jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL21107 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GONZALEZ |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler le titre exécutoire émis à son encontre le 15 octobre 2020 par l'association syndicale autorisée du canal de Gignac, pour un montant de 1 197,15 euros.
Par un jugement n° 2005170 du 8 mars 2022, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 5 mai 2022 sous le n° 22TL21107 au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse, et un mémoire complémentaire enregistré le 14 décembre 2022, M. C, représenté par Me Gonzalez, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler le titre exécutoire émis le 15 octobre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'association syndicale autorisée du canal de Gignac une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier dès lors qu'il se fonde sur des pièces produites dans le cadre d'un mémoire enregistré le 1er février 2022 qui ne lui a pas été communiqué ;
- la parcelle anciennement cadastrée section , qui correspond à une partie de la parcelle cadastrée section , ne fait pas partie du périmètre de l'association syndicale autorisée du canal de Gignac ;
- il n'est pas établi que la totalité de ses parcelles cadastrées section et section sont incluses dans le périmètre de l'association syndicale autorisée ;
- les parcelles et , qui correspondent à un plan d'eau, devaient être distraites du périmètre de l'association en application de l'article 38 de l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 ;
- le décret n° 2006-504 du 3 mai 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Cherrier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gonzalez pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire de plusieurs parcelles situées sur le territoire de la commune de Gignac (Hérault). L'association syndicale autorisée du canal de Gignac a émis le 15 octobre 2020 un titre exécutoire d'un montant de 1 197,15 euros, correspondant aux redevances syndicales de l'année 2020 pour les parcelles cadastrées section et section , appartenant à M. C. Celui-ci fait appel du jugement du 8 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ce titre exécutoire.
Sur la régularité du jugement :
2. Aux termes de l'article R. 611-1 du code de justice administrative : " () La requête, le mémoire complémentaire annoncé dans la requête et le premier mémoire de chaque défendeur sont communiqués aux parties avec les pièces jointes (). Les répliques, autres mémoires et pièces sont communiqués s'ils contiennent des éléments nouveaux ". Ces dispositions font obligation de communiquer à toutes les parties l'ensemble des mémoires et pièces produits. Ne sont toutefois pas soumis à une telle exigence les répliques et autres mémoires, observations ou pièces par lesquels les parties se bornent à réitérer des éléments de fait ou de droit qu'elles ont antérieurement fait valoir au cours de la procédure.
3. Il ressort des pièces de la procédure devant le tribunal administratif de Montpellier que le troisième mémoire en défense produit par l'association syndicale autorisée du canal de Gignac, le 1er février 2022, se bornait à réitérer les arguments développés dans ses précédents mémoires en défense et relatifs à la souscription de l'intégralité de la parcelle cadastrée section dans son périmètre. Aucune pièce n'était par ailleurs annexée à ce mémoire. Il s'ensuit qu'en ne communiquant pas ce troisième mémoire au requérant, le tribunal administratif n'a pas entaché la procédure d'irrégularité.
Sur le bien-fondé du jugement :
4. En premier lieu, aux termes, d'une part, de l'article 3 de l'ordonnance du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires : " Les droits et obligations qui dérivent de la constitution d'une association syndicale de propriétaires sont attachés aux immeubles compris dans le périmètre de l'association et les suivent, en quelque main qu'ils passent, jusqu'à la dissolution de l'association ou la réduction de son périmètre () ". L'article 4 de cette ordonnance dispose que : " Le président de l'association syndicale de propriétaires tient à jour l'état nominatif des propriétaires des immeubles inclus dans le périmètre de celle-ci ainsi que le plan parcellaire. A cet effet, toute mutation de propriété d'un immeuble inclus dans le périmètre de l'association lui est notifiée par le notaire qui en fait le constat. / Le propriétaire d'un immeuble inclus dans le périmètre d'une association syndicale de propriétaires doit, en cas de transfert de propriété, informer le futur propriétaire de cette inclusion et de l'existence éventuelle de servitudes () ". L'article 31 de cette ordonnance dispose que : " I. - Les ressources d'une association syndicale autorisée comprennent : 1° Les redevances dues par ses membres () II. - Les redevances syndicales sont établies annuellement et réparties entre les membres en fonction des bases de répartition des dépenses déterminées par le syndicat. Ces bases tiennent compte de l'intérêt de chaque propriété à l'exécution des missions de l'association () ". L'article 54 du décret du 3 mai 2006 pris pour l'application de cette ordonnance, qui prévoit que les titres de recettes valant avis des sommes à payer au titre de ces redevances, émis par l'ordonnateur de l'association syndicale autorisée et adressés aux redevables de l'association, sont exécutoires de plein droit, dispose par ailleurs que : " () L'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé de la redevance liquidée par l'association suspend la force exécutoire du titre. L'exercice de ce recours par le débiteur se prescrit dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuites () ".
