mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-23PA04065 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TSOUDEROS |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Julliard,
- et les conclusions de Mme Dégardin, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 16 juillet 1972, souffrant de douleurs lombaires, a été hospitalisé à l'hôpital Avicenne, relevant de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris
(AP-HP), du 26 avril au 15 mai 2013, pour une " lombosciatique L5 bilatérale " diagnostiquée à cette occasion, puis du 9 au 13 juin 2013, séjour au cours duquel il a fait l'objet, le 10 juin 2013, d'une laminectomie. L'intéressé, souffrant de fièvre et de douleurs, s'est ensuite rendu aux urgences le 24 juin 2013 et a fait l'objet d'une nouvelle hospitalisation à compter de cette date jusqu'au 11 juillet 2013. Un écoulement purulent au niveau de la cicatrice ayant été constaté, l'intéressé a alors subi une nouvelle opération le 25 juin 2013 pour traiter un sepsis post-opératoire. Il a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil qui a ordonné une expertise confiée au docteur A, qui a rendu son rapport le 12 août 2019 concluant que l'intervention chirurgicale du 10 juin 2013 avait été réalisé dans les règles de l'art, mais que l'apparition dans les suites de cette opération d'une infection à Propionum acne était une infection nosocomiale dont le traitement par débridement-lavage du site opératoire et traitement antibiotique, avait également été conforme aux règles de l'art. L'expert a en outre fixé la date de la consolidation au 24 décembre 2013. L'AP-HP a formulé le 11 décembre 2019 une offre d'indemnisation d'un montant de 6 054,80 euros que
M. C a refusée en formulant une contre-offre à son tour rejetée par l'AP-HP.
M. C a alors saisi le tribunal d'une requête tendant à l'indemnisation de ses préjudices pour un montant total de 277 430 euros. Par un jugement du 20 avril 2023 dont il relève appel, le tribunal a mis hors de cause l'ONIAM, a condamné l'AP-HP à lui verser la somme de 4 726 euros au titre de ses préjudices et a mis à la charge de l'AP-HP la somme totale de 2 045,40 euros correspondant aux frais d'expertise. M. C relève appel de ce jugement en tant qu'il a limité l'indemnisation de ses préjudices. L'AP-HP présente, à titre subsidiaire, des conclusions incidentes tendant à ce que la Cour ramène le montant des indemnités allouées par le tribunal à de plus justes proportions.
Sur la faute de l'AP-HP :
2. Il y a lieu, par adoption des motifs retenus au point 8 du jugement attaqué, de confirmer la responsabilité fautive de l'AP-HP dans l'infection dont a souffert M. C lors de son hospitalisation.
Sur l'indemnisation des préjudices de M. C :
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
3. M. C demande que lui soit allouée la somme de 242 580 euros au titre de la perte de gains professionnels futurs. Toutefois, en se bornant à faire valoir qu'il a " exercé dans le secteur de la peinture ", qu'il ne travaillerait plus depuis juillet 2013 tout en produisant un arrêt de travail du 4 janvier 2014, ainsi qu'un arrêt de travail daté du 27 février 2013 et par conséquent, antérieur à l'intervention chirurgicale, il ne démontre pas que l'infection nosocomiale dont il a souffert et qui, selon l'expert, ne lui a pas laissé de séquelles, aurait engendré pour lui de pertes de gains professionnels. Sa demande à ce titre ne peut qu'être rejetée.
S'agissant des préjudices extra-patrimoniaux :
4. En premier lieu, d'une part, si M. C sollicite que l'indemnisation de son déficit fonctionnel temporaire soit portée à 2 000 euros, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que l'infection nosocomiale a entraîné un déficit fonctionnel temporaire total du 24 juin au 11 juillet 2013, soit dix-sept jours, correspondant à la période d'hospitalisation rendue nécessaire afin de remédier à l'infection. En outre, l'infection a entraîné un déficit temporaire partiel dont l'indice de gravité a été estimé à 25 % de la gêne totale, en raison de l'utilisation d'une canne anglaise, sur la période allant du
12 juillet au 12 septembre 2013, soit soixante-deux jours, ainsi qu'un déficit temporaire partiel de 10 %, sur la période allant du 13 septembre au 24 décembre 2013, soit cent-deux jours. Par suite, en allouant à M. C la somme de 726 euros, sur la base d'un taux journalier de 17 euros, le tribunal n'a pas fait une inexacte appréciation de ce chef de préjudice. D'autre part, il y a également lieu de confirmer le rejet de la demande de M. C au titre de l'indemnisation d'un déficit fonctionnel permanent dès lors que l'expert a retenu que l'infection nosocomiale ne lui avait laissé aucune séquelle.
5. En deuxième lieu, il résulte également de l'instruction que les souffrances endurées par M. C imputables à l'infection nosocomiale, ont été évaluées par l'expert à 3 sur une échelle de 1 à 7. En lui allouant à ce titre la somme de 3 500 euros, le tribunal n'a pas fait une injuste appréciation de ce chef de préjudice. Par suite, la demande de M. C tendant à ce que la Cour porte l'indemnisation de ce chef de préjudice à la somme de 6 000 euros ne peut qu'être rejetée.
6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que l'expert a retenu que le préjudice esthétique permanent subi par M. C est en relation avec la pathologie lombaire initiale et n'est pas imputable à l'infection nosocomiale. Par suite, la demande à ce titre doit être également rejetée.
7. En quatrième lieu, si M. C fait à nouveau valoir en appel qu'il est physiquement inapte à la reprise de son activité sportive, il ne rapporte pas la preuve de l'existence d'un préjudice d'agrément en lien avec l'infection nosocomiale, préjudice que l'expert n'a au demeurant pas retenu. La demande à ce titre doit être rejetée.
8. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que les problèmes d'érection dont se plaint M. C préexistaient à l'intervention chirurgicale au cours de laquelle il a contracté l'infection nosocomiale. Par suite, sa demande d'indemnisation de son préjudice sexuel ne peut qu'être rejetée.
9. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que M. C aurait subi un préjudice d'établissement ni un préjudice permanent exceptionnel. Il y a lieu de rejeter ses demandes par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges.
10. Il résulte de tout ce qui précède que le montant des préjudices résultant directement de l'infection nosocomiale que M. C a contractée s'élève à la somme de 4 726 euros que lui a allouée par le tribunal et que sa requête ne peut qu'être rejetée, ainsi que les conclusions incidentes présentées à titre subsidiaire par l'AP-HP.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions incidentes de l'AP-HP sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B C, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience publique du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Marianne Julliard, présidente de la formation de jugement,
- Mme Marie-Isabelle Labetoulle, première conseillère,
- Mme Mélanie Palis De Koninck, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
M. JULLIARD,
L'assesseure la plus ancienne,
M-I LABETOULLE
Le greffier,
E. MOULIN
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026