Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-25VE03826
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-25VE03826 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | KHAKPOUR |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 12 août 2025 par lequel le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par une ordonnance n° 2516152 du 28 novembre 2025, la présidente de la 2ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, un mémoire de régularisation et des pièces, enregistrés le 19 décembre 2025 et les 27 janvier, 13 août et 4 septembre 2026, M. B..., représenté par Me Khakpour, demande à la cour :
1°) d’annuler cette ordonnance ;
2°) d’annuler cet arrêté ;
3°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale », dans le délai d’un mois ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois, et de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour, dans le délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’ordonnance attaquée n’est pas motivée ;
- la décision contestée est entachée d’un vice d’incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n’a pas été précédée d’un entretien préalable, en méconnaissance des dispositions des articles L. 122-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l’administration ;
- elle est entachée d’un vice de procédure en ce qu’il n’a pas été convoqué par le collège de médecins du service médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), en ce que l’avis de ce collège ne lui a pas été notifié et en ce qu’il n’est pas justifié de la composition de ce collège, ni des conditions de sa délibération ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations de l’article 6-7 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 21 avril 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
2. M. B..., ressortissant algérien né le 16 juin 2022, entré en France muni d’un visa de court séjour le 16 juin 2022, a présenté une demande de délivrance d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » pour motif médical sur le fondement de l’article 6-7 de l’accord franco-algérien. Par l’arrêté contesté du 12 août 2025, le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B... relève appel de l’ordonnance du 28 novembre 2025 par laquelle le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, le moyen tiré de ce que cette ordonnance est insuffisamment motivée, au demeurant dépourvu de toute précision, doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, il ressort du dossier de première instance que, devant le tribunal administratif, M. B... n’a soulevé que des moyens de légalité interne à l’encontre des arrêtés contestés. Il s’ensuit que les moyens tirés de ce que l’arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente et de ce que la décision portant refus de séjour serait insuffisamment motivée ou entachée d’un vice de procédure, fondés sur une cause juridique distincte de celle dont relevaient les moyens de première instance, sont irrecevables.
5. En troisième lieu, aux termes de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé : « (…) Le certificat de résidence d’un an portant la mention « vie privée et familiale » est délivré de plein droit : (…) 7) Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve qu’il ne puisse pas effectivement bénéficier d’un traitement approprié dans son pays (…) ».
6. Pour rejeter la demande de titre de séjour de M. B..., le préfet du Val d’Oise s’est fondé sur l’avis émis le 3 mars 2025 par le collège de médecins du service médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), selon lequel, si l’état de santé de M. B... nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, eu égard à l’offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d’origine, il peut y bénéficier effectivement d’un traitement approprié. Il ressort des pièces du dossier qu’il a subi le 22 novembre 2023 l’énucléation laser d’un adénome prostatique, dont les suites ont été simples. Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des certificats médicaux, selon lesquels M. B... déclare être atteint d’une insuffisance rénale chronique, d’hypertension artérielle et d’hypercholestérolémie et avoir été opéré d’un adénome prostatique et des prescriptions de médicaments courants produites au dossier que, contrairement à l’avis du collège de médecins de l’OFII, M. B... fait l’objet d’un suivi ou d’un traitement dont il ne pourrait effectivement bénéficier en Algérie. Par suite, le préfet du Val d’Oise n’a pas fait une inexacte application des stipulations de l’article 6-7 de l’accord franco-algérien.
7. En dernier lieu, M. B..., qui s’est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa de court séjour, ne justifie pas de la continuité de sa présence en France depuis juin 2022. Il n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où réside son épouse et où il a lui-même vécu jusqu’à l’âge de soixante-quatre ans. Dans ces circonstances, alors même qu’il est hébergé par sa fille titulaire d’un certificat de résidence de dix ans, les décisions de refus de séjour et d’éloignement en litige n’ont pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. B... au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachés d’une erreur manifeste d’appréciation de la situation personnelle et familiale de l’intéressé doivent être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. B... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions combinées de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
La magistrate désignée
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 12 août 2025 par lequel le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par une ordonnance n° 2516152 du 28 novembre 2025, la présidente de la 2ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, un mémoire de régularisation et des pièces, enregistrés le 19 décembre 2025 et les 27 janvier, 13 août et 4 septembre 2026, M. B..., représenté par Me Khakpour, demande à la cour :
1°) d’annuler cette ordonnance ;
2°) d’annuler cet arrêté ;
3°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « vie privée et familiale », dans le délai d’un mois ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois, et de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour, dans le délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’ordonnance attaquée n’est pas motivée ;
- la décision contestée est entachée d’un vice d’incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n’a pas été précédée d’un entretien préalable, en méconnaissance des dispositions des articles L. 122-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l’administration ;
- elle est entachée d’un vice de procédure en ce qu’il n’a pas été convoqué par le collège de médecins du service médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), en ce que l’avis de ce collège ne lui a pas été notifié et en ce qu’il n’est pas justifié de la composition de ce collège, ni des conditions de sa délibération ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations de l’article 6-7 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 21 avril 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
2. M. B..., ressortissant algérien né le 16 juin 2022, entré en France muni d’un visa de court séjour le 16 juin 2022, a présenté une demande de délivrance d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » pour motif médical sur le fondement de l’article 6-7 de l’accord franco-algérien. Par l’arrêté contesté du 12 août 2025, le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B... relève appel de l’ordonnance du 28 novembre 2025 par laquelle le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, le moyen tiré de ce que cette ordonnance est insuffisamment motivée, au demeurant dépourvu de toute précision, doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, il ressort du dossier de première instance que, devant le tribunal administratif, M. B... n’a soulevé que des moyens de légalité interne à l’encontre des arrêtés contestés. Il s’ensuit que les moyens tirés de ce que l’arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente et de ce que la décision portant refus de séjour serait insuffisamment motivée ou entachée d’un vice de procédure, fondés sur une cause juridique distincte de celle dont relevaient les moyens de première instance, sont irrecevables.
5. En troisième lieu, aux termes de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé : « (…) Le certificat de résidence d’un an portant la mention « vie privée et familiale » est délivré de plein droit : (…) 7) Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve qu’il ne puisse pas effectivement bénéficier d’un traitement approprié dans son pays (…) ».
6. Pour rejeter la demande de titre de séjour de M. B..., le préfet du Val d’Oise s’est fondé sur l’avis émis le 3 mars 2025 par le collège de médecins du service médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), selon lequel, si l’état de santé de M. B... nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, eu égard à l’offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d’origine, il peut y bénéficier effectivement d’un traitement approprié. Il ressort des pièces du dossier qu’il a subi le 22 novembre 2023 l’énucléation laser d’un adénome prostatique, dont les suites ont été simples. Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des certificats médicaux, selon lesquels M. B... déclare être atteint d’une insuffisance rénale chronique, d’hypertension artérielle et d’hypercholestérolémie et avoir été opéré d’un adénome prostatique et des prescriptions de médicaments courants produites au dossier que, contrairement à l’avis du collège de médecins de l’OFII, M. B... fait l’objet d’un suivi ou d’un traitement dont il ne pourrait effectivement bénéficier en Algérie. Par suite, le préfet du Val d’Oise n’a pas fait une inexacte application des stipulations de l’article 6-7 de l’accord franco-algérien.
7. En dernier lieu, M. B..., qui s’est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa de court séjour, ne justifie pas de la continuité de sa présence en France depuis juin 2022. Il n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où réside son épouse et où il a lui-même vécu jusqu’à l’âge de soixante-quatre ans. Dans ces circonstances, alors même qu’il est hébergé par sa fille titulaire d’un certificat de résidence de dix ans, les décisions de refus de séjour et d’éloignement en litige n’ont pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. B... au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachés d’une erreur manifeste d’appréciation de la situation personnelle et familiale de l’intéressé doivent être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. B... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions combinées de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
La magistrate désignée
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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