Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-26NC01198
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-26NC01198 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | TASSI |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler l’arrêté du 12 février 2026 par lequel le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office à l’expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.
Par un jugement n° 2602250 du 13 mai 2026, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Strasbourg, après avoir annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 27 mai 2026, M. A..., représenté par Me Tassi, demande à la cour :
1°) d’annuler l’article 2 de ce jugement du 13 mai 2026 ;
2°) d’annuler les décisions du 12 février 2026 par lesquelles le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office à l’expiration de ce délai ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « étudiant » ou « vie privée et familiale » dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous une astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
- elle méconnaît l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l’illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d’erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Nancy a désigné M. Barteaux, président‑assesseur, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant camerounais, est entré en France le 9 décembre 2022 sous couvert d’un visa de long séjour valant titre de séjour valable du 18 novembre 2022 au 18 novembre 2023. Il a ensuite bénéficié d’une carte de séjour pluriannuelle en qualité de conjoint d’une ressortissante française, valable jusqu’au 18 novembre 2025. Il a présenté une demande de renouvellement de ce titre qui a été clôturée le 9 septembre 2025 en raison de la rupture de la vie commune. Une demande de changement de statut en qualité de « visiteur » a également été clôturée pour absence de ressources suffisantes. Le 9 octobre 2025, il a sollicité la délivrance d’un titre de séjour en qualité d’étudiant. Par un arrêté du 12 février 2026, le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office à l’expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an. M. A... fait appel du jugement du 13 mai 2026 en tant que la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Strasbourg, après avoir annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, a rejeté le surplus de sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
3. En premier lieu, par un arrêté du 27 octobre 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de la Moselle a donné délégation à M. Jérôme Seguy, secrétaire général de la préfecture, à l’effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l’État dans le département, à l’exception d’actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions en litige contenues dans l’arrêté du 12 février 2026. Par suite, et dès lors qu’il n’est pas établi et ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n’aurait pas été absent ou empêché à la date de signature de l’arrêté en litige, le moyen tiré de l’incompétence de son signataire doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, l’article L. 110‑1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose que ce code s’applique « sous réserve des conventions internationales ». Aux termes de l’article 7 de la convention franco‑camerounaise du 24 janvier 1994 : « Les nationaux de chacun des États contractants désireux de se rendre sur le territoire de l’autre État en vue d’effectuer des études doivent, pour être admis sur le territoire de cet État, être en possession, outre d’un visa de long séjour et des documents prévus à l’article 1er de la présente Convention, de justificatifs des moyens de subsistance et d’hébergement, et d’une attestation de préinscription ou d’inscription délivrée par l’établissement d’enseignement qu’ils doivent fréquenter (…) ». L’article 11 de cette convention stipule que : « Pour tout séjour sur le territoire français devant excéder trois mois, les nationaux camerounais doivent posséder un titre de séjour. / (…) / Ces titres de séjour sont délivrés conformément à la législation de l’État d’accueil ». Aux termes de l’article 14 de la même convention : « Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l’application des législations respectives des deux États sur l’entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par la présente Convention ». Enfin, aux termes de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an ».
5. Ainsi que l’a relevé la première juge, il ressort de la décision attaquée que le préfet de la Moselle a refusé de délivrer à M. A... le titre de séjour en qualité d’étudiant qu’il a sollicité aux motifs qu’il était dépourvu de titre de séjour ou de visa de long séjour, que la formation d’aide-soignant à laquelle il s’était inscrit au titre de l’année 2025/2026 ne constituait pas des études supérieures, et enfin de ce qu’il justifiait de ses ressources par la perception de prestations sociales. En se bornant à faire valoir son inscription à l’institut de formation d’aides-soignants de Metz‑Thionville, sans contester le bien-fondé des motifs de la décision contestée qui lui ont été opposés pour refuser de lui délivrer un titre de séjour, M. A... n’établit pas que le préfet de la Moselle aurait fait une inexacte application des stipulations et dispositions précitées.
6. En troisième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
7. M. A... se prévaut de la durée de son séjour en France, de son pacte civil de solidarité conclu le 19 novembre 2025 avec une compatriote titulaire d’une carte de résident ainsi que de son insertion dans la société française. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l’intéressé était présent sur le territoire français depuis un peu plus de trois ans à la date de la décision contestée et il ne démontre pas y avoir noué des liens intenses et stables, en dehors de sa relation avec une compatriote, séjournant régulièrement sur le territoire français, avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité enregistré le 19 novembre 2025 qui présentait par suite un caractère récent à la date de cette décision tout comme sa communauté de vie avec celle-ci. Enfin, les circonstances tirées de ce qu’il a occupé des postes de chauffeur livreur et d’agent d’accompagnement et de ce qu’il suit une formation d’aide-soignant, ne suffisent pas à démontrer une insertion professionnelle particulière ni à établir qu’il aurait fixé en France le centre de ses intérêts personnels. Dans ces conditions, la décision de refus de titre de séjour n’a pas porté au droit de M. A... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l’erreur manifeste que le préfet aurait commise dans l’appréciation de sa situation doit également être écarté.
