mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA03856 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | FOURET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Paris, d'une part, d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a refusé de modifier son inscription à l'examen du baccalauréat technologique " sciences et technologies de l'agronomie et du vivant " professionnel, d'autre part, d'enjoindre au ministre de l'agriculture et de l'alimentation de modifier son inscription au baccalauréat et de convoquer le jury afin qu'il délibère sur les notes obtenues lors du contrôle continu comme les autres étudiants et sur les notes obtenues aux épreuves terminales qui n'ont pas fait l'objet d'une validation du contrôle continu.
Par un jugement n° 2114130/1-2 du 21 juin 2022, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 août et 20 septembre 2022, Mme A, représentée par Me le Foyer de Costil, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler la décision du 4 juin 2021 par laquelle le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a refusé de modifier son inscription à l'examen du baccalauréat technologique " sciences et technologies de l'agronomie et du vivant " professionnel ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'agriculture et de l'alimentation de modifier son inscription au baccalauréat et de convoquer le jury afin qu'il délibère sur les notes obtenues lors du contrôle continu comme les autres étudiants et sur les notes obtenues aux épreuves terminales qui n'ont pas fait l'objet d'une validation du contrôle continu ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;
- la décision de refus du 4 juin 2021 du ministre de l'agriculture et de l'alimentation est entachée d'une erreur matérielle des faits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 avril 2023, la clôture de l'instruction a été reportée au 15 mai 2023 à 12h00.
Les parties ont été informées, par une lettre du 28 septembre 2023, que la Cour était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 4 juin 2021 refusant de modifier l'inscription au baccalauréat de Mme A, cette décision n'étant pas détachable de celle prise par le jury de ne pas lui attribuer le diplôme, qui était seule contestable devant le juge de l'excès de pouvoir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme d'Argenlieu,
- et les conclusions de Mme Naudin, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A s'est inscrite, le 7 décembre 2020, aux épreuves du bac technologique " sciences et technologies de l'agronomie et du vivant " (STAV) professionnel, au titre de la session 2021. Par un courrier électronique du 16 mars 2021, elle a sollicité la modification de son inscription en se prévalant de ce qu'elle ne pouvait pas se présenter à l'examen en qualité de " candidat isolé " puisqu'elle était inscrite, pour l'année scolaire 2020/2021, au centre national d'enseignement agricole par correspondance (CNEAC). Par un jugement du 21 juin 2022, dont Mme A relève appel, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 4 juin 2021 par laquelle la directrice générale de l'enseignement et de la recherche du ministère de l'agriculture et de l'alimentation a, en dernier lieu, refusé de procéder à la modification sollicitée.
Sur la régularité du jugement :
2. Mme A soutient que le jugement attaqué ne serait pas motivé de manière intelligible, dans la mesure où il ne préciserait pas ce que l'auteur de la décision contestée aurait indiqué à tort. Toutefois, cette circonstance n'est pas de nature à entacher d'irrégularité le jugement attaqué, lequel explicite suffisamment les motifs retenus par les premiers juges pour rejeter sa demande.
Sur le bien-fondé du jugement :
3. En l'espèce, il n'est pas contesté que les inscriptions à la session 2021 du baccalauréat STAV ne pouvaient plus être modifiées après le 31 décembre 2020, date à laquelle celles-ci sont devenues définitives. Dans ces conditions, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation, ainsi qu'il le mentionne dans sa décision, était en tout état de cause tenu lorsqu'il a reçu, le 16 mars 2021, la demande de modification de l'inscription de Mme A au baccalauréat, de refuser d'y faire droit, quand bien même ce refus reposerait sur une erreur de fait
4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bonifacj, présidente,
- M. Niollet, président-assesseur,
- Mme d'Argenlieu, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 novembre 2023.
La rapporteure,
L. d'ARGENLIEULa présidente,
J. BONIFACJ
La greffière,
E. TORDOLa République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026