LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-24PA03745

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-24PA03745

vendredi 3 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-24PA03745
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBAHIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. E... D... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d’annuler l’arrêté du 3 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.

Par un jugement n° 2407684 du 22 juillet 2024, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 août et 11 décembre 2024, M. D..., représenté par Me Bahic, demande à la Cour :

1°) d’annuler ce jugement du 22 juillet 2024 du tribunal administratif de Montreuil ;

2°) d’annuler l’arrêté du 3 juin 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis ;

3°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation, dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’arrêt à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d’incompétence de son signataire ;

- elle a été prise en méconnaissance de son droit d’être entendu ;

- elle est entachée d’une erreur de fait ;

- elle est entachée d’un défaut d’examen de sa situation ;

- elle est entachée d’une erreur de droit ;

- elle est entachée d’une erreur d’appréciation au regard de la menace pour l’ordre public que son comportement constitue ;

- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation ;

- la décision portant refus de délai de départ volontaire est illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d’une erreur d’appréciation au regard des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation des conséquences de la mesure sur sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par deux courriers du 2 septembre 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que la cour était susceptible :

- d’une part, de relever d’office le moyen d’ordre public tiré de ce que les moyens tirés de l’insuffisance de motivation de l’arrêté attaqué et de ce que ce dernier a été pris en méconnaissance du droit d’être entendu de M. D..., fondés sur une cause juridique distincte de celle soulevée en première instance, sont nouveaux en appel et par suite irrecevables ;

- d’autre part, de procéder d’office à une substitution de base légale, la décision contestée portant obligation de quitter le territoire français trouvant sa base légale non dans les dispositions du 1° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, mais dans celles du 2° du même article.

M. D... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 17 octobre 2024, rectifiée le 12 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bonifacj a été entendu au cours de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

Par un arrêté du 3 juin 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a fait obligation à M. D..., de nationalité indienne, de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an. M D... relève appel du jugement du 22 juillet 2024 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.

Sur les moyens de légalité externe :

En premier lieu, il ressort des pièces du dossier de première instance que M. D... n’a soulevé devant le tribunal administratif, à l’encontre des décisions contestées, que des moyens de légalité interne. Si devant la Cour, il se prévaut de l’insuffisance de motivation de l’arrêté attaqué et de ce que ce dernier a été pris en méconnaissance de son droit d’être entendu, ces moyens, fondés sur une cause juridique distincte, constituent une demande nouvelle irrecevable en appel.

En second lieu, par un arrêté n° 2024-1329 du 3 mai 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné à M. A... B..., attaché d’administration de l’Etat, chef du pôle « instruction et mise en œuvre des mesures d’éloignement », délégation à l’effet de signer, notamment, les décisions en litige en cas d’absence ou d’empêchement de Mme C.... Par suite, et alors qu’il n’est pas allégué que cette dernière n’aurait pas été absente ou empêchée, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’arrêté attaqué doit être écarté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n’aurait pas procédé à un examen complet et sérieux de la situation de M. D... avant de prendre la décision contestée.

En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / (…) ».

Pour faire obligation à M. D... de quitter le territoire français, le préfet s’est fondé sur les dispositions précitées du 1° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, en relevant notamment que l’intéressé ne pouvait justifier être entré régulièrement sur le territoire français. Toutefois, le requérant justifie, pour la première fois en appel, être entré en France en dernier lieu le 21 avril 2022 sous couvert d’un visa « recherche d’emploi ou création d’entreprise », valable du 20 avril 2022 au 20 avril 2023. Par suite, la décision en litige ne pouvait être prise sur le fondement du 1° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Toutefois, lorsqu’il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d’appréciation, sur le fondement d’un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l’excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l’intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l’application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.

Il ressort des pièces du dossier que M. D... s’est maintenu sur le territoire français après l’expiration de son visa sans en demander le renouvellement et sans être titulaire d’un titre de séjour. Il s’ensuit que la décision contestée trouve son fondement légal dans les dispositions du 2° de l’article L. 611-1 citées ci-dessus, qui peuvent être substituées à celles du 1° du même article, dès lors que M. D... se trouvait dans la situation où, en application des dispositions du 2° de cet article, le préfet pouvait décider de l’obliger à quitter le territoire français, que cette substitution de base légale n’a pour effet de priver l’intéressé d’aucune garantie et, enfin, que l’administration dispose du même pouvoir d’appréciation pour appliquer l’une ou l’autre de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de l’erreur de droit doit être écarté.

