Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-26PA01934

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-26PA01934
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantSANGUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler l’arrêté du 10 octobre 2025 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être éloigné et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 24 mois.

Par un jugement n° 2531360 du 17 mars 2026, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 30 mars 2026, M. A..., représenté par Me Sangue, demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement du 17 mars 2026 ;

2°) d’annuler l’arrêté du 10 octobre 2025 ;

3°) d’enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « salarié » ou, à défaut, « vie privée et familiale » dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d’enjoindre au préfet de police de faire procéder à l’effacement de son signalement dans le système d’information Schengen, dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :

- la décision de refus de séjour n’a pas été précédée d’un examen réel et sérieux de sa situation dès lors que le préfet n’a pas examiné sa demande sur le fondement de l’article L. 423‑23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L. 435-4 du même code ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d’illégalité dès lors que la mesure d’éloignement sur laquelle elle est fondée ne lui a pas été notifiée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2026, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la cour administrative d’appel de Paris a désigné M. Gallaud, président assesseur, pour exercer les pouvoirs prévus aux 1° à 7° et au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant bangladais né en 1995 et déclarant être entré en France le 20 août 2021, a sollicité la délivrance d’une carte de séjour temporaire sur le fondement des dispositions des articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 10 octobre 2025 le préfet de police a rejeté la demande de M. A..., lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être éloigné et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 24 mois. L’intéressé relève appel du jugement du 17 mars 2026 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (...) après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».



3. En premier lieu, il y a lieu, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 8 à 15 de leur jugement, d’écarter à nouveau les moyens soulevés par M. A... à l’appui de ses conclusions dirigées contre la décision de refus de délivrance d’une carte de séjour temporaire.

4. En second lieu, pour prendre à l’encontre de l’intéressé une interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de police s’est fondé sur la circonstance qu’une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet du Val d’Oise le 9 mars 2023 lui a été notifiée et qu’il s’est soustrait à cette mesure. Si M. A... soutient qu’aucune mesure d’éloignement ne lui a été notifiée, il ressort des pièces produites par le préfet de police que la décision du 9 mars 2023 lui a été notifiée le 22 mars suivant. Dans ces conditions, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français en litige n’est pas entachée d’une erreur dans la matérialité des faits sur lesquels elle repose.

5. Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que la requête de M. A... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte, ainsi que celles portant sur les frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie pour information en sera transmise au préfet de police.

Fait à Paris, le 1er octobre 2026.

Le président assesseur de la 7ème chambre,
T. GALLAUD




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.