LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL01286

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL01286

jeudi 13 février 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL01286
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantGALINON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 4 avril 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Par un jugement n° 2301907 du 11 avril 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a annulé cet arrêté, a enjoint au préfet de la Haute-Garonne de supprimer sans délai le signalement aux fins de non-admission de M. B dans le système d'information Schengen à compter de la notification du jugement et a mis à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 250 euros au titre des frais liés au litige.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 juin 2023 et 9 janvier 2024, le préfet de la Haute-Garonne demande à la cour d'annuler ce jugement en tant qu'il a annulé son arrêté du 4 avril 2023 et mis à la charge de l'Etat à verser au conseil du requérant une somme de 1 250 euros au titre des frais liés au litige.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- M. B n'établit pas avoir eu sa résidence habituelle en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de 13 ans ; c'est à tort que le tribunal a retenu le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- son arrêté n'a pas méconnu les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code, ni celles du 5° de l'article L. 611-1, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sa décision portant interdiction de retour pour une durée de trois ans n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 et 22 janvier 2024, M. B, représenté par Me Galinon, conclut au rejet de la requête du préfet de la Haute-Garonne et à ce que soit mis à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il fait valoir que :

- il entre dans le champ d'application des dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté est entaché d'erreur de droit dès lors que les dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du même code ne peuvent en constituer le fondement et qu'elles ne lui sont pas applicables, celles-ci visant uniquement les étrangers qui résident en France régulièrement depuis moins de trois mois ;

- il méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision d'interdiction de retour est disproportionnée au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle et sa vie privée et familiale.

Par ordonnance du 23 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 5 février 2024.

Par une décision du 29 mars 2024, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Toulouse a maintenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale accordée à M. B le 27 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Teulière, président assesseur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 4 avril 1979 à Oujda (Maroc), a fait l'objet d'un arrêté, en date du 4 avril 2023, par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par un jugement n° 2301907 du 11 avril 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a notamment annulé cet arrêté et mis à la charge de l'Etat le versement au conseil du requérant d'une somme de 1 250 euros au titre des frais liés au litige. Le préfet de la Haute-Garonne relève appel de ce jugement.

Sur le bien-fondé du jugement :

2. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; () ".

3. Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu protéger de l'éloignement les étrangers qui sont en France depuis l'enfance, à raison de leur âge d'entrée et d'établissement sur le territoire. Dans ce cadre, les éventuelles périodes d'incarcération en France, si elles ne peuvent être prises en compte dans le calcul d'une durée de résidence, ne sont pas de nature à remettre en cause la continuité de la résidence habituelle en France depuis au plus l'âge de treize ans, alors même qu'elles emportent, pour une partie de la période de présence sur le territoire, une obligation de résidence, pour l'intéressé, ne résultant pas d'un choix délibéré de sa part.

4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de la lettre du préfet en date du 7 avril 2023 au juge des libertés et de la détention, que M. B, est entré sur le territoire français le 24 décembre 1989 à l'âge de dix ans. Il justifie, notamment par la production de certificats de scolarité ou d'inscription scolaire, d'une résidence habituelle en France de 1991 à 1996. Il est également constant que, depuis le dépôt de sa première demande de titre de séjour, le 29 novembre 1996, M. B a bénéficié de titres de séjour au titre de la vie privée et familiale régulièrement renouvelés jusqu'au 19 février 2023. Pour remettre en cause la réalité de sa résidence habituelle sur le territoire français, le préfet de la Haute-Garonne soutient en appel que le requérant n'a produit aucun élément justifiant sa présence au titre de la période allant du mois de juin 1997 au mois de juin 1998. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B a été pris en charge, à compter du 4 avril 1997, par le service de l'aide sociale à l'enfance du département du Cher en tant que jeune majeur et qu'il a, dans ce cadre, notamment bénéficié d'un contrat d'aide incluant une prestation d'hébergement en foyer jusqu'au 31 décembre 1997. Si le préfet soutient qu'il a séjourné au Maroc pour une période indéterminée au cours de l'année 2000, la délivrance, le 4 juillet 2000, d'un visa de retour ne suffit pas, par elle-même, à remettre à cause la résidence habituelle de M. B en France au titre de cette même année, alors qu'il n'est pas contesté que l'intéressé s'est vu remettre des récépissés les 21 janvier, 21 avril, 4 juillet et 9 octobre 2000. Par ailleurs, le requérant a été scolarisé en lycée professionnel au titre de l'année scolaire 1999-2000 et il a exercé une activité salariée du 23 septembre au 19 octobre 2000. Son court séjour au Maroc au cours de l'été 2015 n'est également pas de nature à remettre à cause la résidence habituelle de M. B en France. Enfin, si le préfet de la Haute-Garonne soutient que sa présence n'est pas démontrée entre le 13 novembre 2005 et 25 septembre 2006, dates de faits délictueux pour lesquels il a été condamné par le tribunal correctionnel de Bourges, il ne justifie pas que le requérant ait fait l'objet de condamnations par défaut à raison de ces faits. Par ailleurs, M. B s'est vu remettre des récépissés les 12 décembre 2005 et 3 avril 2006 ainsi que des titres de séjour les 12 janvier et 5 juillet 2006. La circonstance que le requérant n'ait pas déclaré de revenus au titre de l'année 2016 ne permet pas de le regarder comme n'étant pas habituellement présent sur le territoire au titre de la même année et est donc sans incidence. Eu égard à l'ensemble des éléments précités, la présence habituelle en France de l'appelant doit être tenue pour établie depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans. Dès lors, les dispositions précitées du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile faisaient obstacle à son éloignement. Par suite, alors même que le comportement de l'intéressé peut être regardé comme constitutif d'un trouble à l'ordre public, le préfet de la Haute-Garonne ne pouvait, sans faire une inexacte application des dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obliger M. B à quitter le territoire français.

5. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Haute-Garonne n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a annulé son arrêté du 4 avril 2023 et mis à la charge de l'Etat le versement au conseil du requérant d'une somme de 1 250 euros au titre des frais liés au litige.

Sur les frais liés au litige :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Galinon, conseil de M. B, d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du préfet de la Haute-Garonne est rejetée.

Article 2 : La demande présentée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 est rejetée.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B, à Me Galinon et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Chabert, président de chambre,

M. Teulière, président assesseur,

M. Jazeron, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.

Le rapporteur,

T. Teulière

Le président,

D. ChabertLa greffière,

N. Baali

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions