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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE00182

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE00182

jeudi 11 avril 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE00182
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELAS WILHELM & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 janvier 2022, 20 juin 2023, 29 septembre 2023 et 12 février 2024, la société Distribution Casino France, représentée par Me Bolleau, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 novembre 2021 par lequel le maire d'Argenteuil a délivré à la société Fiminco un permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale d'un ensemble commercial d'une surface de vente totale de 14 854 m², composé d'une grande surface alimentaire, de cinq moyennes surfaces spécialisées dans l'équipement de la personne, l'équipement du foyer et en culture, loisirs et sport et de dix-huit boutiques, situé 50 boulevard Héloïse ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la commune d'Argenteuil une somme de 1 500 euros chacun en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle dispose d'un intérêt à agir ;

- il n'est pas démontré que les membres de la Commission nationale d'aménagement commercial ont été régulièrement convoqués, conformément aux dispositions de l'article R. 752-35 du code de commerce ;

- l'avis de la Commission nationale d'aménagement commercial est insuffisamment motivé ;

- le dossier de demande est incomplet en ce qui concerne les preneurs des cellules commerciales, les flux de circulation, la garantie du financement et la réalisation effective des aménagements envisagés de la desserte du site, les modes de transport doux, la qualité environnementale du projet et son insertion, en méconnaissance de l'article R. 752-6 du code de commerce, et n'a ainsi pas permis à la Commission nationale d'aménagement commercial de se prononcer en connaissance de cause ;

- l'arrêté est entaché d'erreurs d'appréciation des effets du projet au regard de plusieurs des critères devant être pris en compte en matière d'aménagement du territoire, de développement durable et de protection des consommateurs prévus par l'article L. 752-6 du code de commerce.

Par des mémoires en intervention présentés à l'appui de la requête, enregistrés le 14 avril 2023 et le 31 juillet 2023, M. B et l'association " Val d'Oise environnement " demandent de faire droit aux conclusions et moyens de la société Distribution Casino France.

Ils font valoir que :

- le projet a été substantiellement modifié postérieurement à l'avis de la commission départementale et de la commission nationale d'aménagement commercial ;

- l'artificialisation des sols n'est pas compensée ;

- les effets sur les flux de transport sont négatifs et les aménagements projetés ne sont pas de nature à compenser ces difficultés ;

- la qualité environnementale du projet est insuffisante ;

- le projet méconnait les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme d'Argenteuil ;

- le risque inondation n'est ni évité ni réduit.

Par des mémoires en défense enregistrés les 14 octobre 2022, 27 juin 2023 et 28 septembre 2023, la commune d'Argenteuil, représentée par Me Bluteau, avocat, conclut au rejet de la requête et des interventions et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les interventions sont irrecevables et que les moyens de la requête et des interventions ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés les 27 juin 2023, 28 juillet 2023, 29 septembre 2023, 20 octobre 2023 et 1er février 2024, la société Fiminco, représentée par Me d'Albert des Essarts, avocate, demande à la cour d'ordonner avant-dire droit une expertise des logiciels de convocation des membres de la Commission nationale d'aménagement commercial afin de conduire une audition de ses membres, conclut au rejet de la requête et des interventions et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Distribution Casino France, de Monsieur B et de l'association " Val d'Oise environnement " en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

- à titre principal, que la société requérante ne dispose plus d'un intérêt à agir et, à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés, notamment celui tiré de la méconnaissance de l'article R. 752-35 du code de commerce qui est irrecevable ;

- à titre principal, que les interventions sont irrecevables et, à titre subsidiaire, que les moyens dirigés contre l'arrêté en tant qu'il constitue une autorisation d'urbanisme sont irrecevables et ne sont en tout état de cause pas fondés.

La Commission nationale d'aménagement commercial a déposé des pièces le 17 février 2022, le 18 décembre 2023 et le 5 février 2024.

Un courrier a été adressé le 2 février 2024 aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les informant de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et précisant la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par les derniers alinéas des articles R. 613-1 et R. 613-2 du code de justice administrative.

Un avis d'audience a été adressé le 7 mars 2024 aux parties portant clôture immédiate de l'instruction en application des dispositions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de commerce ;

- le code de l'urbanisme ;

- la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 ;

- le décret n° 2022-1312 du 13 octobre 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Aventino,

- les conclusions de M. Frémont, rapporteur public,

- et les observations de Me Louche pour la société Distribution Casino France, de Me Bluteau pour la commune d'Argenteuil, de Me d'Albert des Essarts pour la société Fiminco et de Me Cessac pour l'association des exploitants du centre commercial Côté Seine.

Considérant ce qui suit :

1. La société Fiminco a déposé le 18 août 2017 une demande de permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale pour la création, au sein d'un projet d'aménagement comprenant des logements, un cinéma et une salle de spectacle, situé 50 boulevard Héloïse à Argenteuil, d'un ensemble commercial d'une surface de vente de 14 854 m², composé d'une grande surface alimentaire (3 500 m²), de deux moyennes surfaces spécialisées dans l'équipement de la personne (1 277 m² et 1 567 m²), d'une moyenne surface spécialisée dans l'équipement du foyer (1 642 m²), deux moyennes surface spécialisées en culture, loisirs et sport (2 173 m² et 2 195 m²) ainsi que de dix-huit boutiques de moins de 300 m² dont 16 spécialisées dans l'équipement de la personne et deux dans l'équipement du foyer. La Commission départementale d'aménagement commercial du Val d'Oise a émis un avis favorable le 4 octobre 2017. Saisie d'un recours préalable obligatoire par la société Distribution Casino France, qui exploite un hypermarché dans cette même commune, la Commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) a émis un avis favorable au projet le 15 février 2018. Le maire d'Argenteuil a, par un arrêté du 26 novembre 2021, accordé le permis de construire sollicité. La société Distribution Casino France demande à la cour d'annuler cet arrêté en tant qu'il vaut autorisation d'exploitation commerciale.

Sur les interventions de M. B et de l'association Val d'Oise environnement :

2. La circonstance que le recours formé par M. B devant la Commission nationale d'aménagement commercial a été rejeté pour tardiveté ne fait pas obstacle à ce qu'il soit regardé comme recevable à présenter une intervention au soutien du recours présenté par la société Distribution Casino France. Il y a lieu, par suite, d'admettre son intervention.

3. En revanche, l'association " Val d'Oise environnement ", comme le précisent ses statuts, a pour objet principal la défense de l'environnement et l'amélioration du cadre de vie et de la qualité de la vie dans le département du Val d'Oise. Elle ne dispose dès lors pas d'un intérêt à l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2021 en tant qu'il vaut autorisation d'exploitation commerciale.

Sur la légalité de l'arrêté du 26 novembre 2021 :

En ce qui concerne la procédure devant la Commission nationale d'aménagement commercial :

4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 425-4 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est soumis à autorisation d'exploitation commerciale au sens de l'article L. 752-1 du code de commerce, le permis de construire tient lieu d'autorisation dès lors que la demande de permis a fait l'objet d'un avis favorable de la commission départementale d'aménagement commercial ou, le cas échéant, de la Commission nationale d'aménagement commercial ". D'autre part, aux termes de l'article L. 600-13 du code de l'urbanisme : " Les dispositions du présent livre sont applicables aux recours pour excès de pouvoir formés contre les permis de construire qui tiennent lieu d'autorisation au titre d'une autre législation, sauf disposition contraire de cette dernière ". Enfin, aux termes de l'article R. 600-5 du même code : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative () /. Le président de la formation de jugement, ou le magistrat qu'il désigne à cet effet, peut, à tout moment, fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens lorsque le jugement de l'affaire le justifie ". Il résulte de ces dispositions que la cristallisation des moyens prévue par les dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme s'applique au recours formé contre un permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale par une personne mentionnée à l'article L. 752-17 du code de commerce.

5. Il ressort des pièces du dossier que le délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense, prévu par l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, a commencé à courir le 13 janvier 2023. Par suite le moyen présenté, pour la première fois, par la société Distribution Casino France, dans son mémoire enregistré le 29 septembre 2023, tiré de ce qu'il n'est pas établi que les membres de la Commission nationale d'aménagement commercial ont reçu communication des dossiers et de l'ensemble des pièces exigées par l'article R. 752-35 du code de commerce en temps utile est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 752-15 du code de commerce : " () Une nouvelle demande est nécessaire lorsque le projet, en cours d'instruction ou dans sa réalisation, subit des modifications substantielles, du fait du pétitionnaire, au regard de l'un des critères énoncés à l'article L. 752-6, ou dans la nature des surfaces de vente. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que les modifications apportées au projet consistent, d'une part, en une augmentation des espaces de pleine terre, la préservation des arbres existants, une diminution des surfaces construites en sous-sol et des surfaces imperméabilisés et, d'autre part, dans la modification des aires de stationnement dont la surface est diminuée pour tenir compte d'une mutualisation avec le parking Vaillant Couturier et la modification du volet " aménagement, urbanisme, image, architecture ", qui conduit à diminuer le gabarit du cinéma et de la salle de spectacle, ainsi qu'à modifier les hauteurs des différents bâtiments. Ni ces modifications, ni l'augmentation de la surface de plancher des commerces, alors que la surface de vente est inchangée, de même que le nombre, la disposition et la fonction des bâtiments, ainsi que la disposition des ilots et niveaux consacrés aux commerces n'exigeaient qu'une nouvelle demande soit formée par la société Fiminco devant la Commission départementale d'aménagement commercial du Val d'Oise, afin que cette dernière procède à une nouvelle instruction du projet. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 752-15 du code de commerce ne saurait donc être accueilli.

En ce qui concerne la complétude du dossier :

8. Aux termes de l'article R. 752-6 du code de commerce : " La demande est accompagnée d'un dossier comportant les éléments suivants : 1° Informations relatives au projet : () b) Pour les projets de création d'un ensemble commercial :- la surface de vente globale ; - la surface de vente et le secteur d'activité de chacun des magasins de plus de 300 mètres carrés de surface de vente ; - l'estimation du nombre de magasins de moins de 300 mètres carrés de surface de vente et de la surface de vente totale de ces magasins ; () g) Autres renseignements : () - si le projet comporte un parc de stationnement : le nombre total de places, le nombre de places réservées aux personnes à mobilité réduite et, le cas échéant, le nombre de places dédiées à l'alimentation des véhicules électriques ou hybrides rechargeables, le nombre de places non imperméabilisées et le nombre de places dédiées à l'autopartage et au covoiturage ; - les aménagements paysagers en pleine terre ; - les activités annexes éventuelles n'entrant pas dans le champ d'application de la loi ; 2° Informations relatives à la zone de chalandise et à l'environnement proche du projet : () - d'une description de la desserte actuelle et future (routière, en transports collectifs, cycliste, piétonne) et des lieux exerçant une attraction significative sur la population de la zone de chalandise, notamment les principaux pôles d'activités commerciales, ainsi que du temps de trajet véhiculé moyen entre ces lieux et le projet ; () b) Une carte ou un plan de l'environnement du projet, dans un périmètre d'un kilomètre autour de son site d'implantation, accompagné d'une description faisant apparaître, le cas échéant : () - la desserte actuelle et future (routière, en transports collectifs, cycliste, piétonne). () 3° Cartes ou plans relatifs au projet : () c) Une carte ou un plan de la desserte du lieu d'implantation du projet par les transports collectifs, voies piétonnes et pistes cyclables ; d) Une carte ou un plan des principales voies et aménagements routiers desservant le projet ainsi que les aménagements projetés dans le cadre du projet ; () 4° Effets du projet en matière d'aménagement du territoire. Le dossier comprend une présentation des effets du projet sur l'aménagement du territoire, incluant les éléments suivants : c) Evaluation des flux journaliers de circulation des véhicules générés par le projet sur les principaux axes de desserte du site, ainsi que des capacités résiduelles d'accueil des infrastructures de transport existantes ; d) Evaluation des flux journaliers de circulation des véhicules de livraison générés par le projet et description des accès au projet pour ces véhicules ; e) Indication de la distance du projet par rapport aux arrêts des moyens de transports collectifs, de la fréquence et de l'amplitude horaire de la desserte de ces arrêts ; f) Analyse prévisionnelle des flux de déplacement dans la zone de chalandise, tous modes de transport confondus, selon les catégories de clients ; () g) En cas d'aménagements envisagés de la desserte du projet : tous documents garantissant leur financement et leur réalisation effective à la date d'ouverture de l'équipement commercial ; 5° Effets du projet en matière de développement durable. Le dossier comprend une présentation des effets du projet en matière de développement durable, incluant les éléments suivants : a) Présentation des mesures, autres que celles résultant d'obligations réglementaires, destinées à réduire la consommation énergétique des bâtiments ; b) Le cas échéant, description des énergies renouvelables intégrées au projet et de leur contribution à la performance énergétique des bâtiments ; () d) Description des mesures propres à limiter l'imperméabilisation des sols ; e) Description des mesures propres à limiter les pollutions associées à l'activité, notamment en matière de gestion des eaux pluviales et de traitement des déchets ; () g) Le cas échéant, si le projet n'est pas soumis à étude d'impact, description des zones de protection de la faune et de la flore sur le site du projet et des mesures de compensation envisagées ; () ".

9. En premier lieu, aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait à la société pétitionnaire de mentionner les enseignes des magasins susceptibles d'occuper les cellules du futur ensemble commercial. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'absence de précision en la matière aurait fait obstacle à ce que la Commission nationale d'aménagement commercial porte son appréciation sur les impacts du projet de la société Fiminco. Au demeurant, l'article R. 752-6 du code de commerce, dans sa rédaction applicable au projet de la société Fiminco, imposait seulement de faire figurer au dossier de demande la surface de vente et le secteur d'activité de chacun des magasins de plus de 300 m² de surface de vente, ainsi que l'estimation du nombre de magasins de moins de 300 m² de surface de vente et de la surface de vente totale de ces magasins. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de la société Fiminco répondait à ces exigences.

10. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande comprenait une étude de trafic réalisée par le cabinet CDVIA le 22 mai 2017 de 62 pages. Cette étude présente un diagnostic des conditions de déplacement sur la base de différents relevés effectués, une estimation des flux engendrés par l'ensemble du projet, dont sa composante commerciale, et différents scénarios d'aménagement des accès. L'évaluation des flux qui seront engendrés par le projet a été effectuée en fonction de ratios pour des projets similaires et pondérés par les spécificités de la desserte en transports en commun du terrain d'assiette. L'étude propose ainsi un projet de jalonnement des accès et des aménagements des voies et carrefours pour permettre l'absorption de ces flux. Si la société requérante remet en cause cette estimation en indiquant que les flux engendrés sont sous-évalués, elle n'apporte aucun élément à l'appui de cette allégation du caractère erroné de l'étude réalisée et produite à l'appui du projet contesté.

11. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la société Fiminco a produit à l'appui de sa demande un courrier du 11 juillet 2017 du maire d'Argenteuil donnant son accord à la réalisation d'aménagements du boulevard Héloïse, voie communale, et un courrier du département du Val d'Oise du 11 juillet 2017 donnant également son accord à la réalisation des aménagements routiers nécessaires à la réalisation du projet et garantissant la sécurisation des accès routiers en prenant note de leur financement par la société Fiminco. Ces deux courriers attestent en outre de la réalisation effective de ces aménagements et travaux à la date d'ouverture de l'équipement commercial.

12. En quatrième lieu, il ressort du dossier de demande de la société Fiminco qu'il comporte des développements fournis sur la desserte routière actuelle et future indiquant les voies d'accès pour les piétons, la desserte en transports collectifs actuelle et future, ainsi que la desserte en mode doux. Ces développements sont complétés de plusieurs cartes de la desserte du lieu d'implantation du projet par les transports collectifs, les voies piétonnes et les pistes cyclables. Les éléments fournis ont ainsi permis à la Commission nationale d'apprécier les conditions d'accès des piétons au projet.

13. En cinquième lieu, il ressort de ce même dossier de demande qu'il présente sur une quinzaine de page les mesures prises pour assurer la qualité environnementale du projet. Ainsi, la performance énergétique attendue des bâtiments y est décrite, de même que les mesures envisagées pour réduire la consommation d'énergie. Sont à ce titre prévus un système de centrales de traitement d'air double flux et la végétalisation de 70% des toitures. Les matériaux utilisés sont décrits, de même que les mesures prises pour limiter l'imperméabilisation des sols, dont la végétalisation des toitures et des espaces extérieurs et la plantation de 224 arbres. Le dossier fait également état de la façon dont seront traités les déchets de démolition et de ce que les eaux pluviales seront absorbées par les toitures végétalisées précitées. Si la société requérante se prévaut des omissions ou incohérences listées dans l'avis émis par la direction départementale des territoires, il ressort des termes mêmes de cet avis que la direction départementale des territoires ne s'est pas prononcée sur le caractère suffisant ou non du dossier présenté par la société Fiminco au regard des dispositions précitées de l'article R. 752-6 du code de commerce. En outre, si ces dispositions imposent une description des zones de protection de la faune et de la flore sur le site du projet et des mesures de compensation envisagées lorsque le projet n'est pas soumis à étude d'impact, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet ne se situe pas sur l'emprise de telles zones, ni à proximité immédiate de celles-ci, de sorte qu'aucun impact ne sera engendré sur la faune et la flore de ces zones du fait du projet.

14. En sixième et dernier lieu, ni les dispositions précitées de l'article R. 752-6 du code de commerce, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire, n'imposent au porteur de projet d'exploitation commercial de faire figurer dans son dossier de demande une vue d'insertion des aires de stationnement. En tout état de cause, il ressort du dossier de demande de la société Fiminco, qu'outre la description détaillée du projet, il comporte plusieurs documents graphiques d'insertion du projet dans son ensemble, ainsi qu'un plan de masse des différents niveaux dont ceux des parkings, lesquels ont permis à la Commission nationale d'aménagement commercial d'apprécier l'insertion paysagère et architecturale du projet.

15. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier doit être écarté dans toutes ses branches.

En ce qui concerne le défaut de motivation de l'avis de la Commission nationale d'aménagement commercial :

16. Aux termes de l'article R. 752-38 du code de commerce dans sa rédaction alors applicable : " [] L'avis ou la décision est motivé, signé par le président et indique le nombre de votes favorables et défavorables ainsi que le nombre d'abstentions. ".

17. L'obligation de motivation prévue par ces dispositions n'implique pas que la Commission nationale soit tenue de prendre explicitement parti sur le respect, par le projet qui lui est soumis, de chacun des objectifs et critères d'appréciation fixés par les dispositions législatives applicables, ni de répondre expressément aux arguments invoqués devant elle lors de l'instruction de la demande. La Commission nationale a, dans son avis du 15 février 2018, mentionné les textes applicables, en particulier l'article L. 752-6 du code de commerce, et a énoncé les considérations de fait qui, au regard des critères d'appréciation définis par cet article, l'ont conduit à se prononcer en faveur du projet, et notamment sa contribution à la revalorisation du secteur de l'ilot Héloïse et à l'accroissement de l'offre commerciale en zone urbaine, sa bonne desserte en transports en commun et son accessibilité, ses aménagements routiers prévus, son projet architectural et les mesures prises en matière de développement durable, ainsi que celles pour être compatibles avec le plan de gestion des risques inondation applicable. Elle a ainsi suffisamment motivé son avis, alors même qu'elle n'a pas explicitement pris parti sur le respect de l'objectif de consommation de l'espace par l'ensemble du projet et sa contribution à la variété de l'offre. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.

En ce qui concerne l'appréciation portée par la Commission nationale d'aménagement commercial :

S'agissant de la compatibilité avec les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme de la commune d'Argenteuil :

18. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 752-6 du code de commerce, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- L'autorisation d'exploitation commerciale mentionnée à l'article L. 752-1 est compatible () ou, le cas échéant, avec les orientations d'aménagement et de programmation des plans locaux d'urbanisme intercommunaux comportant les dispositions prévues au deuxième alinéa de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme ".

19. La circonstance que l'arrêté de permis de construire en litige, en tant qu'il vaut autorisation d'exploitation commerciale, ne serait pas compatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation " cœur de ville " du plan local d'urbanisme d'Argenteuil, qui ne constitue pas un plan local d'urbanisme intercommunal, est sans influence sur la légalité de cet arrêté.

S'agissant des erreurs d'appréciation alléguées des objectifs et critères fixés à l'article L. 752-6 du code de commerce :

20. Aux termes de l'article L. 752-6 du code de commerce : " () La commission départementale d'aménagement commercial prend en considération : 1° En matière d'aménagement du territoire : a) La localisation du projet et son intégration urbaine ; b) La consommation économe de l'espace, notamment en termes de stationnement ; c) L'effet sur l'animation de la vie urbaine, rurale et dans les zones de montagne et du littoral ; d) L'effet du projet sur les flux de transports et son accessibilité par les transports collectifs et les modes de déplacement les plus économes en émission de dioxyde de carbone ; / 2° En matière de développement durable : a) La qualité environnementale du projet, notamment du point de vue de la performance énergétique, du recours le plus large qui soit aux énergies renouvelables et à l'emploi de matériaux ou procédés éco-responsables, de la gestion des eaux pluviales, de l'imperméabilisation des sols et de la préservation de l'environnement ; b) L'insertion paysagère et architecturale du projet, notamment par l'utilisation de matériaux caractéristiques des filières de production locales ; c) Les nuisances de toute nature que le projet est susceptible de générer au détriment de son environnement proche. () / 3° En matière de protection des consommateurs : a) L'accessibilité, en termes, notamment, de proximité de l'offre par rapport aux lieux de vie ; b) La contribution du projet à la revitalisation du tissu commercial, notamment par la modernisation des équipements commerciaux existants et la préservation des centres urbains ; c) La variété de l'offre proposée par le projet, notamment par le développement de concepts novateurs et la valorisation de filières de production locales ; d) Les risques naturels, miniers et autres auxquels peut être exposé le site d'implantation du projet, ainsi que les mesures propres à assurer la sécurité des consommateurs. () ".

21. Il résulte de ces dispositions que l'autorisation d'aménagement commercial ne peut être refusée que si, eu égard à ses effets, le projet contesté compromet la réalisation des objectifs énoncés par la loi. Il appartient aux commissions d'aménagement commercial, lorsqu'elles statuent sur les dossiers de demande d'autorisation, d'apprécier la conformité du projet à ces objectifs, au vu des critères d'évaluation mentionnés à l'article L. 752-6 du code de commerce. Les dispositions ajoutées au I de l'article L. 752-6 du code de commerce, par la loi du 23 novembre 2018, poursuivent l'objectif d'intérêt général de favoriser un meilleur aménagement du territoire et, en particulier, de lutter contre le déclin des centres-villes. Elles se bornent à prévoir un critère supplémentaire pour l'appréciation globale des effets du projet sur l'aménagement du territoire et ne subordonnent pas la délivrance de l'autorisation à l'absence de toute incidence négative sur le tissu commercial des centres-villes.

Quant à l'objectif d'aménagement du territoire :

22. En premier lieu, pour contester l'appréciation portée par la Commission nationale d'aménagement commercial sur l'impact du projet sur l'animation urbaine, la société requérante indique que ce vaste projet, qui tend à la création de 14 854 m² de surface de vente, est situé à seulement 500 mètres du centre commercial " Côté Seine ", à proximité du centre-ville commerçant d'Argenteuil et du marché Héloïse, que faute de connaître les preneurs des futures cellules commerciales, il n'est pas possible d'estimer que l'impact sur l'animation de la vie urbaine de ce projet est positif et, qu'en tout état de cause, le projet présente un fort risque pour les commerces de centre-ville, le marché Héloïse et l'équilibre commercial existant. Il ressort toutefois des pièces du dossier, que la population de la zone de chalandise comptait, en 2015, 545 317 habitants avec une croissance démographique de +12,89% entre 1999 et 2015. La population de la commune d'Argenteuil représente en outre près du quart de la population de cette zone de chalandise, alors que cette commune est sous-équipée en matière d'offre commerciale et qu'est constatée une évasion commerciale vers les grands pôles commerciaux des communes voisines. Enfin, le projet, dont le nombre, la surface et la typologie des commerces sont précisés, se situe en centre-ville, à proximité des axes commerçants et du marché de la ville, s'insère dans un projet plus vaste associant du logement et des équipements culturels et de loisirs. Il prévoit que " la programmation commerciale s'inscrira en complémentarité du tissu existant " et notamment des commerces existants et du marché Héloïse. Au regard de ces éléments, le moyen tiré de ce que le projet serait sur ce critère entaché d'une erreur d'appréciation s'agissant de l'objectif d'aménagement du territoire, doit être écarté.

23. En deuxième lieu, s'il est constant que les flux de circulation des axes routiers desservant le terrain d'assiette du projet sont très importants et conduisent à une saturation de ces axes aux heures de pointe, le projet se situe en centre-ville à proximité de la gare d'Argenteuil et est desservi par plusieurs lignes de bus. En outre, il prévoit des aménagements qui sont, selon l'étude de circulation mentionnée au point 10, de nature à compenser les effets du projet sur ces flux de circulation et à les absorber, notamment des élargissements de la voirie sur le boulevard Héloïse, l'adaptation des temps d'alternance des feux de signalisation et la réalisation de bretelles d'entrée et de sortie sur la route départementale 311. S'il ne bénéficie pas en outre d'un accès facilité par des modes de déplacement plus économes en émission de dioxyde de carbone, en l'absence de desserte par une piste cyclable, il n'en demeure pas moins que son accès par les piétons et les cyclistes est possible et que le projet prévoit l'aménagement au sein de son emprise foncière d'abris pour les cycles.