8. En quatrième lieu, en l’absence d’illégalité établie de la décision de refus de titre de séjour, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l’annulation de cette dernière doit être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l’article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable : « (…) Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. (…) ».
10. Le requérant fait valoir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée dès lors qu’elle comporte des motifs stéréotypés et que le préfet s’est borné à lui refuser un titre de séjour en qualité d’étudiant en relevant que sa formation en école d’aide‑soignant ne constituait pas des études supérieures alors qu’il est entré en France avec un visa de long séjour portant la mention « vie privée et familiale » valable du 19 novembre 2023 au 18 novembre 2025, qu’il était éligible au bénéfice de l’allocation de retour à l’emploi lui permettant de financer sa formation et justifiait d’une adresse et d’un certificat d’inscription à sa formation. Toutefois, il ressort des mentions de l’arrêté attaqué que le préfet de la Moselle, après avoir rappelé le parcours administratif antérieur de M. A..., a examiné sa demande de titre de séjour en qualité d’étudiant au regard des articles 7 de la convention franco-camerounaise et L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que l’ensemble de sa situation personnelle et familiale et l’opportunité d’une mesure de régularisation exceptionnelle. La décision de refus de titre de séjour, quand bien même elle ne reprend pas tous les éléments relatifs à la situation de l’intéressé, est ainsi suffisamment motivée. Dans ces conditions, dès lors qu’elle a été prise concomitamment à cette décision de refus de titre de séjour qui est suffisamment motivée, la décision par laquelle le préfet a obligé l’intéressé à quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n’avait pas à faire l’objet d’une motivation distincte. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
11. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d’erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 de la présente ordonnance.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel présentée par M. A... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Moselle.
Fait à Nancy, le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé : S. Barteaux
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
A. Bailly
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler l’arrêté du 12 février 2026 par lequel le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office à l’expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.
Par un jugement n° 2602250 du 13 mai 2026, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Strasbourg, après avoir annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 27 mai 2026, M. A..., représenté par Me Tassi, demande à la cour :
1°) d’annuler l’article 2 de ce jugement du 13 mai 2026 ;
2°) d’annuler les décisions du 12 février 2026 par lesquelles le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office à l’expiration de ce délai ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « étudiant » ou « vie privée et familiale » dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous une astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
- elle méconnaît l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l’illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d’erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Nancy a désigné M. Barteaux, président‑assesseur, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant camerounais, est entré en France le 9 décembre 2022 sous couvert d’un visa de long séjour valant titre de séjour valable du 18 novembre 2022 au 18 novembre 2023. Il a ensuite bénéficié d’une carte de séjour pluriannuelle en qualité de conjoint d’une ressortissante française, valable jusqu’au 18 novembre 2025. Il a présenté une demande de renouvellement de ce titre qui a été clôturée le 9 septembre 2025 en raison de la rupture de la vie commune. Une demande de changement de statut en qualité de « visiteur » a également été clôturée pour absence de ressources suffisantes. Le 9 octobre 2025, il a sollicité la délivrance d’un titre de séjour en qualité d’étudiant. Par un arrêté du 12 février 2026, le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office à l’expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an. M. A... fait appel du jugement du 13 mai 2026 en tant que la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Strasbourg, après avoir annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, a rejeté le surplus de sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
3. En premier lieu, par un arrêté du 27 octobre 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de la Moselle a donné délégation à M. Jérôme Seguy, secrétaire général de la préfecture, à l’effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l’État dans le département, à l’exception d’actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions en litige contenues dans l’arrêté du 12 février 2026. Par suite, et dès lors qu’il n’est pas établi et ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n’aurait pas été absent ou empêché à la date de signature de l’arrêté en litige, le moyen tiré de l’incompétence de son signataire doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, l’article L. 110‑1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose que ce code s’applique « sous réserve des conventions internationales ». Aux termes de l’article 7 de la convention franco‑camerounaise du 24 janvier 1994 : « Les nationaux de chacun des États contractants désireux de se rendre sur le territoire de l’autre État en vue d’effectuer des études doivent, pour être admis sur le territoire de cet État, être en possession, outre d’un visa de long séjour et des documents prévus à l’article 1er de la présente Convention, de justificatifs des moyens de subsistance et d’hébergement, et d’une attestation de préinscription ou d’inscription délivrée par l’établissement d’enseignement qu’ils doivent fréquenter (…) ». L’article 11 de cette convention stipule que : « Pour tout séjour sur le territoire français devant excéder trois mois, les nationaux camerounais doivent posséder un titre de séjour. / (…) / Ces titres de séjour sont délivrés conformément à la législation de l’État d’accueil ». Aux termes de l’article 14 de la même convention : « Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l’application des législations respectives des deux États sur l’entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par la présente Convention ». Enfin, aux termes de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an ».
