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AccueilDroit européen62026CO0013
Ordonnance CJUE62026CO0013

Ordonnance de la Cour (dixième chambre) du 15 juillet 2026.#Emilio De Capitani contre Conseil de l'Union européenne.#Pourvoi – Article 181 du règlement de procédure de la Cour – Accès aux documents – Règlement (CE) no 1049/2001 – Documents de travail émanant du secrétariat général du Conseil de l’Union européenne – Absence de publication dans le registre du Conseil des documents communiqués à la suite d’une demande d’accès – Article 10 et article 16, paragraphe 8, TUE – Article 15 TFUE – Absence de décision implicite de refus de publication – Absence d’acte attaquable – Pourvoi en partie manifestement irrecevable et en partie manifestement non fondé.#Affaire C-13/26 P.

CELEX62026CO0013
TypeOrdonnance CJUE
Datemercredi 15 juillet 2026

Texte intégral

ORDONNANCE DE LA COUR (dixième chambre)

15 juillet 2026 (*)

« Pourvoi – Article 181 du règlement de procédure de la Cour – Accès aux documents – Règlement (CE) no 1049/2001 – Documents de travail émanant du secrétariat général du Conseil de l’Union européenne – Absence de publication dans le registre du Conseil des documents communiqués à la suite d’une demande d’accès – Article 10 et article 16, paragraphe 8, TUE – Article 15 TFUE – Absence de décision implicite de refus de publication – Absence d’acte attaquable – Pourvoi en partie manifestement irrecevable et en partie manifestement non fondé »

Dans l’affaire C‑13/26 P,

ayant pour objet un pourvoi au titre de l’article 56 du statut de la Cour de justice de l’Union européenne, introduit le 15 janvier 2026,

Emilio De Capitani, demeurant à Bruxelles (Belgique), représenté par Mes O. W. Brouwer, A. Pliego Selie, T. C. van Helfteren, advocaten, et Me N. S. Piga, avocat,

partie requérante,

les autres parties à la procédure étant :

Conseil de l’Union européenne,

partie défenderesse en première instance,

Royaume de Belgique,

République de Finlande,

Royaume de Suède,

République française,

parties intervenantes en première instance,

LA COUR (dixième chambre),

composée de M. J. Passer (rapporteur), président de chambre, MM. D. Gratsias et B. Smulders, juges,

avocat général : Mme T. Ćapeta,

greffier : M. A. Calot Escobar,

vu la décision prise, l’avocate générale entendue, de statuer par voie d’ordonnance motivée, conformément à l’article 181 du règlement de procédure de la Cour,

rend la présente

Ordonnance

1 Par son pourvoi, M. Emilio De Capitani demande l’annulation de l’arrêt du Tribunal de l’Union européenne du 29 octobre 2025, De Capitani/Conseil (T‑590/23, ci-après l’« arrêt attaqué », EU:T:2025:1001), par lequel celui-ci, après avoir partiellement accueilli sa demande en annulation de la décision SGS 23/002579 du Conseil de l’Union européenne, du 14 juillet 2023 (ci-après la « décision litigieuse »), en ce qu’elle lui avait refusé l’accès à des documents de travail établis par le secrétariat général du Conseil dans le cadre de deux procédures législatives en cours lors de la demande d’accès, a rejeté comme étant irrecevable pour défaut d’acte attaquable sa demande en annulation de la « décision implicite ou explicite continue » du Conseil de ne pas publier directement dans le registre qu’il tient des documents législatifs auxquels l’accès a été accordé à la suite d’une demande au titre du règlement (CE) no 1049/2001 du Parlement européen et du Conseil, du 30 mai 2001, relatif à l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission (JO 2001, L 145, p. 43).

2 Le requérant demande également à la Cour, dans l’hypothèse où elle accueillerait le pourvoi, de statuer définitivement sur le litige ou, subsidiairement, de renvoyer l’affaire devant le Tribunal pour qu’il statue conformément à l’arrêt de la Cour.

3 Enfin, le requérant demande à la Cour de condamner le Conseil aux dépens, y compris ceux des éventuelles parties intervenantes.

Sur le pourvoi

4 En vertu de l’article 181 du règlement de procédure de la Cour, lorsque le pourvoi est, en tout ou en partie, manifestement irrecevable ou manifestement non fondé, la Cour peut, à tout moment, sur proposition du juge rapporteur, l’avocat général entendu, décider de rejeter ce pourvoi, totalement ou partiellement, par voie d’ordonnance motivée.

5 Il y a lieu de faire application de cette disposition dans la présente affaire.

6 Mme l’avocate générale a, le 12 mai 2026, pris la position suivante :

« 1. Les questions de fond soulevées par le requérant dans le présent pourvoi, qui concernent l’interprétation des obligations du Conseil découlant du principe de transparence, notamment dans le cadre de la procédure législative, présentent certainement une importance pour la vie démocratique de l’Union européenne. Toutefois, le présent pourvoi ne permettra pas à la Cour de fournir une telle interprétation.

