Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-26NC01531
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-26NC01531 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | AIRIAU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D... B... et son épouse Mme A... B... née C... ont demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler les décisions du 4 mars 2025 par lesquels le préfet du Bas-Rhin a refusé de leur délivrer un titre de séjour.
Par un jugement nos 2503859, 2503860 du 4 mai 2026, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2026, M. et Mme B..., représentés par Me Airiau, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 4 mai 2026 ;
2°) d’annuler les décisions du 4 mars 2025 ;
3°) d’enjoindre au préfet du Bas-Rhin de leur délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer leur situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de leur délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour les autorisant à travailler, sous la même condition d’astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros à verser à leur conseil en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75-I de la loi du 10 juillet 1991 et, en cas de rejet des demandes d’aide juridictionnelle, à eux-mêmes ;
Ils soutiennent que :
- les décisions en litige méconnaissent les article L. 425-9 et L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et sont entachées d’erreur manifeste d’appréciation ;
- elles méconnaissent l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant et sont entachées d’erreur manifeste d’appréciation.
M. et Mme B... ont été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle par des décisions du 20 août 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Nancy a désigné M. Barteaux, président‑assesseur, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B..., ressortissants géorgiens, sont entrés sur le territoire français le 12 septembre 2024 afin d’y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Leurs demandes d’asile ont été rejetées par des décisions de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 5 février 2025 statuant en procédure accélérée sur le fondement du 1° de l’article L. 531-24 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le 31 octobre 2024, ils ont sollicité la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par des décisions du 4 mars 2025, le préfet du Bas-Rhin a refusé de leur délivrer un titre de séjour. M. et Mme B... font appel du jugement du 4 mai 2026 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leurs demandes tendant à l’annulation de ces décisions.
2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
3. En premier lieu, aux termes de l’article L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. (…) / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ». Aux termes de l’article L. 425-9 du même code : « L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (…) ».
4. S’il est saisi, à l’appui de conclusions tendant à l’annulation de la décision de refus, d’un moyen relatif à l’état de santé du demandeur, aux conséquences de l’interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d’en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l’avis médical rendu par le collège des médecins de l’OFII. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l’ensemble des éléments pertinents, notamment l’entier dossier du rapport médical au vu duquel s’est prononcé le collège des médecins de l’OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
5. Il ressort des pièces des dossiers que pour refuser d’admettre au séjour M. et Mme B... en qualité de parents d’enfant malade, le préfet du Bas-Rhin s’est fondé sur l’avis émis le 23 janvier 2025 par le collège des médecins de l’OFII selon lequel si l’état de santé de leur fille mineure nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité, elle peut bénéficier d’un traitement approprié dans son pays d’origine. Il ressort des pièces du dossier que la fille des requérants souffre d’une encéphalopathie épileptique et développementale avec quasi cécité. Si les ordonnances et certificats médicaux produits en première instance et à hauteur d’appel, notamment le certificat médical géorgien du 16 décembre 2022, font état de ce que le médicament Clobazam 10 mg serait indisponible en Géorgie, ce même document établit également qu’elle a pu y bénéficier d’un traitement et que son état de santé s’y était amélioré. En outre, si les documents médicaux produits en première instance et à hauteur d’appel font état des traitements dont l’intéressée bénéficie en France, des comptes-rendus de ses hospitalisations et de ce que l’interruption de son traitement risque d’entrainer des conséquences d’une exceptionnelle gravité sur son état de santé, ceux-ci ne comportent aucune mention relative à la disponibilité de soins en Géorgie. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux, que l’état de santé de l’enfant aurait défavorablement évolué antérieurement à la décision en litige, ni au demeurant postérieurement, un compte rendu du 19 avril 2025, contemporain de cette décision, que corrobore le projet personnalité d’accompagnement du 27 janvier 2026, mentionne que son épilepsie est bien contrôlée. Dans ces conditions, les éléments produits ne permettent pas de remettre en cause l’appréciation portée par le préfet sur l’état de santé de l’enfant de M. et Mme B... et, en particulier, sur la possibilité de bénéficier effectivement d’un traitement approprié dans son pays d’origine. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation doit également être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Aux termes de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait d’institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ».
7. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme B... étaient présents en France depuis moins de six mois à la date des décisions en litige et qu’ils ne démontrent pas y avoir tissé des liens intenses et stables. À cet égard, s’il est constant que la sœur de M. B... réside sur le territoire français et bénéficie d’une autorisation provisoire de séjour à la date des décisions en litige, cette seule circonstance ne permet pas d’établir l’intensité des liens qu’ils entretiennent avec cette dernière, ni de leur conférer un droit au séjour. Par ailleurs, les décisions de refus de séjour en litige n’ont ni pour objet ni pour effet de séparer les intéressés de leur enfant mineur, née en 2022, qui a vocation à les suivre dans leur pays d’origine où elle pourra bénéficier, comme avant leur arrivée en France, d’une prise en charge médicale. Dans ces conditions, les décisions de refus de titre de séjour en litige ne peuvent être regardées comme portant au droit de M. et Mme B... au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises, ni comme méconnaissant l’intérêt supérieur de leur fille mineure. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l’erreur manifeste que le préfet aurait commise dans l’appréciation de la situation des requérants doit également être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel présentée par M. et Mme B... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter, en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction et d’astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais de l’instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B..., Mme A... B... née C... et à Me Airiau.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Bas-Rhin.
