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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-22PA05559

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-22PA05559

vendredi 3 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-22PA05559
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP CHATON GRILLON BROCARD GIRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société les Ateliers Monique Labbé, a demandé au tribunal administratif de Melun d’une part, d’annuler la décision du 10 mars 2017 par laquelle le département du Val-de-Marne a résilié à ses torts le contrat de maitrise d’œuvre conclu le 7 juillet 2014 ainsi que le décompte de résiliation du 11 octobre 2017 et, d’autre part, de condamner le département du Val-de-Marne à lui verser la somme de 173 126,22 euros, en réparation du préjudice causé par cette résiliation et par l’absence de paiement du solde de décompte de résiliation, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2017.

Par un jugement n° 1801795 du 25 octobre 2022, le tribunal administratif de Melun a condamné le département du Val-de-Marne à verser à la société les Ateliers Monique Labbé au titre du solde du marché, la somme de 26 573,14 euros toutes taxes comprises, assortie des intérêts moratoires à compter du 9 décembre 2017, une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus de la demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 30 décembre 2022 et 13 janvier 2025, ce dernier mémoire n’ayant pas été communiqué, la société les Ateliers Monique Labbé, représentée par la SCP Chaton-Grillon-Brochard-Gire, demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement du 25 octobre 2022 du tribunal administratif de Melun en ce qu’il a limité la condamnation du département du Val-de-Marne à la somme de 26 573,14 euros ;

2°) de condamner le département à lui verser la somme de 182 489, 99 euros ;

3°) de mettre à la charge du département la somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la demande de première instance est recevable ;

- la décision de résiliation n’est ni motivée ni justifiée ;

- elle avait exécuté 60 % de la phase VISA et 60 % de la phase DET pour un montant complémentaire de 28 329, 30 euros TTC ;

- elle a droit à des honoraires facturés et non payés pour un montant de 1 096,35 euros TTC ;

- elle a droit à des honoraires au titre des avenants n°1 et n°2 du contrat de maîtrise d’œuvre pour des prestations effectivement réalisées à la demande du maître d’ouvrage ;

- c’est à tort que le tribunal a limité, pour l’avenant n°1, l’indemnisation à hauteur de 26 250 euros TTC alors que le travail est évalué à un montant de 90 222 euros TTC ;

- c’est également à tort que le tribunal a rejeté l’indemnisation pour l’avenant n°2 à hauteur de 52 074 euros ;

- elle a droit à la somme de 10 768,34 euros au titre de l’indemnité de résiliation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2024, le département du Val-de-Marne, représenté par Me Gauch, demande à la cour :

1°) de rejeter la requête de la société ;

2°) par la voie de l’appel incident, de ramener à 24 827, 86 euros TTC la somme due par le département à ;

3°) de mettre à la charge de la société requérante la somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les moyens ne sont pas fondés ;

- il y a lieu de réduire la somme à laquelle il a été condamné à 24 504 euros TTC au titre des prestations incluses dans le projet d’avenant n° 1, à 64,54 euros TTC au titre du reliquat dû sur la note d’honoraires n° 3 et à 259,32 euros TTC au titre du reliquat dû sur la note d’honoraires n° 5.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des marchés publics ;

- l’arrêté du 16 septembre 2009 approuvant le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de prestations intellectuelles (CCAG-PI) ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Laforêt, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Naudin, rapporteure publique,

- les observations de Me Gire, avocat de la société Les Ateliers Monique Labbé et de Me Millard, avocat du département du Val-de-Marne.

