Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-26VE01289
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-26VE01289 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | HAIK MICKAEL |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Versailles d’annuler l’arrêté du 6 juin 2025 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par un jugement n° 2508382 du 2 avril 2026, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2026, M. A..., représenté par Me Haik, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement ;
2°) d’annuler cet arrêté ;
3°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention « salarié » ou « vie privée » ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est entaché d’une erreur de droit, d’une erreur de fait et d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- les stipulations de l’article 7 b) de l’accord franco-algérien ont été méconnues ;
- le refus de séjour est entaché d’une erreur de fait en ce qui concerne l’absence de demande d’autorisation de travail en sa faveur ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle et professionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) »
2. M. A..., ressortissant algérien né le 6 février 2001, entré en France alors qu’il était mineur le 26 août 2018, a été pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance et mis en possession d’un titre de séjour portant la mention « étudiant » valable du 3 novembre 2020 au 2 novembre 2021. A la suite de son interpellation pour des faits de port d’arme prohibé, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, par un arrêté du 17 janvier 2022. Le tribunal administratif de Versailles a annulé cet arrêté par un jugement du 12 octobre 2023 et enjoint au préfet de réexaminer la situation de M. A.... Dans le cadre de ce réexamen, M. A... a sollicité la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « salarié ». Par l’arrêté contesté du 6 juin 2025, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A... relève appel du jugement du 2 avril 2026 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, dans le cadre de l’effet dévolutif, le juge d’appel se prononce, non sur les motifs du jugement de première instance, mais sur les moyens mettant en cause la légalité des décisions contestées. Par suite, les moyens tirés de ce que le jugement attaqué serait entaché d’une erreur de droit, d’une erreur de fait ou d’une erreur manifeste d’appréciation sont inopérants. Ces moyens peuvent être regardés comme dirigés contre la décision de refus de séjour.
4. En deuxième lieu, aux termes de l’article 7 de l’accord franco-algérien : « (…) b) les ressortissants algériens désireux d’exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d’usage et sur présentation d’un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l’emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention "salarié" : cette mention constitue l’autorisation de travail exigée par la législation française (…) ».
5. D’une part, si M. A... soutient qu’il a conclu un contrat à durée indéterminée d’intérimaire avec la société Isyjob, qui appartient au groupe EGC, et que la société EGC a présenté des demandes d’autorisation de travail en sa faveur le 26 mars 2024 et le 19 septembre 2024, il n’en justifie pas plus en appel qu’en première instance et devant le préfet. Il s’ensuit que le moyen tiré de ce que la décision de refus de séjour est entachée d’une erreur de fait sur ce point doit être écarté.
6. D’autre part, dès lors que le requérant ne justifie pas d’un contrat de travail visé par les autorités chargés de l’emploi, le préfet des Yvelines n’a pas fait une inexacte application des stipulations de l’article 7 b) de l’accord franco-algérien.
7. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A..., ainsi qu’il a été dit, ne peut se prévaloir d’un droit au séjour. Célibataire, sans charge de famille, il n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où résident ses parents et au moins une partie de sa fratrie, et où il a lui-même vécu jusqu’à l’âge de dix-sept ans. Il ne justifie de sa situation d’emploi qu’au cours de la période du 2 novembre 2021 au 31 juillet 2022 et depuis le mois de juin 2024. En outre, il a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de port d’arme prohibé le 16 janvier 2022, et une ordonnance pénale du 6 décembre 2023 l’a condamné au paiement d’une amende de 500 euros pour des faits de vente à la sauvette de cigarettes. Dans ces circonstances, en dépit de l’ancienneté de sa présence en France, de l’obtention d’un certificat d’aptitude à la profession de monteur des installations sanitaires et de ses efforts d’insertion professionnelle, le préfet n’a pas procédé à une appréciation manifestement inexacte de la situation personnelle de M. A....
8. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. A... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
La magistrate désignée
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Versailles d’annuler l’arrêté du 6 juin 2025 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par un jugement n° 2508382 du 2 avril 2026, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2026, M. A..., représenté par Me Haik, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement ;
2°) d’annuler cet arrêté ;
3°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention « salarié » ou « vie privée » ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est entaché d’une erreur de droit, d’une erreur de fait et d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- les stipulations de l’article 7 b) de l’accord franco-algérien ont été méconnues ;
- le refus de séjour est entaché d’une erreur de fait en ce qui concerne l’absence de demande d’autorisation de travail en sa faveur ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle et professionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) »
2. M. A..., ressortissant algérien né le 6 février 2001, entré en France alors qu’il était mineur le 26 août 2018, a été pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance et mis en possession d’un titre de séjour portant la mention « étudiant » valable du 3 novembre 2020 au 2 novembre 2021. A la suite de son interpellation pour des faits de port d’arme prohibé, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, par un arrêté du 17 janvier 2022. Le tribunal administratif de Versailles a annulé cet arrêté par un jugement du 12 octobre 2023 et enjoint au préfet de réexaminer la situation de M. A.... Dans le cadre de ce réexamen, M. A... a sollicité la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « salarié ». Par l’arrêté contesté du 6 juin 2025, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A... relève appel du jugement du 2 avril 2026 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, dans le cadre de l’effet dévolutif, le juge d’appel se prononce, non sur les motifs du jugement de première instance, mais sur les moyens mettant en cause la légalité des décisions contestées. Par suite, les moyens tirés de ce que le jugement attaqué serait entaché d’une erreur de droit, d’une erreur de fait ou d’une erreur manifeste d’appréciation sont inopérants. Ces moyens peuvent être regardés comme dirigés contre la décision de refus de séjour.
4. En deuxième lieu, aux termes de l’article 7 de l’accord franco-algérien : « (…) b) les ressortissants algériens désireux d’exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d’usage et sur présentation d’un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l’emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention "salarié" : cette mention constitue l’autorisation de travail exigée par la législation française (…) ».
5. D’une part, si M. A... soutient qu’il a conclu un contrat à durée indéterminée d’intérimaire avec la société Isyjob, qui appartient au groupe EGC, et que la société EGC a présenté des demandes d’autorisation de travail en sa faveur le 26 mars 2024 et le 19 septembre 2024, il n’en justifie pas plus en appel qu’en première instance et devant le préfet. Il s’ensuit que le moyen tiré de ce que la décision de refus de séjour est entachée d’une erreur de fait sur ce point doit être écarté.
6. D’autre part, dès lors que le requérant ne justifie pas d’un contrat de travail visé par les autorités chargés de l’emploi, le préfet des Yvelines n’a pas fait une inexacte application des stipulations de l’article 7 b) de l’accord franco-algérien.
7. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A..., ainsi qu’il a été dit, ne peut se prévaloir d’un droit au séjour. Célibataire, sans charge de famille, il n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où résident ses parents et au moins une partie de sa fratrie, et où il a lui-même vécu jusqu’à l’âge de dix-sept ans. Il ne justifie de sa situation d’emploi qu’au cours de la période du 2 novembre 2021 au 31 juillet 2022 et depuis le mois de juin 2024. En outre, il a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de port d’arme prohibé le 16 janvier 2022, et une ordonnance pénale du 6 décembre 2023 l’a condamné au paiement d’une amende de 500 euros pour des faits de vente à la sauvette de cigarettes. Dans ces circonstances, en dépit de l’ancienneté de sa présence en France, de l’obtention d’un certificat d’aptitude à la profession de monteur des installations sanitaires et de ses efforts d’insertion professionnelle, le préfet n’a pas procédé à une appréciation manifestement inexacte de la situation personnelle de M. A....
8. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. A... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu’il soit fait application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
La magistrate désignée
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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