Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-25VE02007

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-25VE02007
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantL'HELIAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C... B... a demandé au tribunal administratif de Nantes, puis au tribunal administratif d’Orléans après transfert de sa requête, d’annuler l’arrêté du 12 novembre 2024 par lequel la préfète de la Mayenne lui a refusé la délivrance d’un certificat de résidence algérien, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l’a obligé de se présenter chaque mercredi au commissariat de police de Laval, et d’enjoindre à la préfète de la Mayenne de lui délivrer un certificat de résidence algérien sur le fondement du 4) de l’article 6 de l’accord franco-algérien ou, à titre subsidiaire, sur le fondement du 5) de l’article 6 du même accord ou, à titre plus subsidiaire, de l’article L. 423‑7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler sous la même astreinte.

Par un jugement n° 2502595 du 28 mai 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a annulé cet arrêté, a enjoint à la préfète de la Mayenne de délivrer à M. B... un certificat de résidence algérien sur le fondement des stipulations du 4) de l’article 6 de l’accord franco-algérien dans le délai de deux mois et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, lui a également enjoint de mettre fin aux mesures de surveillance dont il faisait l’objet et a mis à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais d’instance.

Procédure devant la cour :

Par une ordonnance du 27 juin 2025, le président de la cour administrative d’appel de Nantes a transféré à la cour administrative d’appel de Versailles la requête de la préfète de la Mayenne.

Par cette requête enregistrée le même jour au greffe de la cour administrative d’appel de Versailles, la préfète de la Mayenne demande à la cour d’annuler ce jugement.

Elle soutient que l’arrêté en litige n’est pas entaché d’erreur d’appréciation, dès lors que le comportement de M. B... constitue une menace pour l’ordre public justifiant le refus de séjour contesté, quand bien même il est parent d’enfants français et inséré professionnellement.

Par un mémoire enregistré le 3 décembre 2025, M. B..., représenté par Me L’Helias, demande à la cour :

1°) de l’admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’annuler l’arrêté du 12 novembre 2024 de la préfète de la Mayenne ;

3°) d’enjoindre à la préfète de la Mayenne de lui délivrer un certificat de résidence algérien sur le fondement du 4) de l’article 6 de l’accord franco-algérien ou, à titre subsidiaire, sur le fondement du 5) de l’article 6 du même accord ou à titre plus subsidiaire, de l’article L. 423‑7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’arrêt à intervenir sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard ou de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l’État le versement à son conseil, ou subsidiairement à lui-même, d’une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;

Il soutient que :

- l’arrêté en litige est entaché d’incompétence ;
- la décision portant refus de séjour méconnaît les stipulations des 4) et 5) de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, ainsi que les dispositions de l’article L. 423-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dès lors qu’il contribue à l’éducation et à l’entretien de ses enfants de nationalité française ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l’ordre public, et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de ces mêmes dispositions ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elle est entachée d’erreur d’appréciation au regard de l’ensemble de ces dispositions et stipulations ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la mesure de surveillance dont il fait l’objet doit être annulée par voie de conséquence de l’illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- l’accord franco‑algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Le rapport de Mme Marc a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. M. B..., ressortissant algérien, né en 1997, a sollicité le 31 octobre 2023 un certificat de résidence algérien sur le fondement des 4) et 5) de l’article 6 de l’accord franco-algérien. Il a fait l’objet d’un arrêté du 12 novembre 2024 par lequel la préfète de la Mayenne lui a refusé la délivrance d’un certificat de résidence algérien, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l’a obligé de se présenter chaque mercredi au commissariat de police de Laval. La préfète de la Mayenne relève appel du jugement du 28 mai 2025 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a annulé cet arrêté, lui a enjoint de délivrer à M. B... un certificat de résidence algérien sur le fondement des stipulations du 4) de l’article 6 de l’accord franco-algérien dans le délai de deux mois, et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, lui a également enjoint de mettre fin aux mesures de surveillance dont faisait l’objet M. B... et a mis à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais d’instance.

Sur la demande d’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : « Dans les cas d’urgence (…) l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président (…) ». Aux termes du deuxième alinéa de l’article 61 du décret du 28 décembre 2020 visé ci-dessus : « L’admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l’intéressé, soit d’office si celui-ci a présenté une demande d’aide juridictionnelle ou d’aide à l’intervention de l’avocat sur laquelle il n’a pas encore été statué ».

