Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-25NC01995

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-25NC01995
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantCHEBBALE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler, d’une part, la décision par laquelle l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d’accueil et, d’autre part, la décision du 24 avril 2025 par laquelle l’OFII lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d’accueil.

Par un jugement n° 2503733 du 11 juin 2025, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l’annulation de la décision du 24 avril 2025.

Par une ordonnance n° 2503786 du 9 avril 2026, le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l’annulation de la décision de cessation des conditions matérielles d’accueil.

Procédure devant la cour :

I - Par une requête enregistrée le 30 juillet 2025 sous le n° 25NC01995, M. A..., représenté par Me Chebbale, demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement n° 2503733 du 11 juin 2025 ;

2°) d’annuler la décision du 24 avril 2025 ;

3°) d’enjoindre à l’OFII de le faire bénéficier sans délai des conditions matérielles d’accueil et notamment de l’allocation pour demandeur d’asile à compter du 6 janvier 2025, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 400 euros TTC à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le jugement du 11 juin 2025 ne répond pas au moyen tiré de l’insuffisance de motivation en droit ;
- la décision du 24 avril 2025 est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en conséquence de l’illégalité de la décision mettant fin au bénéfice des conditions matérielles d’accueil dès lors qu’elle est insuffisamment motivée, qu’elle n’a pas pris en compte sa vulnérabilité, qu’elle est entachée d’erreur de droit et d’erreur manifeste d’appréciation, qu’elle méconnaît l’article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 et qu’elle méconnaît l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision du 24 avril 2025 n’a pas pris en compte sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d’erreur de droit et d’erreur manifeste d’appréciation dès lors qu’il n’a pas manqué aux exigences des autorités chargées de l’asile et qu’il présente une situation de vulnérabilité ;
- elle méconnaît l’article 20 de la directive 2013/33/UE ;
- elle méconnaît l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juillet 2025.

II- Par une requête enregistrée le 30 juillet 2026 sous le n° 26NC01786, M. A..., représenté par Me Chebbale, demande à la cour :

1°) d’annuler l’ordonnance n° 2503786 du 9 avril 2026 ;

2°) d’annuler la décision mettant fin au bénéfice des conditions matérielles d’accueil ;

3°) d’enjoindre à l’OFII de le faire bénéficier sans délai des conditions matérielles d’accueil et notamment de l’allocation pour demandeur d’asile à compter du 1er août 2023, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 400 euros TTC à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- c’est à tort que le premier juge a considéré que sa demande de première instance était tardive ;
- il n’a pas été invité à présenter des observations sur la tardiveté de sa requête ;
- la décision de cessation des conditions matérielles d’accueil en litige méconnaît l’article L. 551-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors qu’elle n’est ni écrite ni motivée ;
- elle méconnaît l’article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu’il n’a pas été mis en mesure de présenter ses observations ;
- elle n’a pas pris en compte sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d’erreur de droit et d’erreur manifeste d’appréciation dès lors qu’il n’a pas manqué aux exigences des autorités chargées de l’asile et qu’il présente une situation de vulnérabilité ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- elle méconnaît l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 16 juillet 2026.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la cour administrative d’appel de Nancy a désigné M. Barteaux, président‑assesseur, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant angolais, est entré sur le territoire français afin d’y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. L’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) a mis fin aux conditions matérielles d’accueil qu’il avait acceptées au motif que l’intéressé n’avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l’asile. Par un courrier du 18 février 2025, M. A... a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d’accueil. Par une décision du 24 avril 2025, l’OFII a refusé de faire droit à sa demande tendant au rétablissement des conditions matérielles d’accueil. Par deux requêtes qu’il y a lieu de joindre, M. A... fait appel, d’une part, du jugement du 11 juin 2025 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l’annulation de la décision du 24 avril 2025 et, d’autre part, de l’ordonnance du 9 avril 2026 par laquelle le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l’annulation de la décision mettant fin au bénéfice des conditions matérielles d’accueil.

2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».

Sur la requête n° 26NC01786 :

3. En premier lieu, si, aux termes du premier alinéa de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, « lorsque la décision lui paraît susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, le président de la formation de jugement (…) en informe les parties avant la séance de jugement et fixe le délai dans lequel elles peuvent, sans qu'y fasse obstacle la clôture éventuelle de l'instruction, présenter leurs observations sur le moyen communiqué », le second alinéa du même article prévoient que ces dispositions ne sont pas applicables lorsque le juge rejette une demande par ordonnance sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, et contrairement à ce que soutient M. A..., le premier juge pouvait rejeter sa demande sans l’informer au préalable de ce que sa décision était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office et l’inviter à présenter ses observations sur ce moyen. Par suite, le moyen tiré de ce que l’ordonnance du 9 avril 2026 serait irrégulière pour ce motif doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. » Il résulte des dispositions de l’article R. 421-5 du même code que ce délai n’est toutefois opposable qu’à la condition d’avoir été mentionné, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision.

5. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l’effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d’une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l’obligation d’informer l’intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l’absence de preuve qu’une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d’un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l’exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu’il en a eu connaissance.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A... a sollicité l’asile et accepté les conditions matérielles d’accueil proposées par l’OFII. Il a perçu à ce titre l’allocation pour demandeur d’asile de mars 2023 jusqu’à la décision mettant fin au bénéfice des conditions matérielles d’accueil révélée par la cessation du versement de cette allocation qui est intervenue, ainsi que l’indique le requérant, à compter du mois d’août 2023. Dans ces conditions, M. A... doit être regardé comme ayant eu connaissance de la décision de cessation des conditions matérielles d’accueil dès le mois d’août 2023 et disposait, à compter de cette date, d’un délai raisonnable d’un an pour saisir la juridiction administrative d’un recours contentieux. Or, la requête de M. A... tendant à l’annulation de cette décision révélée en août 2023 n’a été enregistrée au greffe du tribunal que le 9 mai 2025. Par suite, M. A... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par l’ordonnance attaquée, le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa requête comme irrecevable.

Sur la requête n° 25NC01995 :

7. En premier lieu, il résulte des motifs mêmes du jugement attaqué que le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Strasbourg a expressément répondu aux moyens contenus dans la requête produite par M. A.... En particulier, le magistrat désigné, qui n’était pas tenu de répondre à tous les arguments avancés par les parties, n’a pas omis de répondre au moyen tiré de l’insuffisance de motivation. Par suite, M. A... n’est pas fondé à soutenir que le jugement est entaché d’irrégularité pour ce motif.

8. En deuxième lieu, l’illégalité d’un acte administratif non réglementaire ne peut être utilement invoquée par voie d’exception à l’appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l’application du premier acte ou s’il en constitue la base légale. Cette exception n’est recevable que si l’acte n’est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée.

9. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 6 de la présente ordonnance que la décision de cessation des conditions matérielles d’accueil, qui a le caractère d’un acte non réglementaire, dont l’intéressé a eu connaissance au mois d’août 2023, est devenue définitive faute d’avoir fait l’objet, dans le délai raisonnable d’un an, d’un recours contentieux. Par suite, le moyen tiré de l’illégalité de cette décision, qui n’a été soulevé par le requérant devant le tribunal administratif de Strasbourg que dans sa demande enregistrée le 9 mai 2025, au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision du 24 avril 2025 de refus de rétablissement des conditions matérielles d’accueil est irrecevable.

10. En troisième lieu, il ressort des mentions de la décision en litige que l’OFII, après avoir rappelé la décision de cessation des conditions matérielles d’accueil du 1er août 2023 prise à l’encontre de M. A... et mentionné l’examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale, a constaté qu’il ne justifiait pas des raisons pour lesquelles il n’avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l’asile en s’abstenant de se présenter à son obligation de pointage dans le cadre de son assignation à résidence. La décision en litige comporte ainsi l’ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, dès lors, suffisamment motivée. Les termes mêmes de cette décision établissent également que l’OFII a procédé à un examen particulier de la situation de M. A.... En outre, il ressort des pièces du dossier de première instance qu’il a bénéficié d’un entretien de vulnérabilité le 19 mars 2025. Les moyens tirés de l’insuffisante motivation de la décision en litige et du défaut d’examen particulier de la situation de l’intéressé au regard de sa vulnérabilité doivent, en conséquence, être écartés.

11. En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 551-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : (…) / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; (…) / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ».

12. D’une part, il ressort des pièces du dossier que M. A... a fait l’objet, le 17 avril 2023, d’une décision de transfert aux autorités portugaises, responsables de l’examen de sa demande d’asile, et d’une décision d’assignation à résidence d’une durée de quarante-cinq jours. Si l’intéressé soutient qu’il a respecté les exigences des autorités chargées de l’asile, il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment du procès-verbal du 21 juin 2023, qu’il a manqué à quatre reprises à l’obligation prescrite par l’assignation à résidence du 17 avril 2023 de se présenter une fois par semaine à la DIDPAF de Strasbourg. En outre, la circonstance invoquée par le requérant tirée de ce que le délai d’exécution du transfert était expiré à la date de la décision en litige et de ce que la France est devenue responsable de l’examen de sa demande d’asile, ne constitue pas un motif légitime au sens des dispositions précitées. D’autre part, si M. A... se prévaut de son état de santé et de son absence de ressources, il n’apporte aucun élément au soutien de ses allégations et, ainsi, ne justifie pas qu’il se trouvait dans une situation particulière de vulnérabilité à la date de la décision en litige. Par suite, en l’absence de motif légitime et de situation de vulnérabilité, M. A... n’est pas fondé à soutenir que l’OFII a commis une erreur de droit et une erreur d’appréciation en refusant de rétablir les conditions matérielles d’accueil.

13. En cinquième lieu, M. A... ne peut utilement invoquer l’illégalité de la décision en litige au regard des dispositions de l’article 20 de la directive n° 2013/22/UE du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013, cette directive ayant été entièrement transposée en droit interne par les dispositions des articles L. 551-15 et L. 551-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ces dernières imposant à l’autorité compétente de tenir compte notamment des dispositions du 5 de l’article 20 de la directive 2013/33/UE. En tout état de cause, l’intéressé n’apporte aucun élément pour établir qu’il serait dans une situation de dénuement extrême et ainsi dans l’impossibilité de faire face à ses besoins les plus élémentaires alors qu’il est privé des conditions matérielles d’accueil depuis août 2023.

14. En sixième lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».

15. Si M. A... soutient qu’il est susceptible d’être exposé à des risques de traitements contraires à ces stipulations en raison de sa situation précaire, il résulte de ce qui a été dit au point 12 de la présente ordonnance qu’il n’établit pas être dans une situation de vulnérabilité telle qu’en lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d’accueil, l’OFII l’exposerait à un risque de traitements inhumains ou dégradants ou à des conditions de vie ne respectant pas la dignité humaine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d’appel présentées par M. A... sont manifestement dépourvues de fondement. Il y a lieu, dès lors, de les rejeter en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris leurs conclusions à fin d’injonction, d’astreinte et celles présentées au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


ORDONNE :


Article 1er : Les requêtes de M. A... sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à Me Chebbale.

Copie en sera adressée pour information à l’Office français de l’immigration et de l’intégration.


Fait à Nancy, le 1er octobre 2026.


Le magistrat désigné,




Signé : S. Barteaux



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme
Le greffier,


A. Betti