2. En effet, pour les motifs exposés ci-après, je propose à la Cour de rejeter le pourvoi dans son ensemble comme étant, en partie, manifestement non fondé et, en partie, manifestement irrecevable, conformément à l’article 181 du règlement de procédure [...].

Sur le pourvoi

3. Par son pourvoi, le requérant, M. [...] De Capitani, demande l’annulation partielle de l’[arrêt attaqué]. Par cet arrêt, le Tribunal a, d’une part, partiellement fait droit à sa demande d’annulation de la [décision litigieuse], en ce qu’il lui avait refusé l’accès à des documents de travail établis par le secrétariat général du Conseil dans le cadre de deux procédures législatives en cours lors de la demande d’accès (premier point du dispositif de l’arrêt attaqué).

4. D’autre part, le Tribunal a rejeté comme étant irrecevable sa demande d’annulation de la décision litigieuse au motif qu’elle ne contenait pas de “décision implicite ou explicite continue” du Conseil de ne pas publier directement dans le registre les documents législatifs qui lui avaient été rendus accessibles à la suite d’une demande au titre du règlement [no 1049/2001]. Plus précisément, le Tribunal a considéré qu’il n’existait aucun acte attaquable (deuxième point du dispositif de l’arrêt attaqué).

5. Le présent pourvoi conteste le deuxième point du dispositif de l’arrêt attaqué.

6. Le requérant conclut, à titre principal, à l’annulation des points 25 à 58 et des points 62 à 75 de l’arrêt attaqué ainsi que du point 2 du dispositif de cet arrêt, au motif d’une interprétation erronée du droit de l’Union, ainsi qu’à l’annulation des points 49 à 58 et du point 2 du dispositif dudit arrêt, au motif d’une erreur de procédure. À l’appui de son pourvoi, il soulève deux moyens.

Sur le premier moyen

7. Le premier moyen du pourvoi, qui comporte deux branches, est tiré d’erreurs de droit commises par le Tribunal dans son interprétation du droit de l’Union.

8. Par la première branche du premier moyen, dirigée contre les points 62 à 75 de l’arrêt attaqué, le requérant soutient que le Tribunal a commis plusieurs erreurs de droit dans l’interprétation du droit démocratique fondamental à la transparence législative ainsi que de l’obligation de transparence législative découlant tous deux de l’article 10 et de l’article 16, paragraphe 8, TUE ainsi que de l’article 15, paragraphe 2, TFUE, du droit spécifique d’accès aux documents législatifs du Conseil prévu à l’article 15, paragraphe 3, TFUE et de l’obligation de mettre ces documents à la disposition du public dans le registre du Conseil.

9. Selon le requérant, les documents législatifs auxquels aucune exception au droit d’accès ne s’applique doivent être mis à la disposition du public dans le registre du Conseil immédiatement après leur “création”, afin de permettre aux citoyens d’exercer leur droit démocratique de participation consacré à l’article 10 TUE et d’éviter que les citoyens ne soient contraints de déposer des demandes d’accès au titre du règlement no 1049/2001.

10. Toutefois, aux points 62 à 75 de l’arrêt attaqué, le Tribunal s’est prononcé sur l’argumentation développée au soutien du premier moyen du recours en annulation, qu’il a accueilli pour d’autres motifs.

11. Dès lors que le requérant a obtenu l’annulation sollicitée sur le fondement de ce premier moyen, il ne justifie d’aucun intérêt à contester les motifs pour lesquels le Tribunal a écarté une partie de son argumentation. La première branche du premier moyen du pourvoi doit, par suite, être écartée comme étant manifestement irrecevable.

12. Par la seconde branche du premier moyen, dirigée contre les points 25 à 58 de l’arrêt attaqué, le requérant fait valoir que le Tribunal a méconnu la portée du règlement no 1049/2001, en l’interprétant sans tenir compte des modifications résultant du traité de Lisbonne. À cet égard, le requérant invoque plusieurs erreurs de droit dans l’interprétation par le Tribunal de l’article 2, paragraphe 4, et de l’article 12, paragraphes 1, 2 et 4, du règlement no 1049/2001. Selon lui, ces dispositions lues conjointement imposent au Conseil de mettre à la disposition du grand public, dans le registre du Conseil, les documents législatifs dont l’accès a été accordé à un demandeur.

