nécessité d’intégrer le concept de préparation civilo-militaire dans la politique de défense européenne, y compris grâce à des exercices conjoints, à l’éducation stratégique et au renforcement des capacités civiles de réaction aux crises; souligne en outre que la préparation de la défense européenne doit s’inscrire dans une approche globale de la résilience sociétale, qui comprenne la protection des infrastructures critiques, la mise en place de capacités robustes en matière de cybersécurité et de lutte contre les menaces hybrides, des outils permettant de détecter, de dissuader et de contrer par anticipation les campagnes de désinformation et les discours de propagande, la sauvegarde de nos institutions démocratiques et la sécurité des chaînes d’approvisionnement critiques, en particulier celles liées aux minéraux de terres rares et à d’autres ressources stratégiques; demande des exercices annuels de défense englobant l’ensemble de la société dans chaque État membre, coordonnés au niveau de l’Union; insiste sur la nécessité d’un cofinancement par l’Union de scénarios plurinationaux et d’un tableau de bord annuel des enseignements tirés, conformément aux recommandations relatives aux bonnes pratiques en matière de préparation englobant l’ensemble de la société; insiste sur la nécessité d’accorder une attention appropriée et un financement suffisant au développement des technologies à double usage qui sont essentielles pour garantir la sécurité et la défense de l’Union; précise que les investissements à double usage devraient renforcer la résilience civile et créer des emplois dans les régions vulnérables, contribuant ainsi à une approche de la préparation aux crises englobant l’ensemble de la société;

56.

rappelle que les régions ultrapériphériques de l’Union sont essentielles à la posture de sécurité mondiale de l’Union; insiste sur le fait que leur situation géographique leur confère une portée cruciale pour la surveillance maritime, la gestion des crises et la protection des voies de communication maritimes;

57.

demande instamment à l’Union d’investir de manière significative dans la sécurité du renseignement et de l’information, notamment en améliorant les procédures de vérification et la mise en œuvre des systèmes de classification de sécurité, et en mettant en place des systèmes sécurisés de partage et d’accès au renseignement; presse les États membres d’intensifier l’échange de renseignements avec le Centre de situation et du renseignement de l’Union européenne et la direction «Renseignement» de l’état-major de l’Union européenne; demande à la VP/HR et aux États membres d’étudier la possibilité de conférer aux organes de renseignement de l’Union le pouvoir de rassembler, de collecter, de traiter et de diffuser auprès des États membres et des agences de renseignement des produits de renseignement de source ouverte; invite la VP/HR à envisager de créer un centre de fusion ou une chambre de compensation des données, en étroite coopération avec les États membres; souligne la nécessité pour les institutions de l’Union d’utiliser davantage le renseignement; salue, à cet égard, les efforts déployés par le Centre de situation et du renseignement de l’Union européenne pour nouer le dialogue avec les principaux décideurs;

Renforcement des missions et opérations de la PSDC

58.

invite la VP/HR et les États membres à renforcer les missions et opérations civiles et militaires de la PSDC au moyen de mandats solides, flexibles, évolutifs et modulaires adaptés aux contextes de sécurité et aux besoins du pays hôte; souligne la nécessité de ressources et de financements adéquats et efficaces, ainsi que de structures de soutien rationalisées et d’une planification politico-stratégique renforcée; demande l’augmentation des effectifs et une meilleure affectation du personnel détaché; réclame que la durée de l’envoi du personnel en mission relevant de la PSDC soit normalisée; encourage les États membres à déployer chacun du personnel auprès des missions relevant de la PSDC dans les pays du Partenariat oriental, afin que tous les États membres soient représentés dans des missions à travers la région; souligne la nécessité de renforcer l’évaluation des résultats et de l’incidence des missions et opérations de la PSDC, en veillant à la transparence de leur mise en œuvre et à leur coordination avec l’OTAN, les Nations unies et les organisations régionales; presse les États membres d’être à la hauteur de leurs ambitions en honorant les promesses faites et les engagements pris dans les décisions du Conseil; fait observer que des obstacles persistent, notamment le manque de ressources, les postes qui restent vacants, un taux de rotation élevé, les restrictions nationales, l’aversion au risque, le besoin d’améliorer la piètre coordination avec les programmes et les partenaires de l’Union et la mauvaise communication stratégique; demande une communication stratégique sur les missions et opérations de la PSDC dans le monde entier, en particulier dans le voisinage immédiat de l’Union et dans les pays candidats, tels que la Bosnie-Herzégovine et l’Ukraine; suggère de renforcer la visibilité et la communication stratégique sur la présence, le rôle et les retombées positives des missions et opérations de la PSDC; souligne que les missions et opérations de la PSDC sont la projection extérieure la plus tangible de la force de l’Union et, à ce titre, constituent une composante essentielle des outils stratégiques de l’Union;

59.

réitère son appel en faveur d’un appui aux missions et opérations de la PSDC disposant de mandats visant à renforcer la résilience face à la guerre hybride, y compris les cybermenaces ainsi que les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, en particulier dans les Balkans occidentaux et les pays du partenariat oriental; insiste sur l’importance de renforcer la coopération avec l’OTAN, son centre d’excellence pour la communication stratégique et le réseau européen de cybersécurité, afin de lutter contre la désinformation et les cyberattaques; encourage vivement le recours à des capacités opérationnelles de réaction rapide similaires pour d’autres questions transversales, s’il y a lieu; se félicite de l’initiative de la Commission visant à créer le bouclier européen de la démocratie; estime que l’expérience et l’expertise requises en matière de lutte contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérences menées depuis l’étranger dans les pays partageant les mêmes valeurs, en particulier les pays candidats et les pays en voie d’adhésion, peuvent être en synergie avec le bouclier européen de la démocratie; appelle à une plus grande cohérence entre les réglementations en vigueur et à venir et les efforts de l’Union visant à lutter contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, y compris le bouclier européen de la démocratie, et à garantir une collaboration claire entre toutes ces composantes; souligne la nécessité d’une réponse rapide, solide et collective aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, ainsi que de mesures obligeant leurs auteurs à payer un coût plus élevé; encourage la coopération la plus étroite possible et l’échange rapide de retours d’informations et d’expériences entre le bouclier européen de la démocratie, les missions et opérations de la PSDC, ainsi que les structures de renseignement et de prise de décision des États membres et des pays candidats en matière de lutte contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger; souligne que le gouvernement russe instrumentalise de plus en plus l’Église orthodoxe russe dans le cadre de ses efforts de manipulation de l’information et d’ingérence visant à saper les démocraties européennes, la cohésion sociale, les orientations pro-européennes et la tolérance religieuse; demande que l’ensemble des délégations de l’Union, des missions et opérations de la PSDC ainsi que des représentants spéciaux de l’Union assurent un suivi structuré de l’influence malveillante exercée par la Russie, y compris par l’intermédiaire de l’Église orthodoxe russe;

60.

salue les réalisations de l’EUMAM Ukraine en ce qui concerne le renforcement de la capacité des forces armées ukrainiennes à défendre l’Ukraine, ainsi que de la mission de conseil de l’Union européenne en Ukraine (EUAM Ukraine) au regard de la mise en œuvre, sur le terrain, dans des conditions difficiles, de son mandat visant à promouvoir un secteur de la sécurité civile efficace, résilient et responsable; estime que l’EUMAM Ukraine est la mission la plus importante de la PSDC en cours; souligne qu’il convient de donner la priorité, dans le cadre de la planification et des ressources des missions de la PSDC, aux besoins urgents de l’EUMAM Ukraine en nouveaux instructeurs, équipements, munitions et installations de formation spécifiques soutenant ses modules opérationnels; se félicite de l’évaluation stratégique en cours de l’EUAM Ukraine; souligne que la lutte contre les menaces hybrides, la garantie de la cybersécurité et l’intégration des vétérans constituent des défis majeurs pour lesquels la mission de la PSDC pourrait fournir une aide capitale; souligne que le mandat de l’EUAM Ukraine devrait constamment évoluer, afin de répondre aux besoins de l’Ukraine, notamment à l’issue de la guerre d’agression menée par la Russie; demande que l’EUMAM Ukraine soit transformée en mission militaire de formation et de conseil à long terme de l’Union, dotée d’un mandat élargi aux opérations de défense aérienne, aux tactiques interarmes, à la logistique et à la formation à la direction d’officiers, aux fins de l’interopérabilité entre les forces de l’Union et les forces ukrainiennes, dans la perspective de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union;

61.

rappelle l’importance, les réalisations et le renouvellement du mandat de la mission de partenariat de l’Union européenne en République de Moldavie (EUPM Moldova) jusqu’en mai 2027; souligne sa contribution effective au renforcement de la sécurité de la République de Moldavie et à l’amélioration de sa résilience face aux menaces hybrides et de sa capacité à les déjouer, notamment en matière de cybersécurité et d’activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, dans le contexte de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; reconnaît en outre que l’EUPM Moldova a approfondi la coopération entre l’Union et la République de Moldavie, renforcé les capacités de gestion des crises et contribué à la stabilité globale du voisinage oriental de l’Union; invite une nouvelle fois, à cette fin, le Service européen pour l’action extérieure à évaluer si les moyens, méthodes et ressources de la mission de partenariat correspondent à ses objectifs, notamment en ce qui concerne les compétences du personnel au regard des besoins de la mission, et à les adapter à la lumière des conclusions de l’évaluation; demande un soutien continu et renforcé à la République de Moldavie par l’intermédiaire de la FEP;