3. Il y a lieu, en application de ces dispositions, d’admettre M. B... à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur le moyen d’annulation retenu par le tribunal administratif :

4. Aux termes de l’article L. 412‑5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La circonstance que la présence d’un étranger en France constitue une menace pour l’ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l’autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425‑4 ou L. 425‑10 ainsi qu’à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention “ résident de longue durée-UE ˮ. » et, selon l’article L. 432-1 du même code : « La délivrance d’une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d’une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l’ordre public ».

5. Aux termes de l’article 6 de l’accord franco-algérien : « Le certificat de résidence d’un an portant la mention “ vie privée et familiale ˮ est délivré de plein droit : (…) / 4) au ressortissant algérien ascendant direct d’un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu’il exerce même partiellement l’autorité parentale à l’égard de cet enfant ou qu’il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d’ascendant direct d’un enfant français résulte d’une reconnaissance de l’enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d’un an n’est délivré au ressortissant algérien que s’il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an ; (…) ».

6. Ces stipulations ne privent pas l’administration française du pouvoir qui lui appartient, en application de la réglementation générale en vigueur relative à l’entrée et au séjour des étrangers en France, de refuser la délivrance d’un certificat de résidence d’un an en se fondant sur des motifs tenant à l’ordre public.

7. Pour refuser à M. B... la délivrance du certificat de résidence algérien au titre des stipulations citées au point 5, la préfète de la Mayenne s’est fondée sur la circonstance que son comportement constituait une menace pour l’ordre public et que l’intéressé ne justifiait pas contribuer à l’entretien et à l’éducation de ses enfants. Il ressort des pièces du dossier, notamment du bulletin n°2 du casier judiciaire de l’intéressé, qu’il a été condamné le 16 novembre 2021 par le président du tribunal judiciaire de Meaux, selon la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, à une peine d’emprisonnement de deux mois avec sursis pour des faits d’usage illicite de stupéfiants et de recel de bien provenant d’un délit puni d’une peine n’excédant pas cinq ans d’emprisonnement et, le 13 juin 2022, par le tribunal correctionnel de Bobigny à une peine d’emprisonnement d’un an et six mois pour des faits de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d’habitation ou un lieu d’entrepôt aggravé par une autre circonstance. Enfin, si M. B... nie, dans ses écritures, les faits pour lesquels il a été interpellé le 23 mai 2024, de conduite sous l’emprise d’un état alcoolique, violences et menaces de mort à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique, il ressort des pièces du dossier qu’il les a lui-même reconnus par un courrier signé par ses soins, dans lequel il conteste l’obligation de quitter le territoire français dont il fait l’objet. Compte tenu du caractère répété des infractions commises par l’intéressé sur une brève période depuis son entrée en France en 2019, et de leur caractère assez récent à la date de l’arrêté litigieux, la préfète de la Mayenne a pu estimer, sans commettre d’erreur d’appréciation, que la présence de l’intéressé représentait une menace pour l’ordre public et lui refuser, pour ce motif, la délivrance d’un certificat de résidence algérien. Au surplus, si M. B... soutient que les faits à l’origine des condamnations en cause résultent de mauvaises rencontres et qu’il a tout mis en œuvre pour s’intégrer ensuite, outre que ces éléments sont postérieurs, il ressort de la fiche pénale produite par la préfète de la Mayenne qu’il a fait l’objet d’une nouvelle condamnation le 7 octobre 2025 par le tribunal correctionnel de Laval à une peine de dix-huit mois d’emprisonnement et à une interdiction judiciaire du territoire pour une durée de dix ans, pour, notamment, des faits d’outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique, rébellion et menace de mort. Dans ces conditions, c’est à tort que le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d’Orléans s’est fondé sur la méconnaissance des stipulations du 4) de l’article 6 de l’accord franco-algérien pour annuler l’arrêté en litige.

8. Il appartient toutefois à la cour, saisie de l’ensemble du litige par l’effet dévolutif de l’appel, d’examiner les autres moyens soulevés par M. B... devant le tribunal administratif d’Orléans et en appel.