5. D'autre part, l'article 41 du règlement pour le service des arrosages et la police du canal de Gignac prévoit qu'une partie des droits et obligations des propriétaires membres de l'association syndicale autorisée est définie en fonction de la surface souscrite, indépendante de la surface cadastrée, qui sert de base tant pour l'établissement du tour d'eau ou pour déterminer le débit disponible au point de livraison que pour le calcul du montant des redevances. L'article 43 ajoute que les actes d'engagement permettant de recueillir l'adhésion des propriétaires intéressés avant l'intégration de leur propriété dans le périmètre syndical mentionnent les parcelles concernées avec leur section et numéro cadastral de l'époque et leur surface souscrite. Ce même article précise que : " () Nul propriétaire ne peut contester sa qualité d'associé ou la validité de l'association passé un délai de quatre mois à partir de la notification du premier rôle de redevance () ". L'article 44 rappelle enfin que le montant et la répartition des redevances syndicales sont déterminés par le conseil syndical dans les conditions prévues par les textes en vigueur.
6. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire contesté repose sur la prise en compte d'une surface souscrite de 5,29 hectares, dont 4,58 hectares au titre de la parcelle cadastrée section et 71 ares au titre de la parcelle cadastrée section BY n° 1. D'une part, M. C ne conteste pas sérieusement la surface retenue à raison de la parcelle cadastrée section , en se prévalant d'une superficie de 4,578 hectares incluse dans le périmètre de l'association syndicale autorisée. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment des plans cadastraux versés au dossier de première instance par l'association syndicale autorisée du canal de Gignac, que la parcelle cadastrée section correspond à une partie de l'emprise des parcelles cadastrée section du cadastre napoléonien. Pour justifier l'établissement des redevances dues par M. C à raison de la surface correspondant à la parcelle cadastrée section , l'association intimée produit des actes d'engagement, respectivement datés du 10 février 1911 et du 24 juillet 1928, pour les parcelles référencées . Si elle ne le fait pas pour la parcelle cadastrée section , il ne résulte pas de l'instruction que la surface souscrite au titre de la parcelle cadastrée section prendrait en compte la partie correspondant à cette emprise. Par suite, les moyens tirés du défaut d'inclusion des parcelles de M. C dans le périmètre de l'association syndicale autorisée du canal de Gignac, qui n'ont d'ailleurs pas été soulevés dans le délai, mentionné à l'article 54 du décret du 3 mai 2006, de deux mois suivant la réception du premier titre exécutoire faisant application au requérant, ou aux précédents propriétaires de la parcelle cadastrée section , de la délibération arrêtant la répartition des redevances syndicales ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuites, doivent être écartés.
7. En second lieu, aux termes de l'article 3 de l'ordonnance du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires : " Les droits et obligations qui dérivent de la constitution d'une association syndicale de propriétaires sont attachés aux immeubles compris dans le périmètre de l'association et les suivent, en quelque main qu'ils passent, jusqu'à la dissolution de l'association ou la réduction de son périmètre () ". L'article 31 de cette ordonnance dispose que : " I. - Les ressources d'une association syndicale autorisée comprennent : 1° Les redevances dues par ses membres () II. - Les redevances syndicales sont établies annuellement et réparties entre les membres en fonction des bases de répartition des dépenses déterminées par le syndicat. Ces bases tiennent compte de l'intérêt de chaque propriété à l'exécution des missions de l'association () ". Selon l'article 38 de la même ordonnance : " L'immeuble qui, pour quelque cause que ce soit, n'a plus de façon définitive d'intérêt à être compris dans le périmètre de l'association syndicale autorisée peut en être distrait. La demande de distraction émane de l'autorité administrative, du syndicat ou du propriétaire de l'immeuble. / La proposition de distraction est soumise à l'assemblée des propriétaires () / Lorsque l'assemblée des propriétaires, dans les conditions de majorité prévues à l'article 14, ou, dans l'hypothèse mentionnée à l'alinéa précédent, la majorité des membres du syndicat s'est prononcée en faveur de la distraction envisagée, l'autorité administrative peut autoriser celle-ci par acte publié et notifié dans les conditions prévues à l'article 15 () ". Aux termes enfin de l'article 53 du décret n° 2006-504 du 3 mai 2006, pris pour l'application de cette ordonnance : " Les redevances syndicales sont dues par les membres appartenant à l'association au 1er janvier de l'année de leur liquidation ".
8. M. C estime que les parcelles cadastrées section , qui sont englobées dans la parcelle cadastrée section , devaient être distraites du périmètre de l'association syndicale autorisée du canal de Gignac en application de l'article 38 de l'ordonnance du 1er juillet 2004, faute d'intérêt définitif à demeurer dans ce périmètre. Cette circonstance est toutefois sans incidence sur le caractère exigible des redevances syndicales mises en recouvrement au titre de l'année 2020, dès lors que M. C était membre de l'association au 1er janvier 2020 et que les parcelles en cause étaient comprises à cette date dans le périmètre de l'association.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'association syndicale autorisée du canal de Gignac, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de quelque somme que ce soit sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B C et à l'association syndicale autorisée du canal de Gignac.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, où siégeaient :
- M. Barthez, président,
- M. Lafon, président assesseur,
- Mme Restino, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
Le rapporteur,
N. A
Le président,
A. Barthez
Le greffier,
F. Kinach
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°22TL21107
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026