24. En troisième lieu, lorsque l'instruction fait apparaître que, pour satisfaire aux objectifs fixés par le législateur en matière d'aménagement du territoire ou de développement durable, des aménagements sont nécessaires, l'autorisation ne peut être accordée que si la réalisation de tels aménagements à la date de l'ouverture de l'ensemble commercial est suffisamment certaine.

25. Il ressort des pièces du dossier que la Commission nationale d'aménagement commercial, a pu tenir compte des aménagements de voirie nécessaires envisagés par le pétitionnaire, précisément définis aux termes d'une étude de circulation substantielle, compte tenu des courriers mentionnés au point 11 du présent arrêt attestant de leur caractère certain et de leur réalisation en temps utile pour l'ouverture de l'ensemble commercial.

26. En quatrième lieu, d'une part, la société requérante ne peut utilement soutenir que l'avis de la Commission nationale d'aménagement commercial est entaché d'une erreur d'appréciation du critère de la consommation économe de l'espace dès lors que le projet prend place sur une parcelle située au centre-ville de la commune d'Argenteuil en grande partie construite, abritant une salle de spectacle, ainsi qu'une aire de stationnement bitumée, présentant ainsi une faible surface d'espaces verts. En tout état de cause, le projet prévoit l'édification des parkings en sous-sol, la végétalisation de 70% des toitures permettant l'absorption des eaux pluviales et la plantation de plus de 220 arbres. Il n'est pas contesté que le projet comprendra davantage d'espaces végétalisés et arborés qu'il n'en présente dans son état actuel. Enfin, si la société requérante se prévaut de l'avis de l'autorité environnementale, qui fait état d'un potentiel de renaturation du site au titre du schéma régional de cohérence écologique, un déficit de la commune en espaces verts et qu'au titre du schéma directeur de la région d'Ile-de-France se chevaucherait un quartier à densifier et un espace vert et de loisirs, ces éléments ne sont pas suffisants pour établir que le projet aurait dû être refusé compte tenu de ses effets négatifs sur l'artificialisation des sols du terrain d'assiette.

27. D'autre part, la société requérante ne peut utilement se prévaloir, s'agissant d'un permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale délivré le 26 novembre 2021 au vu d'un avis de la Commission nationale d'aménagement commercial du 15 février 2018, des dispositions du V de l'article L. 752-6 du code de commerce issues de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dès lors qu'en vertu de l'article 9 du décret du 13 octobre 2022 relatif aux modalités d'octroi de l'autorisation d'exploitation commerciale pour les projets qui engendrent une artificialisation des sols, ces dispositions ne sont susceptibles de s'appliquer qu'aux demandes d'autorisation déposées à compter du 15 octobre 2022.

Quant à l'objectif de développement durable :

28. En premier lieu, ainsi qu'il a déjà été dit le projet prévoit davantage d'arbres et d'espaces verts, 70% de ses toitures végétalisées et des aménagements pour limiter ses incidences sur le trafic routier des axes qui le desservent. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la requérante, le projet litigieux présente plusieurs mesures permettant de maîtriser les consommations énergétiques et vise une certification supérieure à la certification dite " RT 2012 ". Des mesures en matière énergétique seront imposées aux cellules commerciales par le biais d'un cahier des charges à respecter et d'une annexe environnementale aux baux commerciaux qui seront conclus. S'agissant de la pollution de l'air et du bruit, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet sera susceptible d'engendrer par lui-même de telles pollutions dès lors que le dossier de demande indique, sans que cela ne soit utilement contesté, que l'impact résiduel du projet sur la qualité de l'air est faible et que le trafic routier engendré par le projet n'aura pas d'impact significatif sur le bruit au voisinage du site. Enfin, des mesures d'évitement sont prévues dans la phase de chantier s'agissant des nuisances sonores. La société Distribution Casino France n'est donc pas fondée à soutenir que le projet serait entaché d'une erreur d'appréciation du critère de la qualité environnementale du projet.

29. En second lieu, si la société requérante conteste la qualité architecturale du projet et son insertion dans le paysage environnant à fort enjeu paysager et patrimonial, le projet s'implantera au centre-ville de la commune d'Argenteuil sur une parcelle séparée des berges de la Seine par une route départementale, en grande partie construite, abritant une salle de spectacle ainsi qu'une aire de stationnement bitumée et présentant ainsi une faible surface d'espaces verts. Il ressort des photomontages produits au dossier que le projet litigieux présente une architecture contemporaine qualitative, des terrasses végétalisées, la plantation de plus de 220 arbres et l'accès à un belvédère donnant sur la Seine. Il en résulte que l'appréciation par la Commission nationale d'aménagement commerciale de l'insertion paysagère et architecturale du projet n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation.

Quant à l'objectif de protection des consommateurs :

30. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit un parking dédié aux usagers de l'ensemble commercial. Les usagers de la salle de spectacle devront utiliser les stationnements publics en dehors du projet. Les livraisons n'utiliseront pas les mêmes accès que les clients. La société requérante ne conteste pas que le projet est situé à proximité de lieux de vies et accessible facilement. Si la société requérante soutient que le pétitionnaire n'a pas précisé les mesures qui permettront d'assurer une information claire des usagers du centre commercial et de la salle de spectacles concernant l'accès aux places de stationnement et leur tarification, un tel argument est sans incidence sur le respect du critère de l'accessibilité, en termes, notamment, de proximité de l'offre par rapport aux lieux de vie.

31. En deuxième lieu, le dossier de demande fait état du nombre, de la superficie et de la typologie des cellules de l'ensemble commercial projeté et de ce que l'offre commerciale sera complémentaire à celle existante. Compte tenu du déficit en équipement commercial du territoire d'Argenteuil, la Commission nationale n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le projet présentait une contribution à la variété de l'offre.

32. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette est situé à proximité de la Seine et en zone bleue du plan de prévention des risques d'inondation, correspondant à un risque modéré permettant la constructibilité sous certaines conditions. Pour être autorisées, les constructions doivent présenter un premier plancher utile situé à une cote correspondant au plus haut niveau des hauts connues (PHEC) + 0, 20 m avec des exceptions concernant les parkings souterrains, dès lors qu'ils sont aménagés de manière à assurer la sécurité de leurs usagers au moyen de dispositifs spécifiques. A ce titre, le dossier de demande précise que les fondations, structures et matériaux seront adaptées à l'écoulement de l'eau et aux crues, que les parkings seront inondables et cuvelés et leur accès interdit en amont des crues à risque. Le projet prévoit également une cote de 29 m A pour les planchers les plus bas, soit 20 cm au-dessus des PHEC au droit du projet. Le dossier est accompagné d'une étude hydraulique qui conclut que les aménagements sont adaptés et que le projet respecte les prescriptions du plan de prévention des risques inondations précitées. La circonstance que le dossier ne précise pas comment seront conçues les places de stationnement du parking souterrain dédiées à l'alimentation des véhicules électriques n'est pas de nature à faire naître un risque tel que le projet aurait dû être refusé pour ce motif. Enfin, il n'est pas établi que le risque inondation aurait été sous-évalué et que les mesures prises insuffisantes compte-tenu du projet " Arc sportif " de Colombes. Il en résulte que l'appréciation par la Commission nationale d'aménagement commerciale du risque pour les consommateurs n'est pas entachée d'erreur d'appréciation.

33. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, la société Distribution Casino France n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2021 par lequel le maire d'Argenteuil a délivré à la société Fiminco un permis de construire valant exploitation commerciale en vue de la création d'un ensemble commercial sur le territoire de cette commune.

Sur les frais liés au litige :

34. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par la société Distribution Casino France sur leur fondement. Dans les circonstances de l'espèce, la société Distribution Casino France versera une somme de 1 500 euros à la société Fiminco et une même somme de 1 500 euros à la commune d'Argenteuil en application des mêmes dispositions.

DÉCIDE :

Article 1er : L'intervention de M. B est admise.

Article 2 : L'intervention de l'association Val d'Oise environnement n'est pas admise.

Article 3 : La requête de la société Distribution Casino France est rejetée.

Article 4 : La société Distribution Casino France versera une somme de 1 500 euros à la société Fiminco et une somme de 1 500 euros à la commune d'Argenteuil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à la société Distribution Casino France, à la société Fiminco, à la commune d'Argenteuil, à Monsieur C B, à l'association Val d'Oise environnement, au président de la Commission nationale d'aménagement commercial, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Copie en sera adressée à la société BBG, à la société HCK Retail et à l'association des exploitants du centre commercial Côté Seine.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Even, président de chambre,

Mme Aventino, première conseillère,

M. Cozic, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

La rapporteure,

B. AVENTINOLe président,

B. EVEN

La greffière,

I. SZYMANSKI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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