LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-24PA00415

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-24PA00415

mercredi 15 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-24PA00415
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP PIWNICA-MOLINIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La Fondation Jérôme Lejeune a demandé au Tribunal administratif de Montreuil d’annuler la décision du 4 octobre 2021 par laquelle l’Agence de la biomédecine a renouvelé, pour une durée de cinq ans, l’autorisation accordée à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (CHU de Nantes, Structure fédérative de Recherche François Bonamy) pour mettre en œuvre, sous la responsabilité du professeur C... A..., un protocole de recherche sur l'embryon humain et les cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) ayant pour finalité l'étude de la dérivation de nouveaux types de CSEh et de la comparaison de leur métabolisme avec les CSEh WA-01 et WA-09.

Par un jugement n° 2203840 du 29 novembre 2023, le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2024, la Fondation Jérôme Lejeune, représentée par Me Beauquier et Me Hourdin, demande à la Cour :

1°) d’annuler le jugement du 29 novembre 2023 du Tribunal administratif de Montreuil ;

2°) d’annuler la décision du 4 octobre 2021 de l’Agence de la biomédecine ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ; elle ne permet pas aux tiers de vérifier que l’Agence de la biomédecine a effectué les vérifications prévues par l’article R. 2151-1 et suivants du code de la santé publique ;
- cette décision méconnaît les dispositions du 3° du I de l’article L. 2151-5 du code de la santé publique dès lors qu’il n’est pas établi qu’aucune alternative à l’utilisation des embryons et des cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) n’était possible pour mener cette recherche alors qu’il ressort de la motivation de la décision litigieuse que l’équipe a largement recours aux cellules souches pluripotentes induites (iPS) et qu’elles permettent d’aboutir à des résultats exploitables scientifiquement ; les cellules iPS ne sont pas plus artificielles que les cellules CSEh et peuvent faire l’objet d’une reprogrammation de qualité ; elles sont déjà exploitées dans un contexte clinique ; le protocole ne permet pas de connaître avec précision le nombre d’embryons humains utilisés pour cette recherche.


Par un mémoire en défense, enregistrés le 25 avril 2024, l’Agence de la biomédecine, représentée par la SCP Piwnica et Molinié, avocats aux Conseils, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de la Fondation Jérôme Lejeune au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Julliard,
- les conclusions de Mme Dégardin, rapporteure publique.
- les observations de Me Jouanin, représentant la Fondation Jérôme Lejeune, et de Me de Cenival représentant l’Agence de la biomédecine.


Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 4 octobre 2021, l’Agence de la biomédecine a renouvelé, pour une durée de cinq ans, l’autorisation accordée à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (CHU de Nantes, Structure fédérative de Recherche François Bonamy) en vue de mettre en œuvre, sous la responsabilité du professeur C... A..., un protocole de recherche sur l'embryon humain et les cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) ayant pour finalité l'étude de la dérivation de nouveaux types de CSEh et de la comparaison de leur métabolisme avec les CSEh WA-01 et WA-09. La Fondation Jérôme Lejeune a demandé au Tribunal administratif de Montreuil l’annulation de cette décision. Elle relève appel du jugement du 29 novembre 2023 par lequel le tribunal a rejeté sa demande.

Sur la légalité de la décision litigieuse :

2. La Fondation Jérôme Lejeune soutient, en premier lieu, que la décision litigieuse est insuffisamment motivée en ce qu’elle ne permet pas aux tiers de vérifier que l’Agence de la biomédecine a effectué les vérifications prévues par l’article R. 2151-1 et suivants du code de la santé publique. Toutefois, la décision par laquelle l’Agence de la biomédecine délivre sur le fondement de l’article L. 2151-5 du code de la santé publique une autorisation de recherche conduite sur un embryon humain n’entre dans aucune des catégories de décisions devant être motivées en application de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration dès lors qu’elle ne constitue pas une décision individuelle défavorable, ni ne constitue une dérogation à des règles générales fixées par la loi ou le règlement au sens des dispositions de l’article L. 211-3 du même code. Par ailleurs, aucune disposition du code de la santé publique, ni aucun principe général, n’impose une telle obligation. En tout état de cause, la décision litigieuse, qui vise les considérations de fait et de droit qui la fondent, comporte des mentions relatives au respect des principes éthiques relatifs à la recherche sur l’embryon et les CSEh, aux modalités d’importation des CSEh américaines et japonaises utilisées, à l’origine et la provenance des embryons ainsi qu’au recueil du consentement des couples géniteurs donneurs, à la compétence du responsable de la recherche, le docteur C... A..., à la stabilité des équipes, des structures et du financement de la recherche, et à l’adaptation des locaux, équipements, procédés et techniques utilisés. Il en résulte que le moyen ne peut qu’être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 2151-5 du code de la santé publique : « I.- Aucune recherche sur l'embryon humain ne peut être entreprise sans autorisation. Un protocole de recherche conduit sur un embryon humain ne peut être autorisé que si : (…) 3° En l'état des connaissances scientifiques, cette recherche ne peut être menée sans recourir à des embryons humains ; (…) ». Aux termes de l’article L. 2151-6 du même code : « I.- Les protocoles de recherche conduits sur les cellules souches embryonnaires sont soumis à déclaration auprès de l'Agence de la biomédecine préalablement à leur mise en œuvre. II.- Une recherche sur les cellules souches embryonnaires ne peut être menée qu'à partir : 1° De cellules souches embryonnaires dérivées d'embryons, dans le cadre d'un protocole de recherche sur l'embryon autorisé en application de l'article L. 2151-5 ; (…) ».

4. Il résulte des dispositions du 3° du I de l’article L. 2151-5 du code de la santé publique qu’il appartient à l’Agence de la biomédecine, lorsqu’elle autorise un protocole de recherche sur l’embryon, de s’assurer, en prenant en considération l’ensemble des travaux scientifiques existant à la date de sa décision, que cette recherche ne peut, en l’état des connaissances disponibles, être menée sans recourir à des embryons, ce qui comporte la vérification du moment et de l’étendue du recours projeté par le protocole à l’embryon humain, ce recours devant être différé et limité autant qu’il demeure scientifiquement pertinent de le faire.

5. La Fondation Jérôme Lejeune soutient que la décision litigieuse méconnaît les dispositions précitées du 3° du I de l’article L. 2151-5 du code de la santé publique dès lors qu’il n’est pas établi par l’Agence de la biomédecine que n’existe aucune alternative à l’utilisation d’embryons et de CSEh pour mener cette recherche et qu’il ressort de la motivation de cette décision que l’équipe a largement recours aux cellules iPS qui permettent d’aboutir à des résultats exploitables scientifiquement. Toutefois, si l’appelante fait état de nombreux travaux et publications scientifiques publiés entre 2009 et 2015 et d’essais cliniques réalisés en 2019 au Japon avec des cellules iPS pour traiter de lésions de la cornée et de la moëlle épinière, ces simples mentions ne sont pas de nature à démontrer que la recherche litigieuse ne pourrait s’effectuer qu’avec des cellules iPS alors qu’il résulte tant du rapport d’expertise scientifique du 3 août 2021 de Mme B..., que du rapport d’instruction du professeur D... du 4 septembre 2021 et de l’avis du Conseil d’orientation de l’Agence du 16 septembre 2021 que le résultat escompté de cette recherche ne peut être obtenu par le recours exclusif à d’autres types de cellules souches que les CSEh, comme des cellules souches embryonnaires murines ou primates ou les cellules iPS, même si ces dernières sont utilisées dans le cadre du protocole en cause dont un des buts consiste à trouver à moyen terme un modèle de développement pouvant se substituer aux embryons humains. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le recours aux embryons humains ne serait pas aussi limité qu’il est scientifiquement pertinent de le faire. Ce moyen doit en conséquence être écarté.

6. Enfin, si la Fondation Jérôme Lejeune fait valoir que le protocole litigieux ne permet pas de connaître avec précision le nombre d’embryons humains utilisés pour cette recherche, l’obligation d’une telle indication ne résulte d’aucun texte. En tout état de cause, le rapport d’instruction du 4 septembre 2021 indique que le protocole de recherche prévoit l’utilisation d’environ cent embryons.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la Fondation Jérôme Lejeune n’est pas fondée à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal a rejeté sa demande.

Sur les frais de l’instance :

8. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l’Etat, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à la Fondation Jérôme Lejeune la somme qu’elle demande au titre des frais de l’instance. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de cette dernière le versement à l’Etat d’une somme de 1 500 euros sur le fondement de ces dispositions.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de la Fondation Jérôme Lejeune est rejetée.

Article 2 : La Fondation Jérôme Lejeune versera à l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la Fondation Jérôme Lejeune, à l’Agence de la biomédecine et à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.

Délibéré après l’audience du 22 septembre 2025 à laquelle siégeaient :

M. Delage, président de chambre,
Mme Julliard, présidente assesseure,
Mme Palis De Koninck, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2025.


La rapporteure,
M. JULLIARD

Le président,
Ph. DELAGE

Le greffier,
E. MOULIN




La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions