Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-26DA01733

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-26DA01733
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantELATRASSI-DIOME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C... B... A... a demandé au tribunal administratif de Rouen d’annuler l’arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 11 mai 2026 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour en France pendant trois ans.

Par un jugement n° 2603533 du 10 juillet 2026, la magistrate désignée du tribunal administratif de Rouen a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 10 août 2026, M. B... A..., représenté par Me Djehanne Elatrassi, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) d’annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;

3°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais de justice.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements ;
- l'avis contentieux du Conseil d’Etat du 28 octobre 2025 n° 504980 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. L’article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que les présidents de formation de jugement des cours peuvent, par ordonnance, rejeter « les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ».



Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. M. B... A... soutient que l’arrêté est entaché d’incompétence de l’auteur de l’acte, d’insuffisance de motivation, de défaut d’examen de la situation, d’erreur d’appréciation de la menace à l'ordre public, d’erreur manifeste d’appréciation de la situation personnelle et de violation des articles 7 bis de l’accord franco-algérien, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

3. Il ressort des pièces du dossier de première instance et d’appel qu’il y a lieu d’écarter ces moyens par adoption des motifs du jugement.

4. Il y a lieu d’ajouter, d’une part, que le casier judiciaire de M. B... A... porte la mention de 26 condamnations, dont la plus récente pour des faits de vol commis en janvier et février 2025, d’autre part, que l’avis de la commission du titre de séjour défavorable à la délivrance d’un titre de séjour a relevé que l’intéressé totalise 26 années d’emprisonnement.

5. Si l’arrêté a relevé que M. B... A... « n’apporte au dossier aucun élément permettant de constater la moindre relation avec [son] enfant devenu majeur », alors que cet enfant a visité son père en prison les 21 octobre et 12 novembre 2023, et « ne démontre aucune activité professionnelle passée », alors que l’intéressé a suivi une formation de janvier 2021 à juin 2022 et a travaillé en détention, il résulte de l’instruction que le préfet aurait pris la même décision sans retenir ces motifs.

6. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d’action ou d’exception, doivent être écartés.

7. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que la magistrate désignée du tribunal administratif a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

8. La présente décision n’implique pas le prononcé d’une injonction sur le fondement des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.





Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

9. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou L. 761-1 du code de justice administrative doit être rejetée.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime et à Me Djehanne Elatrassi.

Fait à Douai, le 1er octobre 2026



Le président de la 4ème chambre,




Signé : Marc Heinis


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,



Elisabeth Héléniak