Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-26VE00232

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-26VE00232
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantTOUBALE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B... A... a demandé au tribunal administratif d’Orléans d’annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Loir-et-Cher sur sa demande de délivrance d’un titre de séjour.

Par une ordonnance n° 2405175 du 26 novembre 2025, le président de la 3ème chambre du tribunal administratif d’Orléans a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2026, Mme A..., représentée par Me Toubale, demande à la cour :

1°) d’annuler cette ordonnance ;

2°) d’annuler cet arrêté ;

3°) d’enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- le tribunal l’a privée d’une instruction complète ;
- le préfet n’a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision contestée méconnait les dispositions des articles L. 425-1 et L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) »

2. Mme A..., ressortissante turque née le 13 juin 1972, soutient avoir déposé une demande de délivrance d’un titre de séjour, par un courrier du 7 juillet 2024, sur le fondement des dispositions des articles L. 425-1 et L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Elle relève appel de l’ordonnance du 26 novembre 2025 par laquelle le président de la 3ème chambre du tribunal administratif d’Orléans a rejeté sa demande d’annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet sur cette demande.

3. En premier lieu, il appartient au requérant de présenter, devant le juge, une argumentation juridique et, le cas échéant, des éléments de fait suffisamment précis pour permettre au tribunal saisi de statuer utilement sur le bien-fondé des prétentions qui lui sont soumises. En l’espèce, la requête déposée par Mme A... devant le tribunal administratif d’Orléans comportait des moyens qui n’étaient pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien‑fondé et qui, dès lors, pouvait être rejetée par ordonnance.

4. En second lieu, Mme A... ne précise pas davantage en appel ses conditions d’entrée et de séjour en France. Les faits de violence dont elle dit avoir été victime de la part de son ex-mari ne ressortent que de ses propres déclarations et n’entrent en tout état de cause pas dans les prévisions des dispositions de l’article L. 425-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, relatives à la délivrance d’une carte de séjour temporaire à l’étranger victime de traite des êtres humains ou de proxénétisme qui dépose plainte ou témoigne en justice. En se bornant à faire valoir qu’elle a occupé un emploi saisonnier d’ouvrier agricole durant quelques mois, Mme A... ne justifie pas davantage de motifs exceptionnels d’admission au séjour en application des dispositions de l’article L. 435-4 de ce code.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de Mme A... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d’injonction et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.

La magistrate désignée


O. Dorion

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.