62.

se félicite du rôle joué par la mission d’observation de l’Union européenne en Géorgie (EUMM) et la mission de l’Union européenne en Arménie (EUMA) dans l’instauration d’un climat de confiance et la réduction des niveaux de risques pour la population locale; prie instamment l’Union de continuer à veiller activement à ce que la Russie remplisse les obligations qui lui incombent en vertu de l’accord de cessez-le-feu conclu en 2008 sous l’égide de l’Union, qui prévoit, entre autres, un accès total et sans entrave des observateurs de l’Union aux territoires géorgiens d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud (région de Tskhinvali); soutient l’extension du mandat de l’EUMM et le renforcement de ses capacités, afin qu’elle puisse suivre et mettre en œuvre efficacement cet accord de cessez-le-feu; salue le rôle d’observation impartial joué par l’EUMA à la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, qui a contribué à la stabilisation de la situation; prie instamment les autorités azerbaïdjanaises de coopérer de manière plus constructive avec les missions et opérations pertinentes de la PSDC; soutient le récent renouvellement du mandat de l’EUMA jusqu’en 2027, étant donné que l’Arménie se trouve actuellement à un moment pivot; demande une participation accrue de la PSDC civile dans la région afin de renforcer les initiatives de consolidation de la paix, y compris en mettant l’accent sur la justice transitionnelle, en particulier à la suite de l’accord d’août 2025, négocié par les États-Unis, sur l’établissement de la paix et des relations interétatiques entre la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan; souhaite que l’Arménie reçoive davantage d’aide pour lutter contre les ingérences russes malveillantes, qui se font de plus en plus agressives, dans la perspective des élections législatives arméniennes de 2026;

63.

recommande que, compte tenu de leur importance pour l’effet dissuasif et rassurant de l’opération en Bosnie-Herzégovine, les forces de réserve à l’étranger de l’opération Althea de l’EUFOR soient en permanence dotées d’un effectif complet, soutenues et maintenues; souligne, à la lumière des attaques prolongées contre l’ordre constitutionnel de Bosnie-Herzégovine et des conséquences potentielles en matière de sécurité, que le rôle de l’EUFOR consiste notamment à veiller au respect de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de l’indépendance politique de la Bosnie-Herzégovine et à ce que les acteurs locaux agissent conformément à ces principes fondamentaux; adhère résolument au rôle de dissuasion active de l’EUFOR; salue l’extension de son mandat par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui reflète l’engagement commun de toutes les forces politiques en Bosnie-Herzégovine à maintenir la paix et la sécurité, en coopération avec l’Union et les plans d’urgence de l’OTAN;

64.

prend acte du renouvellement du mandat de la mission «État de droit» de l’Union européenne au Kosovo (EULEX Kosovo) jusqu’en juin 2027, qui confirme l’engagement à long terme de l’Union à soutenir l’état de droit, la justice et la résilience institutionnelle au Kosovo et à renforcer la sécurité et la stabilité dans la région; reconnaît qu’EULEX Kosovo, en encadrant, en surveillant et en conseillant les institutions kosovares, a renforcé l’indépendance de la justice, a amélioré les moyens d’application de la loi et a promu la bonne gouvernance et l’obligation faite aux acteurs institutionnels de rendre des comptes; demande une évaluation approfondie des réalisations d’EULEX Kosovo et des enseignements tirés; rappelle que l’expérience et les enseignements tirés de chaque mission ou opération sont précieux pour l’ensemble des missions et opérations actuelles et futures de la PSDC;

65.

souligne l’importance de l’EUPOL COPPS et de l’EUBAM Rafah à la suite du récent cessez-le-feu et dans le contexte de la mise en œuvre du plan de paix en 20 points, tel qu’approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU et conduisant à la solution à deux États; insiste en particulier sur l’importance de réactiver l’EUBAM Rafah, afin de lui permettre d’agir en tant que tiers neutre au point de passage de Rafah, en coordination avec l’Autorité palestinienne ainsi qu’avec les autorités israéliennes et égyptiennes; invite l’Union et ses États membres à adapter d’urgence les effectifs déployés aux besoins croissants de l’EUBAM Rafah; considère que l’EUPOL COPPS peut jouer un rôle important dans le soutien à la transition politique nécessaire à Gaza, grâce au déploiement de personnel de service répressif afin de promouvoir la stabilité, l’état de droit, le principe de coexistence pacifique et la protection des droits fondamentaux pour les populations de Gaza et de Cisjordanie; considère que ces missions devraient jouer un rôle opérationnel plus important à l’appui des efforts réalisés par l’Autorité palestinienne pour mettre en place un appareil d’État et développer ses capacités; invite Israël et l’Autorité palestinienne à maintenir une coopération pleine et entière avec ces deux missions; encourage Israël et l’Autorité palestinienne à continuer de pleinement collaborer en vue de la démilitarisation du Hamas et d’une paix durable;

66.

prend acte du renouvellement du mandat de l’opération EUNAVFOR MED IRINI jusqu’en mars 2027; reconnaît sa contribution essentielle à l’application de l’embargo sur les armes imposé par les Nations unies à la Libye et à la promotion de la paix et de la stabilité dans le sud de la Méditerranée centrale; salue en outre le succès de l’opération en matière de surveillance et de prévention du trafic illicite d’armes et de pétrole, de contribution à la lutte contre le modèle économique de trafic et de traite d’êtres humains, de renforcement de la sûreté maritime et de soutien à la mise en œuvre du droit international; demande une évaluation des résultats obtenus par l’EUNAVFOR MED IRINI;

67.

constate avec inquiétude que la région du Sahel est désormais dans l’«angle mort» de la PSDC, étant donné que les missions ont été démantelées ou que leur envergure a été réduite, qu’elles ont eu une incidence limitée sur la stabilisation et que l’empreinte sécuritaire de l’Union a reculé dans cette importante région d’Afrique; se déclare profondément préoccupé par la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région du Sahel, en particulier au Mali, au Niger et au Burkina Faso; souligne que le Sahel reste un théâtre d’activités djihadistes, ce qui présente des risques importants de propagation aux régions voisines et menace la sécurité européenne et rend donc stratégiquement essentiel l’engagement durable et cohérent de l’Union dans la région; rappelle que les mandats de la mission de formation de l’Union au Mali, de la mission de partenariat militaire de l’Union au Niger et de la mission sur le terrain du personnel de la mission de renforcement des capacités civiles de l’Union au Sahel et au Niger ont pris fin en 2024; regrette que ces missions n’aient pas atteint leur objectif de stabiliser la région et ses démocraties fragiles, ni de garantir la paix dans la région, en raison du renversement des gouvernements démocratiques par des juntes militaires nationales, qui ont mené des coups d’État en la présence desdites missions; note, en outre, que la dépendance des juntes militaires du Sahel vis-à-vis des milices paramilitaires russes et du soutien politique de la Russie a compromis la sécurité et la stabilité régionales et a concrètement permis aux groupes terroristes de regagner du terrain;

68.

demande une évaluation complète, fondée sur des données probantes, des mandats, des rôles et des politiques de l’Union, ainsi que l’adoption d’une stratégie intégrée et remaniée en profondeur de la PSDC pour la région du Sahel; souligne le rôle joué par la mission de l’Union visant au renforcement des capacités en Somalie dans la consolidation des moyens de la police, de la sécurité maritime et de l’état de droit en Somalie; réclame un partenariat renouvelé entre l’Union et l’Afrique, fondé sur la sécurité, le développement et la gouvernance, qui mette l’accent sur des missions de la PSDC mutuellement bénéfiques; demande le renforcement de la coopération avec les organisations régionales africaines, à la lumière de nos défis communs en matière de sécurité; souligne l’importance de coordonner les actions de la PSDC avec d’autres partenaires internationaux qui partagent les mêmes objectifs;

69.

insiste sur la contribution positive de la mission d’assistance militaire de l’Union européenne au Mozambique au renforcement des capacités opérationnelles des forces armées mozambicaines pour faire face à l’insurrection djihadiste de Cabo Delgado, menée par la branche locale de Daech; demande l’intégration de garanties en matière de droits de l’homme et de gouvernance en vue d’une stabilisation durable, afin d’éviter la propagation dans la région;

70.

insiste sur le rôle majeur joué par l’opération EUNAVFOR ASPIDES depuis février 2024 pour prévenir de nouvelles attaques houthistes contre le transport maritime international en mer Rouge, aider à protéger les navires marchands contre les attaques, les accompagner et renforcer la sécurité maritime dans la région; prie la VP/HR et les États membres d’envisager de la fusionner avec l’opération EUNAVFOR ATALANTA, comme il était initialement prévu, afin d’améliorer l’efficacité des deux opérations et d’assurer que l’opération EUNAVFOR ASPIDES dispose de capacités adéquates;

71.

demande à la VP/HR de formuler des propositions pour le développement de l’éducation à la défense européenne, l’organisation de formations opérationnelles et d’exercices conjoints, ainsi que l’élaboration de programmes de leadership à l’intention des forces armées et des dirigeants politiques, en complément des dispositifs équivalents des États membres et de l’OTAN, en tirant les enseignements des missions et opérations de la PSDC, afin de renforcer la PSDC et de soutenir le déploiement précis et la mise en œuvre de l’article 42, paragraphe 7, du traité UE; demande à ce que des programmes financés par l’Union forment les dirigeants civils et militaires à la réaction aux menaces hybrides, à la planification stratégique et à la coordination entre l’Union et l’OTAN; souligne l’importance d’organiser des entraînements et exercices conjoints entre les forces armées européennes et donc de promouvoir l’interopérabilité, en vue de préparer au mieux les missions et de faire face à un large éventail de menaces, aussi bien conventionnelles que non conventionnelles; réitère à cet égard son soutien à l’initiative européenne relative à l’échange de jeunes officiers (Erasmus militaire) gérée par le Collège européen de sécurité et de défense, qui a pour but de permettre aux institutions nationales d’instruction et de formation militaires d’explorer les possibilités d’échanges quantitatifs et qualitatifs de connaissances et de savoir-faire, ainsi que de développer une culture commune dans les domaines de la sécurité et de la défense et, partant, d’améliorer l’interopérabilité des forces armées;

72.

encourage les États membres à utiliser davantage et de manière plus stratégique la FEP aux fins de la formation et de l’équipement des services de sécurité et de défense des pays du partenariat oriental; incite en outre les États membres à veiller à ce que l’ensemble du soutien en matière d’équipements fournis par l’intermédiaire de la FEP soit pleinement aligné sur les besoins spécifiques des pays bénéficiaires et soit coordonné avec l’OTAN autant que de besoin, afin de garantir la complémentarité et d’éviter la répétition inutile des efforts; souligne que l’une des priorités de la PSDC en ce qui concerne les pays du partenariat oriental doit être le soutien ferme à leur souveraineté et à leur intégrité territoriale à l’intérieur des frontières internationalement reconnues;

73.

rappelle que l’intégration et la mise en œuvre d’une perspective de genre dans les relations extérieures ainsi que la mise en œuvre du programme concernant les femmes, la paix et la sécurité, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies sur la question, constituent des priorités de longue date pour l’Union; rappelle à cet égard qu’il importe de renforcer la participation des femmes aux activités de prévention et de résolution des conflits, aux négociations de paix, à la consolidation et au maintien de la paix, à l’action humanitaire et à la reconstruction au lendemain des conflits; souligne que l’intégration d’une perspective de genre dans toutes les activités externes et internes de la PSDC contribue à améliorer l’efficacité opérationnelle de la PSDC et renforce la crédibilité de l’Union en tant que défenseure de l’égalité de genre dans le monde; demande que des mesures soient prises pour garantir l’égalité de genre et la participation pleine et significative des femmes aux missions et opérations de la PSDC;

74.

reconnaît la contribution précieuse des acteurs religieux, des communautés confessionnelles, du dialogue interculturel et interconfessionnel et de la préservation du patrimoine culturel à la résolution des conflits, à la consolidation de la paix, à la réconciliation et à la promotion de la cohésion des communautés; demande qu’une attention appropriée soit systématiquement accordée à ces aspects dans les missions et opérations de la PSDC;

Développer les partenariats, y compris la coopération avec l’OTAN

75.

se félicite de la signature par l’Union de partenariats en matière de sécurité et de défense (PSD) avec huit pays à ce jour; préconise une mise en œuvre rapide et complète des dispositions des PSD; recommande de développer encore la coopération en matière de sécurité et de défense avec des partenaires partageant les mêmes valeurs et de chercher les moyens d’approfondir la relation avec les plus constructifs d’entre eux, y compris, mais sans s’y limiter, le Canada, la Corée du Sud, le Japon, la Norvège, le Royaume-Uni et l’Ukraine; souligne que, si l’on veut qu’ils soient efficaces, les PSD doivent être complétés par une diplomatie économique qui renforce la résilience et réduise les dépendances; appelle de ses vœux une coopération ciblée avec des partenaires partageant les mêmes valeurs, notamment en Amérique latine et en Afrique, afin de diversifier les chaînes d’approvisionnement et d’assurer l’accès aux matières premières critiques pour la BITDE;

76.

