Acte AELEE2023J0015

ARRÊT DE LA COUR du 5 décembre 2024 dans l’affaire E-15/23 — K contre Nasjonalt klageorgan for helsetjenesten (Office national des recours en matière de services de santé) (Loi sur la sécurité sociale – Libre circulation des patients – Article 36 de l’accord EEE – Directive 2011/24/UE – Article 7 – Droits des patients – Remboursement des coûts des soins de santé transfrontaliers – Article 129 de l’accord EEE)

CELEXE2023J0015
TypeActe AELE
Datejeudi 5 décembre 2024

Résumé IA

Cet arrêt de la Cour AELE clarifie les droits des patients en matière de remboursement des soins de santé transfrontaliers au sein de l'Espace économique européen. Il interprète l'article 36 de l'accord EEE et la directive 2011/24/UE, en précisant les obligations des États membres concernant le calcul et le remboursement des frais médicaux engagés dans un autre État de l'EEE. La décision délimite ainsi la portée du principe de libre circulation des patients et ses implications pour les systèmes nationaux de sécurité sociale.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2025/1926

27.3.2025

ARRÊT DE LA COUR

du 5 décembre 2024

dans l’affaire E-15/23

K contre Nasjonalt klageorgan for helsetjenesten (Office national des recours en matière de services de santé)

(Loi sur la sécurité sociale – Libre circulation des patients – Article 36 de l’accord EEE – Directive 2011/24/UE – Article 7 – Droits des patients – Remboursement des coûts des soins de santé transfrontaliers – Article 129 de l’accord EEE)

(C/2025/1926)

Dans l’affaire E-15/23, K contre Nasjonalt klageorgan for helsetjenesten (Office national des recours en matière de services de santé) – DEMANDE adressée à la Cour, conformément à l’article 34 de l’accord entre les États membres de l’AELE relatif à l’institution d’une Autorité de surveillance et d’une Cour de justice, par la Trygderetten (Cour d’appel nationale chargée des affaires d’assurance sociale), au sujet de l’interprétation de la directive 2011/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2011 relative à l’application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers, et notamment de son article 7, et de l’article 36 de l’accord sur l’Espace économique européen, la Cour, composée de MM. Páll Hreinsson, président, Bernd Hammermann (juge rapporteur) et Michael Reiertsen, juges, a rendu le 5 décembre 2024 un arrêt dont le dispositif est le suivant:

1.

Une mesure nationale imposant, aux fins du remboursement des soins de santé nationaux et transfrontaliers, une obligation de spécialisation du professionnel de santé n’est compatible avec l’article 36 de l’accord EEE et avec l’article 7 de la directive 2011/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2011 relative à l’application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers que si les conditions liées à la preuve de la qualification requise du professionnel de santé ne sont pas discriminatoires ni constitutives d’une entrave à la libre circulation des patients, à moins qu’elles ne soient objectivement justifiées par des impératifs de planification liés à l’objectif de garantir une accessibilité suffisante et permanente à une gamme équilibrée de soins de qualité élevée dans l’État de l’EEE concerné ou à la volonté d’assurer une maîtrise des coûts et d’éviter autant que possible tout gaspillage de ressources financières, techniques et humaines.

2.

Afin de déterminer si le professionnel de santé dans un autre État de l’EEE possède une spécialisation équivalente ou une compétence matérielle équivalente, une spécialisation énumérée à l’annexe V de la directive 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles peut être considérée comme une preuve suffisante de la compétence matérielle, mais ne saurait être considérée comme nécessaire pour prouver la compétence matérielle. Une évaluation effectuée par les autorités d’un État de l’EEE conformément à l’article 7, paragraphe 7, de la directive 2011/24/UE pour déterminer si le praticien de l’art dentaire traitant dispose d’une compétence équivalente à celle requise aux fins du remboursement ne doit pas être limitée aux cas dans lesquels la spécialité en question ou une compétence formelle équivalente ne figure pas à l’annexe V.

3.

Les autorités compétentes de l’État d’affiliation doivent également procéder à une évaluation afin de déterminer si le professionnel de santé traitant dispose d’une compétence équivalente à celle requise par le droit national, même si la spécialisation est incluse par l’État de traitement dans l’annexe V de la directive 2005/36/CE, mais n’est pas détenue par le professionnel de santé. Les procédures administratives liées à l’évaluation de l’équivalence ne doivent toutefois pas représenter une charge supplémentaire injustifiée pour les patients qui choisissent de recevoir des soins dans un autre État de l’EEE en comparaison des patients demandant à se faire soigner en Norvège.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/1926/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)