Sur les autres moyens invoqués par M. B... devant le tribunal et en appel :

En ce qui concerne l’arrêté dans son ensemble :

9. Par un arrêté du 13 juin 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, Mme D... A..., directrice de la citoyenneté, a reçu délégation de la préfète de la Mayenne à l’effet de signer, dans le cadre des attributions de la direction, les refus de séjour, obligations de quitter le territoire français, les décisions fixant le délai de départ et le pays de destination, et les interdictions de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de l’arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne le refus de séjour :

10. En premier lieu, ainsi qu’il a été dit au point 6, les stipulations de l’accord franco-algérien ne privent pas l’administration française du pouvoir qui lui appartient, en application de la réglementation générale en vigueur relative à l’entrée et au séjour des étrangers en France, de refuser la délivrance d’un certificat de résidence d’un an en se fondant sur des motifs tenant à l’ordre public. Par suite, ainsi qu’il a été dit au point 7, le comportement de l’intéressé représentant une menace pour l’ordre public, le préfet a pu en application de l’article L. 432-1 lui refuser pour ce seul motif la délivrance d’un certificat de résidence. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance, par l’arrêté litigieux, des stipulations des 4) et 5) de l’article 6 de l’accord franco-algérien doivent être écartés, ainsi que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de l’erreur d’appréciation au regard de ces dispositions et, en tout état de cause, de l’article L. 423-7 du même code.

11. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ».

12. S’il ressort des pièces du dossier que M. B... réside habituellement en France depuis l’année 2019, il ne justifie pas suffisamment des liens qu’il entretiendrait avec ses enfants de nationalité française nés le 27 décembre 2020 et le 29 août 2023, avec qui il ne réside d’ailleurs pas, ni qu’il contribuerait effectivement à leur entretien et à leur éducation, en se bornant à verser au dossier quelques factures de courses dont la plupart ne permettent pas de justifier qu’il en est l’auteur ou que ses enfants en seraient les destinataires, quelques attestations d’accompagnements ponctuels, des photographies non datées et des attestations sommaires, établies pour les besoins de la cause postérieurement à l’arrêté contesté. S’il se prévaut de son intégration professionnelle, il se borne à verser un certificat de travail du 18 mars au 31 octobre 2024 dans le cadre d’un contrat de professionnalisation en qualité de canalisateur, ainsi que des bulletins de salaires pour un emploi en qualité d’intérimaire de février à avril 2024. Dans ces conditions, et compte tenu de la menace pour l’ordre public que représente la présence en France de l’intéressé, ainsi qu’il a été dit, la décision de lui refuser la délivrance d’un certificat de résidence ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Pour les mêmes motifs, cette décision n’est pas entachée d’erreur manifeste d’appréciation.

13. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l’article 3 de la convention relative aux droits de l’enfant du 26 janvier 1990 : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait d’institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ». Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l’appui d’un recours pour excès de pouvoir, que, dans l’exercice de son pouvoir d’appréciation, l’autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l’intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

14. M. B... ne justifie pas, ainsi qu’il a été dit, par les pièces qu’il produit, contribuer effectivement à l’entretien ou à l’éducation de ses enfants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l’article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peut qu’être écarté.

En ce qui concerne l’obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les moyens dirigés contre la décision portant refus de séjour ne sont pas fondés. Par suite, le moyen tiré, par voie d’exception, de l’illégalité de cette décision à l’encontre de l’obligation de quitter le territoire français n’est pas fondé et doit être écarté.

16. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 12 et 14, les moyens tirés de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, les stipulations du paragraphe 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle doivent être écartés.

17. Enfin, il résulte de ce qui précède que les moyens dirigés contre le refus de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas fondés, le moyen tiré de ce que la mesure de surveillance dont M. B... fait l’objet doit être annulée par voie de conséquence de l’illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

18. Il résulte de ce qui précède que la préfète de la Mayenne est fondée à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a annulé son arrêté du 12 novembre 2024, lui a enjoint de délivrer à M. B... un certificat de résidence algérien sur le fondement des stipulations du 4) de l’article 6 de l’accord franco-algérien dans le délai de deux mois et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, lui a également enjoint de mettre fin aux mesures de surveillance dont il faisait l’objet et a mis à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais d’instance.

19. L’État n’étant pas dans la présente instance la partie perdante, il n’y a pas lieu de mettre à sa charge la somme que demande M. B... sur le fondement des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : M. B... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le jugement n° 2502595 du 28 mai 2025 du tribunal administratif d’Orléans est annulé.

Article 3 : La demande présentée par M. B... devant le tribunal administratif d’Orléans, ainsi que ses conclusions présentées en appel, sont rejetées.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l’intérieur et à M. C... B....
Copie en sera adressée à la préfète de la Mayenne.

Délibéré après l’audience du 15 septembre 2026, à laquelle siégeaient :

Mme E..., première vice-présidente, présidente de chambre,
Mme Marc, présidente-assesseure,
Mme Hameau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.

La rapporteure,




E. Marc
La présidente,




L. E...

La greffière,




T. Tollim
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.