13. Le Tribunal aurait toutefois considéré, aux points 50 à 55 de cet arrêt, que le règlement no 1049/2001 ne lie pas directement le droit d’accès aux documents, prévu à l’article 2, paragraphe 1, de ce règlement, à l’obligation incombant aux institutions d’établir un registre public, prévue à l’article 11 dudit règlement, ni à l’obligation de rendre ces registres accessibles au public, prévue à l’article 12 du même règlement. Il s’est notamment fondé sur l’arrêt du 2 octobre 2014, Strack/Commission (C-127/13 P, EU:C:2014:2250, point 44), par lequel la Cour a jugé que le respect de l’obligation d’enregistrer les documents ne peut être imposé au moyen d’une demande d’accès aux documents.

14. Le Tribunal en aurait déduit que la décision litigieuse, par laquelle le Conseil s’est prononcé sur la demande du requérant visant à obtenir l’accès à certains documents législatifs préparatoires, ne comportait aucun refus implicite de celui-ci de publier les documents en cause dans son registre.

15. Le requérant estime que l’arrêt du 2 octobre 2014, Strack/Commission (C-127/13 P, EU:C:2014:2250), n’est pas applicable, car il a été rendu dans un contexte sensiblement différent de celui en cause en l’espèce. Il estime que les articles 2, 11 et 12 du règlement no 1049/2001 doivent être interprétés en ce sens que les documents législatifs auxquels une institution a accordé l’accès doivent être mis à la disposition du public dans le registre de cette institution, le cas échéant au moyen d’un lien vers leur emplacement électronique. Par conséquent, une personne pourrait faire valoir, par une demande d’accès aux documents, le droit à ce que ces documents soient mis à la disposition du public.

16. Toutefois, le requérant n’expose pas en quoi cette argumentation, à la supposer fondée, serait de nature à remettre en cause la solution retenue par le Tribunal, selon laquelle le silence du Conseil dans la décision litigieuse concernant la publication au registre des documents auxquels l’accès a été accordé au requérant n’était pas susceptible de constituer une décision implicite de refus du Conseil de procéder à une telle publication dans ce registre.

17. Pour cette raison, je considère que la deuxième branche du premier moyen est manifestement non fondée.

18. Pour les raisons qui précèdent, je propose à la Cour de rejeter le premier moyen invoqué par le requérant comme étant, en partie, manifestement irrecevable et, en partie, manifestement non fondé.

Sur le second moyen

19. Par son second moyen, le requérant fait valoir que le Tribunal a commis une “erreur de procédure” en déclarant l’irrecevabilité du deuxième chef de conclusions du recours en annulation sans avoir examiné le quatrième moyen de ce recours, tiré de la méconnaissance de l’obligation de transparence législative prévue à l’article 15 TFUE.

20. Toutefois, le requérant n’indique pas, avec la clarté et la précision requises, en quoi le Tribunal aurait commis une « erreur de procédure » en statuant ainsi. Par conséquent, son argumentation ne satisfait pas aux exigences de l’article 256, paragraphe 1, TFUE, de l’article 58, premier alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne et de l’article 168, paragraphe 1, sous d), du règlement de procédure.

21. En tout état de cause, il ressort de l’arrêt attaqué que les arguments invoqués au soutien du quatrième moyen du recours en annulation se rattachaient au deuxième chef de conclusions. Dès lors que le Tribunal a rejeté ce deuxième chef de conclusions comme étant irrecevable, le Tribunal n’était pas tenu de se prononcer sur les arguments soulevés au soutien du quatrième moyen d’annulation soulevé devant lui. Le requérant n’est, par suite, pas fondé à soutenir que le Tribunal aurait entaché cet arrêt d’une erreur de procédure.

22. Je propose donc à la Cour de rejeter le second moyen comme étant manifestement irrecevable.

23. Au vu de ce qui précède, je propose à la Cour de rejeter le pourvoi comme étant, en partie, manifestement irrecevable et, en partie, manifestement non fondé. »

7 Pour les mêmes motifs que ceux retenus par Mme l’avocate générale, il y a lieu de rejeter le pourvoi dans son intégralité, en vertu de l’article 181 du règlement de procédure, comme étant en partie, manifestement irrecevable et, en partie, manifestement non fondé.

Sur les dépens

8 Conformément à l’article 137 du règlement de procédure, applicable à la procédure de pourvoi en vertu de l’article 184, paragraphe 1, de ce règlement, il est statué sur les dépens dans l’ordonnance qui met fin à l’instance.

9 En l’espèce, la présente ordonnance étant adoptée avant que le pourvoi ne soit signifié au Conseil et aux parties intervenantes en première instance et, par conséquent, avant que ceux-ci n’aient pu exposer des dépens, il convient de décider que M. De Capitani supportera ses propres dépens.

Par ces motifs, la Cour (dixième chambre) ordonne :

1) Le pourvoi est rejeté comme étant, en partie, manifestement irrecevable et, en partie, manifestement non fondé.

2) M. Emilio De Capitani supporte ses propres dépens.

Signatures


* Langue de procédure : l’anglais.

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