mercredi 2 juillet 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-23PA03160 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a saisi le tribunal administratif de Paris d'une demande tendant à titre principal à l'annulation de la décision du 22 mars 2022 par laquelle le préfet de police l'a mise en demeure de quitter sous 24 heures le logement qu'elle occupait sans droit ni titre au 41, rue de l'Orillon à Paris, 11e arrondissement.
Par un jugement n° 2207044/3-3 du 13 juin 2023, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2023, Mme B, représentée par Me Bonaglia, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du 13 juin 2023 du tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 22 mars 2022 mentionnée ci-dessus ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse est entachée de vice de procédure car elle n'a pas été précédée d'un diagnostic social prévu par la circulaire du 22 janvier 2021 relative à la réforme de la procédure administrative d'évacuation forcée en cas de " squatt ", et n'a pas pris en compte sa situation personnelle ;
- la décision litigieuse est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2025, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pagès,
- et les conclusions de Mme Naudin, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Pour faire suite au dépôt de plainte de M. D., propriétaire du logement situé au 41, rue de l'Orillon à Paris (75011), illégalement occupé par Mme B qui s'était irrégulièrement introduite dans les lieux, le préfet de police a, par un arrêté du 22 mars 2022, mis en demeure Mme B, sur le fondement de l'article 38 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 modifiée, instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale, de quitter le logement qu'elle occupait sans droit ni titre, sous un délai de vingt-quatre heures. Mme B a demandé au tribunal administratif de Paris l'annulation de cet arrêté. Par un jugement du 13 juin 2023, dont Mme B relève appel, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
2. Aux termes de l'article 38 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 dans sa rédaction applicable à la date de la décision litigieuse : " En cas d'introduction et de maintien dans le domicile d'autrui, qu'il s'agisse ou non de sa résidence principale, à l'aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou de contrainte, la personne dont le domicile est ainsi occupé ou toute personne agissant dans l'intérêt et pour le compte de celle-ci peut demander au préfet de mettre en demeure l'occupant de quitter les lieux, après avoir déposé plainte, fait la preuve que le logement constitue son domicile et fait constater l'occupation illicite par un officier de police judiciaire. / La décision de mise en demeure est prise par le préfet dans un délai de quarante-huit heures à compter de la réception de la demande () "
3. En premier lieu, si la requérante soutient qu'en application de la circulaire du 22 janvier 2021 relative à la réforme de la procédure administrative d'évacuation forcée en cas de " squatt ", le préfet de police aurait dû faire réaliser un diagnostic social de son occupation et qu'en l'absence de ce diagnostic, la procédure d'évacuation forcée est irrégulière, Mme B ne peut utilement se prévaloir des dispositions de ladite circulaire dès lors qu'elles n'ont pas de valeur impérative. Le moyen tiré du vice de procédure doit donc être écarté alors que par ailleurs le préfet de police a procédé à un examen complet de la situation personnelle de l'intéressée avant de prendre la mesure litigieuse.
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B, s'est introduite irrégulièrement le 21 février 2022, après un changement de serrure, dans le studio de M. D., situé au 41 rue de l'Orillon à Paris (75011). Elle s'est maintenue dans les lieux alors qu'elle était avertie qu'elle occupait illégalement le logement, même si elle s'en défend, sans toutefois produire aucun justificatif précis et circonstancié de nature à infirmer l'appréciation portée sur son comportement. Après dépôt d'une plainte par le propriétaire pour violation de domicile, le préfet de police a mis en œuvre la procédure d'expulsion. Au vu des éléments produits au dossier, l'intéressée ne peut qu'être regardée comme s'étant introduite par manœuvre dans le logement appartenant à M. D., qui l'avait mis en vente. Enfin, la circonstance que ce studio était en vente et que le propriétaire ne l'habitait plus n'est pas de nature à lui enlever de caractère de résidence pouvant être occupée occasionnellement, M. D. ayant transmis dans le cadre de la procédure d'expulsion un échéancier en cours relatif à un contrat d'électricité à son nom à cette adresse démontrant que le bien était parfaitement habitable au moment des faits. Ainsi, les conditions requises par les dispositions précitées de l'article 38 de la loi du 5 mars 2007 modifiée pour que l'occupant irrégulier soit mis en demeure de quitter les lieux dans le délai de 24 heures étaient réunies. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de police aurait entaché son arrêté d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2025 à laquelle siégeaient :
- Mme Bonifacj, présidente de chambre,
- M. Niollet, président assesseur,
- M. Pagès, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2025.
Le rapporteur,
D. PAGES La présidente,
J. BONIFACJ
La greffière,
E. TORDO
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°23PA03160
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026