Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-24VE01699
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-24VE01699 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PIERROT |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Versailles d’annuler l’arrêté du 14 février 2024 par lequel le préfet des Yvelines lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2401938 du 23 mai 2024, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 24 juin 2024, M. A..., représenté par Me Pierrot, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement ;
2°) d’annuler l’arrêté du préfet des Yvelines du 14 février 2024 en tant qu’il porte refus de renouvellement de titre de séjour ou, à titre subsidiaire, en tant qu’il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
3°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » ou « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le même délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, le tout sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de titre de séjour est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- il méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors qu’elle se fonde sur la décision de refus de titre de séjour qui est elle-même illégale ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et professionnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 septembre 2026, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Le rapport de Mme Hameau a été entendu au cours de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant égyptien né en 1986, entré en France en novembre 2006 selon ses déclarations, a bénéficié d’une carte de séjour temporaire en 2018 puis d’une carte de séjour pluriannuelle délivrée sur le fondement de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, valable du 27 décembre 2019 au 26 décembre 2023, dont il a sollicité le renouvellement au mois de novembre 2023. Par un arrêté du 14 février 2024, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d’être reconduit. M. A... relève appel du jugement du 23 mai 2024 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.
2. En vertu des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration, les mesures de police doivent être motivées et comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Aux termes de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. (…) / Dans le cas prévu au 3° de l’article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’a pas à faire l’objet d’une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. (…) ».
3. L’arrêté contesté vise les éléments de droit sur lesquels il est fondé, et notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que l’intéressé ne produit pas d’autorisation de travail. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet, qui n’était pas tenu de mentionner tous les faits portés à sa connaissance, a également indiqué les éléments propres à sa situation personnelle, et notamment son entrée alléguée en 2006 sur le territoire national, sa situation régulière depuis 2018, son mariage avec une ressortissante marocaine en situation irrégulière, ses attaches familiales dans son pays d’origine où résident ses parents et sa fratrie et où il a lui-même vécu jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans. Par suite, la décision portant refus de séjour comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivée. Il en est de même de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n’a pas à faire l’objet d’une motivation distincte et qui cite le 3° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement duquel elle a été prise.
4. Aux termes de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d’une durée maximale d’un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d’une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail ». Aux termes de l’article L. 433-1 du même code : « A l'exception de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié détaché ICT ", prévue à l'article L. 421-26, et de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", prévue à l'article L. 422-10, qui ne sont pas renouvelables, le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte. ». Aux termes de l’article L. 5221-2 du code du travail : « Pour entrer en France en vue d’y exercer une profession salariée, l’étranger présente : (…) / 2° Un contrat de travail visé par l’autorité administrative ou une autorisation de travail. ». Aux termes de l’article R. 5221-20 du même code, dans sa rédaction applicable au présent litige : « L’autorisation de travail est accordée lorsque la demande remplit les conditions suivantes : (…) / 2° S’agissant de l’employeur mentionné au II de l’article R. 5221-1 du présent code : / a) Il respecte les obligations déclaratives sociales liées à son statut ou son activité ; / (…) ». Aux termes de l’annexe 10 au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, s’agissant des titres de séjour pour motif professionnel : « (…) 4. Pièces à fournir au renouvellement : / 4.1. Si vous occupez toujours l'emploi qui a justifié la délivrance de la dernière autorisation de travail : - autorisation de travail correspondant au poste occupé (formulaire CERFA n° 15187*01) ou autorisation de travail dématérialisée (…) 4.3. Si vous avez changé d'emploi : - attestation du précédent employeur destinée à Pôle Emploi justifiant la rupture du contrat de travail ; - autorisation de travail correspondant au poste occupé. (…) ».
5. Il est constant que M. A... n’a pu produire, à l’appui de sa demande de renouvellement de son titre pluriannuel de séjour portant la mention « salarié », l’autorisation de travail requise par les dispositions des articles L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et L. 5221-2 du code du travail, la demande d’autorisation de travail formulée à son bénéfice en 2023 par son nouvel employeur, la société Ingénierie Bâtiment, ayant été rejetée en raison du non-respect, par cette société, de ses obligations déclaratives. Cette lacune justifiait à elle seule le refus de renouvellement qui lui a été opposé, sans que M. A... ne puisse utilement se prévaloir, à cet égard, de son intégration ni de son expérience professionnelles dans le domaine du bâtiment.
6. Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
7. M. A... se prévaut de sa résidence habituelle sur le territoire français depuis 2006 où il a bénéficié de deux titres de séjour, valables de 2018 à 2023, où il vit avec son épouse et leurs deux enfants nés en 2014 et 2021 et où il travaille dans le secteur du bâtiment depuis 2016, en tant que salarié ou entrepreneur individuel. Il fait également valoir le suivi de cours de français et de modules de formation civique. Toutefois son épouse marocaine est en situation irrégulière, et M. A... ne fait état d’aucun obstacle à ce que la vie familiale et la scolarité des enfants se poursuivent en Egypte ou au Maroc. Par ailleurs, si M. A... dispose d’une expérience certaine dans le domaine du bâtiment, notamment en tant que plaquiste, toutefois, il a exercé son métier, peu qualifié, entre les mois de décembre 2022 et janvier 2024 dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée conclu après une période de chômage, puis en tant qu’autoentrepreneur, sans que la viabilité économique de son entreprise ne ressorte des pièces du dossier, de telle sorte que l’intégration socioprofessionnelle particulière dont il se prévaut n’est pas suffisamment caractérisée. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet des Yvelines n’a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée avec les objectifs en vue desquels l’arrêté litigieux a été pris, et n’a donc pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n’a pas entaché son arrêté d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l’intéressé.
8. M. A... n’ayant pas fondé sa demande de titre de séjour sur les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne peut utilement s’en prévaloir pour discuter la légalité de la décision de refus de titre de séjour contestée.
9. Aucun des moyens soulevés à l’encontre de la décision de refus de renouvellement du titre de séjour de M. A... n’étant fondé, le moyen tiré de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire par voie d’exception d’illégalité de la décision de refus de titre de séjour ne peut être accueilli.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande. Sa requête doit, dès lors, être rejetée y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Délibéré après l’audience du 15 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
Mme C..., première vice-présidente, présidente de chambre,
Mme Marc, présidente assesseure,
Mme Hameau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe 1er octobre 2026.
La rapporteure,
M. Hameau
La présidente,
L. C...
La greffière,
T. Tollim
La rapporteure,
M. Hameau
La présidente,
L. C...
La greffière,
T. Tollim
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Versailles d’annuler l’arrêté du 14 février 2024 par lequel le préfet des Yvelines lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2401938 du 23 mai 2024, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 24 juin 2024, M. A..., représenté par Me Pierrot, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement ;
2°) d’annuler l’arrêté du préfet des Yvelines du 14 février 2024 en tant qu’il porte refus de renouvellement de titre de séjour ou, à titre subsidiaire, en tant qu’il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
3°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » ou « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le même délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, le tout sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de titre de séjour est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- il méconnaît les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors qu’elle se fonde sur la décision de refus de titre de séjour qui est elle-même illégale ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et professionnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 septembre 2026, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Le rapport de Mme Hameau a été entendu au cours de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant égyptien né en 1986, entré en France en novembre 2006 selon ses déclarations, a bénéficié d’une carte de séjour temporaire en 2018 puis d’une carte de séjour pluriannuelle délivrée sur le fondement de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, valable du 27 décembre 2019 au 26 décembre 2023, dont il a sollicité le renouvellement au mois de novembre 2023. Par un arrêté du 14 février 2024, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d’être reconduit. M. A... relève appel du jugement du 23 mai 2024 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.
2. En vertu des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration, les mesures de police doivent être motivées et comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Aux termes de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. (…) / Dans le cas prévu au 3° de l’article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’a pas à faire l’objet d’une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. (…) ».
3. L’arrêté contesté vise les éléments de droit sur lesquels il est fondé, et notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que l’intéressé ne produit pas d’autorisation de travail. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet, qui n’était pas tenu de mentionner tous les faits portés à sa connaissance, a également indiqué les éléments propres à sa situation personnelle, et notamment son entrée alléguée en 2006 sur le territoire national, sa situation régulière depuis 2018, son mariage avec une ressortissante marocaine en situation irrégulière, ses attaches familiales dans son pays d’origine où résident ses parents et sa fratrie et où il a lui-même vécu jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans. Par suite, la décision portant refus de séjour comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivée. Il en est de même de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n’a pas à faire l’objet d’une motivation distincte et qui cite le 3° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement duquel elle a été prise.
