lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL00553 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TOUZANI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B D a demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler l'arrêté du 16 juin 2020 par lequel le préfet de Vaucluse a rejeté sa demande de titre de séjour.
Par un jugement n° 2002439 du 16 décembre 2021, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 14 février 2022 sous le n° 22MA00553 au greffe de la cour administrative d'appel de Marseille, puis le 1er mars 2022 au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse sous le n° 22TL00553, Mme D, représentée par Me Touzani, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 16 décembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la décision à intervenir ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
-elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant
1. Le dernier alinéa de l'article l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des formations de jugement des cours ()peuvent (), par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (). "
2. Mme D, ressortissante marocaine née le 1er janvier 1977, est titulaire d'un titre de séjour d'une durée illimitée délivré le 1er mars 2018 par les autorités italiennes, et déclare être entrée en France en juillet 2016 après avoir séjourné 10 années en Italie entre 2006 et 2016. Le 15 janvier 2020, elle a présenté une demande de titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale auprès du préfet de Vaucluse. Par arrêté du 16 juin 2020, le préfet de Vaucluse a rejeté cette demande. Mme D relève appel du jugement n°2002439 du 16 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte l'énoncé des motifs de droit et de fait qui constituent le fondement du refus de séjour. Il comporte notamment un exposé circonstancié des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de la requérante. Par suite, le moyen tiré de son insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, au terme de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable au litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / ()/ 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. () ".
5. Madame D reprend en appel ses moyens de première instance tirés de ce qu'elle aurait séjourné durant 4 années sur le sol français à la date d'édiction de l'arrêté du préfet. Elle produit de nouvelles pièces justificatives, à savoir 2 avenants au contrat de travail sans bulletins de salaire pour la période du 1er juin au 2 décembre 2020, des pièces médicales, relevés bancaires et de situation, un certificat du centre social CESAM, le justificatif d'achat, de réparation, de contrôle technique et d'assurance d'un véhicule automobile, qui ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges relative à l'ancienneté et la stabilité de sa présence sur le sol français. L'intéressée ne se prévaut d'aucun élément de fait nouveau et probant par rapport à l'argumentation développée devant le tribunal administratif de nature à justifier d'une durée de résidence habituelle en France et des liens familiaux suffisamment anciens, intenses et stables.
6.Mme D expose qu'elle dispose d'attaches personnelles sur le territoire français, à savoir son frère, Driss D, et son père, E D, qui l'héberge à son domicile, avec sa fille majeure Yousra C, étudiante, et son fils mineur A C, scolarisé en classe de seconde. Toutefois, il est constant que l'intéressée dispose d'un titre de séjour italien à durée illimitée -pays où elle indique avoir vécu 10 ans et où ses deux enfants - sa fille majeure Yousra-née le 24 mai 2002 au Maroc- et son fils mineur A -né le 18 avril 2006 en Italie- sont autorisés à séjourner. Rien ne s'oppose, compte tenu de l'âge de ses enfants et du caractère récent de la présence de requérante en France, à la poursuite de la vie familiale sur le territoire marocain, où sont nées la requérante et sa fille, ou sur le territoire italien sur lequel la famille est autorisée à séjourner de façon illimitée. Dans ces conditions, la requérante, qui ne démontre pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine ou en Italie, n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige porte une atteinte excessive au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle et familiale.
7.Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme D est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fins d'injonction et au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D .
Copie en sera adressée pour information au préfet de Vaucluse
Fait à Toulouse, le 18 juillet 2022.
La présidente de la 2ème chambre,
A. Geslan-Demaret
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°22TL00553
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026