Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-26NC01624
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-26NC01624 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SELARL MAINNEVRET - MALBLANC AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C... a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d’annuler, d’une part, la décision implicite par laquelle le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, d’autre part, l’arrêté du 6 novembre 2025 par lequel le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d’office à l’expiration de ce délai.
Par un jugement nos 2503084, 2503915 du 19 mai 2026, le tribunal administratif de Châlons‑en‑Champagne a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 16 juillet 2026, Mme B..., représentée par Me Mainnevret de la SELARL Mainnevret-Malblanc Avocats Associés, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 19 mai 2026 ;
2°) d’annuler l’arrêté du 6 novembre 2025 ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer, pendant cet examen, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour méconnaît l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l’illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 8 septembre 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Nancy a désigné M. Barteaux, président‑assesseur, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante arménienne, est entrée sur le territoire français, selon ses déclarations, le 23 septembre 2022 afin d’y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Après le rejet de sa demande d’asile, elle a sollicité, le 2 juillet 2024, son admission au séjour en invoquant son état de santé. Le silence gardé par l’administration sur cette demande a fait naître une décision implicite de refus de titre de séjour. Par un arrêté du 6 novembre 2025, le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d’office à l’expiration de ce délai. Mme B... fait appel du jugement du 19 mai 2026 par lequel le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, après avoir constaté que la décision expresse de refus de titre de séjour du 6 novembre 2025 s’était entièrement substituée à la décision implicite née du silence initialement gardé sur cette demande, a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
3. En premier lieu, aux termes de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : : « L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (…) ».
4. S’il est saisi, à l’appui de conclusions tendant à l’annulation de la décision de refus, d’un moyen relatif à l’état de santé du demandeur, aux conséquences de l’interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d’en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l’avis médical rendu par le collège des médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l’ensemble des éléments pertinents, notamment l’entier dossier du rapport médical au vu duquel s’est prononcé le collège des médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
5. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme B..., le préfet de la Marne s’est notamment fondé sur l’avis émis le 28 janvier 2025 par le collège des médecins de l’OFII selon lequel si l’état de santé de l’intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité, elle peut, eu égard à l’offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d’origine, y bénéficier effectivement d’un traitement approprié et voyager sans risque pour son état de santé. Les documents produits par la requérante, notamment deux certificats médicaux du CHU de Reims établis en août et septembre 2025, qui rappellent son insuffisance rénale et les séances d’hémodialyse dont elle bénéficie trois fois par semaine depuis le 1er novembre 2021, ne sont pas de nature remettre en cause la disponibilité de ce traitement en Arménie. De plus, si elle souligne les insuffisances du système de santé arménien et le coût élevé des frais de santé, en produisant l’extrait d’un rapport établi en 2024 par l’organisation suisse d’aide des réfugiés sur l’accès aux dialyse et transplantation rénale en Arménie et leur coût, ainsi qu’un certificat médical du 9 décembre 2025, au demeurant postérieur à la décision en litige, qui indique qu’un voyage en dehors de la France la mettrait en danger dès lors que ses séances d’hémodialyse sont vitales, ces éléments ne sont toutefois pas suffisants pour établir que l’intéressée ne pourrait pas bénéficier effectivement d’une prise en charge appropriée de sa pathologie dans son pays d’origine, même si le système de santé dans celui-ci n’est pas aussi performant que celui de la France, ni pour établir qu’elle ne pourrait pas bénéficier d’une prise en charge sociale ni se procurer les ressources nécessaires à son traitement, dont elle ne justifie pas du coût. En outre, si elle soutient qu’elle ne pourra pas bénéficier de transplantation rénale en Arménie, il ne ressort pas des documents produits, notamment un certificat médical du CHU de Reims établi le 30 juin 2026, soit postérieurement à l’arrêté attaqué, qui se borne à indiquer qu’un bilan de pré-transplantation est en cours « en vue d’une éventuelle inscription sur la liste nationale d’attente de transplantation rénale », que son état de santé nécessiterait impérativement une telle opération. Dans ces conditions, les éléments produits par Mme B... ne permettent pas de remettre en cause l’appréciation portée par le préfet sur son état de santé et, en particulier, sur la possibilité de bénéficier effectivement d’un traitement approprié en cas de retour dans son pays d’origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. En deuxième lieu, faute d’établir l’illégalité de la décision de refus de titre de séjour, Mme B... n’est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale en raison d’une telle illégalité.
