vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-21PA03140 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MARSEAULT-DESCOINS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C A a demandé au tribunal administratif de Paris d'ordonner une mesure d'expertise médicale et de condamner la ville de Paris à lui verser, à titre de provision, la somme de 3 333,40 euros, à valoir sur l'indemnisation définitive des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la chute dont elle a été victime le 9 octobre 2017.
Par un jugement n° 1906389/5-1 du 8 avril 2021, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire enregistrés le 8 juin 2021 et les 6 et 12 avril 2022, Mme A, représentée par Me Marseault-Descoins, demande à la cour dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le jugement du 8 avril 2021 du tribunal administratif de Paris ;
2°) à titre principal, d'ordonner une mesure d'expertise médicale afin d'évaluer les préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la chute dont il a été victime le 9 octobre
2017 ;
3°) à titre subsidiaire, de condamner la ville de Paris à lui verser la somme de 6 333,40 euros en réparation de ses préjudices ;
4°) de mettre à la charge de la ville de Paris les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la ville de Paris pour défaut d'entretien normal de la voie publique est engagée dès lors que sa chute a été provoquée par un trou dans le trottoir causé par le retrait ou le déplacement d'un plot, couvert de feuilles mortes ;
- le lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage est établi, notamment par la production de clichés photographiques et de deux attestations de témoins directs ;
- suite à cet accident, la ville de Paris a réparé le trou à l'origine de sa chute attestant ainsi du défaut d'entretien normal de la voie publique ;
- il y a lieu d'ordonner une mesure d'expertise afin d'évaluer l'étendue des préjudices qu'elle a subis ;
- subsidiairement, il y a lieu de lui allouer 6 333,40 euros en réparation de ses préjudices.
La requête a été communiquée à la ville de Paris, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 24 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Mme D B a été désignée rapporteure publique par une décision du
2 décembre 2022 de la présidente de la Cour, en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les conclusions de Mme Marion, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A relève appel du jugement du 8 avril 2021 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa requête tendant à la réalisation d'une mesure d'expertise médicale et à la condamnation de la ville de Paris à lui verser une somme de 3 333,40 euros à titre de provision de l'indemnisation de ses préjudices résultant d'une chute qu'elle indique avoir faite le 9 octobre 2017 sur le trottoir au niveau du 46/48 rue Oberkampf dans le 11ème arrondissement de Paris, du fait d'un trou causé par le retrait ou le déplacement d'un plot, et recouvert de feuilles mortes.
2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'il a subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, l'usager doit démontrer, d'une part, la matérialité des faits qu'il invoque et la réalité de son préjudice et, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage, soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime ou l'existence d'un évènement de force majeure.
3. Mme A soutient avoir chuté le 9 octobre 2017, vers 15 heures 30, en raison d'un trou situé sur le trottoir causé par le retrait ou le déplacement d'un plot, couvert de feuilles mortes, alors qu'elle cheminait au niveau du n° 46/48 rue Oberkampf dans le 11ème arrondissement de Paris. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment des documents photographiques qu'elle produits, au demeurant non datés, que la présence de ce trou, dont il n'est pas sérieusement contesté que sa profondeur n'était pas supérieure à trois centimètres, excédait, eu égard tant à ses dimensions qu'à ses caractéristiques, les défectuosités qu'un piéton normalement attentif pouvait s'attendre à rencontrer. En outre, la présence de feuilles mortes en automne sur le trottoir n'est pas, en elle-même, constitutive d'un défaut d'entretien normal et aurait dû conduire Mme A à porter à sa marche les précautions requises de tout piéton normalement attentif à ses déplacements, notamment à cette période de l'année. Il en résulte que Mme A n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité de la ville de Paris pour défaut d'entretien normal de la chaussée et que ses conclusions tendant à ce que la Cour ordonne une expertise médicale et, subsidiairement, à ce qu'elle condamne la ville de Paris à l'indemniser de ses préjudices, ne peuvent qu'être rejetées.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C A et à la ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Ivan Luben, président de chambre,
- Mme Marianne Julliard, présidente assesseure,
- Mme Gaëlle Mornet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
M. JULLIARDLe président,
I. LUBEN
Le greffier,
E. MOULINLa République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026