5. Ainsi que l’a relevé la première juge, il ressort de la décision attaquée que le préfet de la Moselle a refusé de délivrer à M. A... le titre de séjour en qualité d’étudiant qu’il a sollicité aux motifs qu’il était dépourvu de titre de séjour ou de visa de long séjour, que la formation d’aide-soignant à laquelle il s’était inscrit au titre de l’année 2025/2026 ne constituait pas des études supérieures, et enfin de ce qu’il justifiait de ses ressources par la perception de prestations sociales. En se bornant à faire valoir son inscription à l’institut de formation d’aides-soignants de Metz‑Thionville, sans contester le bien-fondé des motifs de la décision contestée qui lui ont été opposés pour refuser de lui délivrer un titre de séjour, M. A... n’établit pas que le préfet de la Moselle aurait fait une inexacte application des stipulations et dispositions précitées.
6. En troisième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
7. M. A... se prévaut de la durée de son séjour en France, de son pacte civil de solidarité conclu le 19 novembre 2025 avec une compatriote titulaire d’une carte de résident ainsi que de son insertion dans la société française. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l’intéressé était présent sur le territoire français depuis un peu plus de trois ans à la date de la décision contestée et il ne démontre pas y avoir noué des liens intenses et stables, en dehors de sa relation avec une compatriote, séjournant régulièrement sur le territoire français, avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité enregistré le 19 novembre 2025 qui présentait par suite un caractère récent à la date de cette décision tout comme sa communauté de vie avec celle-ci. Enfin, les circonstances tirées de ce qu’il a occupé des postes de chauffeur livreur et d’agent d’accompagnement et de ce qu’il suit une formation d’aide-soignant, ne suffisent pas à démontrer une insertion professionnelle particulière ni à établir qu’il aurait fixé en France le centre de ses intérêts personnels. Dans ces conditions, la décision de refus de titre de séjour n’a pas porté au droit de M. A... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l’erreur manifeste que le préfet aurait commise dans l’appréciation de sa situation doit également être écarté.
8. En quatrième lieu, en l’absence d’illégalité établie de la décision de refus de titre de séjour, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l’annulation de cette dernière doit être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l’article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable : « (…) Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. (…) ».
10. Le requérant fait valoir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée dès lors qu’elle comporte des motifs stéréotypés et que le préfet s’est borné à lui refuser un titre de séjour en qualité d’étudiant en relevant que sa formation en école d’aide‑soignant ne constituait pas des études supérieures alors qu’il est entré en France avec un visa de long séjour portant la mention « vie privée et familiale » valable du 19 novembre 2023 au 18 novembre 2025, qu’il était éligible au bénéfice de l’allocation de retour à l’emploi lui permettant de financer sa formation et justifiait d’une adresse et d’un certificat d’inscription à sa formation. Toutefois, il ressort des mentions de l’arrêté attaqué que le préfet de la Moselle, après avoir rappelé le parcours administratif antérieur de M. A..., a examiné sa demande de titre de séjour en qualité d’étudiant au regard des articles 7 de la convention franco-camerounaise et L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que l’ensemble de sa situation personnelle et familiale et l’opportunité d’une mesure de régularisation exceptionnelle. La décision de refus de titre de séjour, quand bien même elle ne reprend pas tous les éléments relatifs à la situation de l’intéressé, est ainsi suffisamment motivée. Dans ces conditions, dès lors qu’elle a été prise concomitamment à cette décision de refus de titre de séjour qui est suffisamment motivée, la décision par laquelle le préfet a obligé l’intéressé à quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n’avait pas à faire l’objet d’une motivation distincte. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
11. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d’erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 de la présente ordonnance.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel présentée par M. A... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Moselle.
Fait à Nancy, le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé : S. Barteaux
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
A. Bailly
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