jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE00021 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CALLON AVOCAT & CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
I. M. F B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler les deux décisions du 21 juin 2016 par lesquelles le ministre de la défense a fixé les dates de guérison et de consolidation de ses blessures résultant des accidents de service survenus respectivement le 4 septembre 2012 et le 12 juin 2013, ainsi que la décision du 5 décembre 2016 rejetant son recours gracieux, après avoir le cas échéant désigné un expert, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1701352 du 19 novembre 2020, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté cette demande.
II. M. F B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler la décision du 19 mars 2018 par laquelle la ministre des armées a considéré que les arrêts de travail et soins prescrits à compter du 30 juin 2013 n'étaient pas en lien avec l'accident de service dont il a été victime le 12 juin 2013 et devaient être pris en compte au titre de la maladie ordinaire, après avoir le cas échéant désigné un expert, et enfin, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
III. M. F B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler la décision du 13 août 2018 par laquelle la ministre des armées a considéré que les soins post-consolidation prescrits à compter du 15 juillet 2012 n'étaient pas en lien avec l'accident de service dont il a été victime le 4 septembre 2012 et devaient être pris en compte au titre de la maladie ordinaire, après avoir le cas échéant désigné un expert, et enfin, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
IV. M. F B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler la décision du 10 mai 2019 par laquelle la ministre des armées a considéré que les soins post-consolidation prescrits à compter du 11 septembre 2012 ne pouvaient pas être pris en charge au titre de l'accident de service survenu le 4 septembre 2012 et qu'il ne pouvait pas bénéficier du droit au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par cet accident de service, conformément au second alinéa du 2° de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et a annulé et remplacé sa décision du 13 août 2018, après avoir le cas échéant désigné un expert, et enfin, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1804375-1810121-1907140 du 1er avril 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté ses demandes.
Procédure devant la cour :
I. Par une requête, enregistrée le 7 janvier 2021, sous le n° 21VE00021, M. B, représenté par Me Callon, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 19 novembre 2020 ;
2°) d'annuler les deux décisions du 21 juin 2016 par lesquelles le ministre de la défense a fixé les dates de guérison et de consolidation de ses blessures liées aux accidents de service survenus respectivement le 4 septembre 2012 et le 12 juin 2013, et la décision du 5 décembre 2016 rejetant son recours gracieux, après avoir le cas échéant ordonné une mesure d'expertise ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions du 21 juin 2016 ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 25 mai 2021, sous le n° 21VE01566, M. B, représenté par Me Callon, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 1er avril 2021 ;
2°) d'annuler les décisions prises par la ministre des armées le 19 mars 2018, le 13 août 2018 et le 10 mai 2019, après la désignation, le cas échéant, d'un expert ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision du 13 août 2018 et de celle du 19 mars 2018 ;
- les trois décisions prises les 19 mars 2018, 13 août 2018 et 10 mai 2019 sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret n° 2020-1406 du 18 novembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cozic,
- et les conclusions de M. Frémont, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, admis à faire valoir ses droits à la retraite au 6 juillet 2015, était titulaire du grade d'agent technique de 2ème classe du ministère de la défense, et avait été affecté, en dernier lieu, à l'hôpital d'instruction des armées de Percy, situé à Clamart, dans les Hauts-de-Seine. Il a été victime, à l'occasion de son service, d'un premier accident, survenu le 4 septembre 2012, en poussant un chariot, provoquant une gonalgie droite, puis d'un second accident, survenu le 12 juin 2013, lié au port d'une charge, qui a entraîné une déchirure musculaire de l'épaule droite et une cervicalgie. Ces deux accidents ont été reconnus imputables au service par deux décisions du ministre de la défense du 6 mai 2013 et du 16 juillet 2014. Ce ministre a pris deux autres décisions relatives à ces deux accidents le 21 juin 2016 fixant, pour l'accident de service du 4 septembre 2012, la date de guérison avec retour à l'état antérieur au 11 septembre 2012, et pour l'accident de service du 12 juin 2013, la date de consolidation au 30 juin 2013, avec un taux d'incapacité permanente partielle de 2%. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a, par un jugement n° 1701352 du 19 novembre 2020, rejeté les demandes de M. B tendant à l'annulation de ces deux décisions du 21 juin 2016.
2. Le ministre a, par une décision du 19 mars 2018 relative à l'accident du 12 juin 2013, et par une décision du 13 août 2018 relative à l'accident du 4 septembre 2012, refusé de prendre en charge, au titre du régime de la maladie professionnelle, les arrêts de travail et soins prescrits à M. B. Par une troisième décision du 10 mai 2019, le ministre des armées a retiré la décision du 13 août 2018 et rejeté à nouveau la demande de M. B tendant à la prise en charge des conséquences de l'accident de service du 4 septembre 2012. Par un jugement n° 1804375-1810121-1907140, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a prononcé le non-lieu à statuer sur les conclusions afférentes à l'annulation de la décision du 13 août 2018 et a rejeté les autres demandes. M. B fait appel des deux jugements précités du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 19 novembre 2020 et du 1er avril 2021.
3. Les requêtes n° 21VE00021 et n° 21VE01566, présentées pour M. B, concernent la situation d'un même fonctionnaire et se rapportent à des questions qui sont liées. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul arrêt.
Sur la légalité des deux décisions du 21 juin 2016 fixant les dates de guérison et de consolidation :
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par une décision n° 37 du 25 mars 2016, publiée au bulletin officiel des armées n° 19 le 28 avril 2016, Mme E C, chef de la division gestion administrative et paie du centre ministériel de gestion de Saint-Germain-en-Laye, relevant de la direction des ressources humaines du ministère de la défense, a reçu délégation du directeur de ce centre ministériel pour signer " tous actes, arrêté et décisions, à l'exclusion des décrets ", dans la limite des attributions de sa division. En conséquence, le moyen invoqué par le requérant, tiré de l'incompétence du signataire des décisions du 21 juin 2016, manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, les deux décisions du 21 juin 2016 visent l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 et l'instruction du 30 novembre 1998 relative à l'application des accidents de travail et des maladies professionnelles aux agents de l'Etat non fonctionnaires et à l'application des dispositions du statut des fonctionnaires concernant les accidents et les maladies contractées en service. La décision du 21 juin 2016 fixant la date de guérison de M. B du fait de son accident de service du 4 septembre 2012 vise l'expertise médicale datée du 9 juillet 2015, et celle du 21 juin 2016 fixant la date de consolidation de sa pathologie et son taux d'IPP de 2% à la suite de l'accident de service du 12 juin 2013 vise l'expertise médicale datée du 11 mars 2016. Ce faisant, l'administration doit être regardée comme s'étant appropriée les conclusions de ces expertises médicales. Ces décisions comportent ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait sur lesquels elles se fondent. Le moyen tiré de l'existence d'un défaut de motivation de ces décisions doit donc en tout état de cause être écarté comme manquant en fait.
6. En dernier lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier que, le 4 septembre 2012, à l'occasion du service, M. B a ressenti une vive douleur au genou alors qu'il poussait un chariot. Cet accident a été reconnu imputable au service par une décision du 6 mai 2013. Le requérant conteste la décision du 21 juin 2016 fixant la date de guérison de sa gonalgie, avec retour à l'état antérieur, au 11 septembre 2012. Il ressort des termes mêmes de cette décision que celle-ci vise le rapport médical du 9 juillet 2015 établi par un médecin rhumatologue, qui souligne notamment que l'accident du 4 septembre 2012 n'a provoqué aucune lésion post-traumatique, tout en relevant un " état antérieur de gonarthrose tricompartimentale ", visible sur une radio faite le 5 septembre 2012. Le rapport constate également que M. B, lors de l'examen médical, marchait en boitant, et qu'il indiquait endurer des douleurs à la marche prolongée et à la montée et descente des escaliers et que son genou se bloquait parfois. L'expert a toutefois estimé que M. B était guéri des suites de l'accident au 11 septembre 2012 et qu'au-delà, les soins et arrêts étaient " en lien exclusif avec son état antérieur, qui évolue pour son propre compte ". M. B se prévaut quant à lui de deux certificats médicaux établis par un médecin généraliste, daté du 31 décembre 2015 et du 2 janvier 2017, qui ne se prononcent aucunement sur une quelconque date de consolidation ou de guérison de la pathologie de l'intéressé, ni sur une quelconque antériorité de celle-ci par rapport à l'accident. Ces deux pièces médicales se bornent à faire mention de " douleurs par blocage " et à prescrire la prolongation de la prise en charge des soins au titre de la maladie professionnelle. Ces quelques éléments médicaux, peu explicites et peu détaillés, voire taisant, notamment quant à l'antériorité de la pathologie affectant le genou droit M. B, ne sont pas de nature à remettre en cause les éléments d'appréciation mentionnés dans le rapport d'expertise médicale. Le requérant n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision du 21 juin 2016 fixant au 11 septembre 2012 la date de guérison avec retour à l'état antérieur serait entachée d'une erreur d'appréciation.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le 12 juin 2013, alors qu'à l'occasion du service il portait un carton de 15kg en vue de le ranger en hauteur, M. B a été victime d'une déchirure musculaire de l'épaule droite et de cervicalgies. Cet accident a été reconnu imputable au service le 16 juillet 2014. Le requérant conteste la décision du 21 juin 2016 fixant une date de consolidation de la pathologie au 30 juin 2013, ainsi qu'un taux d'incapacité partielle permanente à hauteur de 2%. Il ressort des termes mêmes de cette décision que celle-ci vise le rapport médical du 11 mars 2016, qui rappelle en particulier l'ensemble de l'historique des constats médicaux effectués à l'occasion de cet accident de service, et insiste sur " l'état antérieur très important sur un phénomène d'épaule gauche qui n'a pas fait l'objet d'un bilan étiologique très précis en 2013 ". Il confirme également l'état antérieur pour l'épaule droite, mais aussi du rachis cervical. Il souligne encore l'absence " d'élément post-traumatique prouvé ", sinon des phénomènes contusionnels et ajoute que " Aucun examen complémentaire n'a permis de mettre en évidence quoi que ce soit ". L'expert rhumatologue a ainsi conclu à une consolidation au 30 juin 2013, en proposant de retenir un taux de 2% d'incapacité permanente partielle " à titre commercial pour les phénomènes douloureux persistants au niveau de l'épaule droite " tout en relevant que " l'état antérieur est largement à 20% ". Les conclusions de ce rapport corroborent celles rendues dans le rapport du 9 juillet 2015, établi par un autre expert, mentionnant qu'aucune lésion post-traumatique n'était à relever après l'accident du 12 juin 2013, constatant également un état antérieur de cervicarthrose, et fixant une date de consolidation par état antérieur au 30 juin 2013. A l'appui de son recours, M. B se prévaut de deux rapports médicaux relatifs à l'accident du 12 juin 2013. Le premier rapport daté du 6 juillet 2015 fait mention d'un état antérieur caractérisé notamment par des séquelles esthétiques suite à une fracture de la clavicule gauche. Il fixe la consolidation de la pathologie de M. B au 6 juillet 2015 avec un taux d'IPP de 40%. Le second rapport du 29 septembre 2015, établi par un médecin agréé par l'agence régionale de santé, fait également mention d'occurrences antérieures, en particulier d'une fracture de la clavicule gauche en 1970. Il décrit l'état de M. B, caractérisé par des cervicalgies, une impotence partielle de l'épaule gauche, ainsi qu'une névralgie cervicobrachiale gauche. A l'instar du médecin généraliste, le médecin agréé fixe la consolidation au 6 juillet 2015, mais avec un taux d'IPP de 25%. Les éléments médicaux communiqués par M. B, moins détaillés et moins précis que ceux du rapport de l'expert rhumatologue en particulier ne sont pas, au regard de leur contenu, de nature à remettre en cause les conclusions de ce dernier. Le requérant n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision du 21 juin 2016, fixant au 30 juin 2013 la date consolidation de son état, et à 2% son taux d'IPP, serait entachée d'une erreur d'appréciation.
Sur la légalité des décisions du 19 mars 2018 et du 10 mai 2019 :
8. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter de l'enregistrement de cet acte au recueil spécial mentionné à l'article L. 861-1 du code de la sécurité intérieure, lorsqu'il est fait application de cet article, ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Etat et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : () 2° () les () sous-directeurs () ".
9. M. A D, administrateur civil hors cadre, a par un arrêté du 1er juin 2017, été renouvelé dans ses fonctions de sous-directeur des pensions au sein du service de l'accompagnement professionnel et des pensions de la direction des ressources humaines du ministère des armées, pour une durée de deux ans à compter du 1er juillet 2017. A la date de la décision du 19 mars 2018, M. D disposait ainsi d'une délégation l'habilitant à signer une décision refusant de prendre en charge des soins au titre de la maladie professionnelle. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 19 mars 2018 doit par suite être écarté.
10. En deuxième lieu, d'une part, la décision du 19 mars 2018 refuse la prise en charge des arrêts et soins prescrits à M. B à compter de la date du 30 juin 2013. Cette décision mentionne expressément que l'intéressé ne saurait bénéficier des dispositions du 2° de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984. Elle indique également que l'administration a tenu compte des éléments d'appréciation qui lui avaient été soumis, notamment les conclusions de l'expertise médicale réalisée le 11 mars 2016 par un médecin rhumatologue et rappelle qu'une date de consolidation a été fixée au 30 juin 2013. Cette décision est ainsi suffisamment motivée, tant en droit qu'en fait.
11. D'autre part, la décision du 10 mai 2019, qui retire celle du 13 août 2018 et refuse la prise en charge au titre de l'accident de service du 4 septembre 2012 des soins prescrits à compter du 11 septembre 2012, mentionne expressément que l'intéressé ne saurait bénéficier des dispositions du 2° de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984. Elle fait également mention des conclusions de l'expertise réalisée le 9 juillet 2015, de l'avis de la commission de réforme du 5 juillet 2018, et rappelle qu'une date de consolidation a été fixée au 11 septembre 2012. Ainsi, cette décision est suffisamment motivée.
12. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que les deux décisions susvisées seraient entachées d'erreur d'appréciation, doit être rejeté pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 8 et 9 du présent arrêt.
Sur la légalité de la décision du 13 août 2018 :
13. Lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.
14. Il ressort des termes du jugement attaqué n° 1804375-1810121-1907140 du 1er avril 2021, que les premiers juges, après avoir rejeté les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 10 mai 2019, par laquelle le ministre des armées a retiré celle du 13 août 2018, ont en conséquence prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions de la demande de première instance tendant à l'annulation de la décision du 13 août 2018. Si M. B demande en appel l'annulation de la décision du 13 août 2018, il ne conteste pas le non-lieu à statuer prononcé par le tribunal administratif sur ce point. En outre, il résulte des points 9 à 12 du présent arrêt que l'ensemble des moyens invoqués par M. B, dirigés contre la décision 10 mai 2019 doivent être écartés. Les conclusions présentées par M. B en appel, tendant à l'annulation de la décision du 13 août 2018, ne peuvent en conséquence qu'être rejetées.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que le requérant demande à ce titre.
DÉCIDE :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. F B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Even, président de chambre,
Mme Aventino, première conseillère,
M. Cozic, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
Le rapporteur,
H. COZICLe président,
B. EVENLa greffière,
C. RICHARD
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026