jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL22337 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CHNINIF |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 14 juin 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2203689 du 21 octobre 2022, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2022, Mme B, représentée par Me Chninif, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 14 juin 2022 ;
3°) d'ordonner au préfet de lui délivrer un titre de séjour valable un an sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la date de notification de la décision à intervenir ou, subsidiairement, d'ordonner le réexamen de sa demande de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la préfecture n'a pas produit le rapport du médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- le collège des médecins de l'office ne s'est pas prononcé sur la durée prévisible des soins ni sur le point de savoir si ses enfants ont des possibilités effectives de soins et de traitement dans leur pays d'origine ; l'avis ne se prononce pas non plus sur l'existence de circonstances exceptionnelles pouvant faire obstacle à l'accès aux soins ;
- c'est à tort que les premiers juges ont estimé que l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration était conforme sans se prononcer sur ces différents points non traités par l'avis ; le jugement n'est pas suffisamment motivé ;
- le tribunal a commis une erreur de droit en retenant qu'elle pouvait retourner dans son pays d'origine et bénéficier d'un traitement médical approprié ; les premiers juges ne se sont pas prononcés sur son droit de jouir du meilleur état de santé possible et du respect de son droit fondamental à la non-discrimination en raison de son état de santé ;
- les précédents avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration avaient retenu l'absence de possibilité de bénéficier de soins au Maroc et son état de santé ne s'est pas amélioré au regard de sa pathologie inguérissable ;
- il existe une divergence dans les certificats médicaux et le système de santé du Maroc ne s'est pas amélioré ;
- le préfet ne justifie pas de l'évolution de l'offre de soins entre 2016 et 2022 au Maroc ;
- en raison de la durée et des conditions de son séjour en France, l'arrêté porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le refus de séjour a des conséquences d'une gravité exceptionnelle sur sa situation ;
- l'obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de son état de santé ;
- la mesure d'éloignement est privée de base légale en raison de l'illégalité du refus opposé à sa demande de titre de séjour.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 de la ministre des affaires sociales et de la santé et du ministre de l'intérieur relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B, de nationalité marocaine née en 1982, a sollicité le 29 novembre 2021 auprès des services de la préfecture des Pyrénées-Orientales le renouvellement du titre de séjour mention " vie privée et familiale " dont elle bénéficiait en raison de son état de santé. Par un arrêté du 14 juin 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de faire droit à sa demande, a obligé l'intéressée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, Mme B fait appel du jugement du 21 octobre 2022 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ".
4. Les premiers juges, aux points 6 à 9 de leur jugement, ont cité les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les principes applicables en matière de délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade et ont précisé les circonstances propres à l'état de santé de Mme B, aux conditions dans lesquelles elle a bénéficié d'un suivi médical en France ainsi que la possibilité pour elle de retourner au Maroc et d'accéder à un tel traitement. S'il est reproché au jugement de ne pas s'être prononcé sur l'atteinte portée par l'arrêté en litige au droit de la requérante de jouir du meilleur état de santé possible et au respect de son droit fondamental à la non-discrimination en raison de son état de santé, il ressort des écritures en première instance que l'intéressée s'est bornée à faire état notamment du fait qu'elle " s'expose donc au Maroc à être hospitalisée dans des lieux sinistres avec prise de neuroleptique inadaptés qui ne respectent pas le minimum de dignité humaine ". Alors que le tribunal n'a pas à répondre à l'ensemble des arguments des parties, le jugement est suffisamment motivé sur la question du droit de Mme B à obtenir la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " en raison de son état de santé.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
5. En premier lieu, l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. () ". L'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 de la ministre des affaires sociales et de la santé et du ministre de l'intérieur relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais repris aux articles R. 425-11 à R. 425-13 et R. 611-1 et R. 611-2 du même code dispose : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté. " Enfin, aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".
6. En vertu des dispositions citées au point précédent, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont l'avis est requis préalablement à la décision du préfet relative à la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 425-9 doit émettre son avis dans les conditions fixées par l'arrêté du 27 décembre 2016 cité au point précédent, au vu notamment du rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
7. Pour l'application des dispositions précitées, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour et dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité pour celui-ci de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires et, en cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, qui a levé le secret médical, souffre d'une pathologie psychiatrique
8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le préfet des Pyrénées-Orientales s'est prononcé sur la demande de renouvellement du titre de séjour dont bénéficiait Mme B après avoir recueilli l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Cet avis, émis le 25 mars 2022 et produit par le préfet des Pyrénées-Orientales devant les premiers juges, précise que l'état de santé de l'appelante nécessite une prise en charge dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et indique qu'elle peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine vers lequel elle peut voyager sans risque. L'absence de précision complémentaire relative à la durée prévisible du traitement n'a pas pour conséquence d'entacher d'irrégularité la procédure au terme de laquelle s'est prononcé le préfet des Pyrénées-Orientales. Si Mme B se prévaut au titre de la légalité externe des dispositions précitées de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 en précisant que le préfet n'a pas produit le rapport médical du médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, un tel moyen n'est pas assorti des précisions ou justification permettant d'en apprécier la portée et le bien-fondé.
9. D'autre part, Mme B soutient en appel qu'elle a pu bénéficier antérieurement d'autorisations provisoires de séjour et d'une carte de séjour temporaire en raison de son état de santé, lesquelles ont été délivrées après avis favorables émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Elle précise que sa pathologie revêt un caractère inguérissable empêchant toute amélioration de son état de santé et fait valoir que le préfet ne justifie pas d'une évolution de soins entre 2016 et 2022 au Maroc. Ainsi qu'il a été exposé ci-dessus, le dernier avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration émis le 25 mars 2022 retient la possibilité pour l'appelante d'accéder effectivement à un traitement approprié dans son pays d'origine. Pour contester en appel cet avis ainsi que l'appréciation portée par les premiers juges, l'intéressée, qui bénéficie de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, produit notamment un certificat médical établi le 15 mars 2023 par une médecin psychiatre mentionnant une aggravation brutale de son état de santé " à la suite de la réception de la notification " OQTF " le 1er mars (qui devait prendre effet le 6 mars) " ainsi que son hospitalisation en urgence en raison d'une décompensation psychique avec un risque suicidaire. Toutefois, cette dernière circonstance tenant à l'hospitalisation en urgence de Mme B est postérieure à la date de l'arrêté en litige et le certificat médical précité n'apporte aucun élément tendant à remettre en cause l'appréciation selon laquelle elle peut effectivement bénéficier d'un traitement dans son pays d'origine ainsi que l'on relevé à bon droit les premiers juges au point 9 du jugement attaqué. S'il est vrai que l'intéressée a pu bénéficier d'autorisations provisoires de séjour et d'un titre de séjour antérieurement en raison de son état de santé, le certificat médical établi le 8 décembre 2021 par la même psychiatre à l'attention du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration mentionnait une stabilisation des troubles ainsi qu'un arrêt des hospitalisations itératives. Dans ces conditions, en refusant de renouveler le titre de séjour dont bénéficiait Mme B, le préfet des Pyrénées-Orientales n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée, lesquelles ne peuvent être regardées comme étant d'une gravité exceptionnelle à la date de l'arrêté en litige.
10. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. Mme B invoque une ancienneté de présence en France depuis 2016 et précise que des membres de sa famille vivent en France et sont de nationalité française. Si l'intéressée a pu séjourner régulièrement sur le territoire national après avoir été admise au séjour en raison de son état de santé, elle est âgée de 40 ans à la date de l'arrêté en litige et n'apporte aucune précision sur sa vie privée et familiale en France. La circonstance qu'elle ne constituerait pas une menace pour l'ordre public ne permet pas davantage de faire regarder la décision portant refus de séjour comme ayant été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, Mme B n'ayant pas établi l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, le moyen tiré du défaut de base légale de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre ne peut être écarté.
13. En second lieu, aux termes du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ".
14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9 de la présente ordonnance, le préfet des Pyrénées-Orientales a pu légalement obliger Mme B à quitter le territoire français sans méconnaître les dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme B est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions de l'intéressé à fin d'injonction et de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Chninif et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Orientales.
Fait à Toulouse, le 29 juin 2023.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026