Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-26PA00695

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-26PA00695
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Melun, qui a transmis sa requête au tribunal administratif de Montreuil, d’annuler l’arrêté du 3 mars 2025 par lequel le préfet du Val-de-Marne l’a obligé à quitter le territoire français sans délai et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Par une ordonnance n° 2507290 du 5 janvier 2026, le premier vice-président du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 4 février 2026, M. A..., représenté par Me Azoulay‑Cadoch, demande à la cour :

1°) d’annuler l’ordonnance du 5 janvier 2026 ;

2°) d’annuler l’arrêté du 3 mars 2025 ;

3°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent, sous astreinte de 150 euros de retard, de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travail dans le délai de 15 jours à compter de l’arrêt à intervenir ou, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa demande dans le délai d’un mois à compter de cet arrêt, en lui délivrant dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé l’autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête a été communiquée au préfet du Val-de-Marne, qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la cour administrative d’appel de Paris a désigné M. Gallaud, président assesseur, pour exercer les pouvoirs prévus aux 1° à 7° et au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 3 mars 2025, le préfet du Val-de-Marne a pris à l’encontre M. A..., ressortissant égyptien né en 1984 et déclarant être entré en France au cours de l’année 2013, une obligation de quitter le territoire français sans délai ainsi qu’une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. L’intéressé relève appel de l’ordonnance du 3 mars 2025 par laquelle le premier vice-président du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (...) après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».

3. Aux termes l’article R. 412-1 du code de justice administrative : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. Cet acte ou cette pièce doit, à peine d’irrecevabilité, être accompagnée d’une copie ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles ».

4. Il ressort des pièces de la procédure suivie devant le tribunal que M. A... a déposé sa requête en y joignant une version incomplète de la décision attaquée. Le Tribunal l’a invité à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours, par une lettre du 2 mai 2025 dont, en application des dispositions qui viennent d’être citées, il est réputé en avoir accusé réception le 4 mai suivant sur l’application « Télérecours citoyens ». En dépit de cette demande, M. A... n’a pas transmis la pièce demandée dans le délai qui lui était accordé, qui était expiré à la date de l’ordonnance attaquée, et n’a pas justifié de l’impossibilité dans laquelle il se serait trouvé de produire une copie complète de la décision attaquée.

5. La production, pour la première fois en appel, d’une telle copie complète de la décision attaquée n’est pas de nature à couvrir l’irrecevabilité de la demande de première instance.

6. Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que la requête de M. A... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte, ainsi que celles portant sur les frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie pour information en sera transmise au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Paris, le 1er octobre 2026.

Le président assesseur de la 7ème chambre,
T. GALLAUD




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.