Considérant ce qui suit :

1. Le département du Val-de-Marne a attribué à la société Les Ateliers Monique Labbé (AML) un marché de maîtrise d’œuvre pour la conception architecturale des locaux techniques du bassin de la bonne Eau à Villiers-sur-Marne. Le marché, d’un montant global et forfaitaire de 154 080 euros toutes taxes comprises, était décomposé en sept phases. L’ordre de service de démarrage des prestations a été notifié à la société AML le 16 septembre 2014. Par un courrier du 30 septembre 2016, la société AML a transmis au département deux avenants au marché. Par un courrier du 10 mars 2017, le département a informé son cocontractant de la résiliation du marché à ses frais et risques en application de l’article 20 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publiques de prestations industrielles (CCAG-PI) et de son refus de signer les avenants à l’exclusion de certaines prestations représentant un montant de 20 420 euros HT. Par une lettre en date du 5 mai 2017, la société AML a contesté la décision de résiliation du département. Par un courrier du 3 juillet 2017, le département a rejeté la réclamation de son cocontractant et lui a transmis un protocole transactionnel auquel était annexé le décompte de résiliation. Par une lettre du 14 septembre 2017, la société AML a adressé au département une mise en demeure de lui communiquer le décompte de résiliation. Le département a déféré à cette demande le 11 octobre 2017. Par un mémoire en réclamation en date du 9 novembre 2017, la société AML contestait d’une part la décision de résiliation et d’autre part, le décompte de résiliation. Par un jugement du 25 octobre 2022, le tribunal administratif de Melun, a condamné le département du Val-de-Marne à verser à la société AML, au titre du solde du marché, la somme de 26 573,14 euros toutes taxes comprises, assortie des intérêts moratoires à compter du 9 décembre 2017, à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus de la demande. La société AML demande à la cour d’annuler ce jugement en ce qu’il limite la condamnation du département du Val-de-Marne à la somme de 26 573,14 euros et de condamner le département à lui verser la somme de 182 489, 99 euros. Par la voie de l’appel incident, le département demande de ramener sa condamnation à la somme de 24 827, 86 euros toutes taxes comprises.

Sur les conclusions de la société AML :

2. Aux termes de l’article 1.3 du cahier des clauses particulières : « Contenu des éléments de mission : / Les éléments constitutifs de cette mission sont les suivants : / - les études d’Avant Projet Sommaire (APS) : cette étape permet de passer à la constructibilité de l’esquisse. Les plans au 1/200° permettront de figer l’architecture avec ses volumes intérieurs, / - les études d’Avant Projet Définitif, y compris l’établissement du permis de construire sur la base de l’APS approuvé par le maître d’ouvrage (APD) : cette étape permet, avec des plans établis au 1/100°, d’arrêter les choix techniques, notamment en ce qui concerne les dimensions de l’ouvrage, les principes constructifs et les matériaux employés. Elle comprend également l’établissement du dossier de permis de construire, / - les études de projet (PRO) : cette étape permet de réaliser une définition suffisante de l’ouvrage pour pouvoir intégrer les prescriptions architecturales et les plans dans un dossier de consultation des entreprises, / - l’examen de la conformité au projet des études d’exécution et de synthèse faites par les entrepreneurs ainsi que leur visa (VISA), / - la direction de l'exécution du contrat de Travaux (DET), / - l’assistance apportée au maître de l’ouvrage lors des opérations de réception ainsi que pendant la période de garantie de parfait achèvement (AOR). / Pour les missions DET et AOR, le maître de l’ouvrage assurera majoritairement le suivi, l’avancement et la gestion financière du chantier ainsi que la rédaction des comptes-rendus hebdomadaires de chantier. Le maître d’œuvre assurera le suivi de chantier allégé portant sur la conformité du projet architectural ».

3. Il résulte de l’instruction que la société AML a exécuté les phases APS, APD et PRO et que le département a procédé au paiement de ces trois phases ainsi que la phase préalable « Offre ». Les difficultés sont apparues sur le chantier à compter de la phase VISA, la société AML indiquant que l’évolution du projet impliquait la signature de deux avenants, ce qui a été refusé par le département qui a en conséquence résilié le marché.