En troisième lieu, M. D... fait grief au préfet de s’être fondé sur le motif erroné tiré de ce qu’il se trouve en situation irrégulière sur le territoire français depuis la décision de classement sans suite de sa demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d’étudiant, ayant expiré le 30 mars 2019. Il ressort en effet des pièces du dossier que M. D... ainsi qu’il a été dit au point 6 du présent arrêt, est entré en France en dernier lieu en avril 2022, sous couvert d’un visa « recherche d’emploi ou création d’entreprise ». Toutefois, le motif tiré de ce que l’intéressé s’est maintenu sur le territoire sous couvert d’un visa ayant expiré sans avoir demandé la délivrance d’un titre de séjour ayant été substitué à celui tiré de ce qu’il est entré irrégulièrement sur le territoire français, M. D... ne peut utilement soutenir que le préfet a entaché sa décision d’une erreur de fait.

En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que, pour obliger M. D... à quitter le territoire français, le préfet de la Seine-Saint-Denis se serait fondé sur le motif tiré de ce que son comportement constitue une menace pour l’ordre public. Par suite, le moyen tiré de l’erreur d’appréciation doit être écarté comme inopérant.

En cinquième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

M. D... fait valoir qu’il a séjourné en France de 2018 à 2020, puis à partir de 2022, qu’il a obtenu un diplôme « International MBA », délivré par l’École supérieure libre des sciences commerciales appliquées en 2019, qu’il a travaillé de février à août 2024 en qualité d’employé polyvalent en restauration rapide et enfin qu’il recherche un emploi dans son domaine de compétences. Toutefois, le requérant qui est célibataire et sans charge de famille, ne conteste pas avoir conservé des attaches familiales dans son pays d’origine où il est, au demeurant, retourné vivre entre 2020 et 2022. En outre, il n’a séjourné en France de 2018 à 2020 que sous couvert d’un titre de séjour en qualité qu’étudiant, qui ne lui donnait pas vocation à demeurer sur le territoire au-delà de la durée de ses études. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Saint-Denis a pu, sans méconnaître l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et sans entacher sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation de la situation de M. D... lui faire obligation de quitter le territoire français.

Sur la légalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. D... n’est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de délai de départ volontaire serait illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 612-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser le renouvellement de son titre de séjour (…) au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ». Aux termes de l’article L. 612-3 du même code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / (…) / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (…) qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale / (…) ».

Il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d’audition établi le 3 juin 2024 par les services de police, ainsi que des propres déclarations du requérant lors de l’audience publique devant le tribunal administratif de Montreuil, que celui-ci a été interpellé pour des faits de menace de mort réitérée à l’encontre de l’une de ses colocataires. Toutefois, en l’absence de condamnation et de signalement de l’intéressé, et eu égard au caractère isolé de ces faits, M. D... est fondé à soutenir qu’il n’est pas établi que son comportement constituerait une menace pour l’ordre public. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier, et notamment des quittances de loyer produites par le requérant, que celui-ci disposait, à la date de la décision attaquée, d’une résidence effective et permanente située à Drancy, et qu’il était en possession d’un passeport en cours de validité, de sorte qu’il ne pouvait pas être regardé comme ne présentant pas des garanties de représentation suffisantes. Cependant, il résulte de l’instruction que le préfet aurait pris la même décision s’il s’était fondé sur la seule circonstance, non contestée par l’intéressé, que ce dernier s'est vu refuser le renouvellement de son titre de séjour en tant qu’étudiant au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse. Par suite, M. D... n’est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d’une erreur d’appréciation au regard des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. D... n’est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire.

En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / (…) ». Aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / (…) ».

M. D... se prévaut de la durée de sa présence en France, de son insertion professionnelle, de son intégration sociale et des circonstances qu’il n’a jamais été l’objet d’une mesure d’éloignement et que sa présence en France ne représente pas une menace pour l’ordre public. Toutefois, compte tenu de ce qui a été dit au point 12 du présent arrêt, et alors que M. D... ne fait état d’aucune circonstance humanitaire qui aurait justifié que le préfet ne prononce pas une telle décision à son encontre, le requérant n’est pas fondé à soutenir que cette dernière serait, dans son principe et sa durée, entachée d’une erreur d’appréciation au regard des dispositions précitées de l’article L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ni qu’elle méconnaîtrait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ni, enfin, qu’elle serait entachée d’une erreur manifeste d’appréciation des conséquences de la mesure sur sa situation.

Il résulte de tout ce qui précède que M. D... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. Sa requête doit par suite être rejetée, y compris les conclusions à fin d’injonction et celles relatives aux frais d’instance.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. D... est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. E... D... et au ministre d’État, ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l’audience du 18 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Bonifacj, présidente de chambre,

- M. Niollet, président-assesseur,

- M. Laforêt, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2025.

La présidente-rapporteure,

J. BONIFACJLe président-assesseur,

J.-C. NIOLLET 

La greffière,

 

 

 

A. LOUNIS

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions