Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-25PA03519

mardi 1 septembre 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-25PA03519
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantSELARL VICTOR FONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Paris d’une part, d’annuler l’arrêté du 30 septembre 2022 par lequel le ministre de l’intérieur a établi le tableau d’avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l’année 2022 et a implicitement rejeté sa demande d’inscription à ce tableau et l’arrêté du ministre de l’intérieur du 14 octobre 2022 portant avancement d’échelon et d’autre part, d’annuler l’ensemble des arrêtés de nomination au grade de brigadier-chef de police au titre de l’année 2022.

Par une ordonnance n° 2307407 du 16 mai 2025, la vice-présidente de la 5ème section du tribunal administratif de Paris a constaté qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur ses conclusions tendant à l’annulation de l’arrêté du ministre de l’intérieur du 30 septembre 2022 et a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du ministre de l’intérieur du 14 octobre 2022.


Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2025, M. B..., représenté par Me Font, demande à la Cour :

1°) d’annuler l’article 2 de l’ordonnance du 16 mai 2025 de la vice-présidente de la 5ème section du tribunal administratif de Paris ;

2°) d’annuler l’arrêté du 14 octobre 2022 du ministre de l’intérieur portant avancement d’échelon ;

3°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur d’une part de lui accorder un avancement au grade de brigadier-chef à compter du 1er juillet 2022 au sein de sa nouvelle unité la CRS 57 à Carcassonne et d’autre part, de réviser rétroactivement sa situation administrative et financière à compter du 1er juillet 2022 dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que suite à l’annulation de l’arrêté du 30 septembre 2022 portant tableau d’avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l’année 2022, par un jugement du tribunal administratif de Paris, n° 2223437 du 10 avril 2024, devenu définitif, l’arrêté du 14 octobre 2022 portant avancement d’échelon est par conséquent dépourvu de base légale et doit être annulé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’alinéa 7 de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « les premiers vice-présidents des cours peuvent (…) par ordonnance (…) rejeter après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ». Aux termes du dernier aliéna de l’article R. 222-1 du même code : « Les premiers-vices présidents des tribunaux et des cours peuvent (…), par ordonnance (…) rejeter (…) après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».

M. B..., brigadier de police depuis le 1er juillet 2015, a présenté sa candidature à l’avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l’année 2022. Par un arrêté du 30 septembre 2022, publié au bulletin officiel du ministère de l’intérieur
n° 2022-11-1 du 14 novembre 2022, le ministre de l’intérieur a établi le tableau d’avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l’année 2022 sur lequel M. B... ne figurait pas. Par un jugement n° 2223437 du 10 avril 2024 devenu définitif, le tribunal administratif de Paris a annulé l’arrêté du ministre de l’intérieur du 30 septembre 2022 portant tableau d’avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l’année 2022. Par une ordonnance du 16 mai 2025, la vice-présidente de la 5ème section du tribunal administratif de Paris a constaté qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur les conclusions de la demande de M. B... tendant à l’annulation de l’arrêté du ministre de l’intérieur du 30 septembre 2022 et a rejeté ses conclusions tendant à l’annulation de l’arrêté du ministre de l’intérieur du 14 octobre 2022 prononçant son avancement d’échelon.

M. B... relève appel de l’ordonnance du 16 mai 2025 en tant qu’elle a rejeté ses conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du 14 octobre 2022.

Sur les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du 14 octobre 2022 :

M. B... soutient que, suite à l’annulation, par un jugement du tribunal administratif de Paris n° 2223437 du 10 avril 2024 devenu définitif, de l’arrêté du ministre de l’intérieur du 30 septembre 2022 portant tableau d’avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l’année 2022, l’arrêté du 14 octobre 2022 portant avancement d’échelon au sein du grade de brigadier de police avec effet au 1er juillet 2022 est dépourvu de base légale et donc entaché d’une illégalité devant conduire à son annulation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l’arrêté contesté portant avancement d’échelon au grade de brigadier de police n’est aucunement fondé sur le tableau d’avancement au grade de brigadier-chef de police précité. Ainsi, ce moyen est inopérant et doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. B... est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Paris, le 1er septembre 2026.


La première vice-présidente, présidente de la 4ème chambre,
M. C...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.