Fait à Nancy, le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé : S. Barteaux
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
A. Bailly
Procédure contentieuse antérieure :
M. D... B... et son épouse Mme A... B... née C... ont demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler les décisions du 4 mars 2025 par lesquels le préfet du Bas-Rhin a refusé de leur délivrer un titre de séjour.
Par un jugement nos 2503859, 2503860 du 4 mai 2026, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2026, M. et Mme B..., représentés par Me Airiau, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 4 mai 2026 ;
2°) d’annuler les décisions du 4 mars 2025 ;
3°) d’enjoindre au préfet du Bas-Rhin de leur délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer leur situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de leur délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour les autorisant à travailler, sous la même condition d’astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros à verser à leur conseil en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75-I de la loi du 10 juillet 1991 et, en cas de rejet des demandes d’aide juridictionnelle, à eux-mêmes ;
Ils soutiennent que :
- les décisions en litige méconnaissent les article L. 425-9 et L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et sont entachées d’erreur manifeste d’appréciation ;
- elles méconnaissent l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant et sont entachées d’erreur manifeste d’appréciation.
M. et Mme B... ont été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle par des décisions du 20 août 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Nancy a désigné M. Barteaux, président‑assesseur, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B..., ressortissants géorgiens, sont entrés sur le territoire français le 12 septembre 2024 afin d’y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Leurs demandes d’asile ont été rejetées par des décisions de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 5 février 2025 statuant en procédure accélérée sur le fondement du 1° de l’article L. 531-24 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le 31 octobre 2024, ils ont sollicité la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par des décisions du 4 mars 2025, le préfet du Bas-Rhin a refusé de leur délivrer un titre de séjour. M. et Mme B... font appel du jugement du 4 mai 2026 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leurs demandes tendant à l’annulation de ces décisions.
2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
3. En premier lieu, aux termes de l’article L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. (…) / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ». Aux termes de l’article L. 425-9 du même code : « L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (…) ».
4. S’il est saisi, à l’appui de conclusions tendant à l’annulation de la décision de refus, d’un moyen relatif à l’état de santé du demandeur, aux conséquences de l’interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d’en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l’avis médical rendu par le collège des médecins de l’OFII. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l’ensemble des éléments pertinents, notamment l’entier dossier du rapport médical au vu duquel s’est prononcé le collège des médecins de l’OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
5. Il ressort des pièces des dossiers que pour refuser d’admettre au séjour M. et Mme B... en qualité de parents d’enfant malade, le préfet du Bas-Rhin s’est fondé sur l’avis émis le 23 janvier 2025 par le collège des médecins de l’OFII selon lequel si l’état de santé de leur fille mineure nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité, elle peut bénéficier d’un traitement approprié dans son pays d’origine. Il ressort des pièces du dossier que la fille des requérants souffre d’une encéphalopathie épileptique et développementale avec quasi cécité. Si les ordonnances et certificats médicaux produits en première instance et à hauteur d’appel, notamment le certificat médical géorgien du 16 décembre 2022, font état de ce que le médicament Clobazam 10 mg serait indisponible en Géorgie, ce même document établit également qu’elle a pu y bénéficier d’un traitement et que son état de santé s’y était amélioré. En outre, si les documents médicaux produits en première instance et à hauteur d’appel font état des traitements dont l’intéressée bénéficie en France, des comptes-rendus de ses hospitalisations et de ce que l’interruption de son traitement risque d’entrainer des conséquences d’une exceptionnelle gravité sur son état de santé, ceux-ci ne comportent aucune mention relative à la disponibilité de soins en Géorgie. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux, que l’état de santé de l’enfant aurait défavorablement évolué antérieurement à la décision en litige, ni au demeurant postérieurement, un compte rendu du 19 avril 2025, contemporain de cette décision, que corrobore le projet personnalité d’accompagnement du 27 janvier 2026, mentionne que son épilepsie est bien contrôlée. Dans ces conditions, les éléments produits ne permettent pas de remettre en cause l’appréciation portée par le préfet sur l’état de santé de l’enfant de M. et Mme B... et, en particulier, sur la possibilité de bénéficier effectivement d’un traitement approprié dans son pays d’origine. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation doit également être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Aux termes de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait d’institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ».
7. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme B... étaient présents en France depuis moins de six mois à la date des décisions en litige et qu’ils ne démontrent pas y avoir tissé des liens intenses et stables. À cet égard, s’il est constant que la sœur de M. B... réside sur le territoire français et bénéficie d’une autorisation provisoire de séjour à la date des décisions en litige, cette seule circonstance ne permet pas d’établir l’intensité des liens qu’ils entretiennent avec cette dernière, ni de leur conférer un droit au séjour. Par ailleurs, les décisions de refus de séjour en litige n’ont ni pour objet ni pour effet de séparer les intéressés de leur enfant mineur, née en 2022, qui a vocation à les suivre dans leur pays d’origine où elle pourra bénéficier, comme avant leur arrivée en France, d’une prise en charge médicale. Dans ces conditions, les décisions de refus de titre de séjour en litige ne peuvent être regardées comme portant au droit de M. et Mme B... au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises, ni comme méconnaissant l’intérêt supérieur de leur fille mineure. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l’erreur manifeste que le préfet aurait commise dans l’appréciation de la situation des requérants doit également être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel présentée par M. et Mme B... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter, en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction et d’astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais de l’instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B..., Mme A... B... née C... et à Me Airiau.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Bas-Rhin.
Fait à Nancy, le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé : S. Barteaux
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
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