LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-25PA01574

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-25PA01574

vendredi 27 mars 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-25PA01574
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantROBINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler l’arrêté du 26 août 2024 par lequel le préfet de police lui a retiré sa carte de résident.

Par un jugement n° 2424279 du 13 février 2025, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 avril et 10 décembre 2025, M. A..., représenté par Me Robine, demande à la Cour :

1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Paris ;

2°) d’annuler l’arrêté du 26 août 2024 du préfet de police ;

3°) d’enjoindre au préfet de police de lui restituer sa carte de résident dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’arrêt à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- le jugement attaqué a omis de répondre au moyen tiré de ce qu’il ignorait la situation irrégulière de ses salariés ;
- l’arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- le retrait d’une carte de résident constitue une sanction et méconnaît ainsi les principes du secret de l’instruction et de la présomption d’innocence ;
- la sanction contestée est disproportionnée ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 novembre 2025, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Saint-Macary,
- et les observations de Me Mariette, substituant Me Robine, représentant M. A....



Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant marocain né le 11 décembre 1980, s’est vu délivrer une carte de résident valable du 16 janvier 2022 au 15 janvier 2032. A la suite du contrôle de son épicerie, le 4 avril 2024, le préfet de police a décidé, par un arrêté du 26 août 2024, le retrait de sa carte de résident en raison de l’emploi de personnes en situation irrégulière.

Sur la régularité du jugement attaqué :

2. Contrairement à ce que soutient M. A..., le tribunal a répondu de manière détaillée, au point 6 du jugement attaqué, au moyen tiré de ce qu’il ignorait que ses salariés se trouvaient en situation irrégulière.

Sur la légalité de l’arrêté du 26 août 2024 :

3. En premier lieu, l’arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, à savoir, les articles L. 432-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et l’article L. 8251-1 du code du travail, et l’emploi par M. A... de cinq personnes en situation irrégulière sur le territoire français. Il est, par suite, suffisamment motivé.

4. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 432-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Tout employeur titulaire d'une carte de résident peut se la voir retirer s'il a occupé un travailleur étranger en violation des dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail ». Aux termes de l’article L. 8251-1 du code du travail : « Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France (…) ». La décision prise en application de l’article L. 432-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile constitue une sanction susceptible d'être contestée par la voie d'un recours de plein contentieux.

5. D’une part, la seule circonstance que le retrait d’une carte de résident, en application de l’article L. 432-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, constitue une sanction, n’est pas de nature à méconnaître les principes de la présomption d’innocence et du secret de l’instruction. Au demeurant, il ne résulte pas de l’instruction que la sanction attaquée aurait été prise à la suite de la méconnaissance du secret de l’instruction au pénal, et l’arrêté attaqué ne présume pas de ce que M. A... fera l’objet d’une condamnation au pénal pour les faits qui lui sont reprochés.

6. D’autre part, si M. A... soutient avoir engagé ses salariés de bonne foi quant à la régularité de leur séjour, il résulte de l’instruction que les cinq salariés en cause ont déclaré avoir été embauchés en connaissance de leur situation irrégulière, et le requérant se borne à produire, pour établir sa bonne foi, une carte d’identité belge et un titre de séjour italien censés appartenir à deux seulement de ces employés. Il ne peut, par ailleurs, utilement se prévaloir d’un jugement du tribunal administratif de Paris enjoignant au préfet de police de réexaminer la situation d’un troisième salarié et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, qui est postérieur au 4 avril 2024. Il résulte enfin de l’instruction que, contrairement à ce que soutient M. A..., ce troisième salarié avait commencé à travailler lors du contrôle de son épicerie le 4 avril 2024.

7. En troisième lieu, au regard du manquement en litige, qui concerne plusieurs salariés, de l’attitude de M. A... qui n’a pas reconnu les faits, et de ce qu’il s’est vu délivrer un titre de séjour d’un an, la sanction prise à son encontre ne revêt pas un caractère disproportionné. Au surplus, il résulte de l’instruction que M. A... était déjà connu défavorablement pour des faits d’aide au séjour irrégulier, abus de biens sociaux et détention de produits psychoactifs, commis entre 2021 et 2023, et que dans le cadre du contrôle de son épicerie réalisé le 4 avril 2024, 264 boîtes de chocolats et miel aphrodisiaques, dont la vente est interdite en France, ont été saisies.

8. En dernier lieu, le préfet de police ayant assorti le retrait de la carte de résident de M. A... de la délivrance d’un titre de séjour mention « vie privée et familiale » d’une durée d’un an, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Ses conclusions aux fins d’injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par voie de conséquence, également être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera transmise au préfet de police.


Délibéré après l’audience du 13 mars 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Doumergue, présidente de chambre,
Mme Bruston, présidente-assesseure,
Mme Saint-Macary, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2026.


La rapporteure,
M. SAINT-MACARY


La présidente,
M. DOUMERGUE









Le greffier,
C. MONGIS



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



Décisions similaires

CAA44excès de pouvoir

Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278

Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.

01/07/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295

Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

01/07/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA00435

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant bangladais, contestant une obligation de quitter le territoire français assortie d’une interdiction de retour d’un an prise par le préfet de la Seine-Saint-Denis. La cour confirme le rejet de sa demande par le tribunal administratif de Montreuil, estimant que les moyens soulevés (incompétence du signataire, insuffisance de motivation, violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, erreur manifeste d’appréciation) sont infondés ou non étayés. La solution retenue est fondée sur les articles R. 222-1 du code de justice administrative et les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

01/07/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02807

Cour administrative d'appel de Paris, ordonnance du juge des référés, rejet de la requête de Mme A... B..., ressortissante tunisienne, contre le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de police de Paris le 22 août 2025. La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Paris du 10 avril 2026 en écartant le moyen d'incompétence par adoption des motifs de première instance et en jugeant les autres moyens manifestement infondés. Sont notamment invoqués l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

01/07/2026

← Retour aux décisions