Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-26VE00138
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-26VE00138 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédures contentieuses antérieures :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, d’une part, d’annuler l’arrêté du 22 octobre 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de cinq ans, d’autre part, d’annuler l’arrêté du 30 octobre 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l’a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours .
Par un jugement nos 2522438-2522451 du 18 décembre 2025, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé ces arrêtés, enjoint au préfet des Hauts‑de‑Seine de délivrer un titre de séjour dans le délai d’un mois suivant la notification du jugement et de lui restituer son passeport dans le délai de quinze jours, mis à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et rejeté le surplus des conclusions de la demande de M. A....
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 15 janvier 2026, le préfet des Hauts-de-Seine demande à la cour d’annuler ce jugement et de rejeter la demande de M. A....
Le préfet soutient que :
- c’est à tort que la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé les arrêtés contestés au motif qu’une atteinte disproportionnée avait été portée au droit à la vie privée et familiale de M. A..., en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, alors qu’il ne justifie ni de l’intensité, ni de la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France et que son comportement constitue une menace pour l’ordre public ;
- les autres moyens des demandes ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
2. M. A..., ressortissant ivoirien né le 27 août 1976, entré en France le 3 mai 2018 muni d’un visa de long séjour en qualité de « conjoint de français », titulaire en dernier lieu d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale », valable du 2 mai 2022 au 1er mai 2024, a présenté le 8 mars 2024 une demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle et de délivrance d’une première de carte de résident. Par un premier arrêté du 22 octobre 2025, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de cinq ans. Par un second arrêté du 30 octobre 2025, le même préfet l’a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours. Le préfet des Hauts-de-Seine relève appel du jugement du 18 décembre 2025 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé ces deux arrêtés.
3. Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : «Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. »
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A... est rentré régulièrement sur le territoire français le 3 septembre 2018 et qu’il a bénéficié de deux cartes de séjour pluriannuelles portant la mention « vie privée et familiale », valables du 18 juin 2019 au 17 juin 2021 et du 2 mai 2022 au 1er mai 2024, suite à son mariage célébré le 9 décembre 2015 avec une ressortissante française. Il justifie de sa communauté de vie avec son épouse par la production d’avis d’imposition pour les années 2022, 2023 et 2024 mentionnant leurs deux noms et l’adresse portée sur ses bulletins de paie. Il est père d’un enfant français né le 9 juin 2023 d’une autre relation, à l’entretien et à l’éducation duquel il établit contribuer par la production de preuves de virements bancaires à la mère de son enfant et d’achats de vêtements d’octobre 2023 à septembre 2025. Par ailleurs, M. A... justifie d’une insertion professionnelle par la production de bulletins de paie en qualité d’agent d’exploitation de 2019 à 2022, en qualité d’agent de sécurité d’août 2023 à janvier 2024, et de chauffeur de 2023 à 2024. S’il a été condamné à une obligation d’accomplir un stage de prévention contre les violences au sein du couple, par une ordonnance pénale du 3 juillet 2024, pour des faits de violences conjugales n’ayant pas entraîné d’incapacité, ces faits, pour regrettables qu’ils soient, ne présentent pas un degré de gravité tel que la présence en France de l’intéressé puisse être regardée comme constituant une menace pour l’ordre public. Dans ces circonstances, en refusant de renouveler la carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » dont M. A... était titulaire, le préfet des Hauts-de-Seine a porté une atteinte disproportionnée au droit de l’intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Il s’ensuit que le préfet des Hauts-de-Seine n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, la magistrate désignée a annulé les arrêtés en litige au motif que les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales avaient été méconnues.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel du préfet des Hauts-de-Seine est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du préfet des Hauts-de-Seine est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
La magistrate désignée,
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Procédures contentieuses antérieures :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, d’une part, d’annuler l’arrêté du 22 octobre 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de cinq ans, d’autre part, d’annuler l’arrêté du 30 octobre 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l’a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours .
Par un jugement nos 2522438-2522451 du 18 décembre 2025, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé ces arrêtés, enjoint au préfet des Hauts‑de‑Seine de délivrer un titre de séjour dans le délai d’un mois suivant la notification du jugement et de lui restituer son passeport dans le délai de quinze jours, mis à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et rejeté le surplus des conclusions de la demande de M. A....
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 15 janvier 2026, le préfet des Hauts-de-Seine demande à la cour d’annuler ce jugement et de rejeter la demande de M. A....
Le préfet soutient que :
- c’est à tort que la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé les arrêtés contestés au motif qu’une atteinte disproportionnée avait été portée au droit à la vie privée et familiale de M. A..., en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, alors qu’il ne justifie ni de l’intensité, ni de la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France et que son comportement constitue une menace pour l’ordre public ;
- les autres moyens des demandes ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
2. M. A..., ressortissant ivoirien né le 27 août 1976, entré en France le 3 mai 2018 muni d’un visa de long séjour en qualité de « conjoint de français », titulaire en dernier lieu d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale », valable du 2 mai 2022 au 1er mai 2024, a présenté le 8 mars 2024 une demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle et de délivrance d’une première de carte de résident. Par un premier arrêté du 22 octobre 2025, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de cinq ans. Par un second arrêté du 30 octobre 2025, le même préfet l’a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours. Le préfet des Hauts-de-Seine relève appel du jugement du 18 décembre 2025 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé ces deux arrêtés.
3. Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : «Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. »
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A... est rentré régulièrement sur le territoire français le 3 septembre 2018 et qu’il a bénéficié de deux cartes de séjour pluriannuelles portant la mention « vie privée et familiale », valables du 18 juin 2019 au 17 juin 2021 et du 2 mai 2022 au 1er mai 2024, suite à son mariage célébré le 9 décembre 2015 avec une ressortissante française. Il justifie de sa communauté de vie avec son épouse par la production d’avis d’imposition pour les années 2022, 2023 et 2024 mentionnant leurs deux noms et l’adresse portée sur ses bulletins de paie. Il est père d’un enfant français né le 9 juin 2023 d’une autre relation, à l’entretien et à l’éducation duquel il établit contribuer par la production de preuves de virements bancaires à la mère de son enfant et d’achats de vêtements d’octobre 2023 à septembre 2025. Par ailleurs, M. A... justifie d’une insertion professionnelle par la production de bulletins de paie en qualité d’agent d’exploitation de 2019 à 2022, en qualité d’agent de sécurité d’août 2023 à janvier 2024, et de chauffeur de 2023 à 2024. S’il a été condamné à une obligation d’accomplir un stage de prévention contre les violences au sein du couple, par une ordonnance pénale du 3 juillet 2024, pour des faits de violences conjugales n’ayant pas entraîné d’incapacité, ces faits, pour regrettables qu’ils soient, ne présentent pas un degré de gravité tel que la présence en France de l’intéressé puisse être regardée comme constituant une menace pour l’ordre public. Dans ces circonstances, en refusant de renouveler la carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » dont M. A... était titulaire, le préfet des Hauts-de-Seine a porté une atteinte disproportionnée au droit de l’intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Il s’ensuit que le préfet des Hauts-de-Seine n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, la magistrate désignée a annulé les arrêtés en litige au motif que les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales avaient été méconnues.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel du préfet des Hauts-de-Seine est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du préfet des Hauts-de-Seine est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
La magistrate désignée,
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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