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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL00123

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL00123

mercredi 12 juillet 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL00123
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantGALINON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B a demandé au tribunal administratif de Toulouse l'annulation de l'arrêté du 30 septembre 2022 par lequel le préfet la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Par un jugement n° 2205777 du 9 décembre 2022, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande de M. C B.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2023, M.B représenté par Me Galinon, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 9 décembre 2022 du tribunal administratif de Toulouse ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée d'un an ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-ainsi qu'il le faisait valoir en première instance, bien qu'il soit célibataire sans enfant, le centre de ses attaches privées et familiales se trouve en France, dès lors qu'il y a noué de nombreuses relations amicales, ainsi qu'il en est justifié au dossier, par la production de plusieurs attestations ; il n'a plus d'attaches familiales au Maroc, le seul membre de famille qui lui reste étant sa sœur, qui vit en France sous couvert d'une carte de résident ;

- la décision portant refus de lui accorder un délai de départ volontaire et celle de fixation du pays de destination de la mesure d'éloignement sont privées de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

-la décision portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an est entachée d'illégalité par voie d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ; cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne présente aucune menace pour l'ordre public.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 4 janvier 2023 le président de la cour administrative d'appel de Toulouse a désigné M. A D pour statuer par ordonnance sur les requêtes d'appel en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, () les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2.M. C B, ressortissant marocain, né le 8 novembre 1979, est entré irrégulièrement en France, selon lui, dans le courant de l'année 2016. Par un arrêté du 30 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B relève appel du jugement du 9 décembre 2022, par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande en annulation de cet arrêté.

Sur le bien-fondé du jugement :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

3.Le requérant reprend en appel, sans critique utile du jugement, le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée qui serait portée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, dès lors que sa sœur vit en France sous couvert d'une carte de résident, et qu'il justifie avoir noué en France des liens amicaux. Dès lors qu'il ne justifie ni se trouver en relation avec sa sœur, ni de l'absence d'attaches familiales au Maroc, et en dépit des relations amicales alléguées, il y a lieu d'écarter ce moyen, auquel le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu, par adoption des motifs du jugement.

Sur les décisions portant refus de délai de départ volontaire et fixation du pays de destination de la mesure d'éloignement :

4. Compte tenu de ce que M.B, se borne à invoquer à l'encontre de ces deux décisions, par voie d'exception, l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire, laquelle comme indiqué au point 3., n'est pas entachée d'illégalité, ce moyen doit être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an :

5. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixé par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Par ailleurs, en vertu de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

6.En premier lieu, en l'absence d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire, le moyen invoqué par voie d'exception contre l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an, ne peut qu'être écarté.

7. En second lieu, dès lors ainsi qu'il est indiqué au point 4. que la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire n'est entachée d'aucune illégalité, que M.B soutient sans en justifier être en France depuis 2016, et qu'il n'établit pas l'existence de liens familiaux ou personnels d'une particulière intensité, le préfet de la Haute-Garonne , alors même que M.B n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il n'aurait pas troublé l'ordre public, n'a pas commis d'erreur d'appréciation en édictant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M.B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, de celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M.B, est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M.C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 12 juillet 2023.

Le président-assesseur de la 3ème chambre,

A D

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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