En ce qui concerne le marché de base :

4. D’une part, la société AML soutient que lors de la résiliation du marché, elle avait accompli 60 % de la phase VISA ainsi que 60 % de la phase DET. En appel, elle produit un planning VISA ainsi qu’un tableau de présence au cours des réunions. Toutefois, ces documents, outre le fait qu’ils ne contiennent aucun élément relatif à la phase DET, ne sont pas suffisants pour démontrer l’état d’avancement du travail de la société AML dans la phase VISA dès lors qu’il en ressort 10 journées de travail dans le planning VISA, sans que ne soit mentionné un travail concret correspondant à ces journées. En outre, le tableau de présence transmis ne montre la participation de la société qu’à quatre réunions depuis le début de cette phase. Par suite, ni ces documents ni ceux produits en première instance ne remettent en cause les constatations du département qui fixe l’avancée de la phase VISA à 30 % et l’absence de début d’exécution de la phase DET.

5. D’autre part, la société AML soutient que le décompte de résiliation ne prend pas en compte la somme de 250,33 euros TTC au titre de la révision non payée de la facture n° 2 du 19 septembre 2014, la somme de 357,36 euros TTC au titre du reliquat de la note d’honoraire n° 3 du 15 mars 2015 et la somme de 488,66 euros TTC au titre du reliquat de la note d’honoraire n° 5 du 30 mars 2016. Il résulte de l’instruction que le département a payé l’ensemble de ces notes d’honoraire au prix demandé par la société et correspondant aux phases APS, APD et PRO. Si la société AML soutient que la révision des prix n’aurait pas été correctement appliquée, il ressort de la comparaison entre le décompte de résiliation et le tableau des honoraires et révisions, produit en appel par la société, que le département a calculé pour les notes honoraires 2, 3 et 5 les sommes respectives hors taxes de 208,61 euros, 151,60 euros et 309,70 euros alors que la société réclame les sommes de 208,61 euros, 128,42 euros et 335,51 euros soit une différence de 2,63 euros hors taxes. Par suite, le société AML ne peut soutenir que le département lui devrait au titre du calcul des honoraires la somme de 1 096,35 euros TTC. Par voie de conséquence, elle n’est pas fondée à demander une somme excédant le montant de 323,86 euros qui a été accordée par le tribunal au titre de la révision.

En ce qui concerne les prestations non prévues au marché :

6. Le titulaire d’un marché ayant effectué des prestations non prévues au contrat, a droit, nonobstant le caractère forfaitaire du prix fixé par ce marché, à être rémunéré de celles-ci si elles ont été décidées par le maître d'ouvrage. En outre, il a le droit d'être indemnisé du coût des prestations supplémentaires indispensables à l'exécution du marché dans les règles de l'art, sauf dans le cas où la personne publique s'est préalablement opposée, de manière précise, à leur réalisation.

S’agissant des prestations contenues dans la proposition d’avenant n° 1 :

7. D’une part, la société AML sollicite le paiement de prestations relatives à des études supplémentaires sur le local technique, des études supplémentaires sur le bassin, des maquettes et un film, une sous-traitance des études de charpentes à un bureau d’Etudes techniques et la mise en place du BSI. Ces prestations ont été formalisées dans le cadre d’un « avenant n°1 » pour un montant de 75 185 euros HT qui n’a pas été signé par le département. Toutefois, à l’exception des prestations acceptées par le département, la société n’établit pas l’existence d’une demande du maître d’ouvrage tendant à ce qu’elle réalise les autres prestations, en sus de celles déjà prévues au marché, en se bornant à faire référence aux comptes rendus de chantier n° 3 du 12 mars 2015 et n° 18 du 16 avril 2015. En particulier, il ne résulte pas de l’instruction que les postes A « études supplémentaires sur le local technique », B « études supplémentaires sur le bassin » et E « Mise en place du BSI » ne devaient pas être inclus dans le prix global et forfaitaire au stade des phases APD et PRO.

8. D’autre part, le département a intégralement payé le poste C « Maquettes et film » comprenant la mise à jour d’une maquette 3D et la création d’une maquette blanche pour 5 445 euros HT et 2 475 euros HT ainsi que, s’agissant du poste D, la somme de 12 500 euros HT correspondants à l’Assistance par un BET sur des études charpentes . Si la société AML fait état également de frais de « recherche et assistance d’un BET structure » pour un montant de 6 900 euros, elle ne justifie pas, par les pièces du dossier, de la réalité du montant qu’elle demande à ce titre. Par suite, la société n’est pas fondée à demander le paiement de cette somme supplémentaire au titre du poste D.

