LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-25PA00302

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-25PA00302

mercredi 15 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-25PA00302
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCALVO PARDO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d’annuler l’arrêté du 28 mars 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné.

Par un jugement n° 2405987 du 31 décembre 2024, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2025, M. A... B..., représenté par
Me Calvo Pardo, demande à la Cour :

1°) d’annuler le jugement n° 2405987 du 31 décembre 2024 du tribunal administratif de Montreuil ;

2°) d’annuler l’arrêté du 28 mars 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination vers lequel l il sera éloigné ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai en lui remettant une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- le préfet n’a pas procédé à un examen de sa situation ; sa demande de renouvellement de titre de séjour n’a pas été examinée au regard de son état de santé ;
- le préfet n’a pas saisi l’OFII de sorte qu’aucun avis du collège des médecins n’a été rendu concernant son état de santé ;
- l’arrêté contesté méconnait les dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- l’arrêté est entaché d’une erreur de fait quant à la date de son entrée en France ;
- il méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Mme Palis De Koninck a présenté son rapport au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., ressortissant égyptien né le 2 juillet 1967, déclare être entré en France le 1er mars 2015. Il a bénéficié d’un titre de séjour en qualité d’étranger malade valable du 2 décembre 2021 au 1er décembre 2022. Le 17 janvier 2023, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour avec un changement de statut pour être admis à séjourner en qualité de salarié. Par un arrêté du 28 mars 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de faire droit à sa demande, l’a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement. M. B... relève appel du jugement susvisé du 31 décembre 2024 par lequel le tribunal administratif de Montreuil rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.

Sur la légalité de l’arrêté :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la fiche d’instruction de la demande de titre de séjour de M. B... que celui-ci a présenté sa demande non en qualité d’étranger malade mais de salarié. Par suite, la circonstance que le préfet de la Seine-Saint-Denis ait relevé dans l’arrêté contesté que « l’intéressé n’allègue aucune raison de santé à l’appui de sa demande de titre de séjour pour qu’il puisse prétendre au bénéfice de l’article L. 425-9 » ne révèle pas un défaut d’examen de sa situation. En outre, le préfet n’était pas tenu de solliciter l’avis du collège des médecins de l’OFII faute d’avoir été saisi d’une demande de titre de séjour pour raisons médicales. Les moyens tirés du défaut d’examen et du vice de procédure doivent être écartés.

3. En deuxième lieu, si M. B... se prévaut d’un moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il est constant qu’il n’a pas présenté de demande de titre de séjour sur ce fondement. En tout état de cause, les documents médicaux produits par le requérant, tenant essentiellement en des ordonnances et des relevés d’analyses médicales, ne comportent aucune indication sur la disponibilité du traitement médical dont il bénéficie. Si M. B... a souffert d’un lymphome, son employeur précise dans sa demande d’autorisation de travail que son salarié est en rémission totale. Aucune pièce ne permet de justifier de la prise en charge actuelle de l’intéressé. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu’être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B... est célibataire et sans charge de famille. Il ne justifie disposer d’aucune attache personnelle ou familiale en France. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été indiqué au point 3 que les pièces produites par M. B... ne permettent pas d’établir la nature de la prise en charge médicale dont il bénéficiait à la date de l’arrêté contesté. En outre, s’il justifie avoir occupé un emploi de peintre auprès de différents employeurs depuis août 2017, cette circonstance est insuffisante pour considérer que le centre des attaches personnelles de M. B..., qui a résidé en Egypte jusqu’à l’âge de 48 ans, se trouve en France. Si le préfet de Seine-Saint-Denis a, à tort indiqué dans l’arrêté contesté que l’intéressé était entré sur le territoire national le 1er octobre 2019, alors que les pièces qu’il produit permettent d’établir qu’il séjourne en France depuis 2016, et non 2015 comme il le soutient, il résulte de l’instruction que le préfet aurait pris la même décision s’il s’était fondé sur la date exacte d’entrée en France. Par suite, le moyen tiré de l’erreur de fait doit être écarté et compte tenu de l’ensemble des éléments exposés, le préfet n’a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B... en refusant de lui délivrer un titre de séjour. Il n’a, par suite, ni méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, ni entaché son arrêté d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de ses conséquences sur la vie personnelle du requérant.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu’être rejetées.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Délibéré après l’audience du 22 septembre 2025 à laquelle siégeaient :

M. Delage, président,
Mme Julliard, présidente assesseure,
Mme Palis De Koninck, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2025.


La rapporteure,
M. PALIS DE KONINCK
Le président,
Ph. DELAGE



Le greffier,
E. MOULIN



La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions