vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-21VE02247 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | RABBE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 25 juin 2019 par lequel le ministre de la culture a prononcé à son encontre la sanction de l'exclusion temporaire de fonctions, pour une durée de deux ans dont dix-huit mois avec sursis, et la décision implicite rejetant son recours gracieux du 21 août 2021, de condamner l'Etat à l'indemniser en raison du préjudice qu'il estime avoir subi et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1909234 du 14 juin 2021, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juillet 2021 et 16 février 2023, M. B, représenté par Me Rabbé, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement en tant qu'il a rejeté ses conclusions à fin d'annulation ;
2°) d'annuler ces décisions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 250 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les premiers juges ont entaché leur jugement d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation en considérant que les faits qui lui sont reprochés devaient être considérés comme établis ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis ;
- les décisions contestées sont entachées d'un détournement de pouvoir ;
- il s'en remet, pour le surplus, à ses moyens de première instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2022, le ministre de la culture conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Even, président de chambre,
- les conclusions de M. Frémont, rapporteur public,
- et les observations de Me Rabbé, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, adjoint technique principal de 1ère classe des administrations de l'Etat, en poste au musée archéologique de Saint-Germain-en-Laye, fait appel du jugement du tribunal administratif de Versailles du 14 juin 2021 en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du ministre de la culture du 25 juin 2019 lui infligeant la sanction de l'exclusion temporaire de fonctions, pour une durée de deux ans dont dix-huit mois de sursis, et la décision implicite rejetant son recours gracieux du 21 août 2019.
Sur la régularité du jugement attaqué :
2. Hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de procédure ou de forme qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée, dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Par suite, M. B ne peut utilement se prévaloir de l'erreur de fait ou de l'erreur manifeste d'appréciation qu'auraient commises les premiers juges pour demander l'annulation du jugement attaqué.
Sur la légalité des décisions du ministre de la culture :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 25 de la loi n° 83-634 portant droits et obligations des fonctionnaires, en vigueur à la date des décisions contestées : " Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec () intégrité et probité. () ".
4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire sont matériellement établis, constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité des fautes.
5. L'arrêté contesté du ministre de la culture du 25 juin 2019 portant exclusion temporaire de fonctions de M. B, pendant une durée de deux ans dont dix-huit mois de sursis, est motivé par des manquements aux obligations de probité et d'intégrité et l'atteinte portée à l'image de l'établissement au sein duquel l'intéressé était affecté, le musée archéologique de Saint-Germain-en-Laye, ainsi qu'à la considération du corps des adjoints techniques des administrations de l'Etat, dont il fait partie.
6. L'administration reproche l'exercice par M. B, alors qu'une procédure de passation d'un marché public était en cours, d'un " chantage " à l'égard d'une société prestataire du musée archéologique de Saint-Germain-en-Laye, se matérialisant par des demandes de contreparties et d'avantages en nature en échange de la prolongation des relations contractuelles entre cette société et ce musée.
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la note rédigée par le secrétaire général du musée archéologique de Saint-Germain-en-Laye le 31 octobre 2018, ainsi que du témoignage présenté par celui-ci devant le conseil de discipline, dont la teneur n'est pas sérieusement contestée par M. B, que plusieurs membres de la direction de ce musée ont été alertés, aux mois de mai et juin 2018, par une société prestataire, du comportement de l'intéressé à l'égard de cette dernière. Cette société a précisé, par un courrier du 19 octobre 2018 adressé au directeur du musée, que M. B lui avait présenté des demandes de rétribution en espèces en échange du maintien des relations contractuelles entre elle et le musée, et qu'elle ne souhaitait en conséquence plus intervenir dans cet établissement tant que ce dernier demeurerait l'interlocuteur principal. Ceci contredit donc l'allégation du requérant qui affirme que cette société l'aurait accusé à tort afin de faire échouer la procédure de passation de marché public en cours et demeurer le prestataire exclusif de l'établissement, d'autant que cette société n'a pas participé à cette procédure. En outre, si M. B soutient qu'il n'avait aucun pouvoir dans le choix du prestataire, il ressort des pièces du dossier qu'il s'était vu confier l'instruction des dossiers de commande publique. Enfin, si l'intéressé se prévaut de la circonstance qu'il n'a pas été suspendu de ses fonctions avant l'intervention de la sanction contestée, et de ce que la saisine du parquet effectuée sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale a été classée sans suite, ceci n'est pas de nature à remettre en cause la matérialité des faits qu'il conteste, sans en revanche soutenir qu'ils ne seraient pas de nature à justifier une sanction, ni que la sanction retenue serait disproportionnée.
8. En deuxième lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
9. Enfin, il appartient au requérant, tant en première instance qu'en appel, d'assortir ses moyens des précisions nécessaires à l'appréciation de leur bien-fondé. En se bornant, pour le surplus, à se référer purement et simplement aux autres moyens qu'il a invoqués en première instance, sans fournir les précisions indispensables à l'appréciation de leur bien-fondé, ni joindre à sa requête une copie du mémoire de première instance qui contenait ces précisions, M. B ne met pas la cour en mesure de se prononcer sur les erreurs qu'aurait pu commettre le tribunal administratif en écartant ces moyens.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté ses conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du ministre de la culture du 25 juin 2019 et la décision de rejet implicite de son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. B une somme au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié M. A B et à la ministre de la culture.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Even, président de chambre,
Mme Bonfils, première conseillère,
Mme Houllier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
Le président-rapporteur,
B. EVEN
L'assesseure la plus ancienne,
MG. BONFILS
La greffière,
F. PETIT-GALLAND
La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026