S’agissant des prestations contenues dans la proposition d’avenant n° 2 :

9. La société AML sollicite également le paiement de prestations relatives à des ré-études supplémentaires après la remise du dossier projet 1, la consultation de quatre entreprises ou fournisseurs et la définition d’un nouveau projet. Ces prestations ont été formalisées dans le cadre d’un « avenant n°2 » pour un montant de 43 395 euros HT qui n’a pas été signé par le département. Si la société indique que cette demande ressort du CR n° 85 du 29 septembre 2016 qui fait état d’une réunion du 29 juillet 2016, il ressort de celle-ci qu’il était demandé une simplification à l’architecte et que « la mission de l’architecte est suspendue en attendant une décision du maître de l’ouvrage ». Par suite, il résulte de l’instruction que les prestations figurant dans la proposition d’avenant n°2, à supposer même qu’elles aient été exécutées, n’ont pas été faites à la demande du maître d’ouvrage. Enfin, la société AML ne démontre pas davantage que ces prestations auraient été indispensables à l'exécution du marché dans les règles de l'art. Elle n’est donc pas fondée à solliciter leur paiement.  

En ce qui concerne l’indemnisation du préjudice relatif à la résiliation :

10. D’une part, aux termes de l’article 20 CCAG-PI : « Lorsque les prestations sont scindées en plusieurs parties techniques à exécuter distinctement, le pouvoir adjudicateur peut décider, au terme de chacune de ces parties, soit de sa propre initiative, soit à la demande du titulaire, de ne pas poursuivre l'exécution des prestations, dès lors que les deux conditions suivantes sont remplies : - les documents particuliers du marché prévoient expressément cette possibilité ; - chacune de ces parties techniques est clairement identifiée et assortie d'un montant. / La décision d'arrêter l'exécution des prestations ne donne lieu à aucune indemnité. / L'arrêt de l'exécution des prestations entraîne la résiliation du marché ». Aux termes de l’article 31 de ce même document : « (…) 31.3. Arrêt de l'exécution des prestations : Lorsque l'arrêt de l'exécution des prestations est prononcé en application de l'article 20, le pouvoir adjudicateur résilie le marché. / La résiliation n'ouvre droit pour le titulaire à aucune indemnité ».

11. D’autre part, aux termes de l’article 1.3 C du cahier des clauses particulières : « Contenu des éléments de mission / Les éléments constitutifs de cette mission sont les suivants (…) – l’examen de la conformité au projet des études d’exécution et de synthèse faites par les entrepreneurs ainsi que leur visa (VISA), / la direction de l’exécution du contrat de Travaux (DET) (…) Pour les missions DET et AOR, le maître de l’ouvrage assurera majoritairement le suivi, l’avancement et la gestion financière du chantier ainsi que la rédaction des comptes rendus hebdomadaire de chantier. Le maître d’œuvre assurera le suivi de chantier allégé portant sur la conformité du projet architectural » et aux termes de l’article 8.4 du cahier des clauses particulières : « Arrêt de l’exécution de la prestation / Conformément à l’article 20 du CCAG-PI, le maître de l’ouvrage se réserve la possibilité d’arrêter l’exécution des prestations au terme de chaque phase techniques éléments de missions telles que définies à l’article 1.3 du présent CCP ».

12. Il résulte de l’instruction que le département a entendu résilier le marché en application de l’article 8.4 du CCP et de l’article 20 du CCAG-PI en indiquant qu’il décide d’arrêter l’exécution des prestations au terme de la phase VISA. Si au regard des caractéristiques du marché, le département avait la possibilité de prononcer la résiliation au terme de chacune des phases techniques, il est constant que la résiliation a été prononcée en cours d’exécution de la phase VISA. Si le département soutient que la société AML avait entendu arrêter l’exécution des prestations au cours de l’exécution de cette phase, cette seule circonstance ne saurait permettre de considérer que la phase était terminée et de résilier le contrat en application de l’article 20 du CCAG-PI qui prévoit une résiliation à la fin réelle de chacune des phases techniques.