7. En troisième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ».
8. Mme B... se prévaut de la présence sur le territoire de son fils, ainsi que de son état de santé. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu’elle ne résidait en France que depuis trois ans à la date de l’arrêté en litige et elle ne démontre pas y avoir noué des liens d’une ancienneté ou intensité particulière. De même, elle n’apporte aucun élément de nature à établir que son fils majeur résiderait régulièrement en France et aurait vocation à s’y maintenir durablement. Par ailleurs, ainsi qu’il a été exposé au point 5 de la présente ordonnance, il n’est pas établi que sa prise en charge médicale ne pourrait se poursuivre dans son pays d’origine. Enfin, Mme B... n’établit pas être particulièrement intégrée au sein de la société française, ni être dépourvue d’attaches en Arménie où résident ses deux autres enfants et notamment le benjamin de la fratrie qui est encore mineur. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige ne peut être regardée comme portant au droit de Mme B... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. En quatrième lieu, faute d’établir l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, Mme B... n’est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait illégale en raison d’une telle illégalité.
10. En dernier lieu, Mme B... soutient qu’elle serait exposée à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Arménie en raison de son état de santé. Toutefois, ainsi qu’il a été dit au point 5 de la présente ordonnance, les documents médicaux produits ne permettent pas d’établir qu’elle ne pourrait bénéficier des soins appropriés à son état de santé dans son pays d’origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel présentée par Mme B... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter, en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction, et celles présentées au titre des frais de l’instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... B... et à Me Mainnevret.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Marne.
Fait à Nancy, le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé : S. Barteaux
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
M. A...
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C... a demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d’annuler, d’une part, la décision implicite par laquelle le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, d’autre part, l’arrêté du 6 novembre 2025 par lequel le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d’office à l’expiration de ce délai.
Par un jugement nos 2503084, 2503915 du 19 mai 2026, le tribunal administratif de Châlons‑en‑Champagne a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 16 juillet 2026, Mme B..., représentée par Me Mainnevret de la SELARL Mainnevret-Malblanc Avocats Associés, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 19 mai 2026 ;
2°) d’annuler l’arrêté du 6 novembre 2025 ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer, pendant cet examen, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour méconnaît l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l’illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 8 septembre 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Nancy a désigné M. Barteaux, président‑assesseur, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B..., ressortissante arménienne, est entrée sur le territoire français, selon ses déclarations, le 23 septembre 2022 afin d’y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Après le rejet de sa demande d’asile, elle a sollicité, le 2 juillet 2024, son admission au séjour en invoquant son état de santé. Le silence gardé par l’administration sur cette demande a fait naître une décision implicite de refus de titre de séjour. Par un arrêté du 6 novembre 2025, le préfet de la Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d’office à l’expiration de ce délai. Mme B... fait appel du jugement du 19 mai 2026 par lequel le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, après avoir constaté que la décision expresse de refus de titre de séjour du 6 novembre 2025 s’était entièrement substituée à la décision implicite née du silence initialement gardé sur cette demande, a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
3. En premier lieu, aux termes de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : : « L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (…) ».
4. S’il est saisi, à l’appui de conclusions tendant à l’annulation de la décision de refus, d’un moyen relatif à l’état de santé du demandeur, aux conséquences de l’interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d’en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l’avis médical rendu par le collège des médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l’ensemble des éléments pertinents, notamment l’entier dossier du rapport médical au vu duquel s’est prononcé le collège des médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
5. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme B..., le préfet de la Marne s’est notamment fondé sur l’avis émis le 28 janvier 2025 par le collège des médecins de l’OFII selon lequel si l’état de santé de l’intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité, elle peut, eu égard à l’offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d’origine, y bénéficier effectivement d’un traitement approprié et voyager sans risque pour son état de santé. Les documents produits par la requérante, notamment deux certificats médicaux du CHU de Reims établis en août et septembre 2025, qui rappellent son insuffisance rénale et les séances d’hémodialyse dont elle bénéficie trois fois par semaine depuis le 1er novembre 2021, ne sont pas de nature remettre en cause la disponibilité de ce traitement en Arménie. De plus, si elle souligne les insuffisances du système de santé arménien et le coût élevé des frais de santé, en produisant l’extrait d’un rapport établi en 2024 par l’organisation suisse d’aide des réfugiés sur l’accès aux dialyse et transplantation rénale en Arménie et leur coût, ainsi qu’un certificat médical du 9 décembre 2025, au demeurant postérieur à la décision en litige, qui indique qu’un voyage en dehors de la France la mettrait en danger dès lors que ses séances d’hémodialyse sont vitales, ces éléments ne sont toutefois pas suffisants pour établir que l’intéressée ne pourrait pas bénéficier effectivement d’une prise en charge appropriée de sa pathologie dans son pays d’origine, même si le système de santé dans celui-ci n’est pas aussi performant que celui de la France, ni pour établir qu’elle ne pourrait pas bénéficier d’une prise en charge sociale ni se procurer les ressources nécessaires à son traitement, dont elle ne justifie pas du coût. En outre, si elle soutient qu’elle ne pourra pas bénéficier de transplantation rénale en Arménie, il ne ressort pas des documents produits, notamment un certificat médical du CHU de Reims établi le 30 juin 2026, soit postérieurement à l’arrêté attaqué, qui se borne à indiquer qu’un bilan de pré-transplantation est en cours « en vue d’une éventuelle inscription sur la liste nationale d’attente de transplantation rénale », que son état de santé nécessiterait impérativement une telle opération. Dans ces conditions, les éléments produits par Mme B... ne permettent pas de remettre en cause l’appréciation portée par le préfet sur son état de santé et, en particulier, sur la possibilité de bénéficier effectivement d’un traitement approprié en cas de retour dans son pays d’origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. En deuxième lieu, faute d’établir l’illégalité de la décision de refus de titre de séjour, Mme B... n’est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale en raison d’une telle illégalité.
7. En troisième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ».
8. Mme B... se prévaut de la présence sur le territoire de son fils, ainsi que de son état de santé. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu’elle ne résidait en France que depuis trois ans à la date de l’arrêté en litige et elle ne démontre pas y avoir noué des liens d’une ancienneté ou intensité particulière. De même, elle n’apporte aucun élément de nature à établir que son fils majeur résiderait régulièrement en France et aurait vocation à s’y maintenir durablement. Par ailleurs, ainsi qu’il a été exposé au point 5 de la présente ordonnance, il n’est pas établi que sa prise en charge médicale ne pourrait se poursuivre dans son pays d’origine. Enfin, Mme B... n’établit pas être particulièrement intégrée au sein de la société française, ni être dépourvue d’attaches en Arménie où résident ses deux autres enfants et notamment le benjamin de la fratrie qui est encore mineur. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige ne peut être regardée comme portant au droit de Mme B... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. En quatrième lieu, faute d’établir l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, Mme B... n’est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait illégale en raison d’une telle illégalité.
10. En dernier lieu, Mme B... soutient qu’elle serait exposée à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Arménie en raison de son état de santé. Toutefois, ainsi qu’il a été dit au point 5 de la présente ordonnance, les documents médicaux produits ne permettent pas d’établir qu’elle ne pourrait bénéficier des soins appropriés à son état de santé dans son pays d’origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel présentée par Mme B... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter, en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction, et celles présentées au titre des frais de l’instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... B... et à Me Mainnevret.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Marne.
Fait à Nancy, le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé : S. Barteaux
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
M. A...
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