lundi 22 septembre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-24VE01306 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | VANNIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, d'une part, d'annuler l'arrêté du 11 avril 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler son certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, d'autre part, d'annuler l'arrêté du 11 avril 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans ce même département pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois.
Par un jugement n° 2406263 du 8 mai 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Versailles a renvoyé devant une formation collégiale du tribunal les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 11 avril 2024 portant refus de renouvellement de son certificat de résidence, ainsi que celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige, et a rejeté le surplus de la demande de M. C.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 mai 2024 et le 11 juin 2025, M. B C, représenté par Me Vannier, demande à la cour :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler le jugement du 8 mai 2024 ;
3°) suspendre les effets de ce jugement ;
4°) d'annuler les deux arrêtés du 11 avril 2024 par lesquels le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui accorder le renouvellement de son certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, l'a obligé à remettre son passeport et l'a assigné à résidence ;
5°) d'enjoindre à toute autorité administrative compétente de lui accorder un certificat de résidence de dix ans dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
6°) à défaut, d'enjoindre à toute autorité administrative compétente de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
7°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Maître Camille Vannier, avocate de M. C sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, et si l'aide juridictionnelle n'est pas accordée, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier faute de motivation et d'examen sérieux de sa situation ;
- le jugement est irrégulier dès lors que le premier juge a omis de répondre au moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, des décisions portant obligation de quitter le territoire français refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français d'un an, obligation de remettre le passeport, et assignation à résidence, en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de son certificat de résidence ;
- le jugement est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision relative au refus de renouvellement de son certificat de résidence :
- il n'a pas été entendu de manière contradictoire avant que cette décision soit prise, en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne, des articles 41 et 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- son droit d'être entendu a été méconnu, en violation de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, et des articles 41 et 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- cette décision est dépourvue de base légale, du fait de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de son certificat de résidence, pris en méconnaissance de l'article 7 bis alinéa 3 de l'accord franco-algérien, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article R.40-29 du code de procédure pénale ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la réalité de la menace à l'ordre public que constituerait son comportement ;
- le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu les garanties procédurales prévues à l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de son certificat de résidence, et de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son comportement n'est pas constitutif d'une menace à l'ordre public ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de son certificat de résidence, et de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de son certificat de résidence, et de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne le signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de son certificat de résidence, et de l'interdiction de retour sur le territoire français ;
En ce qui concerne l'obligation de remise de son passeport :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de son certificat de résidence, et de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de son certificat de résidence, et de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Par une ordonnance du 2 juin 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 juin 2025, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cozic,
- et les observations de Me Kermiche pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 30 avril 1981, déclare être entré en France en 2003 et s'est vu accorder le 20 novembre 2013 un certificat de résidence d'une durée de dix ans, dont il a demandé le renouvellement par une demande enregistrée le 20 novembre 2023. Par un premier arrêté du 11 avril 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de faire droit à cette demande de renouvellement, a obligé M. C à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour une durée similaire. Par un second arrêté du 11 avril 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a assigné M. C à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de 45 jours, renouvelable une fois. M. C demande à la cour d'annuler le jugement du 8 mai 2024 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a, d'une part, renvoyé à une formation collégiale du tribunal les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de renouvellement du certificat de résidence, les conclusions à fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais de justice, d'autre part rejeté le surplus des conclusions de la demande de M. C.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 relatif à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé (). L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. C à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la régularité du jugement contesté :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ".
4. Il ressort des termes mêmes du jugement attaqué que le tribunal, qui n'était pas tenu de répondre à l'ensemble des arguments invoqués par M. C ni d'exposer l'ensemble des aspects de la situation personnelle de l'intéressé, a répondu par une motivation suffisante aux moyens tiré du défaut de motivation et du défaut d'examen particulier, invoqués à l'encontre des décisions attaquées.
5. Si dans sa demande adressée au tribunal, M. C avait invoqué le défaut de signature de l'arrêté d'assignation à résidence et si le magistrat désigné a formellement répondu au moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision, il ressort des pièces versées au dossier de première instance que la décision portant assignation à résidence de M. C comporte matériellement, de manière parfaitement apparente, une signature manuscrite. En conséquence, le tribunal a pu valablement requalifier le moyen, tel qu'il était invoqué par le demandeur, manifestement en décalage avec la réalité matérielle des pièces fournies par les parties elles-mêmes, et estimer qu'il était en réalité saisi du moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, et écarter ce moyen en relevant que la signataire de cette décision, Mme D, adjointe au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement de la préfecture des Hauts-de-Seine, disposait d'une délégation de signature accordée par le préfet des Hauts-de-Seine par arrêté du 21 février 2024.
6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du défaut de motivation du jugement manque en fait et doit être écarté.
7. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, le tribunal n'a pas omis de répondre au moyen invoqué en première instance, tiré de l'illégalité, par voie d'exception, des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français d'un an, obligation de remettre le passeport et assignation à résidence, en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement du certificat de résidence, ainsi qu'il ressort des points 5 à 10, 18, 23 et 27 du jugement attaqué.
8. En dernier lieu, hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de procédure ou de forme qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée, dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Par suite, M. C ne peut utilement se prévaloir de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le magistrat désigné pour demander l'annulation du jugement attaqué sur le terrain de la régularité.
Sur la légalité des décisions contestées :
9. Aux termes du troisième alinéa de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées ".
10. Il résulte de ces stipulations qu'aucune restriction n'est prévue au renouvellement du certificat de résidence valable dix ans, tenant à l'existence d'une menace à l'ordre public. En revanche cet engagement international ne fait pas obstacle à l'application de la réglementation générale autorisant qu'il soit procédé à l'expulsion d'un étranger suivant les modalités définies par le législateur en fonction de l'importance respective qu'il attache, d'une part, aux impératifs liés à la sauvegarde de l'ordre public et à leur degré d'exigence et, d'autre part, au but d'assurer l'insertion de catégories d'étrangers déterminées à raison de considérations humanitaires, du souci de ne pas remettre en cause l'unité de la cellule familiale ou de l'ancienneté des liens noués par les intéressés avec la France.
11. Le préfet des Hauts-de-Seine ne pouvait, sans méconnaître le principe du droit de mener une vie familiale normale, dont l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 a entendu assurer le respect, légalement opposer à M. C, ressortissant algérien, l'existence d'une menace pour l'ordre public, pour justifier le rejet de sa demande de renouvellement de son certificat de résidence, alors qu'en cas de nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique, l'administration peut prononcer l'expulsion, dans les conditions et selon la procédure prévue par l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que, la décision de refus de renouvellement de son certificat de résidence de dix ans étant entachée d'une erreur de droit, les décisions l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi, prononçant une interdiction de retour sur le territoire français, son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen, l'obligation de remise de son passeport, ainsi que la décision l'assignant à résidence pendant une durée de quarante-cinq cinq jours renouvelable une fois, sont illégales par voie d'exception et doivent en conséquence être annulées.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions du 11 avril 2024, par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français, l'a signalé à fin de non-admission dans le système d'information Schengen, l'a obligé à remettre son passeport, et l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours renouvelable une fois.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ". Aux termes de l'article L. 613-5 du même code : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (). / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". Aux termes du second alinéa de l'article R.613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ". Aux termes du premier alinéa de l'article 7 du décret n°2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas d'aboutissement de la recherche ou d'extinction du motif de l'inscription. Les données enregistrées au titre du 5° du IV de l'article 2 sont effacées, au plus tard, trois ans après la date à laquelle l'obligation de quitter le territoire français a été signée. ".
14. Eu égard aux motifs du présent arrêt, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de la demande de l'intéressé dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt et de lui délivrer, dans l'attente de cette décision, une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu également d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'effacer le signalement de M. C du système d'information Schengen dans un délai de trente jours à compter du présent arrêt. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de justice :
15. M. C ayant été provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut, par suite, se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Vannier, avocat de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Vannier de la somme de 1 500 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à l'intéressé par le bureau d'aide juridictionnelle, ladite somme sera versée directement à M. C.
DÉCIDE :
Article 1er : M. C est provisoirement admis à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'article 2 du jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 8 mai 2024 et les décisions du 11 avril 2024 par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine a obligé M. C à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, l'a signalé à fin de non-admission dans le système d'information Schengen, l'a obligé à remettre son passeport, et l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq cinq jours renouvelable une fois sont annulés.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de prendre, dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent arrêt, toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. C dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour du 11 avril 2024.
Article 4 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de M. C dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
Article 5 : Sous réserve de l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Vannier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Vannier, avocat de M. C une somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, ladite somme sera versée à M. C.
Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à M. B C et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Even, président de chambre,
Mme A, présidente-assesseur,
M. Cozic, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2025.
Le rapporteur,
H. CozicLe président,
B. Even
La greffière,
I. Szymanski
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026