13. Il résulte de ce qui précède que la société AML, ainsi que l’a jugé le tribunal administratif, peut en principe obtenir la réparation du préjudice résultant pour elle de la rupture non-fondée des relations contractuelles avec le département du Val-de-Marne. En revanche, eu égard au fait que le département aurait pu procéder régulièrement à la résiliation au terme de la phase VISA, le préjudice ne concerne que le manque à gagner subi par la société requérante entre la date de la résiliation et le terme de cette phase VISA et non jusqu’au terme du contrat et correspond à la seule marge nette qu’elle aurait réalisée à l’occasion de l’exécution du reste de la phase VISA.

14. La société AML soutient que son manque à gagner doit être évalué à 46 % de la somme de 23 409,44 euros. Toutefois elle ne justifie ni ce montant de référence ni ce pourcentage de 46 % en se bornant à produire en appel pour les années 2018 et 2019 deux imprimés ayant pour objet « la détermination de la valeur ajoutée produite au cours de l’exercice » qui sont des documents déclaratifs et qui ne détaillent pas l’activité de la société. La société s’est ainsi abstenue de verser au dossier les éléments pertinents pour déterminer son manque à gagner, alors même que le tribunal administratif avait indiqué qu’elle ne fournissait aucune information sur ce point et que le département a expressément contesté tant le montant de référence que le pourcentage avancé. Dans ces conditions, la société requérante n’établit pas la perte de bénéfice net dont elle pourrait obtenir réparation, limitée ainsi qu’il a été dit à la phase VISA.

Sur l’appel incident du département du Val-de-Marne :

15. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que la somme due par le département correspondant aux prestations de sous-traitance des études de charpentes à un bureau d’études techniques, à la mise à jour d’une maquette 3D et à la création d’une maquette blanche pour un montant global de 20 420 euros HT. Par suite, le département du Val-de-Marne est fondé à soutenir que c’est à tort que le tribunal a retenu la somme de 21 875 euros HT au titre des prestations acceptées par lui.

16. Il résulte de ce qui précède que le département est fondé à demander la réduction de la condamnation prononcée par le tribunal à la somme de 20 420 euros HT soit 24 504 euros TTC au titre de certaines prestations mentionnées à l’avenant n° 1 et non prévues au contrat initial.

17. Il résulte de tout ce qui précède que la société AML n’est pas fondée à soutenir que le jugement attaqué doit être réformé. En revanche, le département du Val-de-Marne est fondé à demander, par la voie de l’appel incident, la réformation du jugement en ce qu’il l’a condamné à verser la somme de 26 573,14 euros qu’il convient de ramener à la somme de 24 827,86 euros TTC, au regard de ce qu’il résulte des points 5 et 16 du présent arrêt.

Sur les frais liés au litige :

18. D’une part, les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le département du Val-de-Marne, qui n’est pas dans la présente instance la partie perdante à titre principal, verse une somme à la société AML au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. D’autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la société AML une somme de 1 500 euros au titre du même article.

DECIDE :

Article 1er : La requête de la société AML est rejetée.

Article 2 : Le montant que le département du Val-de-Marne est condamné à verser à la société AML est ramené de la somme de 26 573,14 euros à la somme de 24 827,86 euros.

Article 3 : Le jugement n° 1801795 du 25 octobre 2022 du tribunal administratif de Melun est réformé en tant qu’il est contraire au présent arrêt.

Article 4 : La société AML versera au département du Val-de-Marne une somme de 1500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à la société les Ateliers Monique Labbé et au département du Val-de-Marne.

Délibéré après l’audience du 18 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Bonifacj, présidente de chambre,

- M. Niollet, président assesseur,

- M. Laforêt, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2025.

Le rapporteur,

E. Laforêt La présidente,

J. Bonifacj

La greffière,

A. Lounis

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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