4. Aux termes de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d’une durée maximale d’un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d’une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail ». Aux termes de l’article L. 433-1 du même code : « A l'exception de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié détaché ICT ", prévue à l'article L. 421-26, et de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", prévue à l'article L. 422-10, qui ne sont pas renouvelables, le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte. ». Aux termes de l’article L. 5221-2 du code du travail : « Pour entrer en France en vue d’y exercer une profession salariée, l’étranger présente : (…) / 2° Un contrat de travail visé par l’autorité administrative ou une autorisation de travail. ». Aux termes de l’article R. 5221-20 du même code, dans sa rédaction applicable au présent litige : « L’autorisation de travail est accordée lorsque la demande remplit les conditions suivantes : (…) / 2° S’agissant de l’employeur mentionné au II de l’article R. 5221-1 du présent code : / a) Il respecte les obligations déclaratives sociales liées à son statut ou son activité ; / (…) ». Aux termes de l’annexe 10 au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, s’agissant des titres de séjour pour motif professionnel : « (…) 4. Pièces à fournir au renouvellement : / 4.1. Si vous occupez toujours l'emploi qui a justifié la délivrance de la dernière autorisation de travail : - autorisation de travail correspondant au poste occupé (formulaire CERFA n° 15187*01) ou autorisation de travail dématérialisée (…) 4.3. Si vous avez changé d'emploi : - attestation du précédent employeur destinée à Pôle Emploi justifiant la rupture du contrat de travail ; - autorisation de travail correspondant au poste occupé. (…) ».
5. Il est constant que M. A... n’a pu produire, à l’appui de sa demande de renouvellement de son titre pluriannuel de séjour portant la mention « salarié », l’autorisation de travail requise par les dispositions des articles L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et L. 5221-2 du code du travail, la demande d’autorisation de travail formulée à son bénéfice en 2023 par son nouvel employeur, la société Ingénierie Bâtiment, ayant été rejetée en raison du non-respect, par cette société, de ses obligations déclaratives. Cette lacune justifiait à elle seule le refus de renouvellement qui lui a été opposé, sans que M. A... ne puisse utilement se prévaloir, à cet égard, de son intégration ni de son expérience professionnelles dans le domaine du bâtiment.
6. Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
7. M. A... se prévaut de sa résidence habituelle sur le territoire français depuis 2006 où il a bénéficié de deux titres de séjour, valables de 2018 à 2023, où il vit avec son épouse et leurs deux enfants nés en 2014 et 2021 et où il travaille dans le secteur du bâtiment depuis 2016, en tant que salarié ou entrepreneur individuel. Il fait également valoir le suivi de cours de français et de modules de formation civique. Toutefois son épouse marocaine est en situation irrégulière, et M. A... ne fait état d’aucun obstacle à ce que la vie familiale et la scolarité des enfants se poursuivent en Egypte ou au Maroc. Par ailleurs, si M. A... dispose d’une expérience certaine dans le domaine du bâtiment, notamment en tant que plaquiste, toutefois, il a exercé son métier, peu qualifié, entre les mois de décembre 2022 et janvier 2024 dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée conclu après une période de chômage, puis en tant qu’autoentrepreneur, sans que la viabilité économique de son entreprise ne ressorte des pièces du dossier, de telle sorte que l’intégration socioprofessionnelle particulière dont il se prévaut n’est pas suffisamment caractérisée. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet des Yvelines n’a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée avec les objectifs en vue desquels l’arrêté litigieux a été pris, et n’a donc pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n’a pas entaché son arrêté d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l’intéressé.
8. M. A... n’ayant pas fondé sa demande de titre de séjour sur les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne peut utilement s’en prévaloir pour discuter la légalité de la décision de refus de titre de séjour contestée.
9. Aucun des moyens soulevés à l’encontre de la décision de refus de renouvellement du titre de séjour de M. A... n’étant fondé, le moyen tiré de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire par voie d’exception d’illégalité de la décision de refus de titre de séjour ne peut être accueilli.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande. Sa requête doit, dès lors, être rejetée y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Délibéré après l’audience du 15 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
Mme C..., première vice-présidente, présidente de chambre,
Mme Marc, présidente assesseure,
Mme Hameau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe 1er octobre 2026.
La rapporteure,
M. Hameau
La présidente,
L. C...
La greffière,
T. Tollim
La rapporteure,
M. Hameau
La présidente,
L. C...
La greffière,
T. Tollim
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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