souligne que l’OTAN demeure une composante essentielle de la défense territoriale transatlantique collective et que l’Union et l’OTAN jouent des rôles qui se complètent et se renforcent mutuellement dans la perspective de la consolidation de la sécurité internationale; affirme que la coopération entre l’Union et l’OTAN doit progresser, notamment grâce à un partage accru de renseignements et d’informations, ainsi qu’à une collaboration sur les systèmes de commandement et de contrôle; invite en outre les alliés européens au sein de l’OTAN à prendre rapidement des mesures concrètes afin de mettre en place un pilier européen fort et crédible de cette alliance; estime toutefois que l’expression «pilier européen de l’OTAN» est mal définie et masque l’incapacité des États membres de l’Union à mettre correctement en œuvre la PSDC, en particulier l’article 42, paragraphes 2 et 7, du traité UE; relève que l’expression «pilier européen de l’OTAN» peut s’entendre comme une contribution responsable et complémentaire de l’Union à la sécurité collective alliée, fondée sur une coopération efficace, l’interopérabilité et un partage équitable des charges au sein de l’Alliance; souligne que tout renforcement de la PSDC doit se faire en parfaite cohérence avec les engagements de l’OTAN; estime en outre que l’Union et ses États membres doivent être prêts à agir de manière autonome sur la base de l’article 42, paragraphes 2 et 7, du traité UE, en particulier dans l’hypothèse improbable d’une paralysie du processus décisionnel de l’OTAN;

77.

préconise de renforcer la coopération militaire et en matière de sécurité avec les pays candidats à l’adhésion dont l’alignement sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’Union et la mise en œuvre de celle-ci dépassent les 80 %, en particulier les pays les plus exposés militairement, notamment en les incluant et en leur permettant de participer aux initiatives de l’Union en matière de défense, comme les projets CSP; insiste sur les perspectives de coopération industrielle en matière de défense avec ces pays candidats; souligne la nécessité d’approfondir la coopération et d’étendre l’aide de l’Union pour se défendre contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, afin de contrer l’influence malveillante de pays tiers, notamment grâce à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité; propose l’introduction de critères de référence plus stricts en matière de sécurité et de défense dans les évaluations de la Commission, ainsi que de feuilles de route pour la coopération bilatérale en matière de défense entre les États membres de l’Union et ces pays candidats; affirme qu’une coopération et une interopérabilité accrues avec ces partenaires renforceraient la résilience européenne et la stabilité de la région; souligne que cette approche est nécessaire pour contrer l’influence de la Russie, de la Chine et d’autres pays tiers, mais aussi pour renforcer la lutte contre le trafic d’armes;

78.

note le rôle prépondérant joué par Taïwan dans le développement de technologies de pointe et de sa vaste expérience en matière de défense contre les attaques hybrides et les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées par la Chine; estime que ces considérations devraient figurer au premier plan au moment d’évaluer les possibilités de renforcer la coopération et les échanges multilatéraux; appelle de ses vœux des échanges réguliers entre l’Union et ses homologues taïwanais sur les questions de sécurité et un renforcement de la coopération pour lutter contre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger et le sabotage de câbles sous-marins; encourage les discussions sur une éventuelle coopération de tiers en matière de défense et de sécurité avec des partenaires partageant les mêmes valeurs, y compris Taïwan; invite la Commission et les États membres à coordonner étroitement la politique de sécurité avec Taïwan et les partenaires de la mer de Chine méridionale, en prévoyant notamment une présence navale régulière et des exercices conjoints; invite en outre la Commission à respecter l’engagement qu’elle a pris envers le Parlement d’œuvrer à une dissuasion efficace contre une éventuelle invasion de Taïwan; demande une nouvelle fois à l’Union de poursuivre son action avec les partenaires stratégiques émergents dans la région, tels que l’Indonésie et le Viêt Nam;

La future architecture de sécurité européenne: une véritable PSDC – quand, sinon maintenant?

79.

se déclare vivement préoccupé par le fait que les agressions répétées de la Russie ont érodé l’architecture de sécurité de l’Europe, sapant l’acte final d’Helsinki de 1975 de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et révélant l’échec des processus institutionnels et politiques connexes; souligne que seule la coopération entre tous les États, fondée sur des règles établies d’un commun accord, peut protéger contre la guerre et assurer une sécurité commune; insiste sur l’importance de bâtir une architecture européenne de sécurité renouvelée qui renforce le lien transatlantique, conformément aux intérêts stratégiques de l’Union, intensifie la coopération avec l’OTAN et favorise la stabilité dans le voisinage oriental et méridional de l’Union; souhaite que la réflexion stratégique nécessaire à cette architecture européenne de sécurité renouvelée progresse, y compris sur le renforcement du partenariat euro-atlantique; se félicite des mesures positives prises jusqu’à présent, à la lumière de l’objectif, énoncé dans la lettre de mission adressée en décembre 2024 par la présidente de la Commission au commissaire à la défense et à l’espace, Andrius Kubilius, de créer une véritable UED; demande la formulation d’une vision claire et l’adoption d’une feuille de route stratégique pour les mesures restantes, afin de garantir la cohérence entre tous les aspects financiers, institutionnels et opérationnels requis; demande que les États membres s’engagent politiquement et agissent en faveur de la réalisation de l’UED;

80.

souligne que des menaces sans précédent et l’évolution de la géopolitique affectent profondément les intérêts stratégiques de l’Union; insiste sur la nécessité d’une perception commune des menaces et d’une sensibilisation du public; met l’accent sur le fait que ces enjeux et perspectives rendent urgent de mettre en œuvre la PSDC en tant que base d’une véritable UED et, idéalement, de mettre à profit ce moment charnière pour renforcer l’efficacité des instruments existants et, le cas échéant, faire progresser la coopération entre les États membres dans le cadre actuel des traités;

81.

considère que le renforcement du pilier européen de l’OTAN devrait aller de pair avec la mise en œuvre de l’article 42, paragraphe 7, du traité UE, afin de garantir des synergies et une complémentarité; demande instamment à l’Union et à ses États membres de définir des procédures et des mécanismes opérationnels dans le cas où un État membre déclencherait l’article 42, paragraphe 7, du traité UE, et de veiller à la cohérence entre cette disposition et ses équivalents au sein de l’OTAN, afin que la clause de défense mutuelle puisse constituer un niveau crédible et robuste de sécurité et de défense européennes, tout en assurant une cohérence totale avec l’OTAN, en complétant les efforts nationaux, en évitant toute concurrence avec les mécanismes de défense de l’alliance et en évitant tout double emploi inutile; demande à cet égard des exercices de routine pour les scénarios visés à l’article 42, paragraphe 7, du traité UE;

82.

réitère son appel en faveur d’un format permanent pour le Conseil des ministres de la défense, qui servirait d’enceinte de coordination politique et stratégique, ainsi que du passage du vote à l’unanimité au vote à la majorité qualifiée dans les cas relevant de l’article 31 du traité UE, à l’exception des mandats militaires exécutifs; recommande d’étudier des formules de coopération flexibles et pragmatiques, qui rendent les décisions plus efficaces sans modifier l’équilibre institutionnel établi, et de renforcer la coordination politique et stratégique au sein de l’Union;

83.

souligne qu’il convient de renforcer les structures, les processus décisionnels et l’autonomie opérationnelle de l’Union; réitère son appel en faveur d’une plus grande cohérence dans la gouvernance de la PSDC, qui doit faire le lien entre les États membres, la VP/HR et les commissaires; se félicite du rôle et des initiatives du commissaire à la défense et à l’espace dans le cadre de la PSDC, conformément à l’article 42, paragraphe 3, du traité UE; demande instamment une meilleure coordination entre les organes compétents de l’Union, afin de faciliter la mise en œuvre rapide et efficace des décisions prises; souligne le travail accompli par l’AED pour renforcer la coopération européenne en matière de défense entre les États membres, essentielle pour une véritable UED; fait observer que d’un point de vue organisationnel, l’AED est déconnectée de la direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace de la Commission, puisque toutes deux mettent en œuvre les mandats de la PSDC, mais que la première rend compte à la VP/HR et la seconde au commissaire à la défense et à l’espace; met en lumière les synergies qui pourraient découler d’une réforme institutionnelle; juge toutefois la coopération actuelle satisfaisante; réaffirme que toute évolution de la gouvernance de la défense européenne doit préserver l’équilibre entre souveraineté nationale et coordination européenne, en évitant la duplication des structures et en garantissant la responsabilité démocratique;

84.

demande que les autorités régionales et locales soient associées à la planification et au renforcement de la résilience en matière de défense, en particulier dans les régions frontalières et littorales; insiste sur la nécessité d’un contrôle démocratique, de la transparence et de la participation du public pour façonner l’avenir de la défense européenne;

85.

constate l’importance et l’efficacité de la coalition des volontaires dans le cadre des traités en vigueur et dans le contexte actuel de la discorde entre les États membres, notamment en réaction à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine; note toutefois que le recours à cette coalition éloigne davantage l’Union de la mise en œuvre de l’article 42, paragraphes 2 et 7, du traité UE; estime que de telles coalitions, lorsqu’elles sont inclusives et coordonnées, peuvent être un instrument légitime pour une coopération flexible dans le cadre de la PSDC; relève que l’article 42, paragraphe 6, du traité UE sur la CSP a été interprété de manière restrictive comme portant sur la coopération en matière de développement des capacités, mais pas sur les aspects exécutifs et opérationnels; propose, par conséquent, d’envisager des projets CSP opérationnels au titre de l’article 42, paragraphe 6, du traité UE, y compris en ce qui concerne les communications militaires sécurisées, les capacités de commandement et de contrôle et les capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance au moyen de systèmes spatiaux européens, toujours en coordination avec l’OTAN et dans le respect du principe de participation volontaire;

Renforcer le contrôle parlementaire de la PSDC

86.

préconise de renforcer le rôle de surveillance et de contrôle du Parlement dans le prolongement du développement du rôle de l’Union en matière de défense et de l’augmentation des dépenses consacrées aux politiques et programmes de défense de l’Union, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre des réglementations industrielles en matière de défense; estime que la commission de la sécurité et de la défense du Parlement devrait jouer un rôle de premier plan en la matière; réaffirme, à cet égard, que le rôle de contrôle et les fonctions législatives et budgétaires du Parlement doivent être étendus à un plus grand nombre d’initiatives de défense menées par les institutions de l’Union, en particulier aux travaux effectués dans le cadre de la PSDC, notamment en renforçant le dialogue régulier et la fourniture et l’échange d’informations et en maintenant des canaux de communication permanents entre la VP/HR, le commissaire à la défense et à l’espace, la Cour des comptes européenne et les organes compétents du Parlement européen; recommande que les commissions parlementaires compétentes reçoivent régulièrement des mises à jour en matière de renseignement, le cas échéant et dans le respect des procédures de vérification et d’autorisation appropriées; souligne la création de sa propre commission spéciale sur le bouclier européen de la démocratie, qui présente la vision du Parlement pour renforcer la capacité de l’Union à détecter, à décourager et à combattre les activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger et les autres menaces et attaques hybrides;

87.

invite le Parlement européen et les parlements nationaux à mettre en place un dialogue structuré sur la mise en œuvre de la PSDC et le contrôle des dépenses de défense européennes, afin d’améliorer la transparence, la responsabilité et la confiance du public envers la PSDC; relève la nécessité d’étendre la coopération entre la commission de la sécurité et de la défense du Parlement et les commissions de sécurité et de défense des parlements nationaux des États membres, afin de parvenir à une perception commune des menaces et à une coopération dans les travaux législatifs, ce qui permettra une augmentation rapide des capacités de défense de l’Union; insiste sur le fait que les commissions parlementaires similaires dans les pays candidats devraient également être associées, dans la mesure du possible;

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° °

88.

charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au Conseil européen, à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, à la présidente de la Commission, aux commissaires compétents, au secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, au secrétaire général de l’OTAN, au président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, aux agences de l’Union pour la sécurité et la défense, ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres et des pays partenaires.


(1) JO L 331 du 14.12.2017, p. 57, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2017/2315/oj.

(2) JO L, 2024/890, 19.3.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2024/890/oj.

(3) JO L 170 du 12.5.2021, p. 149, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/697/oj.

(4) Textes adoptés de cette date, P10_TA(2025)0230.

(5) JO C, C/2025/4389, 9.9.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4389/oj.

(6) JO C, C/2025/3151, 20.6.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3151/oj.

(7) JO C, C/2025/3150, 20.6.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/3150/oj.

(8) JO C, C/2025/487, 29.1.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/487/oj.

(9) JO C 167 du 11.5.2023, p. 18

(10) JO C 167 du 11.5.2023, p. 105.

(11) Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil, présentée par la Commission le 3 décembre 2025, établissant le prêt de réparation en faveur de l’Ukraine et modifiant le règlement (UE) 2024/792 du Parlement européen et du Conseil du 29 février 2024 établissant la facilité pour l’Ukraine (COM(2025)3502).

(12) Règlement (UE) 2025/2600 du Conseil du 12 décembre 2025 relatif à des mesures d’urgence pour faire face aux graves difficultés économiques causées par les actions de la Russie dans le contexte de la guerre d’agression menée contre l’Ukraine (JO L, 2025/2600, 13.12.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2025/2600/oj).

(13) Position commune 2008/944/PESC du Conseil du 8 décembre 2008 définissant des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires (JO L 335 du 13.12.2008, p. 99, ELI: http://data.europa.eu/eli/compos/2008/944/oj).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/3689/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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