LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-24VE01701

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-24VE01701

lundi 22 septembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-24VE01701
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBOUARD

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

La clôture de l'instruction a été fixée au 21 mai 2025.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mornet,

- les conclusions de M. Frémont, rapporteur public,

- et les observations de Me Bouard, représentant Mme C épouse D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, née le 7 février 1955 à Tadmait, en Algérie, a sollicité le bénéfice d'une pension d'invalidité en qualité de victime civile d'un acte de violence en relation avec la guerre d'Algérie. Par une décision du 28 juillet 2022, le ministre des armées a rejeté sa demande au motif qu'elle n'apportait pas la preuve d'un fait de guerre subi sur le territoire algérien entre le 31 octobre 1954 et le 29 septembre 1962. Mme C a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision devant la commission de recours de l'invalidité le 14 novembre 2022. Celle-ci a rejeté son recours par une décision du 22 mars 2023. Mme C demande à la cour d'annuler le jugement du 19 avril 2024 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 22 mars 2023 et au bénéfice d'une pension de victime civile de guerre.

2. Aux termes de l'article L. 113-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, dans sa rédaction applicable au litige : " Les personnes ayant subi en Algérie entre le 31 octobre 1954 et le 29 septembre 1962 des dommages physiques, du fait d'attentats ou de tout autre acte de violence en relation avec la guerre d'Algérie, bénéficient des pensions de victimes civiles de guerre. / Le bénéfice de la pension prévue au premier alinéa met fin au versement de toute allocation versée par les autorités françaises destinée à réparer les mêmes dommages. () ". Aux termes de l'article L. 124-11 du même code : " Pour l'application des dispositions de l'article L. 113-6 relatif à la réparation des dommages physiques subis en relation avec la guerre d'Algérie, ouvrent droit à pension les infirmités ou le décès résultant : 1° De blessures reçues ou d'accidents subis du fait d'attentats ou de tout autre acte de violence en relation avec cette guerre ; 2° De maladies contractées du fait d'attentats ou de tout autre acte de violence en relation avec cette guerre ; () ". Et aux termes de l'article L. 124-20 de ce code : " Il appartient aux postulants de faire la preuve de leurs droits à pension en établissant que l'infirmité invoquée a bien son origine dans une blessure ou dans une maladie causée par l'un des faits prévus aux sections 1 et 2 du présent chapitre. ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au postulant victime civile de guerre de faire la preuve de ses droits à pension en établissant, notamment, que les infirmités qu'il invoque ont leur origine dans une blessure ou une maladie causée par l'un des faits de guerre énoncés à l'article L. 113-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre. Cette preuve, qui implique l'existence d'un lien de causalité direct et déterminant, ne saurait résulter d'une probabilité même forte, d'une vraisemblance ou d'une hypothèse médicale.

4. Pour établir ses droits à pension au titre des dispositions citées au point 2 du présent arrêt, Mme C produit d'abord un courrier daté du 20 mars 1962, rédigé par son père, qui indique que sa fille et son épouse ont été blessées par un " obus piégé ". Ce document ne mentionne cependant aucune date et il est constant que le père de l'intéressée n'a pas été témoin de l'accident allégué. Mme C produit par ailleurs une précédente demande de pension déposée par son père le 23 mars 1962, indiquant que sa fille a été blessée à la hanche droite par un obus le 24 janvier 1959 et qu'elle a été soignée au centre hospitalier de Tizi Ouzou du 24 janvier 1959 au 28 juin 1959, ainsi que le témoignage de son père issu du procès-verbal d'une enquête préliminaire, daté du 29 août 1967, qui mentionne cette fois le 24 janvier 1958 comme étant la date de survenue de la blessure. Toutefois, il résulte de l'instruction, notamment d'un courrier du centre hospitalier de Tizi-Ouzou daté du 31 octobre 1968, transmis via l'ambassade de France en Algérie le 7 novembre 1969, produit en défense par le ministre des armées, qu' " aucune trace d'hospitalisation concernant " Mme C ne figure dans les registres de cet établissement. Le ministre produit en outre les résultats d'une recherche concernant un attentat survenu le 24 janvier 1958 à Rouaïacha, notamment une lettre du 2 octobre 1967 par laquelle le centre administratif et technique de la gendarmerie nationale indique qu'aucun document " se rapportant à cette affaire " n'a été retrouvé dans les archives de la gendarmerie en Algérie. Enfin, et en tout état de cause, alors que les dates de survenue des blessures mentionnées par le père de la requérante divergent, le seul fait d'établir avoir été blessée en Algérie en 1958 ou 1959 ne suffit pas, comme le fait valoir le ministre des armées, à établir un droit à pension, dès lors que la blessure doit résulter de manière certaine d'un attentat ou de tout autre fait de violence en relation avec la guerre d'Algérie, élément qui n'est pas démontré en l'espèce par Mme C. Cette dernière ne saurait à cet égard utilement se prévaloir d'un certificat médical du 30 mai 2018 établi à sa demande par un médecin généraliste et reprenant ses dires. De même, la circonstance qu'une carte de réduction de 75 % sur les tarifs de la SNCF lui a été délivrée par l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre en 1970 est sans incidence sur ses droits à pension, dès lors que cette délivrance, effectuée au vu d'infirmités constatées, n'est pas intervenue dans les conditions et eu regard des critères définis par les dispositions citées au point 2. Par suite, Mme C ne peut soutenir, dans le cadre du présent litige, que la décision contestée du 22 mars 2023 vaudrait retrait illégal de cette carte d'invalidité en méconnaissance des stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 1er du premier protocole additionnel à cette convention.

5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une mesure d'expertise, que Mme C n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande. Sa requête d'appel doit donc être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C épouse D est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B C épouse D et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 2 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

- M. A, premier vice-président, président de chambre,

- Mme Mornet, présidente assesseure,

- M. Cozic, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2025.

La rapporteure,

G. MornetLe président,

B. A

La greffière,

I. Szymanski

La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions